Chapitre 25

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* * *

Les jours passaient et je marchais nettement mieux. Melvin ne m’avait pas remis le plâtre. Il avait essayé. Et j’avais couru dans toute la maison, en riant, pour lui échapper. À l’évidence, je n’en avais plus besoin.

Mais en protecteur indécrottable, il ne voulait toujours pas que je me lève en son absence. Cependant, je ne me gênais pas pour me passer de son autorisation. Je me surprenais à trouver mille excuses pour ne pas partir d’ici. Pas encore. C’était trop tôt. J’aimais être avec lui.

J’entendis les clefs dans la serrure et il apparut aussitôt, souriant, comme à son habitude. Il jeta les clefs sur la console, la sacoche au pied de celle-ci et claqua la porte, comme chaque jour, dans une gestuelle immuable. Il s’avança vers moi et me tendit sans un mot une brassée de fleurs champêtres multicolores et odorantes, comme un magicien sortant un lapin de son chapeau.

Personne ne m’avait offert quoi que ce soit. Jamais. Il était le premier.

Mes yeux picotaient. Ma gorge se serra. Mon cœur se mit à battre plus fort. Je me saisis du bouquet pour mieux le sentir, bouche bée. Le parfum entêtant m’envahit aussitôt, je me sentais divinement bien et me jetai à son cou, pleine d’émotions nouvelles.

─ Merci Melvin ! J'adore !

Il m’enlaça la taille et je le sentis sourire contre mon cou.

─ J’aurais dû le faire avant…, plaisanta-t-il.

─ Elles sont belles. Merci de penser à moi, bredouillai-je.

Après avoir dîné sur la terrasse, je fis une petite promenade dans le jardin mal éclairé, profitant de la fraîcheur du soir. Je savais que personne ne pouvait me voir ici, en pleine nuit, et j’en profitais. Il m'arrivait d'oublier les raisons de ma présence dans ce lieu. Le fait d’être poursuivie par des inconnus. Que quelqu’un en veuille à ma vie sans que je sache pourquoi. Mais j’étais presque certaine que Marc en était la cause. Ça ne pouvait être que lui. Parce que moi, je n’avais rien fait. Je n’étais personne.

Melvin me rejoignit et nous marchâmes en silence dans les allées jusqu'au mimosa en fleurs. Comme nous faisions demi-tour, il bloqua mon parcours en se postant devant moi et joua avec mes boucles autour de ses doigts. Dans la pénombre, je ne voyais pas ses grands yeux bleus pétillants que je devinais quand même et qui me rappelaient la couleur de la Méditerranée. Je ne respirais que son parfum qui m’envoûtait, le reconnaissant au milieu de mille odeurs. Je me laissais enivrer par ses effluves musqués mêlés à celles des massifs de lavande tout autour de nous. Ses doigts caressaient ma joue et je discernai le contour de son visage se pencher sur moi tandis que mon cœur commençait à s’agiter. Ce n’était pas comme avec Marc. Je n’avais pas envie de me jeter sur lui dans un élan presque démentiel. Mon attirance était plus tendre. Il se pencha encore et me prit dans ses bras, nidifiant son visage au creux de mon cou. Tandis qu’il m’étreignait comme un ami de toujours, je me demandai si je n’avais pas imaginé de fausses intentions le concernant. C’était même probable. Mais j’aimais aussi me retrouver simplement contre lui, dans ses bras. C’était nouveau. C’était bien. Et mon ventre creusait un vide pour accueillir ces sensations étranges, comme si j’avais faim et que cette faim provoquait en moi des vertiges agréables. J’étais peut-être malade ?

La chaleur de ses mains dans mon dos traversait la chemise et je glissai les miennes autour de sa taille, tout en écoutant l’orchestre improbable des dernières cigales et des premières grenouilles dans cette fin de soirée. J’aurais voulu rester toute la nuit au milieu des coassements, de l’odeur du mimosa mêlée à l’iode de la mer et l’humidité de la nuit, ses mains sur moi, le contact de sa peau.

Mais déjà, je m’écartai et nous reprîmes la marche jusqu’à la terrasse, comme un vieux couple. Au moment de rentrer, je le retins par la main et nous nous faisions face à nouveau.

─ Que diriez-vous d’aller au cinéma ce week-end ? me demanda-t-il soudain.

─ Heu… oui d’accord.

─ Il vient de sortir Starman. Ça devrait vous plaire, je pense.

Je m’étais rapprochée de lui. Je me fichais du cinéma que je ne connaissais pas et de ce starman. Je ne comprenais même pas de quoi il parlait. J’étais à mille lieues de ses projets de week-end.

Il posa son front sur le mien et ferma les yeux un instant avant de se reculer brusquement.

─ Bonne nuit Sidgil…

Ces mots à peine murmurés...

Il se précipita à l'intérieur de la maison, m'abandonnant seule sur la terrasse.

Je restais un long moment abasourdie. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Je fixai la porte de sa chambre qu’il avait refermée derrière lui, comme s’il voulait se protéger de moi. J’avais envie de pleurer. Pourquoi me rejetait-on sans arrêt ? Mon regard chuta jusqu’à mes pieds. Je me sentais stupide, debout au milieu de cette vaste maison. Perdue, dans cette chemise trop grande. Je levai de nouveau les yeux sur la poignée définitivement fermée. Ce n’était pas chez moi, je n’y avais pas ma place.

J’avais pris une décision.

Ce soir, je lui rendrai sa vie d’avant. Avec ses potes, ses bières et sa tranquillité.

Et je reprenais ma quête.

* * *

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Sidgil a-t-elle raison de vouloir partir?

Que pensez-vous de son attirance pour Melvin?

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