Chapitre 2

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“-Maman, je sais que tu ne m’entends pas mais j’ai besoin de parler à quelqu’un qui ne me jugera pas. Et je sais que je peux tout de dire. C’est trop dur ici sans toi. Kiera as fait ci, Kiera a fait ça, ils te chantent des louanges en permanence, me raconte tout tes exploits mais ce n’est pas la même chose que si c’était toi qui me les racontais. Mamie et papa s’occupe bien de moi mais c’est de toi dont j’ai besoin maman. Tu me manque alors que je ne t’ai jamais vraiment connu. Le plus dur c’est de savoir qui tu es juste là, que je peux prendre ta main mais qu’il ne se passera rien de plus. Je voudrais que tu me prennes dans tes bras, que tu me chuchote des mots doux. Je voudrais sentir ta respiration dans mes cheveux. Je ne te demanderais jamais rien, promis, mais je veux juste que tu te réveilles le plus rapidement possible. Ça fait déjà neuf ans que tu es dans le coma et c’est la première fois que j’ai le courage de venir te voir et te parler. En tout cas, merci de m’avoir écouté, ça fait du bien. Je reviendrais aussi souvent qu’il le faudra. Je t’aime maman.”

Quand je me réveille, je sens les larmes couler. J’avais l’impression d’avoir rêvé les paroles de ma fille à neuf ans et pourtant j’avais tout autant l’impression que cela avait bien eu lieu. Surtout que Max m’avait dit qu’elle venait me parler des fois. Je me rendis dans la salle de bain, sécha mes larmes et attrapa ma robe de chambre. Je me rendis dans la chambre d’Alicia où elle dormait encore, allongé sur le côté, dos à l’entrée. Même endormi, elle était belle. Je m’allongeai à côté d’elle et la pris dans mes bras sans la réveillé. Pendant près d’une heure, je restai là à la regarder tout en déplaçant ses cheveux rebelle. Quand je sentis qu’elle se réveillais, je la serrai un peu plus contre moi.

“-Bonjour ma grande, chuchotais-je.

-Maman ? Demanda-t-elle encore à moitié endormis

-Oui, c’est moi. Je te dérange ?

-Non, reste. J’ai tellement attendu que ce jour arrive.

-Je ne te connait pas encore assez bien mais je suis fière de la jeune femme qui tu es devenue. Forte, indépendante, compréhensive.

-Maman...

-Non, laisse-moi parler. Je sais ce que ça fait de ne pas vivre avec sa mère. Je n’ai su qui j’étais vraiment qu’à l’âge de douze ans par une lettre de ma mère. Je lui ai en voulu de m’avoir abandonné. Il m’a fallu plusieurs années pour comprendre ses motivations. Je ne l’ai rencontré en vrai que lors de ma première affectation en tant que garde royal. J’avais presque vingt et un an. J’ai passé très peu de temps avec elle mais j’étais heureuse. Le jour où on t’a trouvé avec ton père, j’étais sous assistance respiratoire. J'avais toujours une bouteille d’oxygène avec moi et la sensation d’étouffer en permanence. Quand on a décidé de t’adopter avec Max, je me suis senti revivre. A ce moment, c’était la seule façon pour moi de construire une famille. Une grossesse était trop dangereuse. Mais je me suis rapidement rendu compte qu’à cause de ma maladie, je pouvais mourir à tout moment. Alors quand le médecin m’a parler de ce traitement, j’ai sauté sur l’occasion. Je voulais te voir grandir, t’apprendre à te battre, pouvoir courir avec toi. Pouvoir être une vraie mère. Je connaissais les risques du traitement. La vie ou la mort. Mais je prenais déjà se risque à chaque respiration. C’est ce qu’il s’est passé le jour où ton oncle m’a demandé si j’étais capable d’épouser ton père. C’est ce même jour que j’ai appris l’existence du traitement. Tu avais trois mois, tu t’endormais dans mes bras alors je t’ai reposé dans ton lit. J’ai ensuite voulu lire un livre mais j’ai rapidement ressenti une forte douleur dans la poitrine. Le seul moyen que j’avais de prévenir ton père s’était de casser le miroir qu’il y avait de la salle de bain. Ce jour-là, je suis morte pendant quelques minutes. J'ai rapidement compris que tout était fini, que je ne te verrais jamais grandir. Et pourtant, je me suis réveilla à l’infirmerie peu de temps après. Je ne pouvais plus respirer seule. Mes poumons ne me le permettaient plus. Le traitement était le seul moyen qu’il me rester pour être auprès de ceux que j’aimais. Sans lui, il aurait suffi à ton père et à ma mère d’éteindre les machines qui me maintenait en vie et ça aurait été fini. C’est parce que je t’aimais que j’aie pris le risque avec ce traitement. Il y’a avait une chance que ça fonctionne et j’ai choisie de compter là-dessus, pour toi.”

Elle me regarda un instant en silence.

“-Tu n’étais pas obliger de me le raconter, dit-elle alors que ses larmes coulaient en silence.

-Si je le devais. Je ne saurais pas te dire comment mais j’ai senti que tu avais besoin que je te prenne dans mes bras et que je te parle de ma vie. Que ce soit moi et pas quelqu’un d’autre.

-Merci. Si tu avais pu, tu aurais régné à ma place ?

-Non. Je n’avais rien à faire sur ce trône. Comme je l’ai dit plus d’une fois à ta grand-mère, j’ai appris à obéir pas à donner des ordres. En revanche, toi, tu étais fait pour ça. Je t’ai vu avec ces gens se matin, ils te respectent et te font confiance.

-Je me suis inspirer de toi maman. Enfin de ce qu’on voulait bien me dire sur toi.

-Tu as des questions à me poser ?”

Elle me demanda comment j’avais rencontré Max, comment j’avais su que je l’aimais, ce que j’avais ressenti en voyant ma mère pour la première fois. Principalement des questions en rapport avec mes émotions, ce que j’avais ressenti dans tel ou tel situation. En parlant avec elle, je me posais aussi des questions. Que savait-elle de l’amour, de l’amitié, était-elle vraiment heureuse ? Mais ce n’était pas le moment de lui poser des questions. Elle voulait tout savoir sur moi et ça se comprenait.

Quand il fut temps pour moi de la laisser travailler, je l’embrassai sur le front et me prépara pour m’entrainer. J’avais certes dominé ma fille lors de mon premier combat contre elle mais j’avais perdu beaucoup d’endurance. Je commençai par m’échauffer avant de prendre le bâton. Contrairement à Alicia, je ne mis pas de musique. Après une bonne demi-heure, Max se joint à moi et on débuta un combat. Mais je fus vite à bout de souffle et il prit le dessus.

“-Ça va Kiera ? Me demanda-t-il en voyant que je peinais à reprendre mon souffle

-Oui, ne t’inquiète pas.

-C’est normal que je m’inquiète, tu sors d’un coma de seize ans et tu reprends els entrainements comme si de rien n’était.

-Et si tu t’inquiétais un peu plus pour ta fille que pour moi ? Tu ne crois pas que ce serait mieux.

-Mais qu’est-ce qui te prend ?

-Ne me dit pas que tu ne vois pas qu’Alicia ne vas pas bien ?

-Je vis avec elle depuis seize ans alors que tu n’étais pas là ! Je sais quand elle ne va pas bien.

-Tu es en sûr ? Donne-moi le nom de ses amis ou d’un petit ami qu’elle as eu.

-Tu n’étais pas là Kiera, tu ne sais rien.

-Et tu me le reproche, je comprends. Mais ne fait pas croire que tu ne savais pas. Il m’a suffi d’une discussion avec elle, une seule pour comprendre qu’elle se sent seule.

-Tu ne sait rien d’elle ! S'énerva-t-il et je compris que j’avais touché le point sensible

-Toi non plus visiblement.”

Je reposai le bâton que j’avais dans la main et quitta la cour avant qu’il ne soit trop tard. Heureusement, Alicia n’avait rien entendu de ma dispute avec Max. C’était la première fois que nous avions une vraie dispute. Mais j’avais au moins compris une chose. Alicia et lui n’arrivait pas à parler, surement parce qu’elle était une femme et lui un homme. Est-ce qu’elle parlait avec ma mère quand elle était encore là ? C’est seulement à ce moment-là que je ressenti le poids des années perdu. J'avais perdu ma mère, Anto et Nick qui avait quitté le palais, mon père qui était redevenir un père as mes yeux, Alicia que je ne connaissais pas et que je n’avais pas vu grandir et Max. Il y avait un vide invisible entre nous. Je l’aimais toujours mais ces seize ans séparer nous avaient tous les deux éloigné.

Je me fis couler un bain, ferma la porte à clef et laissa réellement couler mes larmes, je laissai enfin libre cours à mes émotions. Jusqu’à présent, je m’étais concentrer sur ma fille, oubliant ma propre douleur. Ma mère était morte sans que je puisse lui dire au revoir, elle était partie alors que je la connaissais à peine. Alors que je ne savais pas depuis combien de temps j’étais là, j’entendis frapper à la porte de la salle de bain. C’était mon père qui s’inquiétais pour moi. Je sorti du bain, m’habilla, sécha rapidement mes larmes avant de le rejoindre.

“-Discutons en marchant, tu veux bien ?

-Je la connaissait à peine et elle...

-Tu parles de ta mère ?

-Je me suis rendu compte que je ne la connaissais pas. On a passé trop peu de temps ensemble et elle n’est déjà plus là. Depuis que je sais qui elle est, j’ai toujours fait comme elle voulait.

-Et tu ne sais plus quoi faire maintenant qu’elle n’est plus là ?

-J’ai l’impression de ne plus avoir d’objectif, de n’avoir plus rien à accomplir.

-Mais tu as Alicia.

-Ce que je veux dire c’est que je n’ai plus rien à faire ici. Je n’y aie plus ma place. Quand je suis arrivé c’était pour être la garde de ma mère. Puis pour ma protection. Mais maintenant je n’ai plus rien. Alicia est grande, elle s’est intégrée dans ce monde mais pas moi. Je n’y aie jamais pu et maman le savais. Je ne voulais pas reprendre mon titre mais j’ai été obligé de le faire à cause de l’empoisonnement.

-On dirais que tu libère enfin tes émotions. Après trente-sept ans dont un coma de seize ans. Il faut un temps pour chaque chose. Je suis sûr que tu parviendras à trouver ta place, parce que tu y arrives toujours et que ta fille a besoin de toi.

-A propos d’Alicia, elle te parle à toi ?

-Nous n’avons jamais été très proche. Elle se confiait surtout à ta mère ou à toi directement.

-Et avec Max ?

-C’est plus compliqué suite à...

-Suite à quoi ?

-Ce n’est pas à moi de t’en parler. Tu devrais aller lui parler un peu, ça vous fera du bien à toute les deux.

-On as déjà parler ce matin.

-Alors recommencez. En plus en ce moment elle galère avec un problème en lien avec la garde. Tu pourrais l’aider.

-Merci papa, ça m’a fait du bien de parler avec toi.

-Reviens quand tu veux.”

Je me rendis dans la salle qui avait été le bureau de ma mère et trouva Alicia travaillant ici. C’était désormais son bureau.

“-Maman ? Qu’est-ce que tu fais là ?

-Abandonne tout ce que tu fais, on sort.

-Je ne peux pas, c’est urgent.

-Je sais sur quoi tu travail, alors si tu sors avec moi, je t’aiderais.

-Très bien, j’arrive.

-Dans la cour dans cinq minutes.”

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