Que font les héros de "Voyage au centre de la terre", quand le livre est fermé ?

Une minute de lecture

Je n'ai pas aimé Verne, je l'ai adoré, et cet amour n'a jamais faibli.
Mais, année, après année, une étrange question s'est emparée de moi :
Que font les héros de "Voyage au centre de la terre", quand le livre est fermé ?

Car , pour eux, tout est dit, écrit depuis deux siècles. Que le temps doit être long, que leur vie doit leur sembler prévisible et monotone.
Rêve ou réalité ? Un jour, ou plutôt une nuit, j'ai eu la réponse à cette question , digne d'une philofiction.

Je les ai vus,: ils prenaient des ciseaux, oui des ciseaux.
ils découpaient le texte de Verne et s'inventaient de nouvelles histoires. Quand ils m'ont vu, ils ont tout caché, mais j'ai pu récupérer quatre voyages, vraiment, extraordinaires !

1 Voyage décentré

Cependant sauf
Un Islandais de l'abîme
La tête de cône du ciel

S'enfonçait dans l'immensité
Au temps du foyer
Chassait ses vapeurs béantes
Sous le courage

De leur disposition
Gesticulant et lançant
Des morceaux de lave
Évidemment

2 Voyage alternatif

Malgré les pentes
La route
S'échappa des mains d'un Islandais

L'orifice supérieur
Du ciel
S'enfonçait dans l'immensité
Du temps

Ces cheminées
Étaient là
Béantes

Le professeur Lidenbrock lui avait
Lancé
Hans
Assis sur des morceaux de lave

3 Troisième voyage

Voyage
Que le guide
Ne connaissait pas

La route de Cordes
S'échappa des mains d'un Islandais et alla
Singulièrement réduite mais presque parfaite
Au fond du Cratère central

Vapeur rapide
De leur compréhensible
Parole

4 Dernier voyage

La terre
Ne connaissait pas
L'abîme

A midi
J'aperçus l'orifice
Parfait

Qui s'enfonçait
Dans trois cheminées
Béantes

Sous
Le professeur Lidenbrock
Lançant
Des morceaux de lave

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Il dort encore. Ma tête posée sur sa poitrine, ma main caressant la peau de son ventre, je n'ose faire d'autres mouvements.
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J'aime chiner dans les brocantes, chercher l'objet qui n'existe pas mais dont je suis pourtant certain qu'il existe dans un coin de mon cerveau. Cet objet qui me pousse à faire des kilomètres pour aller à sa rencontre. C'est un livre poussièreux que je ne lirai peut être jamais. C'est cette vieille guitare encore neuve qui finira de me convaincre à la musique ou alors ce dvd d'un vieux film oublié mais ravira mon coeur de cinéphile. Bref, pour moi, une brocante c'est avant tout une rencontre et une invitation au voyage. Un voyage dans le temps. Vous entrez dans une vaste machine à remonter le temps. Ce voyage vous prendra toute la journée et quand vous en sortirez, vous aurez en main le témoin de ce qui aura été votre périple dans le passé. Vous en sortirez heureux, prêt à revenir dans le quotidien du présent, douleureux et inquiétant.
Je vis seul avec mon chat.
Je m'étais fait un petit plaisir. Oh, un si petit plaisir ! Rien de plus banal et simple qu'un jeu vidéo. Je me suis offert un jeu de foot dont personne ne voulait. Il était neuf.
Oui, un jeu vidéo , pourquoi pas ?
J'avais une console qui prenait la poussière. Elle était lasse de ne plus servir à rien. Et moi j'étais fatigué de jouer seul les dimanches après-midi.
La mélancolie des dimanches. La pluie fine chante par terre et sur les feuilles des arbres. Moi, je reste planté là, devant la grande fenêtre de mon salon à attendre. Le chat dort sur le sofa. Attendre quoi ? Qu'il se passe quelque chose dans ma vie qui s'écoule tel un fleuve tranquille que rien ne vient perturber.
Ma console est là dans son meuble à me regarder. Va-t-il se décider, ce con, à introduire quelque chose dans la fente, se dit elle?Je veux reprendre du service. On m'a condamnée au chômage sans raison que celle de rendre las ceux qui jouent.
Je déteste le foot. Il n'entre plus dans mon imaginaire de lycéen depuis longtemps. La faute à qui?La faute au fric. J'étais pourtant un passionné pendant mes jeunes années. Une communion d'esprit me liait au destin heureux ou malheureux de ces dieux adorés de ma jeunesse. J'en ai vu des regards baignés de larmes chez mes copains de lycée. Des larmes de joie. Des larmes de rien. Des visages fatigués des nuits blanches en série. C'était un bonheur infini de voir, de refaire les matchs et en disséquer la trame le lendemain dans des discussions interminables avec les potes. Les filles étaient à l'écart pour un moment.
Comment peut on détester avec le dernier ressentiment ce que l'on a aimé avec passion?
Ayant déchiré le cellophane, je pris le disque et l'insérai dans ma console laquelle, enfin, se mit à rugir de plaisir. J'entendais son râle de satisfaction. Depuis qu'elle attendait cette belle et douce pénétration. Le moment est venu.
Le jeu démarre...
Maintenant, je joue, seul devant mon écran. Le chat dort toujours. Je sélectionne des équipes adverses. Je suis seul et je fais ce que je veux, jouer comme je veux. Sans règle, sans loi.
L'idée de marquer contre mon propre camp m'effleura l'esprit. Aujourd'hui, pour commencer ce sera l'équipe du PSG contre l'équipe de Marseille. A tout seigneur tout honneur. J'aime foutre la merde, ça va ruer dans les brancards. Je m'en fous. Je suis tout seul.
Le match commence...
Un tumulte grandiose s'éleva dans les airs lorsque mon premier but contre mon camp fut marqué. C'étaient des mouvements de colère. Des grondements lourds et sonores s'élevèrent au dessus du stade bondé de monde et se perdirent dans le ciel bleu. Dès mon deuxième but marqué contre mon camp,à nouveau un tumulte géant secoua la foule, comme le cri d'un volcan pour laisser éclater sa joie ou sa douleur. Mon plaisir était sans limite. Un plaisir jouissif. A chaque but marqué, c'était une bouffée de sang chez le commentateur qui commençait à s'enerver sérieusement. L'arbitre ne savait plus où donner de la tête. Le peuple du football s'agaçait à me voir marquer contre mon camp. J'étais un traître à ses yeux. Les insultes fusaient. Ce fut tour à tour des crachats, des jets de bouteilles qui sortirent de l'écran et qui atterrissaient dans le salon. Mais mon plaisir était tel que rien ne m'arrêtait. Je continuais sans le moindre remords à jouir de mon plaisir égoïste, à envoyer dans les filets, ceux de mon camp,des boulets de canon à la vitesse de la lumière qui allaient mourrir au fond des buts. Et c'était à chaque fois des cris, des vociférations de colère, des hurlements d'indignation contre cet hérétique qui marquait contre ses propres équipiers et qui semblait en tirer un plaisir indécent.
Soudain, alors que je venais d'envoyer mon onzième but dans les filets de mon équipe, une chose inattendue se produisit. Une chose incroyable devait m'occire si je ne m'étais pas esquivé à temps. Une horde de sauvages sortirent de l'écran. Une horde de hooligans, mal rasés, déterminés et en colère, se jetèrent hors de la télé une bate de baseball à la main, prêts à en découdre avec ce type qui avait la manette rebelle. Ils en avaient assez de mes bêtises de grand enfant. Ces supporters ne supportaient plus qu'à chaque ballon dérobé à l'adversaire, il finisse sa course dans les buts amis. Ils n'en finissaient pas de sortir de la télé pour me tomber dessus comme un seul homme et ainsi avoir ma peau de salaud, ma peau de sale traître. J'ai failli y rester. Je devais mon salut à ma réactivité, à mon flegme .
J'ai fui aussi vite que possible, sans demander mon reste.
Sans même me poser la question si cette chose était possible ou pas. Comment se faisait il que des gens puissent sortir de la télé armés d'une bate de baseball et s'attaquer à un honnête citoyen qui voulait jouer à un jeu qu'il avait payé de son argent, un jeu dont il disposerait comme il l'entendait? Des gens en chair et en os qui ont voulu m'oter la vie à coup de bate parce que je n'étais pas d'accord avec eux. Je voulais jouir de ma liberté de consommateur. Je voulais marquer contre mon camp. J'aime cela. Ce n'est pas un crime de marquer contre son camp. En politique vous êtes exclu de facto. Mais là, ce n'était pas de la politique. Ce n'était qu'un match de foot. L'esprit de corps était de rigueur. Mais je n'avais pas cet esprit de corps.
Le fascisme à l'état pur. Le football est un fascisme.Le sport en général est un fascisme. Un fascisme dès lors qu'il est arraché à sa finalité première, procurer du plaisir à celui qui le partique et non enrichir les poches de ceux qui en tirent des intêrêts d'argent.
J'eu le temps de m'extirper du salon, sortir de ma maison et crier "au secours des ânes bâtés, des hooligans veulent me tuer !" .
Seul un chat qui traversait la rue entendit mes plaintes, me fixa de ses yeux mystérieux et fit pivoter ses oreilles téléscopiques en se demandant si je n'avais pas fumé la moquette.
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La télé était éteinte. Rien n'avait bougé dans le salon. Le chat dormait toujours sur le sofa. Un jeu vidéo était posé sur la table basse encore enveloppé dans son cellophane avec le prix dessus, 49.90 euros.
Une bouteille de wisky trônait sur la table basse. Vide. Le lit de la chambre était défait.
Le lendemain,je retournai au micromania du coin et je remis le jeu dans les mains du vendeur qui me l'avait conseillé.
Je n'ai pas eu le courage de l'ouvrir.
Oui, le football est un fascisme.
Adrien de saint-Alban
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