Chapitre 17

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* * *

Je la serrai contre moi. Cette fille avait le pouvoir de me réchauffer de l’intérieur. Je me sentais différent depuis mon réveil, avec elle. Sans trop savoir pourquoi. Si je m’étais écouté, je l’aurais renversée sur ce fauteuil ou sur le sol et l’aurais possédée à nouveau. Encore et encore. J’éprouvais une sensation proche de l’euphorie et c’était quelque chose qui ne m’était pas arrivé depuis si longtemps, que je ne m’en souvenais plus. Mais elle… elle ressuscitait mon âme. Elle était forte, elle pouvait m’anéantir et c’était une mise en danger qui excitait mon adrénaline avec gourmandise. Si je me fiais à la définition qu’on en donnait, j’aurais pu dire que j’étais heureux, à cet instant.

Pourtant, je me sentais mal à l’aise. Je tournai la tête vers la chambre. On aurait dit qu’une guerre avait éclaté dans la pièce dévastée. Et c’était un peu ça. Parce que je ne savais pas faire autrement que la guerre. Même dans ces moments-là, même avec elle. Mon regard s’arrêta sur la couleur au milieu du lit blanc. On ne voyait qu’elle. Seule preuve incontestable de l’acte cruel auquel je m’étais livré, mais que Sidgil avait pris pour les conséquences de sa perte de virginité. Comme si elle aurait pu perdre des litres de sang de cette façon. À cette seule réflexion, un sourire incontrôlé se dessina sur mes lèvres. Pourtant je regrettais. Je n’aurais pas dû. Pas comme ça. Pas de cette façon. C’était mal. Je ballotais entre la satisfaction de la chose réalisée et les sentiments de culpabilité qui m’étaient jusqu’à présent inconnus.

J’imaginais aussi la réaction de la vieille employée de maison au moment de nettoyer la chambre et cette pensée me faisait sourire à nouveau.

« Avec un peu de chance, elle va se barrer en voyant ça. »

Je serrai davantage son corps délicat contre moi, sentant ses bras fins me ceinturer, mais ce mal-être était toujours là, sans que j’en comprenne l’origine.

Je tournai la tête machinalement, maintenant toujours Sidgil dans mes bras. De l’autre côté de la route, j’aperçus une silhouette imposante que je connaissais.

Ce malaise… c’était lui.

Il nous regardait, debout contre un arbre.

Kyros.

* * *

Il jeta le mégot incandescent au sol, soufflant la fumée blanche. L'odeur du tabac s'estompait tandis qu’il avançait lentement, une main dans une poche, le regard qui scrutait le sol, un malaise ambiant.

─ Tu aurais dû t'en débarrasser.

─ J'ai couché avec elle. C'était ton ordre premier, non ?

─ Te fous pas de moi. Tu sais ce qui va se passer. Ce qui est en train de se passer.

─ Elle s'attache à moi.

─ Non, c'est toi qui t'attaches à elle.

─ Mais qu'est-ce que ça fout ? Si elle nous rejoint, qu'est-ce que ça peut faire ? Après tout, on sera toujours dans le même camp.

─ Tu sais très bien, Marc. Tout ça me fait peur. Pour toi.

─ Ne dis rien à personne. Je me charge du reste.

─ Marc, ils sont déjà au courant. Un accord de paix a été proposé dans le conflit israélo-palestinien ce matin.

Je cessai de marcher et regardai l'horizon. Les deux évènements étaient liés.

─ C'est la merde.

─ Il faut que tu t'en débarrasses.

─ Je ne peux pas.

─ Tu veux que je le fasse pour toi ?

─ Non. Tu sais, elle n’est personne.

─ Je sais bien. Ça sera plus simple du coup. Je viendrai en fin de semaine m’en occuper. Trouve-toi ailleurs.

─ Tu vas en faire quoi ?

– La buter.

─ Je te connais. Tu vas t'en servir pour alimenter ton réseau ?

─ Ça se pourrait, lâcha Kyros avec nonchalance. Je vais peut-être l'essayer avant, histoire de savoir ce qui te plait chez elle.

─ Ça me dérange.

─ Oh ?!

─ Elle était vierge.

Il leva les yeux, me tourna d'un geste de la main pour lui faire face.

─ Donc elle sait que vous n'êtes pas mariés ?

─ Oui, elle sait.

─ Et elle reste quand même ?

Je ne répondis pas et il émit un long sifflement.

─ Tu voulais qu’elle s’attache à moi, voilà qui est fait.

─ Mais tu t’attaches à elle aussi. J’y mettrai fin dans quelques jours.

─ Je veux être là.

─ Tu vas pas apprécier mon pote. Tu me connais. C'est pas propre avec moi.

─ Oui je sais. Mais je veux rester avec elle.

─ Oh putain, tu vas me faire chialer… de désespoir mon pote ! Chialer de désespoir !

* * *

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Que révèle, d'après vous, la tache de sang dans le lit?

La scène avec Kyros, le travail de Marc, le besoin d'éliminer Sidgil, apporte elle du suspense à ce stade?

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