Chapitre 14

3 minutes de lecture

N'hésitez pas à me laisser votre avis sur ce chapitre en postant un commentaire :-)

* * *

Je n’étais pas rentré directement, flânant dans la ville, à la recherche de sales cons qui auraient voulu s’en prendre à moi et ainsi pouvoir me défouler. C’était mon jeu favori. Mais personne n’était venu m’agresser, me voler mon portefeuille, ma caisse, ni m’insulter. Il fallait que je pense à changer de ville. La réputation de Marseille dépassait amplement la réalité.

Je montais lentement les escaliers pour rejoindre ma chambre, traversant la maison silencieuse dans l’attente imminente du lever de soleil. La fille devait dormir, lasse d’avoir veillé mon retour.

Je me sentais bien mieux. Finalement Kyros avait raison, je devais évacuer franchement mon stress. Néanmoins, je puais le parfum de supermarché et une douche s’imposait. J’ôtai tous mes vêtements dans la salle de bain qui jouxtait la chambre et entrai dans la cabine. Posant les mains contre le carrelage froid, j’offrais mon dos et ma nuque à l’eau brûlante qui apaisait tous mes muscles tendus. De la vapeur s’élevait dans toute la salle de bain. L’eau chaude perlait en fines gouttelettes et glissait sur mon visage tourné vers le sol.

La gamine que Kyros m’avait apportée ne m’avait pas convenu, toutefois, elle avait su faire retomber la tension.

Mes pensées s’échappèrent à nouveau dans une trahison de mon conscient, pour se perdre auprès de la fille qui revêtait le rôle d’épouse. Elle me hantait. Je n’étais pas amoureux, c’était certain. Je ne l’aimais pas. Loin d’elle, je redevenais moi-même. Mais lorsque je m’étais rapproché quelques heures plus tôt, j’avais eu l’impression qu’elle aspirait la vie hors de mon corps. Et je ne parvenais plus à me libérer, emporté par ce désir incompréhensible, cette envie d’elle, de moi, de tout… Je savais qu’elle n’en avait pas conscience. Mais j’étais presque certain avoir failli mourir brûlé sur un bûcher. Cette fille était un succube réincarné en démon. Je devais garder mes distances et me tenir loin de ses mains assassines.

Cette longue journée se finissait enfin. Après quelques minutes à me brûler la peau pour me sentir vivant, je tournai les robinets et sortis sans prendre la peine de me sécher. L’eau dégoulinait sur le tapis de coton et j’effaçais la buée sur le miroir, au-dessus du lavabo, pour observer mon image. Les traits fins de mon visage commençaient à se relâcher avec l’âge. Je passais ma main sur mes joues et le menton pour constater la pousse de la barbe durant la journée. Mes yeux gris apportaient un faux air romantique dont je me servais éhontement comme un chasseur utilisait son fusil. J’arborais la cinquantaine et quelques cheveux blancs clairsemaient ma chevelure noir corbeau. Je repensais au gamin de l’autre jour sur la plage qui m’avait pris pour le père de Sidgil. Dans ses yeux, nous avions une forte différence d’âge. Dans la réalité nous avions un univers de décalage.

J’étais fatigué. La douche m’avait fait du bien et j’étais apte à pouvoir me reposer avant d’attaquer une autre journée de travail, avec les Syriens cette fois.

Je sortis de la salle de bain et me dirigeai directement vers mon lit en parcourant la moquette épaisse où s’enfonçaient mes pas.

Quelque chose au milieu des draps. Je me figeai.

« Je le crois pas ! »

La fille dormait au milieu des draps défaits et je devinais sa silhouette dans la pénombre. Le désir que j’éprouvais en sa présence venait me titiller le bas-ventre et je me sentais à nouveau la marionnette de mes émotions. Je ne pouvais rien cacher de cette attirance. Heureusement, elle dormait. Malheureusement, dans mon lit. L’échange de chambres s’imposait. La réveiller en me couchant près d’elle m’effrayait presque. Je n’avais pas la force d’affronter cette fille maintenant.

Glissant la serviette de bain sur mes hanches, je sortis de la chambre en catimini, jouant doucement sur la poignée de métal et me retrouvai nus pieds sur le parquet. Face à l’employée de maison qui commençait sa journée. Devant la chambre de Sidgil. Elle tenait un chiffon d’une main et un spray ménager de l’autre, laissant une odeur synthétique d’agrumes dans le couloir.

─ Que monsieur ne soit surtout pas gêné d'inonder le sol avec ses cheveux mouillés.

Je fronçai les sourcils, agacé.

Arrachant la serviette qui entourait mes hanches, je m’en frictionnai les cheveux énergiquement, puis jeta le linge humide sur la vieille femme en lui balançant un regard glacial.

« Grosse conne »

Je battis en retraite.

De nouveau dans la chambre. De nouveau avec une nymphomane dangereuse.

« Je vais me coucher, dormir et je réfléchirai plus tard »

Je m'approchai du lit, le contournai et jaugeai de quel côté j’allais m’installer. Elle prenait toute la place, les bras écartés.

« Oh putain ça va vite me gonfler »

* * *

N'oubliez pas de liker ce chapitre avant de quitter la page !!! :-)

Annotations

Recommandations

SaltyKimchi
Projet autobiographique. Camp NaNo de Juillet

Résumé : pérégrinations d'un Lyonnais dans le DongBei.

N'hésitez pas à tartiner si vous passez par là
43
73
40
58
Mélodie Or
"Le Cataclysme Vert a décimé l'humanité. Seule une poignée de survivants résiste désormais aux Sylvanos, la nouvelle race de la Terre. Soumis aux ordres de leur Roi, ils n'ont qu'un seul objectif : annihiler ce qui reste des Hommes.

Mais depuis son accident, Syl rompt peu peu l'harmonie au sein de son peuple. Entre deux tueries, elle est assaillie par des visions ou des rêves. Son chant dissonant grandit jusqu'au jour où elle fait preuve de pitié envers une humaine: Mellys. Bannie, dépouillée du lien l'unissant au reste de sa tribu, Syl sauvera de nouveau la jeune fille contre son gré en abattant un des siens.

Pourquoi son corps agit-il de lui-même dans le but de la protéger ? Une chose est sûre, le Roi ne lui pardonnera jamais cette erreur.

L'alliance inattendue entre une Sylvanos et une humaine pourrait bouleverser leur deux mondes. Pour le meilleur ou pour le pire ? "

Opus d'une terre devenue émeraude...

Réécriture du prélude (la fin) et suite pour un roman... ATTENTION: je tiens à préciser que ce premier jet est écrit vite dans le but de terminer la trame. Il y a donc beaucoup de choses à revoir et améliorer.
50
72
209
143
NM Lysias
CV !
Danser jusqu'à s'en étourdir ! Danser jusqu'à s'en briser le coeur et les os ! Danser pour atteindre les étoiles...
Sergueï est un ancien danseur aux pensées assassines. Devenu cordonnier, il exerce une magie étrange et maléfique sur les chaussons de danse qu'il confectionne. Un jour, une jeune fille lui tend trois sous pour en acheter une paire. Ensorcelée, elle devient une rabatteuse et jette en pâture deux de ces camarades, aussi vaniteux qu'orgueilleux.

Chaussons aux pieds, le contrôle s'abîme, les cauchemars s'activent, la notion du temps et de la douleur se perd...
Et la paranoïa s'invite !
10
1
45
29

Vous aimez lire Nat S. Evans ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0