Chapitre 28

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* * *

Une porte déverrouillée n’avait rien de rassurant, bien que pratique. Je la poussai doucement, déclenchant un long grincement comme dans un vieux thriller. J’en avais des sueurs.

Il ne fallait surtout pas entrer.

J’entrai.

L’importante couche de poussière et les innombrables toiles d’araignées attendues n’étaient pas au rendez-vous. À l’intérieur, tout était propre. La décoration datait des années vingt, sans aucun doute. Un lustre de cristal, trônant dans le hall, se mit à tinter sous l’effet de la brise qui entrait doucement par la porte entrouverte. Il faisait frais dès le seuil, peut-être même froid. Des feuilles fanées glissèrent de l’extérieur, des herbes sèches, un peu de folie sans doute aussi.

En face, un vieil escalier de bois en angle droit menaient à l’étage supérieur sur un long tapis arménien. L’odeur de renfermé et de vieilles tapisseries me prenait la gorge. À mes pieds, des tomettes fêlées ne permettaient pas de marcher silencieusement. Certaines semblaient même décollées.

Un papier peint bordeaux aux gros motifs de fleurs abstraites, très à la mode il y avait une vingtaine d’années, recouvrait les murs. Sur le guéridon ornant l’entrée, une imitation d’une lampe Tiffany, poussiéreuse, accueillait le visiteur.

─ Il y a quelqu'un ? criai-je.

Comme je m’y attendais, il n’y eut aucune réponse. Il était même probable que cette maison n’abrite personne, à part quelques squatteurs de passage. Mes parents avaient dû déménager, mais j’allais y trouver des indications, des photos ou une adresse. Je le savais.

Une double porte en bois proposait une alternative de visite à gauche, tandis que sur la droite une embrasure sur une petite cuisine laissait apparaitre l’absence d’âmes.

Je devais parcourir la maison. Même si plusieurs scénarios me faisaient du coude et que l’angoisse montait en moi aussi vite que mon imagination. J’espérais que personne ne se cache ici et ne me tire dessus à coup de fusil. J’avais aussi peur des monstres, les mêmes qui se cachaient sous les lits, dans mes cauchemars.

Un peu tremblante, un peu inconsciente aussi, j’ouvris la double porte et après une longue hésitation, j’entrai dans la pièce.

J’avais tellement d’appréhension à pénétrer une maison où je n’étais pas invitée que j’aurais voulu m’enfuir en courant.

Cette pièce sombre et spacieuse, dont rien ne laissait deviner les dimensions, de l'extérieur, possédait des fenêtres condamnées par des planches clouées à brut sur les dormants. Les rayons de soleil, passant par les interstices du bois, éclairaient l’ensemble d’une pâle lueur. Dans chaque rai de lumière, les grains de poussière dansaient comme des milliers de paillettes. Le temps semblait arrêté dans cette douce clarté dorée.

Au fond, une cheminée murée portait le deuil de son rôle fonctionnel tandis qu’au centre, une grande table de salle à manger, recouverte d’un large linceul poussiéreux, accueillait huit chaises tout autour dans une veillée funèbre. On aurait dit des monstres accroupis et recouverts d’un vieux tissu… il fallait que je sorte.

La maison n’était pas aussi propre que je l’avais cru, mais aucune toile d’araignée ni de trace de craie, pour indiquer le corps d’une ancienne victime d’un tueur en série, n’était à signaler. Je n’aurais pas dû avoir peur d’une simple maison inhabitée, mais le fait que la porte ne soit pas verrouillée me perturbait toujours.

Il me sembla entendre un bruit. Je tendis l’oreille. Mais rien.

J’aperçus des photos sur la cheminée. Mes parents ?

Je me précipitai à travers la pièce. Mais devant l’âtre, ma déception fit retomber mon empressement comme un soufflé. Chaque cadre contenait de vieilles coupures de journaux sur l’actualité de la ville. Aucun portrait. Aucun visage.

Sur la droite, une desserte abritait tout un service à thé, fleuri, en porcelaine de Limoges, où l’on pouvait voir sur une tasse renversée, le début de « Théodore… », écrit à l’encre dorée.

Je me redressai et fixai le plafond. J’étais certaine d’avoir entendu un bruit cette fois.

Le lustre, suspendu au-dessus de la table couverte, ondulait légèrement.

Quelqu’un marchait à l’étage !

Des petits impacts sourds.

Ça ne tapait pas, ça ne trottait pas. Ça ne glissait pas non plus… de tous petits pas…

Partir en courant ou rester et attendre ?

Après tout, j’étais venue pour rencontrer les habitants de cette maison. Sauf qu’il s’agissait visiblement d’une maison abandonnée.

« Vous trouverez votre famille à cette adresse… » m’avait-elle affirmé.

Et bien, elle avait menti.

Je n’aurais pas parié que la personne qui marchait à l’étage du dessus puisse être de ma famille. La peur prenait possession de moi, me contrôlait, m’empêchait d’être lucide. Peut-être s’agissait-il de mes parents ? Ou d’un autre membre de ma famille ? Ou d’un tueur en série ? Parce que j’étais entrée dans une maison abandonnée. Déverrouillée. Sans issue. Combien de fois avais-je soupiré lorsque les personnages des thrillers faisaient cette erreur dès le début du scénario ? Alors pourquoi étais-je ce personnage aujourd’hui ?

Mon cerveau se mit à fonctionner à toute allure. Je ne comprenais plus ce qu’il voulait essayer de me dire ni les messages d’alerte qu’il me lançait.

Des pas dans l’escalier.

Il fallait partir… courir…

Une marche qui grinçait.

Mon cœur battait à rompre chaque artère.

C’était trop tard.

Il fallait se cacher et ne pas faire de bruit.

Non. C’était stupide. La porte d’entrée était grande ouverte, la porte de la salle à manger aussi et en entrant j’avais appelé. Je me mordis la lèvre pour ne pas hurler et serrai les poings pour ne pas me mettre de gifles.

J’entendais les pas sur les dernières marches. J’aurais pu les compter.

Tout autour de moi, il n’y avait aucune issue. Les fenêtres étaient toutes barricadées.

Une ombre sur le mur de l’entrée.

* * *

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