Chapitre 3 : La soigneuse et l'université de magie de Spring Arrow

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J'ouvre difficilement les yeux et regarde un plafond blanc. La lumière est aveuglante et la douleur envahit d'un coup tout mon torse. Je souffre tellement que je ne peux réprimer un cri strident. Je n'arrive même pas à bouger d'un centimètre, mon corps est immobilisé. Je ne me souviens pas de comment je me suis retrouvé dans cette pièce, ni même pourquoi j'ai tellement mal d'ailleurs. Qu'avais-je donc fait pour me retrouver dans cet état ?

  • Vous êtes réveillé ? dit une voix masculine.
  • Suis-je mort ? demandé-je.
  • Certainement pas et vous n'êtes pas près de mourir, une soigneuse va arriver, répond la voix en rigolant.
  • Une soigneuse ? Vous voulez dire un médecin ? le questionné-je.
  • Non une soigneuse, vous allez voir.

À ce moment-là, une jeune femme entre dans la salle. Elle est petite, mais très élégante avec sa blouse d'infirmière. Ses longs cheveux blonds sont lisses et magnifiquement bien coiffés. Elle discute avec le jeune homme que je n'arrive toujours pas à distinguer. Il sort de la salle en suivant les ordres de la "soigneuse", je présume. Elle s'approche de moi et pose ses mains sur mon ventre. Je ressens alors une chaleur douce et agréable et non plus cette douleur effroyable.

  • Que me faites-vous, lui demandé-je.
  • Vous n'êtes pas familier à la magie de soin, n'est-ce pas?
  • La magie ?

Et d'un coup tout me revient en mémoire, Zélia et Nate avaient tenté de tuer un inconnu et je l'avais sauvé en me jetant entre une boule obscure et l'homme. Enfin, je suis loin d'être sûr de l'avoir sauvé. Et bien, c’est sûr que, maintenant, les psychologues auront des raisons de m’interner. Il ne manque plus que des lutins et des éléphants roses et je fais un tiercé gagnant.

  • Je m'en souviens, dis-je en essayant de m'éloigner de cette femme. Qu’est-ce que vous me voulez avec votre magie ? Je veux voir un médecin ! On a déjà essayé de me tuer une fois aujourd’hui, c’est suffisant !
  • Ne t'inquiète pas, je ne te veux pas de mal, je suis une soigneuse. Je pratique la magie blanche, je soigne les gens. J'ai entendu ton histoire et je sais que tu n'as pas eu une bonne première expérience avec la magie. J'avoue que tomber sur deux magiciens noirs la première fois que l’on est confronté à ce monde, c'est un manque de chance.
  • Je ne vous crois pas, je veux voir un médecin exigé-je.

Pour seule réponse, elle va chercher un scalpel qui trainait dans un coin de la salle. Elle se crée une entaille sur le bras gauche, du sang en coule. Elle pose ensuite sa main droite sur la blessure et la retire. Il n’y a plus rien. Plus de sang, plus d’entaille.

  • Je me répète, je ne vous veux pas de mal comme les deux personnes que vous avez rencontrés m’affirme-t-elle.

Si je pouvais bouger, je m’enfuirai certainement en courant. Concrètement, je n’ai pas d’autres choix, je dois accepter.

  • D’accord, mais juste cette fois ! Et ne vous avisez pas de faire ce qu’elle m’a fait…
  • Elle ?
  • La personne qui m’a blessé, Zélia… Ma petite amie…
  • Désolé, je n'aurais pas dû vous parler de ça.
  • Non, ce n'est pas grave. En fait, j'en ai besoin. Je suis totalement perdu… Pouvez-vous m'expliquer ce que je fais ici ? Et puis où suis-je ? On n’est clairement pas dans un hôpital…
  • Appelle-moi Lyia ça sera mieux, après tout, je dois être plus jeune que toi, j'ai à peine 24 ans. Donc pas la peine de me vouvoyer.
  • D'accord Lyia, hésité-je.
  • Alors, par où commencer, tu es à l'université de magie de Spring Arrow. Nous enseignons ici la magie bienfaitrice, les magies élémentaires, voire même pour certains, la télékinésie. Tu t'es retrouvé ici, car tu as sauvé l’un des nôtres.
  • Vous voulez dire que le garçon que j'ai essayé de sauver était magicien aussi ?
  • Oui et un des plus prometteurs d'ailleurs. Il a veillé sur toi pendant une journée entière en attendant que je sois revenue de mon stage de soigneuse. Il s'est beaucoup inquiété pour toi.

Je suis content qu’il ait survécu. Je n’ai pas fait tout ça pour rien. Je ne peux retenir un soupir de soulagement suivi d’un léger sourire. La situation était totalement merdique, mais au moins j’ai sauvé une vie…

Je me sens en confiance avec Lyia, elle a l'air tellement naturelle et gentille, qu'elle me donnait envie de lui raconter tous mes malheurs et d'apprendre tout de sa vie. Elle dégage une telle aura de bienveillance, qu’on ne peut que vouloir être son ami et faire plus ample connaissance avec elle. Ca me rappelle un peu Zélia…

  • Comment s'appelle ce jeune homme, est-ce qu’il sait ce qu’il s’est passé ? Sait-il pourquoi ma copine l’a attaqué ? Qu’a-t-il fait pour provoquer cela ?
  • Jake, me répond-elle. Je n’ai malheureusement pas les réponses à tes questions…

Je décide de changer de sujet. Concrètement, elle ne sait rien de plus...

  • En fait, je ne me suis pas présenté, je m'appelle Silu Mosden.
  • Enchanté de faire ta connaissance. Veux-tu que je fasse entrer le bellâtre que tu as sauvé se moque-t-elle gentiment.
  • Oui je voudrais bien voir Jake pour voir comment il va et pour mettre les choses au clair, merci Lyia. J'avoue ne pas comprendre ce que j'ai vécu, j'espère qu'il pourra me donner des pistes pour éclairer tout ça...

Elle retire ses mains de ma peau et je remarque que les brûlures sur mon torse ont disparu. Je n'ai plus mal et j'arrive même à me lever.

Lyia me regarde interloquée, comme si elle venait de voir un fantôme.

  • Qu'est-ce qu'il y a ? J’ai fait quelque chose de mal ? Je n’ai pas le droit de me lever ?
  • Si, mais ce n'est pas normal, tu ne devrais pas être capable de te relever avec juste une seule séance de soin. Normalement, tu devrais encore avoir mal pendant une semaine et savoir te relever d'ici trois jours. Je crois que tu ne vas pas pouvoir voir Jake tout de suite. Je dois signaler ça à la directrice. Je suis désolée.
  • Ce n'est pas grave, la consolé-je, ça peut bien attendre un peu. Après tout, je viens de voir ma vie défiler devant mes yeux, ça remet les choses en perspective.

Je me sens obligé de la soutenir, elle avait l'air tellement triste en m'annonçant que je ne pourrai toujours pas voir la personne que j'avais sauvée. Je lui fais un large sourire et elle ferme la porte derrière elle. Mon sourire s’efface rapidement pour laisser place à des larmes.

Je pense à tout ce qui s'est passé pendant cette journée, en me rendant compte que ma vie est devenue un véritable chaos, que tout avait changé. Je me retrouve dans une école de magie et j'ai failli être rayé de la Terre en moins de trente secondes. Il y a de quoi avoir peur et à vrai dire, je suis totalement effrayé de savoir ce qui va m'arriver par la suite. J'espère pouvoir retrouver ma vie d'avant avec Zélia tout en faisant connaissance avec Jake et Lyia. Je veux aussi pouvoir parler avec Zélia de ce qu'il s'était passé et qu'elle me dise que j'avais rêvé, que ce n'était pas elle. Qu'elle me dise que c'était sa sœur jumelle diabolique, ou je ne sais quoi d'autre, pour me rassurer. Même si je me doutais que cela ne se réaliserait jamais et que c'était bien elle qui avait tenté de tuer quelqu'un, je ne pouvais me le sortir de l'esprit.

Tout à coup, je vois la porte s'ouvrir, je sèche mes larmes rapidement. Derrière, se cache une femme de taille moyenne, mais élancée. Elle doit avoir une quarantaine d'années, pas plus. Son visage est rayonnant et souriant. Elle inspecte ma blessure sans rien laisser transparaître. Quand elle se relève, j'analyse son visage pour savoir ce qu'elle pense. Elle est dubitative, ça se voit.

  • Bonjour, je me présente, je suis la directrice Madame Violane.
  • Bonjour, je m'appelle Silu Mosden, bégayé-je.
  • As-tu un lien de parenté avec une personne ayant pratiqué la magie ?

Vraiment ? Je vais subir un interrogatoire maintenant ? Il ne manquait que ça… Je réponds tout de même.

  • Non, je ne pense pas. En tout cas, je n'en suis pas au courant. Bien que je ne connaisse pas très bien la famille de mon père, ça m’étonnerait qu'ils soient des sorciers.
  • Ne confonds pas sorcier et mage, s'il-te-plaît dit-elle comme blasée.

Et en plus, elle me prend de haut, restons diplomate. Mon métier m'a appris à l'être en toutes circonstances.

  • Excusez-moi, je ne connais pas la différence.
  • Ce n'est pas difficile, les sorciers utilisent la magie noire qui est enseignée autre part, tandis que les mages apprennent la magie blanche et élémentaire.
  • D'accord, donc les méchants sont les sorciers, conclué-je. Donc vous êtes en train de me dire que ma petite amie est un monstre sanguinaire qui veut tuer des gens ?

Concrètement, en disant cela, je me rends compte, que ça collait bien à la situation. Elle venait quand même d’essayer de tuer quelqu’un devant moi et j’ai été un « dommage collatéral ».

  • Je n'irai pas jusque-là, ils ne sont pas méchants, juste différents. La vie n’est pas noire ou blanche, il existe de nombreuses nuances. Tu apprendras cela avec le temps.
  • Mais deux d'entre eux, dont ma petite amie, ont attaqué Jake et ont failli me tuer, crié-je.
  • Cela n'est pas de ton ressort. Toutefois, tu viens d'être inscrit dans notre école comme apprenti magicien.
  • Moi ? Magicien ? C’est une blague ? Tant que vous y êtes, je suis une fée ? Appeler moi Madame Irma aussi ? Vous n'avez pas une boule de voyance ou des cartes de tarot ? Je n'ai aucun pouvoir magique ! Je suis loin de pouvoir lancer une boule de feu ou de faire léviter un objet et encore moins de soigner quelqu'un, comme Lyia. Puis j’ai ma vie en dehors de cette école. J’ai déjà fait six ans d’études, je ne compte pas me relancer à nouveau.
  • Je sais que tu n’as aucun pouvoir magique pour l’instant. Je ne sais pas encore quelle est ton attirance. Mais demain, tu passeras un test pour le découvrir. Pour ce qui est de ta vie, je suis désolé, mais tu es plus en sécurité ici qu’en dehors de l’école. Je te laisserai décider, si tu veux ou non, rester dans notre école après ta convalescence.

Elle me laisse seul juste après m'avoir conseillé de me reposer. J'écoute donc son conseil et m'endors quelques heures. Je ne dors pas longtemps, mais ce sommeil était réparateur et Dieu seul sait à quel point j'ai besoin d'être réparé en ce moment.

Quand je me réveille, Lyia est penchée sur moi et me regarde. Je sursaute tellement je suis étonné de la voir. Ses mains sont encore apposées sur mon torse, mais cette fois-ci, je parviens à distinguer un fin filet bleuté les entourant. Il y avait aussi une lumière turquoise sur moi, qui s'épanouit en forme d'étoile. Je ressens encore cette sensation douce et agréablement chaude. Je ne me lasserai jamais de ce sentiment de bien-être quand Lyia me soigne.

  • C'est normal que je voie les filets cette fois, lui demandé-je.
  • Non, pas vraiment, seuls les mages et les sorciers le peuvent, mais rien n'est normal avec toi, me nargue-t-elle.
  • Donc je suis bien un magicien ?
  • Il semblerait. J'ai hâte de savoir ton attirance. Avec ta capacité à te guérir, tu pourrais être un soigneur ou bien un curateur qui sait.
  • Quelle est la différence ?
  • Le curateur insuffle son énergie aux autres pour les soigner, tandis que le soigneur se sert plutôt de l'énergie environnante. Si je suis dans une forêt, par exemple, je pourrai mieux soigner les blessés. Toutefois, Mme Violane interdit toute plante verte dans l'infirmerie, râle-t-elle.
  • Je t'imagine bien porter un petit bonzaï, la taquiné-je.
  • En fait, c'est une bonne idée ce que tu viens de dire, je devrai en parler avec la directrice !
  • Et... Euh... chuchoté-je.
  • J'en connais un qui veut me parler de Jake.

Je ne voulais pas lui avouer, mais j'avais besoin de savoir pourquoi il avait été attaqué, comment il m'a sauvé. Je voulais tout savoir de ce qui s'était passé hier. Et seul lui pouvait m'apporter les réponses aux questions que je me pose.

  • Oui, lui réponds-je, je n'en ai pas encore eu l'occasion.
  • En fait, pour l’instant, il est parti dormir, il est quatre heures du matin. Tu le verras certainement demain.
  • Quatre heures du matin ! m'exclamé-je, mais il faut que tu dormes !
  • Oui, je vais y aller. Je te lève à huit heures demains pour le petit déjeuner et je t'accompagnerai dans le réfectoire, pour voir Jake.
  • Merci et euh... Désolé de te faire te lever si tard rien que pour me soigner. Bonne nuit Lyia.
  • Ce n'est pas grave. Je n'étais pas obligée, j'ai décidé de venir pour te soigner. Je veux que tu ailles mieux le plus vite possible.

À peine fut-elle sortie, que je plonge déjà dans un sommeil profond.

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