Chapitre 41

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* * *

J’étais finalement descendue de la colline qui dominait la ville. Faute d’avoir retrouvé mon marin. J’aurais pu essayer les bienfaits du Saint Padoue pour le retrouver mais j'avais décidé de continuer seule l'aventure. En même temps, je n'avais guère le choix.

Je ne connaissais pas les rues de cette métropole et je finis par me perdre. Ce qui ne me surprit même pas.

Longeant la rue Saint-Jacques, j’espérais croiser une grande avenue qui regorgerait d’autre chose que de vieilles portes fermées et de fenêtres à barreaux.

Je pris la voie de droite, et après quelques mètres, un monument central sur une place giratoire se dessinait devant moi. Au bout de plusieurs heures de marche, j’en avais presque la larme à l’œil.

J’étais seule. J’avais perdu Noah autant que mon chemin, au milieu de nulle part. Les boutiques étaient toutes fermées et je me souvins à cet instan que nous étions dimanche. Quelques anonymes hantaient les rues désertes, tels des esprits errants. J'étais l'un d'eux.

Fatiguée.

Mentalement et physiquement.

Sans pouvoir dire quel état pouvait dominer.

Arrivée sur la grande place à la statue monumentale, j’aperçus un banc de pierre, et décrétai que rien ni personne ne m’empêcherait de m’y installer quelques minutes.

Les derniers passants se précipitèrent dans un bus pour échapper aux rafales qui secouaient les abris vitrés. Je me couchai sur la pierre froide en recroquevillant mes jambes.

L’un de mes bras glissa, suspendu dans le vide, mais je n’avais plus la force de le ramener à moi. J’observais le ciel sans nuages, entre les toits des immeubles et fermai les yeux à chaque bourrasque assassine.

Mon sac tomba à terre, mais je ne voulais plus bouger. Je n’avais plus froid. J’avais dépassé ce stade depuis longtemps. La robe ne me protégeait guère du vent capricieux, et les rafales incessantes me giflaient en coupant ma respiration par intermittences. J’avais du mal à déglutir. Même l’intérieur de ma bouche était sec et glacé.

Mes yeux se fermèrent doucement.

Je pensais à Noah. Il me manquait. Je le détestais. Ma gorge se serrait douloureusement et le mistral asséchait mes larmes avant qu’elles ne naissent.

Je m’endormais.

─ Tu es incapable de te débrouiller sans moi, c'est dingue quand même.

J’ouvris les yeux comme s’ils étaient montés sur ressort, surprise. Il était là, auréolé par le soleil dans son dos. Une image. Un mirage. Je rêvais.

─ Tu m'as abandonnée…, soufflai-je d’une voix cassée.

─ Je n’étais pas loin.

─ Je te déteste.

─ Non, tu m'adores. Lève-toi, méchante fille.

Il tira sur mon bras, me basculant en avant et me serra contre lui. La chaleur de son corps me réchauffa avec douceur.

Il était là, c'était vraiment lui.

─ On est amis ? murmurais-je.

─ Jamais de la vie! railla-t-il en me serrant plus fort. Il y a des moments, j'ai tellement envie de t’étrangler que je ne suis pas sûr d'être un ami. Comme aujourd'hui quand tu es partie brusquement de la basilique au lieu de m'attendre, quand tu m'as fait marcher pendant quatre heures sans t'arrêter et quand je te retrouve couchée sur un banc en pleine ville, exposée à n'importe quel abruti qui te cherche. Dans ces moments-là, j'imagine te serrer entre mes mains et te réduire à néant.

─ Je te rappelle que c'est toi qui m'as abandonné là-haut.

─ J'étais dans la basilique.

Je restais silencieuse, réalisant que je n’avais pas pensé une seule seconde à vérifier dans le lieu de culte. Je réalisai alors qu’il n’était jamais parti et je me sentais idiote.

─ Oups…

─ Oui, oups

─ Et tu faisais quoi dans cette basilique ?

─ Je demandais à Dieu la force de te supporter, gourdasse.

* * *

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