Pseudo : L'affamé(e) - Titre : Un type dans un bar en ruine

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** Avertissement : Légère violence **

La première chose qui me réveilla, je crois que c’était l’odeur de pisse. J’avais la bouche pâteuse et les membres engourdis. J’avais faim et… merde, impossible de me souvenir de mon nom. Ça m’était déjà arrivé, j’en étais presque sûr, mais cette fois je n’avais pas la gueule de bois. Étrange. La lumière m’éblouis lorsque j’ouvris les yeux. Je gisais lamentablement sur le sol, près d’un tabouret renversé. La première chose que je fis, en me relevant, fut de vérifier l’état de mon pantalon qui, Dieu merci, était sec. La seconde chose fut d’observer le bâtiment autour de moi, qui devait avoir été un bar. J’étais sur une mezzanine. En m’approchant de la rambarde, je vis que mes empreinte se devinaient dans la salissure au sol. Quant à savoir ce que j’étais venu foutre ici… La porte avait disparue et de nombreuses fenêtres étaient brisées. Ma mezzanine était aussi propre que le reste. Cependant, il y avait une table moins poussiéreuse que les autres près de moi. Mon regard y fut d’abord attiré par l’éclat d’une lame. Lorsque je pris le sabre, la poignée me sembla familière. Je le reposai lorsque mon regard se porta sur le livre ouvert à côté de lui. Un dicton me revint en tête : « les tremblements qui n’agitent pas les doigts des magiciens lorsqu’ils lancent des sorts le font lorsqu’ils écrivent ». Il me fallut quelques secondes pour déchiffrer l’inscription en haut de page : « Sortilège d’amnésie ». Je me figeais d’effroi. La double page contenait ce qui devaient être des consignes, ainsi que des schémas. Mon cœur tambourina contre mes tempes. L’un des dessins montrait un doigt sur lequel deux coupures formaient un X. Mes deux index portaient cette marque. Abasourdi, je faillis ne pas entendre les escaliers grincer. Je m’approchai de la barrière. Trois gaillards montaient. Une fois en face de moi, celui du milieu prit la parole :

 — Ça fais des heures qu’on te cherche !

 Ce type puait la pisse au point que je me demande si ce n’était sa simple présence dans le quartier qui m’avait réveillé. Il avait un sourire mauvais et le regard d’un requin, dont il devait aussi avoir l’intelligence. Ses deux compagnons avait l’air moins méchant, mais plus bêtes ce qui tenait de l’exploit. Les trois portaient des vêtements amples et colorés, ainsi qu’une épée à la ceinture.

 — Me voilà, répondis-je.

 Ce n’était pas ma meilleure répartie, j’en convient. Cela ne sembla pas les amuser, en tout cas. Le puant poursuivit :

 — Tu vas nous rendre ce que tu nous as volé, petit con.

 Je cherchais quelque chose d’intelligent à rétorquer, lorsque le type à ma droite désigna la table.

 — Il est là, Jaq.

 — Bien, bien, très bien.

 « Tu te répètes, Jaq » pensai-je.

 — Récupères-le, Jon. Ensuite on va corriger cet abrutis.

 Je me précipitai sur le sabre ; l’autre attrapa le livre. Le puant dégaina son épée et s’approcha de moi. Durant un court instant, je fut étonné de ne pas avoir oublié comment me battre. L’instant d’après, j’assenais ma lame sur le type qui la para en grognant. Je reculai rapidement et le laissait venir. Jon avait posé le bouquin plus loin et s’avança avec son compère. Eux-aussi avaient des épées. De ma main libre, je pris une bouteille poussiéreuse et la lança sur Jon — j’aime connaître le nom de ceux contre qui je me bas. Il évita le projectile sans trop de difficulté, mais je profitai de la diversion pour sauter en avant. Je feintai un coup de sabre au visage de Jaq. Lorsqu’il voulu parer, je me baissai et élançai mon sabre entre ses jambes. Je lui entaillai profondément la cuisse, avant de reculer. Le puant tomba à terre en s’égosillant de douleur. Son sang se mêla vite à la poussière, puis il cessa de brailler. Les deux étaient trop proches l’un de l’autre pour que je ne prenne le risque d’attaquer. Je m’approchai de la barrière. C’était ma seule issue, mais mal retomber serait catastrophique. Ils enjambèrent le corps de Jaq en grimaçant.

 — Comment t’appelles-tu ? demandai-je à celui de gauche.

 Il paru surpris, mais répondit :

 — Jan.

 — « Jaq », « Jon » et « Jan » ? me moquai-je. Vous n’êtes pas capable de retenir plus d’une syllabe ?

 Je voulais les énerver, j’ai réussi. Ils s’approchaient dangereusement, m’acculant entre le mur et la rambarde. Jon s’écarta pour contourner une table. J’en profitai. En un éclair, je sautai sur Jan. Nos lames se croisèrent. La mienne lui trancha la gorge. Jon assena son épée sur mon bras droit. Je senti le métal pénétrer ma chair, mais il s’arrêta en surface. Je fus aussi surpris que lui mais me ressaisi plus vite. D’un geste du bras, j’écartai sa lame. Mon sabre lui pénétra l’épaule et s’arrêta au centre de son torse. Il s’effondra. Tandis que Jan finissait de se noyer dans sang, je levai ma manche afin d’inspecter mon bras. J’avais un tatouage ; une large bande argentée, du coude au poignet. Au centre de mon avant-bras, deux plaies suivaient la même ligne, seulement coupée par la marque restée intacte. Qu’était-ce encore que ce machin ? Quoiqu’il en soit, il venait de me sauver le bras… Il me fallut de longues minutes pour extraire mon sabre de la poitrine malingre de Jon… ou était-ce Jan ? J’avais déjà oublié.

 Je repris le grimoire et quitta le bar. Les questions se multipliaient dans ma tête sans que je n’ai la moindre piste pour y répondre, mise à part ce grimoire relié de cuir volé je ne savais où. Mon ventre gargouilla ; j’avais faim.

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