Pseudo : Donbi - Titre : Marina

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Marina était enfin libre. Elle venait de se séparer de son mari et trouvé un logement qu’elle avait pris soin de décorer à son goût. Mais elle commençait à ressentir la solitude. Son ex-mari ne lui manquait pas plus qu’un chien. Les enfants non plus, d’ailleurs. La garde partagée, c'était gérable.

Non, ce qui la gênait le plus est qu'elle allait devoir ouvrir les bocaux et apprendre à faire du bricolage (sauf si un jeune et beau voisin bienveillant se proposait de la secourir). En fait, Marina se fichait de cela aussi. Un jeune et beau voisin. Elle venait de comprendre son manque.

Certes, elle avait toujours trouvé Thomas nul au lit. Vers la fin, c’était le désert total, il fallait qu’elle guide ses mains et malgré cela, il n’avait pas réussi à lui offrir un misérable semblant d’orgasme. Mais au moins c'était quelque chose ! Qu’allait-elle faire maintenant ? Elle ne voulait pas trouver l’amour, quelle idée ! Vivre avec un homme, c’était fini ! Elle ne pensait qu’à rassasier sa faim, se faire plaisir. Mais comment ? Pourquoi les bordels n’étaient-ils pas légalisés ? Et ce serait un bonus s’ils pouvaient offrir des services pour les dames !

Marina fantasmait sur un escort boy comme celui vu dans un tas de romans débiles près des caisses au Monoprix : « International guy machin chose ». Il mettait en scène un bel étalon dont le métier était de rendre heureuses les femmes. Comme si c’était facile à trouver ! Marina hésitait à faire une recherche sur internet. Cela devait être assimilé à la prostitution et, de ce fait, interdit. Or, elle fut surprise de constater que l'escorting n’était pas illégal. Du moins, pas en apparence. Elle avait trouvé un site où elle écrivit brièvement son besoin (dans la limite de la légalité) et son type d’homme. Tant qu'à faire, elle a exigé un beau brun athlétique, intelligent et cultivé. Tralala et tout le reste. Qu’est-ce qu’un homme intelligent et cultivé viendrait faire dans ce genre d’agence ? Lorsqu’elle a dû passer à la caisse, Marina comprit que ce n’était pas un bon plan. La soirée avec un possiblement-bel inconnu, possiblement-intelligent et possiblement-cultivé allait lui coûter un tiers de son salaire mensuel. Inimaginable, maintenant qu’elle devait payer son loyer ! Elle aurait dû y penser lorsqu’elle était mariée. Mauvaise idée. Pis, elle n’était pas sûre d’un supplément sexe.

Alors, Marina se rabattit chez son amie Louna. Marina voyait en Louna une épouse et mère dévouée, sage en apparence. Mais elles se connaissaient depuis leurs 19 ans, et Marina savait que Louna avait une vie sexuelle très active à l'époque. Malgré le temps passé, elle serait de bon conseil, Marina en était persuadée.

— Je peux vivre sans la cigarette, mais je ne pourrai jamais vivre sans le sexe ! avait-elle affirmé l'autre jour, lorsqu’elle lui avait annoncé l’arrêt du tabac.

Définitivement, Louna saurait lui dire comment s’y prendre.

— Payer pour te faire baiser ? Mais ça va pas la tête ?

Rouge de honte, Marina regarda autour d’elles au café où elles étaient attablées. Il était quasiment vide, à part une paire de vioques qui les lorgnèrent avec dégoût. Louna les envoya bouler avec un geste obscène. Les vieilles émirent un soupir d’indignation et revinrent à leurs moutons.

— C’est à l’homme de payer !

Marina se figea d’un air abscons. Elle n’avait jamais évoqué la prostitution.

— Mais non cocotte ! Ne fais pas cette tête ! Tu ne vas pas faire la pute ! Tu vois les sites de rencontres ? C’est gratuit pour les femmes, l’homme paye pour te parler.

— Quoi ? Je ne vais pas aller sur un site de rencontres !

— Faudrait savoir ce que tu veux, ma chère ! C’est rempli des mecs qui cherchent la même chose que toi. Et crois-moi, ils savent s’y prendre !

— Comment tu le sais ? Ah, attends ! Je crois que j’ai compris...

En effet, malgré son mari alcoolique, accro au shit et aux jeux vidéo, Louna s’en plaignait peu, elle n’avait jamais l’air déprimée. Maintenant Marina savait le pourquoi. Louna prenait le meilleur antidépresseur. Finalement, Marina, elle aurait pu faire pareil. Elle aurait pu conserver son beau pavillon et les gosses n’auraient pas à changer d’environnement toutes les semaines.

Elle aurait dû faire comme Louna.

Elle aurait mieux digéré le geste de cet imbécile de Thomas.

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