Chapitre 11

4 minutes de lecture

Je remercie les lecteurs qui seront parvenus jusqu'à ce chapitre, suivant l'histoire de Sidgil, s'attachant peut être déjà aux personnages.

Qui est-elle? Pourquoi provoque-t-elle cette attraction mystique? Qui est Marc? Qui est-il vraiment? Voilà des questions que normalement, vous devriez vous poser à ce stade de l'histoire.

N'hésitez pas à me laisser un commentaire pour me donner votre avis afin que je puisse encore améliorer mes écrits, c'est vraiment très important pour moi. Et si vous aimez les prémices de cette histoire, aimez les chapitres qui vous ont plu en likant. Ce geste témoignera de votre intérêt et décuplera ma motivation à continuer :-)

* * *

Debout sur la terrasse du salon, j’observais le soleil se coucher sur la baie et projeter ses flammes sur les flancs de collines, illuminant les carrés de bétons que formaient les habitations. Les silhouettes des falaises se dessinaient en fond et son bec pointait sur l’île verdoyante de La Ciotat.

Étrangement, Marc avait voulu rentrer tout de suite. N’importe qui, à sa place, aurait profité de la notoriété temporaire que lui avait procurée son sauvetage. Pourtant, lui la fuyait.

Il m’avait pris par le bras sans trop de ménagement en m’accordant un sourire crispé et m'avait  trainé jusqu’à la maison, à quelques dizaines de mètres. Mais je n’avais pas à me plaindre. Cette fois, il ne m’avait pas hissée sur son épaule comme un sauvage. Je regrettais la salade que je n’avais même pas goûtée. Marc avait juste jeté un billet sur la table devant l’air dépité du serveur.

Dès notre arrivée, il s’était enfermé de nouveau dans le bureau et je n’osais pas le déranger. Je savais qu’il aimait être seul. Sans moi. Aujourd’hui, j’avais espéré créer des liens avec lui ou du moins, savoir qui il était vraiment et par ricochet, découvrir mon identité. Dans la maison, parmi nos deux chambres et celle d’amis, aucune ne semblait accueillir deux jeunes enfants. Il n’y avait ni jouets ni biberons. Et aucune photo dans toute la maison. À l’évidence, il n’était pas celui qu’il prétendait être. Aucun enfant n’avait jamais habité ici. Nous ne formions pas une famille. Je savais qu’il mentait. Et ce mensonge remettait en question, dans mon esprit, la véracité de notre union.

Je me sentais lasse de ce combat silencieux entre lui et moi.

Lasse de cet homme, cet inconnu que j'aurais dû fuir depuis bien longtemps. Pourtant, quelque chose m'en empêchait. L'intime conviction que lui seul pouvait me rendre mon identité. L'absence de passé et de souvenirs créait en moi un vide immense qui semblait vouloir me tuer jour après jour. Plus que tout, il fallait que je sache qui j'étais et d'où je venais. Seulement, Marc n'était jamais là.

C’est ainsi que je me retrouvai sur ce balcon, observant le coucher du soleil, seule. La nuit terminait de s’installer sur la ville. Les derniers feux rougeoyants déclinaient à l'horizon tandis que le disque argenté jetait fièrement ses rayons diaphanes sur la pénombre de velours. Je cherchais du regard le groupe d’amis qui se donnaient rendez-vous sur la plage quotidiennement mais ce soir, ils n’y étaient pas. Il y avait des familles et des couples. Mais pas David. Je me demandais ce qu’il faisait et s’il reviendrait, s’il pensait à moi.

Mes réflexions glissèrent vers Stéphane. Je ne l’avais pas oublié mais je m’efforçais de passer à autre chose, sans l’imaginer dans les bras de son épouse, entouré de ses enfants, menant une parfaite vie de famille, heureux, insouciant et sans moi. Je m’étais entichée de lui simplement parce qu’il était mon sauveur et je lui devais le fait d’être vivante. Les livres de la bibliothèque nommaient ces sentiments le syndrome de l’infirmière. Le patient tombe amoureux de son soigneur. C’était ce qu’il m’avait dit ce jour-là à l’hôpital. Il m’avait craché la parodie de mes sentiments et il n’avait, hélas, pas menti. Je savais qu’il s’était attaché lui aussi, j’avais vu ses yeux humides malgré la pénombre qui nous enveloppait le jour de mon départ. Mais il ne m’aimait pas, il avait éprouvé autre chose que de l’amour. Ce sentiment n’était que du désir. Le même que je pensais éprouver pour Marc aujourd’hui.

J’entendis à cet instant la porte de sa chambre s’ouvrir puis se refermer en claquant.

Mon esprit se mit à vagabonder sur cette dernière journée. J’avais découvert plus en détail la bibliothèque de cette maison, remplie de vieux grimoires poussiéreux.

─ Certains sont très anciens et vous ne les trouverez jamais ailleurs, pas même dans une bibliothèque, m'avait expliqué l’employée de maison. Vous avez un vrai trésor entre vos mains.

─ Un trésor qui vaut beaucoup d'argent ?

─ La connaissance est un trésor plus précieux que l'argent, avait-elle lancé.

J’avais attrapé le livre qui me semblait le plus vieux, le plus fragile, celui qui était dans le pire état et je l’ouvris délicatement de peur que le papier dont il était composé ne s’effrite.

─ S'agit-il de papyrus ?

─ Ce sont des feuilles de lin qui date d'environ trente siècles. Elles sont en très mauvais état alors la délicatesse est de mise, ajouta la vieille dame.

Je déposai cet amas de feuilles cousues sur la table en bois mais lorsque je voulus l’ouvrir, un morceau s’effrita. Je restai tétanisée.

Le livre glissa sous mes doigts et je vis la vieille femme le replacer.

─ Il y a des livres plus intéressants pour vous, dit-elle avec des yeux pétillants de malice.

Elle me montra d'un geste de la main un pan de bibliothèque. Des signes étranges étaient gravés sur des couvertures de cuir qui se dégradaient. Comme des mots de plusieurs langues différentes, tellement anciennes que la plupart n'étaient plus usitées.

─ Ils ont été traduits en grec ancien. Vous devez en prendre connaissance.

Je la regardais d'un air interrogateur.

─ … pour votre culture personnelle, ajouta la vieille dame.

Elle me tendit l'un des livres qu'elle avait récupéré sur une étagère. Bizarrement, les signes gravés dans le cuir semblaient avoir changé et je pus les lire.

« La Grotte de Pandore »

* * *

N'oubliez pas d'aimer ce chapitre avant de quitter la page :-)

Que pensez-vous de cette mystérieuse employée de maison?

Annotations

Recommandations

SaltyKimchi
Projet autobiographique. Camp NaNo de Juillet

Résumé : pérégrinations d'un Lyonnais dans le DongBei.

N'hésitez pas à tartiner si vous passez par là
43
73
40
58
Mélodie Or
"Le Cataclysme Vert a décimé l'humanité. Seule une poignée de survivants résiste désormais aux Sylvanos, la nouvelle race de la Terre. Soumis aux ordres de leur Roi, ils n'ont qu'un seul objectif : annihiler ce qui reste des Hommes.

Mais depuis son accident, Syl rompt peu peu l'harmonie au sein de son peuple. Entre deux tueries, elle est assaillie par des visions ou des rêves. Son chant dissonant grandit jusqu'au jour où elle fait preuve de pitié envers une humaine: Mellys. Bannie, dépouillée du lien l'unissant au reste de sa tribu, Syl sauvera de nouveau la jeune fille contre son gré en abattant un des siens.

Pourquoi son corps agit-il de lui-même dans le but de la protéger ? Une chose est sûre, le Roi ne lui pardonnera jamais cette erreur.

L'alliance inattendue entre une Sylvanos et une humaine pourrait bouleverser leur deux mondes. Pour le meilleur ou pour le pire ? "

Opus d'une terre devenue émeraude...

Réécriture du prélude (la fin) et suite pour un roman... ATTENTION: je tiens à préciser que ce premier jet est écrit vite dans le but de terminer la trame. Il y a donc beaucoup de choses à revoir et améliorer.
50
72
209
143
NM Lysias
CV !
Danser jusqu'à s'en étourdir ! Danser jusqu'à s'en briser le coeur et les os ! Danser pour atteindre les étoiles...
Sergueï est un ancien danseur aux pensées assassines. Devenu cordonnier, il exerce une magie étrange et maléfique sur les chaussons de danse qu'il confectionne. Un jour, une jeune fille lui tend trois sous pour en acheter une paire. Ensorcelée, elle devient une rabatteuse et jette en pâture deux de ces camarades, aussi vaniteux qu'orgueilleux.

Chaussons aux pieds, le contrôle s'abîme, les cauchemars s'activent, la notion du temps et de la douleur se perd...
Et la paranoïa s'invite !
10
1
45
29

Vous aimez lire Nat S. Evans ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0