Chapitre II

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Nous finissons d'étendre le linge en silence puis nous rentrons à la maison. Ma mère m'annonce avant de partir qu'elle m'a préparé un plateau repas dans le frigo. Elle n'oublie pas d'insister sur mes cours.
Je lui promets tout ce qu'elle veut entendre, comme la fille bien sage que je ne suis pas toujours. Je l'embrasse tendrement en songeant que je suis seule pour la soirée et que je n'ai certainement pas l'intention de suivre son plan à la lettre.
Je file dans ma chambre en criant comme une demie folle et je m'écroule sur mon lit. J'ai envie de jouer de la guitare alors je branche l'ampli et plaque des accords de rock, non satisfaite du volume sonore, je tourne le volume de l'ampli. Au diable les voisins.
Je reste ainsi à jouer pendant une bonne heure et la faim finit par me tenailler.
Une petite pause repas me fera le plus grand bien, ma mère m'a sûrement préparé quelque chose de divin comme à son habitude.

Elle cuisine vraiment très bien et je lui ai proposé d'ouvrir son propre restaurant mais elle me réponds invariablement la même chose à propos de l'argent que couterait un tel projet et de la méfiance des banques à l'égard d'une simple serveuse un peu ambitieuse.

Elle a sans doute raison mais parfois j'ai l'impression qu'elle se soucie plus de mon avenir que de ses propres projets. Ce renoncement m'exaspère parfois, elle est encore jeune, à peine le double de mon âge et j'aimerais qu'elle refasse sa vie mais je crois que son expérience avec les hommes l'a refroidie pour un bon moment.
Arrivée dans la cuisine je sors le plateau que ma mère a préparé avec amour quand on sonne à la porte. Surprise je pose mon repas sur la table. Qui vient donc m'enquiquiner à cette heure. Je n'attends personne et j'avais la ferme intention d'être tranquille affalée dans le sofa à regarder quelques programmes peu intellectuels à la télé.
Le shérif se tient derrière la porte, sa voiture garée avec les gyrophares allumés non loin de la. Naïvement, je pense au départ qu'il vient pour ma mère, je sais qu'il a le béguin pour elle sans oser faire le premier pas. Il s'attarde souvent au restaurant, ma mère sait très bien qu'il la regarde discrètement et qu'il n'hésite pas à chasser avec autorité les clients un peu trop collants ou vulgaires.
Je réalise que le shérif ne viendrait certainement pas voir ma mère avec sa voiture de fonction, tous gyrophares allumés. On a connu plus romantique comme premier rendez vous. Il me demande s'il peut rentrer et je lui cède le passage. Je demande inquiète si ma mère a eu un soucis.
- Non c'est toi que je viens voir Abigail Spencer. J'ai reçu un appel de tes voisins, pour je cite, un boucan de tous diables avec une guitare électrique. Est ce que tu reconnais les faits ?
- Oui c'est bien moi, mais c'était pas si fort shérif, je vous le jure.
- Tu as de la chance que j'étais le plus proche de ton domicile. Je passerais voir les voisins pour leur assurer que je t'ai passé un savon.
- Et est ce que vous allez en parler à ma mère ? Je crois qu'elle sera furieuse après moi, elle veut conserver des relations de bon voisinage et elle est capable de me priver de sorties pour une bonne semaine. Et la ça craint un max.
- Non on va garder ça entre nous deux mais que je ne sois pas obligé de revenir avec une autre plainte.
- Non non c'est promis.
- Tu as pourtant une autre guitare acoustique non ?
Je suis perplexe, comment peut il savoir une chose pareille.
- Oui, mais comment savez vous cela ?
- C'est mon métier de tout savoir. Mais non il m'arrive de parler avec ta mère, et parfois de toi.
- En bien j'espère.

je lui fait mon sourire le plus candide, on me dit toujours que je suis craquante quand je souris.

- Oui bien sûr ta mère t'adore mais ce n'est pas toujours facile sans homme à la maison.

J'acquiesce et je rajoute pour moi même, alors que moi shérif d'Elko je suis toujours célibataire, que je suis plutôt pas mal et que ta mère est à mon goût. Mais bien entendu je m'abstiens de ce commentaire en raccompagnant le shérif à la porte. Il remet son chapeau et me salue.
J'espère qu'il tiendra sa promesse.

La soirée se termine plus tranquillement, le repas avalé devant des séries  débiles je retourne dans ma chambre pour écrire. Cela fait un bon moment que je n'ai pas touché à mes textes de chansons et je me sens pleine d'inspiration et de lyrisme alors que la soirée est maintenant bien avancé. Je finis par m'endormir toutes lumières allumées, mon stylo toujours en main.


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