Chapitre 6

5 minutes de lecture

(V2)

En arrivant aux portes de la Salle du trône, ma mère en sortit et m’invita à la rejoindre pour une promenade dans les jardins. On marchait quelques minutes silencieuses, avant qu’elle ne commence à prendre la parole, dès qu’on fut seule.

— Qu’est-ce que tu lui as dit ?

— Mais rien. De toute façon, qu’est-ce que tu veux que je lui dise puisque je ne sais rien. Rien à part que je suis ta fille et qu’on veut me tuer.

— Je me doute que ça ne doit pas être facile pour toi.

— Tu devines bien.

— Kiera, dis-moi ce qui ne va pas ?

— Dis-moi qui veut me tuer.

— Je ne peux pas et tu le sais.

— Alors je ne vais rien te dire, ajoutais-je en croisant les bras.

Elle s’arrêta et posa ses mains sur mes épaules pour me retourner vers elle.

— Écoute Kiera, tout ce que je veux c’est que tu sois en sécurité. Te faire passer pour morte, ne pas pouvoir t’élever a été très dur pour moi. Je sais que changer de famille d’accueil tous les ans, ce n’était pas simple mais c’était le seul moyen qu’on a trouvé avec ton père pour que tu restes saine et sauve.

— Parce que tu savais où j’étais tout ce temps ? Tu vas me dire que c’est toi qui choisissais mes familles d’accueil peut-être ?

— Pas moi mais ton père oui. Il était le seul à avoir accès à ton dossier et c’est lui qui me donnait des nouvelles de toi.

— Pourquoi tu ne m’as pas contacté avant ? Pourquoi attendre mes douze ans ?

— Je suis surveillée Kiera ! Comme tu as pu le constater, je n’ai pas le droit de rester seule dans une pièce sauf si c’est ma chambre. Le moindre de mes gestes est étudié et calculé avec minutie par mes ennemies. Toutes mes lettres sont ouvertes et lues.

— Pourquoi on parle là, si tu es tout le temps surveillée ?

Elle réfléchit pendant plusieurs minutes une bonne réponse. En attendant, elle reprit sa marche, faisant attention de ne pas écraser les fleurs sauvages qui poussaient dans l’herbe.

— Tu fais partie de la garde, reprit-elle finalement, tu es major de promo, tu as une amitié forte avec le Lieutenant Faure. Ils te font confiance pour faire ton travail correctement. Ils te font confiance pour ne jamais me laisser seule. Ils ne t’auraient jamais mise à ce poste sinon.

— Tu n’y es pour rien au fait que je sois ici du coup ?

— Non. J’ai été très surprise quand le Lieutenant Faure a fait les présentations. Pour moi, il était impensable que tu reviennes un jour ici, c’était trop dangereux. Mais à aucun moment je ne me doutais de tes capacités. Si un jour tu devais te défendre toi-même, je suis persuadée que tu y arriveras sans problèmes.

— Dis-moi contre qui je dois me défendre alors ? Que je puisse me préparer.

— Je suis désolée. Moins tu en sauras, mieux se sera.

— Visiblement tu ne comprends rien à ce que je te dis.

N’ayant plus envie de parler ni de l’entendre me raconter sans cesse qu’elle ne pouvait rien me dire. On rentra au palais. Dès qu’un garde pris ma relève, je me dépêchais de manger un peu en cuisine avant de m’enfermer dans ma chambre. Assise par terre, dos contre la porte, réfléchissant en boucle à ce qu'il s'était passé. Et puis finalement, si ma mère ne voulait rien me dire, peut-être que mon père, lui, accepterait de me parler, de m’avouer la vérité. De me dire ce que qui les avait poussés à simuler ma mort, à me laisser grandir loin de ma famille et surtout à faire passer mon père pour l’un des plus dangereux criminels du Royaume. Ayant enfin pris ma décision, après plusieurs minutes de doute, je sortis de ma chambre et retrouve Max dans son bureau.

— Est-ce que je te dérange ?

— Kiera ? Non entre. Qu’est-ce qu’il se passe ?

— J’aurais besoin de parler au prisonnier. Est-ce que ce serait possible ?

— Pour quoi faire ?

— C’est… personnel.

— Je ne peux pas te laisser le voir sans raison valable.

— S’il te plaît, Max. Je ne te demanderais rien d’autre.

— Je ne peux pas Kiera, c’est le protocole ! Sauf si tu me dis pourquoi.

— C’est à propos de ce que je n’ai pas le droit de te dire.

— Ce qui concerne ta famille ? Pourquoi le prisonnier…

— Je ne peux rien te dire, Max. S’il te plaît.

— Bon très bien.

Il s’assit à son bureau et griffonna sur un papier avant de me le tendre

— Ton laissé passer. Les soldats s’éloigneront le temps que tu lui parles. Tu as dix minutes et je te note sur le registre.

— Merci. Je te revaudrais ça, quand je pourrais tout te dire.

— J’attends ça avec impatience.

Mon laissé passer en main, je me dépêchais de rejoindre la prison à une dizaine de minutes en voiture. Je donnais mon laissé passer aux soldats qui surveillait et ils me laissèrent seule avec le prisonnier.

— Il faut qu’on parle, commençais-je de but en blanc.

— Kiera ? Qu’est-ce que tu fais là ?

— Dis-moi la vérité. Pourquoi avez-vous dû simuler ma mort ? Qui veut me tuer ?

— Si tu viens me voir, c’est que ta mère ne veut rien te dire, je suppose.

— Réponds-moi.

— Je ne te dirais rien, Kiera.

— Vous comptez vraiment me laisser dans l’ignorance la plus totale ? Comment je peux me défendre si vous ne me dites rien ?

— C’est pour te protéger qu’on ne te dit rien.

— Tu es exactement comme elle en fait. Si vous preniez le temps de m’écouter, de me dire la vérité, vous verriez que je suis parfaitement capable de me défendre seule.

— Je sais, tu es major de promo.

— Pourquoi vous ne me faites pas confiance dans ce cas ?

— Ce n’est pas qu’on ne te fait pas confiance Kiera, c’est juste que tant que tu ne sauras pas ce qu’il se passe réellement, le pourquoi du comment, tu seras en sécurité. C’est à partir du moment où tu auras toute les informations, toute les cartes en main que tu seras le plus en danger. Quand ils apprendront que tu sais, leurs manœuvres pour te tuer seront de plus en plus rapides et rapprochées. Est-ce que tu comprends ?

— Oui, j’ai compris.

— Ça ne sert à rien que je te le dise, je sais, mais fais attention à toi d’accord ? À toi et à ta mère.

— C’est promis.

N’ayant plus rien à lui dire, je sortis de la prison, laissant les soldats reprendre leur place. Je retournais au château et me rendis en cuisine pour le repas avec d’autres soldats avant de m’enfermer dans ma chambre pour la nuit.

Annotations

Recommandations

Défi
Mélanie D'Angelo
Quand j'ai connue Ash Maverick, ce n'était qu'une adolescente. La parfaite petite fille à papa, tout ce que je déteste. Seulement, voilà, dix ans plus tard, elle débarque à New York et devient correctrice pour la maison d'édition dans laquelle je travaille. Et qui plus est, dans mon département et sous mes ordres ! Mais, Ash a changée. Elle n'a plus rien avoir avec celle que j'ai connue. Envolée la fille à papa, sérieuse. Elle est sexy à se damner et j'ai un mal fou à me rappeler que, non seulement elle est la soeur de mon meilleur ami, qui me tuerait s'il savait que je m'intéresse à elle, mais qu'elle est aussi mon employée. Fréquenter des collègues pourquoi pas, mais une dont je suis le supérieur direct est un gros risque pour ma carrière. Ajoutez à ça les différents problèmes qui surgissent dans mon service depuis son arrivée, et vous comprendrez pourquoi je suis à deux doigts de craquer.
Malgré tout, Ash m'attire. La femme qu'elle est devenue m'intrigue et je me demande combien de temps encore je vais pouvoir résister à l'effet qu'elle exerce sur moi.
112
61
100
43
Défi
Merenwen
Plop !
7
4
0
1
Défi
mayauthoress
-Ce chapeau vous va à ravir madame. Mademoiselle?
-Euhh... Merci! On se connait?
-On m'appelle Unknown.
-Votre nom en français donne Inconnu (e)?!
2
0
0
2

Vous aimez lire Le studio d'Anaïs ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0