Chapitre 3

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Cameron

Devant mon miroir, j'inspectai une dernière fois mon reflet : une tignasse blonde un rien rebelle, de grands yeux bleus expressifs, et des traits encore juvéniles alors que j'approchai déjà de la trentaine. Je ne me sentais pas à l'aise avec mes vingt-huit années au compteur, ni trop vieux ni trop jeune. J'avais encore le droit à des sermons de la part de « vrais adultes », et je me sentais parfois déphasé lorsque j'écoutais la façon dont pouvaient s'exprimer les adolescents de nos jours.

Je me rendais d'un pas assuré à un entretien d’embauche. Mon agence d'intérim m'avait contacté il y a quelques jours, en m'affirmant avoir trouvé le poste pour lequel j'étais fait. Mon profil remplissait tous les critères de la fiche de recrutement et c'est donc avec le moral gonflé à bloc que j'avais appelé l'entreprise dont il était question pour convenir d'un rendez-vous. C'est une jeune femme qui m'avait répondu et qui me proposa de rencontrer le directeur du service comptabilité ainsi que la directrice des ressources humaines, c'est-à-dire elle-même.

Tout s'organisa assez rapidement car la place vacante ralentissait l'efficacité de l'entreprise et cela était impensable. Je n'étais peut-être pas le mec le mieux organisé, le plus réfléchi mais allez savoir pourquoi, les chiffres ça me connaissait.

Depuis toujours, ayant peu de biens, j'avais appris à économiser, puis plus tard, j'avais fait mes premiers placements afin de faire fructifier les résultats de mon labeur et surtout, j'appréciais cette sécurité que cela m'apportait : les chiffres ne mentaient pas et ne vous abandonnaient pas.

J'avais travaillé quelque temps en back-office pour une banque, mais je n'aimais pas le stress que cela engendrait. La pression était énorme. Les mathématiques vous permettaient de manipuler des sommes d'argent astronomiques alors même que tout cela restait immatériel. Une erreur, une hésitation et l'argent vous filaient entre les doigts entrainants de lourdes pertes.

J'avais beaucoup maigri durant cette période, Colleen, ma meilleure amie s'était inquiétée et m'avait convaincu de changer de branche. Heureusement, grâce à une option de mon master et quelques UV (unités de valeur) complémentaires, j'avais pu obtenir une équivalence pour prétendre à un poste d'expert-comptable. Rien de très passionnant, mais cela me convenait très bien. Je préférais largement trouver la dose d'adrénaline qui pimenterait ma vie autrement, sans que ma santé pèse dans la balance.

Je me retrouvais donc devant l'immense building de Macclain Corporation, entreprise florissante qui s'était imposée dans le milieu de l'innovation informatique en formant ses propres ingénieurs et techniciens, achetant à tour de bras les droits sur de nombreux brevets concernant le développement durable et la technologie de pointe. Les autres entreprises n'avaient qu'à bien se tenir.

J'avais lu dans un célèbre magazine économique que l'établissement était dirigé d'une main de fer par le fils cadet de son créateur, depuis maintenant cinq ans. Jonathan Macclain avait laissé à son descendant une mine désaffectée, l'entreprise courant à la faillite, et lui en avait extrait des lingots d'or, grimpant dans les échelons, bataillant pour se frayer un chemin vers le sommet.

J'admirais cet homme qui était certes né avec une cuillère en argent dans la bouche, mais avait connu l'humiliation, la honte, et avait consacré sa jeunesse et sa vie à restaurer l'honneur de sa famille. Il y avait eu de lourds soupçons quant aux méthodes utilisées, mais aucune preuve n'avait pu être apportée ; sûrement des rumeurs colportées par des concurrents jaloux de son succès.

Macclain... Plus je prononçais ce nom, plus il m'était familier, je ne cessai de m'interroger durant le trajet. Je m'étais dit de prime abord que c'était normal étant donné la renommée de l'entreprise mais je commençais à penser que c'était bien plus que cela, faisant remonter à la surface des souvenirs beaucoup plus anciens, enfouis dans un passé que j'avais longtemps cherché à effacer.

Cela faisait bien cinq minutes que j'étais arrivé, je n'eus donc pas le temps de fouiller davantage dans ma mémoire, car l'heure approchait dangereusement et je ne voulais pas être en retard en sachant ce que ça m'avait coûté comme effort pour arriver avec vingt minutes d'avance.

Passant par la porte tambour donnant accès au siège de l'entreprise, je me dirigeai ensuite vers l'accueil. Une jolie petite brune jouait les standardistes, le téléphone coincé entre son épaule et son oreille, tout en écrivant sur un bloc-notes les informations utiles qui lui permettront de transmettre le message aux employés travaillant dans les étages. J'en profitai pour admirer l'architecture du bâtiment qui était d'ailleurs impressionnante et très moderne. La demoiselle avait apparemment fini sa communication, mais ne semblait pas vouloir me renseigner ce qui me fit perdre le peu de patience que j'avais en réserve.

  • Mademoiselle ?. Toujours aucune réaction !

  • Mademoiselle !

Elle fit un signe demandant d'attendre encore un moment. Mais ce n'était plus possible, pas question de faire mauvaise impression.

  • Vous venez de tacher votre chemisier avec l'encre de votre stylo, c'est pas de chance, laissez-moi vous aider.

Et avant que la secrétaire ait le temps de réagir et de découvrir l'imposture, je pris un mouchoir et fis mine d'enlever une bavure tout à fait inexistante. Mais c'était juste ce dont j'avais besoin pour capter l'attention de la jeune femme, qui semblait hypnotisée sous mon regard.

  • Reprenons depuis le début, je suis attendu par une certaine Mme Allen et je n'ai vraiment pas envie de la faire patienter plus que de raison alors... si vous aviez la gentillesse de m'indiquer l'endroit où je pourrai la trouver, je vous en serais éternellement reconnaissant ».

J'agrémentai mes propos d'un sourire charmeur qui eue raison de la pauvre fille. Celle-ci ne put que pointer de son index l'ascenseur à sa gauche menant au bureau de la directrice des ressources humaines et bégaya après avoir péniblement dégluti « cin...cinquiè...me é-é-é-tage, por-te droite... au fond ». Je la remerciai chaudement lui laissant espérer quelque chose de plus après mon entretien.

Ne me préoccupant pas davantage des émois de mon guide, je continuai mon chemin vers l'ascenseur, en levant les yeux vers la verrière qui créait un puits de lumière énergisante. Malheureusement, se faisant, je ne fis pas attention à la personne qui courait presque, une pile de dossiers entre les mains. La catastrophe ne put être évitée, nous nous heurtâmes de plein fouet.

« Mince, il ne manquait plus que ça ! » Maugréai-je, mais voyant la mauvaise posture de mon vis-à-vis, je ravalai mon mécontentement et lui offris mon aide afin de rassembler rapidement ses affaires. Une feuille attira mon regard, et pour cause ! Je vis ma photo et compris qu'il s'agissait de mon CV. Tendant le document à la personne que je n'avais pas vraiment regardée jusqu'à présent, je me permis de dire malicieusement :

« Celui-là, je le connais, ce n'est pas le plus intelligent, mais ce n'est pas non plus un mauvais bougre. J'espère que vous lui laisserez une chance ». La jeune fille m'arracha la feuille, murmurant un discours incompréhensible dont j'interceptai au vol un « il se prend pour qui » et un « je suis en retaaaard ». Je me retins d'éclater de rire trouvant son comportement fort divertissant. Nous entrâmes de concert dans l’exiguïté de l'ascenseur. Ils auraient quand même pu en choisir des plus grands ! C'est du moins ce que je me serais dit, en toute autre compagnie...

April

Que me voulait cet étrange personnage, me suivait-il ? Et pourquoi m'adressait-il un sourire jusqu'aux oreilles comme si nous nous connaissions depuis toujours ? Après réflexion, il n'avait pas non plus l'air méchant, un peu simplet peut-être... Il portait un léger parfum, très agréable. Ce n'était vraiment pas le moment ! Saul m'avait confié depuis le début de la semaine, la lourde responsabilité de recruter un nouveau comptable pour le service dirigé par Monsieur Jeff Morgan, comme l'indiquait l'inscription sur la porte du bureau vers lequel je me dirigeai.

Mon cousin avait « toute confiance en mon jugement » pour le citer, et c'était ma première grande épreuve en tant que nouvelle directrice des ressources humaines. J'avais travaillé avant en tant qu'assistante de l'ancien directeur, mais celui-ci avant pris sa retraite et Saul m'avait proposé le poste. Le fait d'avoir été major durant toute la durée de mes études et d'être membre de sa famille étaient évidemment des atouts importants. Je me savais compétente, mais ne pouvais m'empêcher de douter de tout, et surtout de moi-même. Et si je choisissais un mec fainéant ? Un à la tête du service était bien suffisant, il fallait donc trouver quelqu'un qui puisse être son bras droit. Et si j'engageais un être malveillant projetant de détourner les fonds de l'entreprise ? Oh mon dieu non ! Me voilà repartie dans mes délires. J'enchaînais les rendez-vous depuis lundi, mais aucun candidat n'avait retenu réellement mon attention. Ils possédaient tous des cursus impressionnants qui s'étalaient sur plusieurs feuilles, pourtant, il manquait le petit plus qui me disait que la personne conviendrait au poste et surtout, qu'elle serait prête à s'investir pour le futur de l'entreprise.

Ce que les gens ne percevaient pas de l'extérieur et qui leur faisait immanquablement défaut dans leur façon d'aborder cet entretien, c'était l'ambiance toute familiale qui régentait le fonctionnement de l'ensemble des services, jusqu'au sommet de la hiérarchie. Pourrais-je trouver la personne idéale dans le temps imparti par mon patron et respecté cousin ? Rien n'était moins sûr d'après moi. La poisse !


Arrivée devant le bureau, je pris une profonde inspiration et toquai à trois reprises à la porte. Du coin de l'œil, je vis le jeune homme responsable de ma chute poursuivre son chemin. Je n'attendis pas l'invitation du maître des lieux, qui de toute évidence ne me parviendrait pas, et pénétrai aussitôt dans la pièce. La pénombre environnante n'incitait qu'à la sieste, heureusement que la faible lueur venant de l'écran de l'ordinateur confirmait que Jeff était bien présent et en train de travailler. Si Saul lui passait ses extravagances, c'était uniquement, car son efficacité n'était plus à prouver. Seul le résultat comptait. Enfin, c'était ce qu'il se plaisait à répéter, finissant par s'en convaincre lui-même, mais je le connaissais comme personne et savais que ce grand requin des affaires était guidé avant tout par son cœur et par de profondes convictions humaines.


Toutefois, il fallait gratter un peu la surface pour s'en rendre compte, ce qui n'était pas la première pensée qui venait vous frapper quand vous le rencontriez pour la première fois ; non, en général, sa beauté vous envoûtait puis son arrogante assurance et sa légendaire froideur vous donnaient envie de fuir de toute urgence. Très pratique dans le monde dans lequel il évoluait.


  • Déjà l'heure ? Ronchonna Jeff.
  • Oui, notre premier postulant doit être arrivé maintenant. Par contre, on ne va pas rester dans votre bureau aujourd'hui, j'ai du mal à prendre des notes avec si peu de luminosité.

  • Tu ! Combien d'fois j'vais devoir te l'dire. On a presque le même âge et tout ce protocole m'ennuie alors... « Tu », compris ?

  • Oui....

Il fronça les sourcils, attendant la suite.

  • Nous allons aller dans la salle de réunion, si TU le veux bien.

Ce n'était pas si difficile ! Laisse-moi prendre un café et j'te rejoins, tu n'as qu'à commencer sans moi. Tu gères le blabla et moi, je m'occuperai de la partie compta, ça marche ? Allez à toute ! ».

Comme s'il avait le diable à ses trousses, il s'empressa de quitter la pièce, ne me laissant pas l'occasion de le retenir. Un café ? Il était plutôt allé fumer pardi ! De nouveau, je me retrouvais seule, confrontée à mes inquiétudes. Je poussai un long soupir et me forçai à sourire pour m'encourager. D'un pas pressé, je longeai le couloir menant à mon bureau pour déposer quelques affaires et prendre le nécessaire pour ce qui m'attendait. La salle de réunion se trouvait juste en face, séparée de mon bureau par une salle d'attente. C'était là que patientait péniblement Cameron.



Cameron



J'étais bien installé, et personne ne pourrait me reprocher un quelconque retard ! J'aurais pu tenter de me calmer en feuilletant les périodiques posés sur la table basse, mais l'alignement parfait de la pile qu'ils formaient m'en avait fortement dissuadé, me sachant incapable de remettre les choses en l'état si j'y touchais. Finalement, ayant oublié mon téléphone chez moi en partant, je ne trouvai rien de mieux pour me distraire que d'observer les personnes graviter autour de moi, discuter de leur travail ou des derniers potins.



Soudain, la très jolie demoiselle, rencontrée accidentellement, apparut, et je suivis des yeux son déhanchement pressé créé par la rapidité de ses courtes enjambées. Elle semblait aussi nerveuse que moi, ça nous faisait un point commun, souris-je in petto. Le regard focalisé sur quelques papiers, elle passa devant moi et entra dans la salle jouxtant le secrétariat. Comme je l'avais deviné, c'était avec elle que j'avais rendez-vous, sa sortie du bureau de Madame April Allen venait confirmer mes soupçons. Bercé par ses agréables pensées, je sursautai en entendant une voix douce et hésitante prononcer mon nom.


  • Monsieur... Da-vis Cameron? . Je trouvai charmant sa façon de se pencher sur sa feuille afin de ne pas écorcher mon nom.

  • Oui, je suis à vous ». La jeune femme ne releva pas la tête et m'invita à la suivre dans la salle de réunion. Une trop grande pièce pour seulement deux personnes, pensai-je. J'aurais préféré un lieu moins froid, moins spacieux. L'ascenseur me semblait parfaitement convenir subitement.

April

Installez-vous, je vous prie. Invitai-je le jeune homme désignant un siège en face de moi. Allez !Me dis-je en mon for intérieur, tu peux y arriver toute seule, de toute façon ce n'est pas comme si Morgan était utile pour le moment.



Rassurée, je décidai de débuter l'entretien. Jetant un nouveau coup d'œil à la lettre de motivation et au CV que j'avais posés sur la table devant moi, la photo me fit tiquer. Je relevai brutalement les yeux et rencontrai ceux moqueurs et chaleureux de Cameron.


  • Alors ça ! On fait pas mieux comme signe du destin non ?.

Sans en connaître encore la raison, je voulus sourire, mais me retins, ma position actuelle ne me permettant pas de fraterniser avec mon interlocuteur.

  • Vous savez, j'ai rencontré depuis le début de la semaine, un grand nombre de prétendants pour ce poste, et tous avaient beaucoup d'expérience et de qualités. Mais ce qui m'intrigue quand je regarde votre parcours, c'est qu'il n'y a pas grand chose à dire alors, ma question est simple et en même temps, elle déterminera pour beaucoup ma décision vous concernant : vous semblez bien moins qualifié alors, pourquoi vous ? Pourquoi devrais-je vous choisir ?.

Cameron semblait réfléchir et prendre le temps de peser ses mots, je voulais le déstabiliser et j'espérais qu'il ne me sortirait pas le même discours que tous les autres.


  • Parce que je ne suis pas comme les autres justement. Je ne suis peut-être pas bardé de diplômes, mais je pense que mon parcours suggère ma capacité à prendre de bonnes décisions. Je ne change pas d'avis ou de job comme de chemise. Je m'investis toujours dans ce que je fais, je n'abandonne jamais. Je sais ce que je veux faire de ma vie et je ne prendrai pas de raccourcis. Dans cinquante ans quand je regarderai le chemin réalisé, je pourrai être fier de moi. Ma réussite, je ne la devrai qu'à moi-même et aux personnes qui auront cru en moi. J'espère sincèrement que Macclain Corporation et ses dirigeants en feront partie.

Pendant quelques minutes, je laissai résonner ses mots dans ma tête et dans la salle vide, et je sus. Cette détermination dans son regard, cette conviction dans sa voix, qui n'avait pas tremblé, on aurait dit Saul il y a cinq ans, quand il a supplié son père de lui faire confiance.



Pour une fois dans ma vie, le doute n'inondait pas mon cœur et aucune ombre n'obscurcissait mon esprit. Ma décision était prise. Je pris mon téléphone portable et cherchai dans mon répertoire le nom de mon collègue.


  • Jeff ? Pas la peine de venir, je l'ai trouvé. De quoi la compta ? Ah ! Il a travaillé citibank, en back-office. Sa mission consistait à faire du référencement et il a aussi été assistant trader pendant un an et demi.

Cameron

J'étais stupéfait : j'étais pris...Ou pas ? Qui était au bout de fil ? Je me rappelai qu'une autre personne était censée assister à l'entretien. Elle devait sûrement discuter avec le directeur du service pour lequel j'avais postulé.


  • Tu... Dix minutes ? Très bien, à tout de suite, conclut-elle puis se retourna vers moi, euh... Il doit passer quelques appels et me recontacter ensuite, en attendant, je suis censée, vous tenir compagnie... Vous voulez un café ?

  • Volontiers. Dites, si j'ai bien compris... Ma réponse vous a plu ? ».

C'était plus une affirmation qu'une question, l'assurance, ou plutôt la résolution qui me caractérisait perçait dans le ton de ma voix.

  • J'ai l'impression que vous connaissez déjà, la réponse, répondis-je en souriant tendrement, il y a en vous quelque chose de peu commun, qui ne pourra être que bénéfique à l'entreprise et votre caractère contrebalancera judicieusement la nonchalance de Monsieur Morgan. Vous formerez un duo de choc.

  • Vous semblez me dire que ma place est assurée, mais je préfère attendre la réponse de votre collègue. Dans ma jeunesse, j'ai toujours été une tête brûlée, cependant l'expérience m'a appris à refréner un peu mon enthousiasme... Ce n'est pas évident, vous pouvez me croire !

  • Oh oui ! Vous avez raison... Mais je me battrai pour vous, comptez sur moi et s'il le faut, je demanderai l'appui de mon cousin .

April

Ma propre détermination me surprit, pourtant, j'étais prête à aller jusqu'au bout. Décidément, il avait vraiment une influence positive sur ma personne.


  • Tenez, votre café .

Je l'avais emmené dans mon bureau, où je possédais ma propre machine. Au moins j'étais assurée de déguster un bon arabica.

  • Merci Madame.

  • Mademoiselle ! C'est... Mademoiselle, répétai-je, soudainement submergée par la timidité. Ah non alors ! J'avais énormément travaillé pour me débarrasser de cette émotion malvenue ; je devais me reprendre, mais mon compagnon n'avait apparemment pas l'intention de m'aider.

  • Oh alors... Vous êtes célibataire ?

  • Ou-ou... oui ! Je..., je tentai d'éclaircir ma voix, je suis seule.

  • Dans ce cas, je tenterais bien ma chance.

La voyant rougir, je voulus la taquiner davantage :

  • Après tout, vous me faites tellement de compliments depuis tout à l'heure, et vos paroles à mon propos m'incitent à croire que je ne vous laisse pas indifférente.. Ai-je tort ?

Bon, j'y étais peut-être allé un peu fort, mais le destin se devait parfois d'être provoqué. Dring ! Sauvée par le gong, la belle jeune femme décrocha, vive comme l'éclair.


  • Alors ?

  • Ne le laisse pas partir ! » déclara mon interlocuteur avant de raccrocher illico.

  • Allô ? Jeff... Bon, je crois que ça veut dire oui. Monsieur Davis, bienvenu chez nous ! .

Cameron

Avec l'obtention de ce travail, je ne pus échapper à la paperasse qui allait de paire, mais à l'instant même, je m'en fichais éperdument ! J'avais réussi ! Et rien ne pouvait venir altérer ma joie.

  • À quelle heure vous terminez ?

  • Oh je... ne pense pas.

  • S'il vous plaîiiit, pour fêter ça !

  • Je suis désolée, mais je ne peux pas, mon cousin n'accepterait pas une relation entre collègues et ce n'est pas...

  • Je ne vous ai pas demandé de sortir avec moi, mais maintenant que vous le dites si c'est ce que vous attendez de moi, je ne dirai pas n...

  • Non ! Ce n'est pas ce que je..., se dépêcha-t-elle de dire très embarrassée.

  • Je vous taquine, rigolai-je, détendez-vous ! Mais au fait... En quoi votre cousin est concerné par vos relations et surtout par votre travail.

  • Saul Macclain.

  • Oui, le PDG, et alors ?

  • C'est mon cousin, glissa-t-elle.

  • Oh ! Me contentai-je d'émettre, réduit temporairement au silence. Je repris mes esprits en quelques secondes et me penchai vers elle pour l'avertir. Se voulant comme une menace, les mots qui suivirent la firent frissonner, de plaisir, je l'espérais :

  • Je trouverai bien un moyen. Je vous l'ai dit non ? Je sais ce que je veux dans la vie alors... Tenez-vous prête !. Je quittai les lieux non sans lui faire un clin d'œil.

Saul... Macclain... Et voilà qu'une fois encore, ce nom venait hanter mes pensées. C'est alors qu'en me dirigeant vers la sortie, je vis entrer dans le building, un homme de belle stature, brun, enlevant ses lunettes de soleil pour saluer la secrétaire, qui tomba presque en pâmoison.


Saul Macclain... Mais oui ! C'était lui ! Le garçon renfermé qui préférait rester en classe ou aller à la bibliothèque pendant les récréations, pour s'avancer dans les devoirs ou tout simplement pour s'instruire.

Tandis que je continuais d'observer mon ancien camarade de collège, une idée germa doucement dans mon esprit. Comme je l'avais annoncé à Mademoiselle Allen, je trouverais un moyen de l'approcher. Or, celle-ci avait l'air de respecter à la lettre ce que pouvait lui demander son cousin, qui ne m'était donc pas inconnu. Je devrais donc passer par lui, pour convaincre la jeune femme de m'accorder un rendez-vous bien moins... professionnel. Je ne savais pas encore exactement comment j'allais m'y prendre, mais quand l'opportunité se présentera, je n'y réfléchirai pas à deux fois, je là saisirai. Foi de Cameron !

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