Le voyage de Monsieur K / Chapitre 2 : Sortir de la Matrice.

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Monsieur K sortit du métro à la station Louis Blanc. La foule bigarrée de la rame avait depuis longtemps disparu.
Avant, il y avait fort longtemps, lui aussi était pressé de sortir à l’air libre, de se perdre en activités utiles ou futiles.
Aujourd’hui, il prenait son temps, tout son temps.

Sortir du métro est une expérience étrange, on est confiné, serré, baigné d’une lueur verdâtre et, soudain, on se retrouve en pleine lumière.
Monsieur K hésitait entre la sortie de la matrice et le mythe de la caverne. Sortir de la matrice , c’était aussi naître, et tout ce voyage à Paris avait le parfum d’une renaissance.

Dehors, ce fut le choc, brutal. Le brillant soleil avait fait fondre tous les souvenirs.
Philippe cherchait en vain , la boulangerie, la boucherie, la bijouterie, la papeterie de son enfance.
Tout avait disparu et tous les visages inconnus l’ignoraient, comme on ignore le passant dans une trop grande ville.

Soudain, d’un lointain passé, surgit un souvenir. En face de la bouche de métro, il y avait un bijoutier.
Enfant, il avait demandé une montre, et là summum de la technologie, ses parents lui avaient offert ( sans doute un anniversaire) une montre à quartz.

Monsieur K restait là, immobile, incapable de bouger. Tout cela était mort , mort et enterré.
Pour se donner du courage, il improvisa un poème :

Naître à Paris
C’est naître nulle part
C’est n’être de nulle part
Épars
Hagard
Fruit du Hasard
Enfant de Paris
Même loin de Paris, dans cette zad de Notre Dame des Landes où il menait un combat sans fin, il se voyait ainsi : un petit gavroche.
Certes, certes, mais que recherchait-il , quel était le sens de ce retour aux sources ?
Il ne savait pas, mais une voix intérieure lui suggérait que, sorti de la matrice, l’attendait une étrange aventure...

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