Chapitre 2

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* * *

Je regardais l’horizon, debout au bord des rochers saillants. Les vagues venaient se fracasser, tour à tour, sur ces pierres imposantes et anguleuses. L’écume venait me lécher les pieds sous le soleil rougeoyant.

« Qui es-tu ? »

Était-ce un mirage ? Le tonnerre assourdissant grondait, de par le ciel et la mer, plus fort que tous les éléments qu'il pouvait contrôler.

« Qui es-tu ? »

Il rugissait toujours plus fort.

J’avais l’impression qu’il s’adressait à moi. L’eau me semblait plus froide dans ses allers-retours hypnotisant.

Telle une liane, l’une des langues humides entoura ma jambe et remonta jusqu’à ma cuisse pour se glisser le long de mon bras. Je pouvais ressentir sa force étrange qui me glaçait.

« Qui es-tu ? »

Un vacarme immense.

La voix de l'océan s'élevait jusqu'aux cieux pour résonner encore dans les abysses.

J’essayais de m’arracher de cette emprise mais le froid me paralysait.

Au loin, une vague plus haute que les autres, arrivait, immense, imposante, destructrice.

Je me débattais de toutes mes forces, je devais fuir. Un mur de plusieurs mètres de hauteur se formait et s’avançait vers le rivage, menaçant, avec le sifflement de la mort qui l’accompagnait.

« Tu vas mourir ! »

Le mur était là. Je cessais de me débattre. C’était trop tard. Quelques secondes encore et tout serait fini. Le royaume de l’océan aurait gagné.

Un éclair silencieux illumina un instant toute la scène, offrant un soleil instantané.

Comme répondant aux tonnerres précédents, il frappa le mur en son sommet. Celui-ci s'effondra tel un château de sable balayé par le vent.

Et tout changea.

La mer était devenue calme et limpide.

Comme si rien ne s'était passé.

Quelques éclairs atones frappaient encore çà et là, à la surface du miroir brillant sous l’astre doré, témoins de l’affrontement précédent. Le ciel livrait bataille contre l'océan.

Je baissai les yeux.

Ma jambe libérée ne présentait aucune trace malgré la douleur lancinante.

Je remarquais alors une tache blanche à côté de mon pied.

Étrangement, sur le rocher humide, fouetté par l'écume et visité par quelques coquillages téméraires, poussait une minuscule pâquerette.

* * *

J’ouvris les yeux. Le mur blanc, le plafond de même couleur, parsemé de trous. Je reconnaissais les lieux et cette constatation me rassura.

Des bruits.

Une douleur sourde au bras droit.

Je gémis.

J’essayais de tourner la tête mais celle-ci résistait encore aux mouvements. Un visage apparut brusquement au-dessus de moi. De grands yeux verts me fixaient.

─ Bonjour !

Un large sourire inconnu me réchauffa de l'intérieur.

─ Bienvenue parmi les vivants ! On va s'occuper de vous. Le docteur va venir, essayez de ne pas vous endormir avant !

L'infirmière appuya sur un interrupteur posé sur le lit.

À gauche, la lumière du jour rayonnait partiellement au travers des stores vénitiens.

Le peu de soleil qui passait me faisait mal aux yeux.

La porte s'ouvrit.

Le même médecin que la fois précédente apparut, l'air essoufflé. La même blouse. Le même collier.

─ Bonjour !

Il fit le tour du lit, fouilla ses poches puis commença par m’examiner les yeux. Lorsque la lumière jaillit dans mon œil, j’aurais voulu pouvoir reculer mais l'oreiller m'en empêchait. Pour le second ce fut moins pénible.

─ N'essayez pas de parler, nous vous avons intubée. Rien de méchant. C'est la routine dans votre situation, c'est tout. Votre tête est bloquée à cause des tuyaux, donc ne tentez pas de vous lever ou de tourner la tête, vous n'y parviendrez pas. Et vous êtes également sous perfusion.

L'odeur était forte. Un mélange de chlore, de médicaments et d’éther. Si forte que j’en avais mal au ventre.

Le médecin se releva et me fixa un instant, comme pris d'une hésitation. Je voyais pour la première fois son visage.

Se reprenant rapidement, il se racla la gorge et griffonna dans le cahier placé en bas du lit.

Il me sourit à nouveau, d’un sourire plus protocolaire. Il semblait troublé. Quelque chose dans son regard. Comme une lueur.

Peut-être la joie de me voir enfin vivante.

─ On va vous enlever tout ça maintenant.

* * *

Je m’éveillais avec le soleil.

Pour la première fois, j’avais dormi volontairement. C’était une sensation bizarre. Je n’avais pas sombré dans les ténèbres comme les autres fois, ni fais des rêves étranges, j’avais seulement fermé les yeux pour me laisser envelopper et avaler toute entière. Ce matin, je me sentais différente. Reposée, étrangement énergique.

Dans la chambre, les tuyaux avaient disparu. Quelques fils s’entremêlaient encore au-dessus de l’oreiller. J’entendais un bruit répétitif derrière ma tête. Bip-bip-bip. Ce son régulier, interminable et continuel, devenait très agaçant. Je voulais qu’il cesse. Il provenait d’une grosse machine avec un écran inintéressant. Et une extrémité de tous ces fils y était reliée. À l’autre bout, des ventouses appliquées sur mes tempes et ma poitrine.

Je tirai dessus sans trop forcer et les ventouses sautèrent une à une. Ploc-ploc-ploc. Un bruit strident et continu prit aussitôt la relève. Bip-bip-Biiiiiiiiiiiiiip. Tandis qu’un voyant rouge s’éclaira brusquement à l’extérieur, devant la minuscule lucarne. Puis un remue-ménage. De l’agitation.

Le médecin entra sans s’annoncer. La porte cogna contre le mur et je sursautai.

Il resta un moment figé, son regard passant de la machine aux ventouses qui pendouillaient au-dessus du vide. Finalement, dans un sourire qui n’était adressé qu’à moi, il me salua en congédiant les infirmières qui commençaient à s’agglutiner dans la chambre.

─ Comment allez-vous ce matin? Je vais vous ausculter et nous allons voir comment sont vos muscles. Vous allez pouvoir bientôt vous lever et marcher comme avant.

Il fit le tour du lit, se plaça devant la fenêtre et observa par la vitre le grand parc juste au-dessous, que j’apercevais en partie.

─ Je vais devoir vous poser quelques questions. Si vous vous en sentez capable bien sûr. Notamment en ce qui concerne votre identité. Vous n'aviez aucun papier sur vous. Et il est important pour votre famille de savoir que vous êtes vivante et en bonne santé, ils doivent être morts d'inquiétude depuis des mois.

Il se retourna vers moi et m’observa en silence, l’air inquiet, mais je ne savais pas pourquoi. J’étais toujours à moitié assise, redressée sur les coussins derrière mon dos et le lit surélevé. Je regardais son air enfantin et ses boucles rebelles qui encadraient son visage arrondi. Il avait de grands yeux marron et une bouche bien dessinée, aux lèvres lisses et charnues. Et lorsqu’il me sourit à nouveau, ses yeux se plissèrent, sa bouche s’étira et quelque chose de chaud éclata dans ma poitrine.

* * *

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