Chapitre 11

8 minutes de lecture

Je fus réveillé par des bisous dans le cou. Max me vit ouvrir les yeux et déplaça ses baisés sur ma bouche.

« -Salut, commençais-je.

-Bien dormis princesse ?

-Ne m’appelle pas ainsi.

-Pourquoi ? Après tout tu es ma princesse.

-Oh et puis fait ce que tu veux.

-Je préfère ça, ajouta-t-il en m’agressant de bisous. Prête pour aujourd’hui ?

-Si tu restes avec moi tout le long oui. Ma mère va vouloir me protéger comme si j’avais déjà mon titre sauf qu’on ne doit pas trahir notre secret. J’ai peur de ne pas être à la hauteur cette fois-ci.

-Tu sera toujours à la hauteur. Quoi qu’il arrive.

-Merci d’être là pour moi. Je suis vraiment soulagée que tu sache la vérité. Je peux enfin parler de ce que je ressens à quelqu’un.

-Quoi qu’il se passe tu y arriveras, et je serais là pour t’aider. Souviens-toi de la petite fille de dix ans que j’ai pris sous mon aile lors de son premier jour au camp et regarde celle que tu es devenue. Tu seras une princesse incroyable, capable de se défendre seule, d’analyser ceux qui l’entourent et de déjouer des attaques. C’est tout ça qui te rend spécial et unique. C’est pour ça que je t’aime.

-Idem pour moi Max.

-De quoi ? Dit-il alors qu’il savait que je n’avais jamais dit je t’aime à qui que ce soit.

-Oh arrête, terminais-je en lui jetant mon oreiller

-Je sais, je t’embête. »

Je m’habillai avec ma tenue de garde et partie rejoindre ma mère devant sa chambre. Cependant je la croisai en chemin.

« -Votre Majesté, la saluais-je.

-Suivez-moi Soldat Stone, ordonna-t-elle.

-Qu’est-ce qu’il y a ? Demandais-je une fois qu’on fut seule

-J’ai demandé à ce qu’on refasse ta chambre. Pour quand tu deviendras officiellement ma fille.

-Si vite ? Elle ne peut pas être déjà prête.

-Elle ne l’est pas, je veux seulement te montrer ce que j’ai prévu de faire et te demander ton avis pour les couleurs.

-Très bien, je vais t’aider. »

La pièce était à présent vide. Il n’y avait qu’une simple table avec divers rouleaux et pots de peinture. Ma mère déroula l’un des parchemins et je vis un croquis de ma futur chambre. Ainsi décoré, la chambre paraissait plus grande que quand je l’avais vu avec du matériel pour bébé, même sur papier. Il y avait un grand lit double simple mais dont le cadre en bois serait magnifique. Une superbe armoire de bois prêt de la fenêtre. Le bureau, en face du lit, était suffisamment grand pour que trois personnes puissent travailler dessus en même temps sans se gêner. Sur un autre parchemin, une immense salle de bain, tout en carrelage y était dessiner. On aurait plus dit une piscine qu’une baignoire. Il y avait une douche, grande elle aussi. Elle me montra ensuite la porte menant à cette salle de bain, porte que je n’avais pas vu auparavant.

« -Qu’est-ce que tu en penses ?

-Même sur papier c’est magnifique. Simple et moderne, j’adore.

-Contente que ça te plaise. Il y en a pour à peu près une semaine de travaux alors essaye de ne pas être ciblé pendant ce temps-là.

-Je vais essayer. Une question, le lit il sera comment ? Parce que j’ai toujours connu des lits des camps alors…

-Suis-moi dans ma chambre, tu auras le même matelas que le mien. »

Je la suivie dans sa chambre sans qu’on ne rencontrât personne. Elle m’invita à tester son lit, il était vraiment très confortable. Quand je me relevai, quelqu’un frappa à la porte. C’était un des nombreux gardes du château.

« -Votre Majesté, vous êtes attendu dans la cour.

-Comment ça ? Je n’ai aucune réunion aujourd’hui.

-Ce sont des villageois venus du Nord.

-J’arrive tout de suite. »

Reprenant mon rôle de garde, je suivie ma mère jusque dans la cour où le lieutenant Faure nous rejoignit. Je n’écoutai pas leur conversation, observant les alentours.

« -Kiera ? Me demanda Max une vingtaine de minutes plus tard

-Oui ?

-Ça te dirait qu’on s’entraine ensemble cette aprèm ?

-Je bosse cette aprèm.

-Deux nouveaux gardes vont arriver vers midi pour assurer la protection de ta mère et la tienne indirectement. Nous sommes donc libre cette aprèm.

-Dans ce cas je veux bien. »

A midi, les deux nouveaux gardes se présentèrent à la reine et prirent notre place. Je mangeai avec Max et l’informa des travaux de ma nouvelle chambre. Vers quatorze heures, on se rendit à nouveau dans la cour avec tout notre matériel d’entrainement.

« -Que veux-tu travailler aujourd’hui ?

-Mes sens. Tu vas me bander les yeux et on va combattre avec ses bâtons en bois.

-Ton exercice préférer. On fait comme ça mais je rajouterais de la difficulté sans te prévenir.

-Ça me vas. »

Il me banda les yeux avec un tissu noir et me tandis mon bâton en bois. Je me concentrai alors, supprimant toutes mes pensées. Je pouvais entendre sa respiration, le frottement de ses vêtements sur sa peau, le bruit que fait le bâton en fendant l’air. Je parai son premier coup puis un deuxième et ainsi de suite. Après une dizaine de minutes, j’entendis le froissement d’une robe, surement ma mère. Cherchant où se trouvait Max, j’attaqua à mon tour mais il me bloqua. J’attaqua pendant encore cinq bonne minutes avant de boquer deux bâtons en même temps, à ma droite et à ma gauche. Voici la première difficulté, deux adversaires. Je devais faire attention aux mouvements des deux, tout en faisant attention au mouvement de mon propre bâton pour pouvoir bloquer les attaques. Une dizaine de minutes plus tard, je réussi à toucher mon adversaire surprise qui se retira alors du combat.

La deuxième difficulté arriva alors, Max avait mis de la musique. La musique était censée me déstabiliser, m’empêcher de me concentrer sur l’essentiel. Jusque-là, je n’avais jamais réussi à passer outre la musique trop entrainante que mettait Max à chaque fois. Je reçu trois coups avant de reprendre le contrôle. Je n’entendais plus qu’un bruit lointain, presque inaudible et parvenait de nouveau à bloquer Max.

Il fit alors ce que je n’aurais jamais pu anticiper. Il posa son bâton le plus silencieusement possible, s’avança vers moi de la même façon et me plaqua au sol en m’embrassant. Comprenant vite que ce n’était qu’une simple distraction, je le dégageai et me releva, mettant mes poings et avant. Il faisait me tournait autour, prêt à attaquer. Au bon moment, je basculai en avant, sur lui et le plaqua au sol à son tour.

« -Fini, j’abandonne, encore.

-J’ai encore gagnée, je suis trop forte pour toi, dis-je en enlevant mon bandeau et en lui tendant la main pour qu’il se relève.

-Tu as même réussi l’étape de la musique.

-Vous êtes vraiment douée Soldat Stone, intervint la reine.

-Merci Votre Majesté. Je savais que vous étais là, peu avant la première difficulté.

-Vous avez vraiment l’ouïe fine. C’est incroyable.

-En fait, j’ai entendu le froissement de votre robe et comme ici il n’y a que vous qui en portez…

-Vous en avez vite conclu que c’était moi.

-Comment ça se passe avec les deux nouveaux gardes ? Lui chuchotais-je car ils étaient là.

-Ça se passe bien, ne t’inquiète pas Kiera.

-Je vais continuer à m’entrainer un peu, dis-je en attrapant une épée.

-Tu veux te battre avec moi ? Demanda le lieutenant Faure

-Je connait trop bien ton style de combat. Est-ce que l’un d’entre vous accepterez de me défier ? M’adressais-je aux deux gardes. Je voulais les tester.

-Nous sommes occupés…

-Je prend la place de celui qui se bat, enchaina max.

-Moi alors.

-Parfait. »

Il était fort, rapide, agile et discret mais ne faisait pas suffisamment attention à ce qui l’entourait. J’arrivais facilement à anticiper ses attaques. Ce fut tout de même un bon combat même si je le dominais tout le temps. Il reprit sa place auprès de la reine et je parti prendre une douche. Je mis ensuite un short et tee-shirt, m’installa sur un coin d’herbe dans la cour, fit ralentir ma respiration, puis les battements de mon cœur. Je me perdis au fond de moi-même tout en restant attentive à ce qu’il se passait autour de moi. Une fausse méditation comme avais l’habitude de dire Max quand nous étions plus jeunes.

Je ne sortis de ma méditation qu’en fin de journée, le soleil commençais à disparaitre. Je récupérai un plateau repas en cuisine avant de retourner dans ma chambre. Je m’allongeai, laissant mes pensées errer. Quelques temps plus tard, quelqu’un frappa et entra sans que je ne réponde. Je sentis ensuite quelqu’un monter dans le lit et passer son bras autour de ma taille.

« -Tu dors ? C’était la voix de Max

-Non, répondis-je sans me retourner.

-Il faut que je te dise quelque chose d’important.

-Je t’écoute.

-Je doit quitter le palais dans une heure, chuchota-t-il. Quelqu’un à parler de notre relation au Capitaine et je suis affecté ailleurs.

-Qui ?

-Je ne sais pas.

-Pour aller où ?

-Au Nord.

-Quoi ? Tu n’es pas sérieux ! M’énervais-je en me retournant

-Parle pas si fort, je ne suis pas censée te prévenir de mon départ.

-Mais tu vas te faire tuer là-bas !

-Je suis désolé Kiera, je n’ai pas le choix.

-C’est ma mère ? Elle n’aurait pas fait ça quand même.

-Non, ce n’est pas elle.

-Je ne veux pas que tu partes. Il n’y a que toi qui me connaisse vraiment ici.

-Je n’y peux rien Kiera, ordre du Capitaine.

-Dans une heure c’est ça ?

-Quarante-cinq minutes maintenant. Et je dois être en avance de cinq minutes.

-Alors il ne nous en reste que quarante. Promets-moi de ne pas m’oublier.

-Jamais. »

Il passa une jambe au-dessus de moi et m’embrassa comme si c’était la dernière fois que nous nous voyons. J’avais vraiment l’impression que c’était notre dernière fois. Pourtant c’était les quarante plus belles minutes que j’aurais pu passer avec lui, pour le moment du moins. Dix minutes avant l’heure fatidique, il se rhabilla, et m’embrassa une dernière fois avant de sortir de la chambre. Cependant, je ne pouvais rester là à rien faire. Je m’habillai en quatrième vitesse et couru, pied nu, pour le rejoindre dans la cour. Deux grandes voitures de la garde l’attendaient, il s’apprêtais à monter dans l’une d’entre elle. Ma mère était là mais je ne prêtai pas attention à elle.

« -Maxence ! Hurlais-je pour être sûr qu’il m’entende

-Kiera ? Je sautai dans ses bras. Tu n’aurais pas dû venir.

-Je ne pouvais pas te laisser partir comme ça. Je ne sais pas quand je te rêverais.

-Je te promet de revenir aussi vite que possible.

-Ne fait pas de promesse que tu ne pourras pas tenir, s’il te plait.

-Je t’aime Kiera, je reviendrais.

-Je t’aime aussi Max. »

Je vis un sourire et ses yeux s’illuminèrent quand il m’entendit dire les deux mots que je n’avais jamais réussi à dire. Il m’embrassa encore une fois et d’autres gardes durent me séparer de lui. Alors que j’étais bien plus forte qu’eux, je ne réussis pas à me débattre. Les larmes me brouillaient la vue et j’étais vidée de toute mon énergie. Tandis que les voitures s’éloignaient de plus en plus, je m’effondrais, à genoux par terre. Je venais d’être séparé de la seule personne qui me comprenait, de celui que j’aimais. Vidée de toute énergie, comme droguée, les gardes me ramenèrent dans ma chambre sans que je dise quoi que ce soit. Ils s’assurèrent que je me couche dans mon lit avant de sortir de ma chambre en éteignant la lumière.

Annotations

Recommandations

Défi
Mélanie D'Angelo
Quand j'ai connue Ash Maverick, ce n'était qu'une adolescente. La parfaite petite fille à papa, tout ce que je déteste. Seulement, voilà, dix ans plus tard, elle débarque à New York et devient correctrice pour la maison d'édition dans laquelle je travaille. Et qui plus est, dans mon département et sous mes ordres ! Mais, Ash a changée. Elle n'a plus rien avoir avec celle que j'ai connue. Envolée la fille à papa, sérieuse. Elle est sexy à se damner et j'ai un mal fou à me rappeler que, non seulement elle est la soeur de mon meilleur ami, qui me tuerait s'il savait que je m'intéresse à elle, mais qu'elle est aussi mon employée. Fréquenter des collègues pourquoi pas, mais une dont je suis le supérieur direct est un gros risque pour ma carrière. Ajoutez à ça les différents problèmes qui surgissent dans mon service depuis son arrivée, et vous comprendrez pourquoi je suis à deux doigts de craquer.
Malgré tout, Ash m'attire. La femme qu'elle est devenue m'intrigue et je me demande combien de temps encore je vais pouvoir résister à l'effet qu'elle exerce sur moi.
112
61
100
43
Défi
Merenwen
Plop !
7
4
0
1
Défi
mayauthoress
-Ce chapeau vous va à ravir madame. Mademoiselle?
-Euhh... Merci! On se connait?
-On m'appelle Unknown.
-Votre nom en français donne Inconnu (e)?!
2
0
0
2

Vous aimez lire Le studio d'Anaïs ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0