Sa Joconde à lui…

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Il allait avoir dix-neuf ans,

et il était encore puceau.

Or, il devait aller passer l’été

chez les Anglos pour y perfectionner son anglais.

Alors, il demanda à sa dulcinée

si elle voulait s’abandonner à lui

avant son départ,

avant qu’il quitte ses dix-huit ans.

Mais elle ne se sentait pas encore prête

et refusait de passer à l’acte complet.

Toutefois, elle acceptait de lui montrer ses seins.

Quoi ? Avait-il bien entendu ?

Il n’en croyait pas ses oreilles.

Il se sentait gai comme un Italien…

Elle se tenait droite du côté passager,

éclairée par un lampadaire.

À ses yeux, elle incarnait la plus belle

femme du monde, et elle s’apprêtait à lui

dévoiler ses trésors si désirés.

Dans des gestes de déesse,

elle retira son chemisier et se retrouva

le torse nu et les seins à demi voilés

dans les bonnets de soie rose de son soutien-gorge,

avec sa longue chevelure soyeuse qui lui faisait

comme une cape mystérieuse, un voile de sainte.

Wow ! Cette image, déjà, le remplissait d’euphorie,

ses yeux étincelaient comme ceux d’un vampire.

Ne le quittant pas de son regard illuminé,

avec la même délicatesse et lenteur, elle porta

les mains derrière son dos et dégrafa son soutif,

qu’elle retint aussitôt de ses mains, le laissant tomber

ensuite, sans toutefois retirer ses mains, qui cachaient ses seins,

lesquels elle semblait soutenir comme des trésors fragiles.

À ce moment-là précis, elle lui apparut exactement

comme la Joconde de Da Vinci, qui aurait eu le corps

dénudé et aurait retenu ses appétissants présents

dans ses mains afin de les dissimuler au monde entier,

et surtout à sa vue, à lui, qui croyait rêver, tellement

cette image de son amour lui paraissait irréelle.

Au fait, était-il en train de rêver ?

Au bout d’un long moment, soit une éternité de félicité,

elle daigna retirer ses mains si merveilleuses

et lui dévoila ses bijoux fantastiques.

Pas longtemps, mais suffisamment pour imprimer

à jamais sa mémoire de cette sublime apparition.

Puis, avec adresse, elle rattacha son bustier et son corsage,

sans lui avoir permis le moindre intime toucher,

mais la vision dont elle venait de lui faire cadeau

le comblait d’une ineffable joie.

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