Souvenirs de famille…

3 minutes de lecture

Avec lui, sa mère partageait ses confidences,

comme s’il avait été capable de tout gober,

sans en subir aucune conséquence psychologique,

enfouie au plus profond de ses entrailles.

Mais qu’en savait-elle ?

Elle n’avait qu’une éducation sommaire…

Vous savez… les temps de guerre sont durs

sur la scolarisation des enfants, non ?

Et puis ses grands-parents vivaient

dans le dénuement le plus complet.

D’abord, il apprit que son grand-père

avait abusé de ses enfants, y compris le garçon.

Sa mère avait gardé le souvenir de la tête

de son père entre ses jambes, rappel récurrent,

chaque fois qu’un de ses amoureux y mettaient

la sienne, de caboche poilue.

Ensuite, sa mère lui confia que sa grand-mère,

autrement dit, sa mère à elle, fut obligée

de s’adonner à la prostitution, après avoir mis

son mari à la porte, quand elle apprit qu’il avait

abusé de ses enfants pendant des années.

Et même qu’elle se faisait accompagner

par son aînée, soit la sœur de sa mère,

et donc sa tante à lui, qu’il appréciait

beaucoup, car elle semblait l’aimer,

dans ce métier pas très conventionnel,

se trouvant dans la nécessité de nourrir

ses cinq enfants, qui devinrent bientôt

huit, car sa grand-mère donna naissance

à d’autres enfants, après le départ du grand-père,

situation laissant planer le doute

sur certains points obscurs.

Mais il semble

qu’au moins le premier de ce deuxième lit

fut de l’incestueux grand-père, comme si

sa grand-mère avait eu une faiblesse passagère,

suite aux avances de son ex mari abuseur.

Une question demeurait pour lui,

sa cousine, la plus âgée de la famille,

était-elle l’enfant de son grand-père ?

Question troublante, s’il en est,

mais il n’eut jamais envie de la poser

à sa mère, qui le lui aurait probablement

dévoilé, si elle l’avait su ; ou bien,

s’était-elle accordé quelque scrupule

envers sa nièce, car, si celle-ci était la fille

de son grand-père, on avait dû le lui cacher,

pour ne pas trop la perturber.

Et de lui, dans tout cela, qu’en était-il ?

Est-ce que les révélations de sa mère

n’avait réellement laissé aucune trace

dans son cerveau ? Il n’en savait rien,

et ne se souvenait même pas quand sa mère

les lui avait confiées. Mais tout de même…

L’interrogation demeurait pleine et entière.

En tout cas, il n’en avait pas l’impression.

Ne valait-il pas mieux être mis au courant

de telles situations pour prévenir certains abus

possibles dans la famille ? Après tout, il était lui-même,

père de trois filles, lui ayant fait demander à son

ex-conjointe enceinte de leur première fille,

de le surveiller au cas où il aurait hérité

des gênes déviants de son grand-père.

On ne savait jamais, après tout.

Mais quand sa première fille naquit, la voyant nue,

pour lui changer sa couche, il comprit que son grand-père

avait été un malade, car jamais de la vie il ne verrait sa fille

d’une façon sexuelle. Comme ce fut le cas pour ses jumelles également.

Lorsqu’il regardait ses filles dénudées, il ne voyait pas un corps,

mais leur être entier, corps et âme confondus.

Comment un père peut-il considérer ses enfants de manière différente,

autrement qu’en ayant de profonds problèmes psychologiques.

Alors, il ne put plus détester son grand-père,

et le plaignit plutôt comme le grand malade qu’il avait été.

N’empêche qu’il avait beaucoup fait souffrir ses enfants

et son épouse. Sa tante lui avait révélé un jour que son grand-père

à elle lui avait montré son pénis également,

comme si cette tare s’était transmise du père au fils.

Quel comportement incompréhensible pour une personne normale !

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