Votre naissance…

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Mes filles adorées, votre naissance,

Pour moi, a incarné la réjouissance.

D’abord, tu fus la première, Jessica.

Pendant dix-neuf heures, se dédia

Votre mère, corps et âme,

Dans les souffrances infâmes

De l’enfantement si pénible,

Et aux dédales si terribles

Que je me demandai pourquoi

La femme, dans la plupart des cas,

Doit à ce point souffrir,

Et même parfois mourir,

Pour donner la vie

À son petit être chéri.

Tu refusais tant de t’extraire

Que la ventouse fut nécessaire

Par trois fois, ma chère,

M’obligeant, pour la dernière,

À conseiller au médecin

De ne pas mettre fin

À la manœuvre trop tôt

Et ta tête aussitôt

Du vagin a jailli

Alors tout de suite ont suivi

Tes hurlements, faisant dire

À l’obstétricien dans un rire

Que tu serais un petit génie

Car en oxygène fut nourrie

Sans retard ta fragile cervelle.

Entre mes mains, on te déposait

Et tes yeux scannaient mes traits,

Pour enregistrer mon visage,

Me faisant vivre une sorte de mirage,

Une espèce d’hallucination

Tant cette magie de ta venue

M’a imprégné d’une impression

D’irréalité, d’un monde saugrenu.

Cinq ans plus tard, les jumelles,

Ce fut votre tour, à l’appel

De la vie, de vous présenter.

Vous sembliez un peu pressées,

Mary Lou et Vanessa,

Mes petits chats,

En venant avant votre temps,

Soit au bout de huit mois, sans

D’autre signe avant-coureur

Qu’à votre mère, d’énormes rondeurs,

Vous aviez données en abondance.

Au lieu d’une chambre des naissances,

Votre arrivée se passa dans la froideur

Malheureuse d’une salle d’opération

Avec une équipe abondante en prévision

De toute situation propice au malheur.

En quatre heures environ, votre joli minois

S’est enfin présenté par magie devant moi.

Tout de suite, je vous ai examinée attentivement

L’une après l’autre, dans un intervalle de temps

De vingt minutes, vous permettant à vous aussi

De vous imprégner de mes traits réjouis,

Avant que l’on vous dépose sur votre maman,

Comme on l’avait fait pour votre sœur, des ans

Plus tôt. À vous également, j’ai eu le colossal

Privilège de couper le cordon ombilical.

Mes filles chéries, mes adorables,

Depuis votre naissance mémorable,

À toutes les trois, ma vie est transformée

Du tout au tout, emplie d’un amour d’éternité.

Je vous aime ! Je vous aime ! Je vous aime !

Je vous aime ! Je vous aime ! Je vous aime !

À l’extrême ! À l’extrême !... Je vous aime !

Pour la viiiiiiiiiiiieeee !

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

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