Chapitre un : un musée de Province.

3 minutes de lecture

Julie finissait par regretter sa visite au Musée des Beaux-Arts d’Angers.

Elle adorait l’art, et au grand désespoir de ses parents, malgré ses brillants résultats, elle avait refusé de faire médecine et était entrée aux Beaux- Arts de Paris.

Donc elle aimait l’art mais …

Mais pas cela !

Julie aimait les impressionnistes, Klee, Kandinsky, le Bauhaus et elle soupirait de voir toutes ces crucifixions , ces vierges à l’enfant.

je réagis comme une Parisienne !Julie avait toujours vécu à la campagne, loin de tout musée, et son récent snobisme l’amusait.

Après tout, il y avait aussi ce surprenant portrait d’Agnès Sorel, avec un remarquable travail sur les différentes nuances de blanc et de rose, du visage, du cou et de la robe de la première favorite.

Mais c’était maigre.

Elle surprit le regard du gardien, un homme entre deux âges, qui, lui aussi, semblait s’ennuyer ferme sur sa chaise. La glace protectrice du tableau reflétait les yeux du gardien, fascinés par la jupe fort courte et les interminables jambes de la belle blonde.

Julie adorait susciter le désir et elle décida de s’amuser un peu. Elle fit innocemment tomber son portable et prit tout son temps, pour le ramasser se redresser.

Gagné ! Quand Julie croisa le regard du gardien, il était écarlate et à deux doigts de l’apoplexie. Non seulement le décolleté de Julie était aussi généreux que sa poitrine, mais, prétextant les fortes chaleurs, elle avait remisé le soutien-gorge.

Elle passa dans la pièce suivante, ravie de sa farce. L’oisiveté est la mère de tous les vices. Et encore, il n’avait vu que le haut ! Elle improvisa un bref haïku qui la fit sourire :

La chaleur excuse

la robe fort courte mais

où est la culotte

Soudain son sourire se figea : on la regardait intensément. Et ce n’était pas un homme, mais une femme ou plutôt un portrait de femme !

Mais c’était elle qui devait regarder le tableau et certainement pas cette femme qui devait ainsi la toiser !

Décontenancée elle s’approcha et lut :

Allégorie de la Simulation, Lorenzo Lippi.

Julie prit son portable et écrivit :

Une jeune femme, belle, très belle, vous regarde.

Elle a le teint pâle, les lèvres fines , de grands yeux noirs qui vous toisent, ni haineux, ni indifférents, distants ?

Dans sa main droite, un masque de théâtre, dans sa main gauche, une grenade, étrange fruit qu'elle semble vous donner.

On ne sait si elle se moque de vous, si elle vous manipule, ou, si elle vous donne l'essence du don qui serait pure dissimulation.

Mais cette description ne mit pas fin à son malaise ; Julie décida de mettre le portrait à distance, de l’étudier.

Le visage lumineux et clair de la jeune fille s’opposait à l’obscur du fond noir.

Le centre du tableau n’était ni le masque, ni la grenade, ni le visage de la jeune femme, mais le foulard blanc qui recouvrait la robe bleue.

La robe bleue, c’était la robe de la vierge, et le foulard blanc dans le tableau la voilait et la dévoilait.

C’était, sans doute, cela qui la troublait : le contraste entre les symboles virginaux et cette dissimulation, voire ce vice.

Julie se dit qu’elle devait regretter d’avoir mis ce pauvre homme si mal à l’aise : une éducation catholique ne s’efface pas d’un trait.

Ma pauvre fille, tu ne vas pas aller loin avec ta psycho à deux sous.

Qui venait de parler ?

Personne, elle était seule ?

Julie regarda le portrait et elle poussa un cri : la belle brune venait de lui parler, et personne d’autre !

Médusé le gardien vit la blondinette sortir en courant du musée, comme si elle avait le diable à ses trousses ...

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
9
11
0
0
Lili Sori



L'amour, c'est comme regarder le ciel par une belle nuit d'été.
Au début, on scrute les étoiles jusqu'à trouver celle qui nous attire le plus. On ne regarde plus qu'elle et à force de la fixer, toutes les autres autour finissent par disparaître. Tout le reste s'assombrit, comme si les autres s'effaçaient une à une pour ne pas perturber l'éclat de celle que nous avons choisi de chérir. Et puis un beau jour, toutes ces autres réapparaissent, comme des tentations, comme des options, mais même si on les voit, on ne les regarde pas vraiment. Elles sont là, mais la nôtre brille toujours bien plus et leurs maigres efforts pour se faire remarquer ne mènent à rien au bout du compte. Bien sûr, elles existent encore, bien sûr il est agréable de les voir, mais notre attention se reporte toujours sur celle qui fait battre notre cœur comme elle seule sait le faire. On l'aime et la déteste à la fois. Elle nous attendrit et nous énerve en même temps. Parfois elle disparaît derrière un nuage et on se régale de pouvoir souffler un instant hors de sa contemplation, mais très rapidement, plus rien ne nous ravit, elle nous manque et l'on guette inlassablement le moment de son retour pour pouvoir de nouveau nous délecter de la chance que nous avons de lui appartenir et de partager un petit morceau de sa vie.
Bientôt, l'étoile créera sa constellation. Son petit monde à elle, une famille indestructible malgré les disputes et les désaccords. Parfois les nuages cacheront une partie du groupe, mais elles seront toujours l'une à côté de l'autre. Elles ne se sépareront jamais même si souvent les rêves et les envies de chacune entreront en conflit. Une confrontation nécessaire pour que chacune puisse continuer d'exister en tant qu'unité. Des identités différentes qui trouveront forcément le meilleur des compromis pour que toutes puissent respirer le même volume d'air. Une répartition équitable de la lumière et de l'espace pour n'étouffer aucune d'entre elles.
Un peu plus loin, le reste des étoiles forment leur cercle et gravitent autour de ce noyau unique. Ce sont des amis, des collègues, des connaissances ainsi que des jaloux, des opportunistes, des inconnus... Celles-ci sont tout ce qui sépare notre constellation de la Lune. Le projet commun, l'avenir heureux, le but ultime qu'elle fixe et qui se trouve à portée de son rayonnement malgré les obstacles sur leur trajectoire. La Lune représente leur Paradis à eux, leur Eden, leur Bonheur de se retrouver et de vivre ensemble pour une éternité délicieuse. Comme une promesse de jours heureux et paisibles. Comme un avenir indéniablement baigné de lumière et de chaleur.
L'amour, c'est comme trouver le bateau parfait pour traverser les océans.
On a parfois emprunter des radeaux pour tenter d'avancer sur les vagues, mais à chaque tempête, l'embarcation s'est renversée et nous voilà de retour à la case départ. Puis un jour, on monte à bord d'un bâtiment sans égal. Une construction magnifique et rassurante sur laquelle on se sent immédiatement en sécurité. La traversée peut reprendre, convaincu que plus rien ne pourra nous faire chavirer. L'horizon nous appelle, droite et limpide. Au couché du soleil, les rêves d'avenir s'enflamment. Les roses, les rouges, les orangés se chamaillent la même parcelle de ciel bleu-gris. L'eau se trouble un instant devant ce spectacle fabuleux et toutes les promesses qu'il nous fait miroiter.
Mais malgré tout, malgré le bonheur dans lequel on se baigne, des nuages noirs apparaissent, surgissant de nulle part, menaçant la paisible aventure de tourner au naufrage. Mais les voiles sont solides, le mât ne rompra pas, aucun rocher ne peut endommager la coque de ce bateau, aucune pluie torrentielle ne sera suffisamment puissante pour le couler.
Les vrais marins savent lire la carte des étoiles. Jamais ils ne perdent leur cap... Ils en dévient parfois mais ils savent retrouver rapidement leur chemin. Ils naviguent avec l'appréhension d'arriver à bon port et de devoir un instant quitter leur embarcation pour retrouver la terre ferme. Mais ils ne restent jamais amarrés bien longtemps de peur d'être oubliés par leur belle aux grands yeux bleus scintillants.
L'amour, c'est comme avoir déniché l'équipement idéal pour gravir la plus belle des montagnes.
L'ascension n'est pas aisée et avant de devenir un randonneur confirmé, il y en a eu des échecs et des abandons. On a tellement de fois fait marche arrière, parfois même oublié de se donner un peu la peine de souffrir pour découvrir quelque chose de merveilleux. On a souvent trouvé la neige en chemin. Souvent le terrain était accidenté, mais cette fois-ci, les vêtements n'ont pas été enfilés au hasard. Le piolet, les cordes et les crochets ont été choisis avec soin. Tout a été fait de sorte que nous atteignons le sommet malgré les craintes et les embuches en travers de notre route. L'enjeu est de taille ! La vue magnifique qui nous attend au bout de notre excursion vaut largement le prix de tous nos efforts. Une fois arrivés à destination, le panorama est splendide. Le soleil se couche à peine. Même la fraîcheur de la nuit tombante est une douce caresse sur nos joues rougies par l'émotion et la fatigue. Il nous reste juste assez de forces pour installer le campement et embraser le petit tas de feuilles et de branches que nous avons réunis avant qu'il ne fasse trop noir.
A la lueur des flammes gigotant dans tous les sens, prisonnières de ce cercle de pierres, les regards se croisent, scintillants de bonheur, apaisés et satisfaits des épreuves déjà loin derrière eux. Leurs yeux pétillants se tournent vers le ciel étoilé, écho parfait de leurs iris poudroyants. Les astres brasillent, oubliant les convenances, les bonnes manières se dissipent. Il ne reste plus que la simplicité des sentiments épurés et libérés des "qu'en dira-t-on ?" !
L'amour, c'est une chance inouïe de pouvoir planter nos yeux au milieu d'un champ d'étoiles qui ne semble avoir pour unique but que d'éclairer à jamais la noirceur de nos nuits.
3
8
0
4
Nebulous Violin
C'est la fin de Voldemort, la paix va pouvoir enfin régner. Mais ce que le monde ne sais pas, c'est qu'il n'est pas parti sans laisser de trace. Delphini n'est qu'une enfant et elle semble déjà être passionnée par la Magie Noire. Représente-t-elle un danger pour le monde des sorciers? Pour l'instant non, mais un danger pour ses proches, oui...
37
8
24
44

Vous aimez lire phillechat ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0