Chapitre 5

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(V2)

Le matin, je me réveillais difficilement, ayant passé une nuit compliqué. Je me dépêchai de mettre mon uniforme, mais fini par arriver à mon poste avec une demi-heure de retard. La Reine était déjà dans la grande salle. Quand elle me vit entrée, à moitié coiffée, elle me sourit discrètement, sans que je lui réponde et elle retourna à ses occupations. Elle ne m’en tenait pas rigueur.

— Soldat Stone ! Vous êtes en retard ! rouspéta Max, qui avait pris ma place.

— Excusez-moi Lieutenant Faure.

— Qu’est-ce qu’il s’est passé Kiera ? m’interrogea-t-il, oubliant son statut de lieutenant.

— J’ai juste passé une mauvaise nuit, mais non, ne pose pas de questions, s’il te plaît.

— Bon très bien, mais coiffe-toi correctement au moins.

— Tu me rends ma casquette ?

— Tu as de la chance que je l’ai sur moi. Je vais te laisser travailler maintenant.

— Merci.

Dès que j’eus récupéré ma casquette, je la coinçai entre mes jambes pour refaire mon chignon correctement. Une fois fait, la même journée qu’hier commença. Sauf vers quinze heures, quand deux gardes accompagnèrent un prisonnier jusqu’à la Reine. La première chose que je remarquai fut sa couleur de cheveux. Il était aussi roux que ma mère et moi.

— Laissez-nous ! ordonna la Reine.

— Votre Majesté, cet homme est coupable de haute trahison.

— Ne vous inquiétez pas, elle restera avec moi, ajouta-t-elle en me désignant.

Dès qu’on ne fut plus que trois, elle ferma la porte à clé et se tourna vers moi.

— Vos clés de menottes, soldat !

— Je ne vais pas…

— Fais ce que je te dis.

Luttant intérieurement contre le règlement et l’ordre de la Reine, je détachai la clé de mon trousseau et lui donnai. Elle retourna auprès du prisonnier et le libéra.

— Merci, commença-t-il.

— Qu’est-ce qui t’a pris de venir ici ? Tu veux te faire tuer ? s’énerva-t-elle

— Je ne serais jamais venu si je n’avais pas une bonne raison.

— Très bien, je t’écoute, enchaîna-t-elle en croisant les bras.

— Dis-moi comment tu vas déjà.

— Je suis en permanence surveillée, mais ça va. Qu’est-ce qui t’amène alors ?

— Est-ce que Kiera est en sécurité ?

— Elle l’est, ne t’inquiète pas.

Cet homme semblait ami avec ma mère et il savait que j’étais toujours vivante. Qui pouvait-il bien être ? Et pourquoi la garde le traitait-il comme un prisonnier coupable de haute trahison alors qu’il semblait avoir une relation privilégiée avec la Reine ?

— Ils savent qu’elle est ici. Je ne sais pas comment, mais ils ont réussi à accéder à son dossier. La faire passer pour morte n’est plus envisageable, ils…

— Ils savent qu’elle est en vie, le coupa-t-elle. Ne t’en fait pas Arthur, elle est protégée ici et elle sait se défendre seule.

— Tu l'a rencontrée ?

— Je l’ai reconnue dès que j’ai posé les yeux sur elle. Et je peux t’assurer qu’elle plus belle qu’en photo. Elle te ressemble beaucoup.

— Est-ce que… je pourrais la voir ?

— Seulement si elle veut approcher.

Ma mère se retourna alors dans ma direction et l’homme fit comme elle, jusqu’à ce que nos regards se croisent. Était-il mon père ? Si ma mère m’avait reconnue dès le premier jour, pourquoi n’était-elle pas venue me voir plus tôt ? Et si elle avait des photos de moi, était-ce cet Arthur qui lui avait donné ?

— C’est à toi qu’elle ressemble le plus, pas à moi, commenta-t-il.

— Kiera, ajouta ma mère, je te présente Arthur, ton père.

Comme lors de ma première vraie rencontre avec ma mère, je restai totalement immobile, ne sachant pas quoi faire. Si cet homme était mon père, pourquoi était-il coupable de haute trahison ? Lentement, il s’approcha de moi et me prit dans ses bras, les miens restaient pendus dans le vide.

— Toi non plus tu ne sais pas exprimer tes sentiments ? m’interrogea-t-il. Tu ressembles bien à ta mère pour ça.

— Mes émotions sont ma faiblesse, répondis-je d’un ton neutre.

— Tu vois, enchaîna ma mère, Kiera est en sécurité ici.

— Tu avais raison, mais je devais quand même te prévenir.

— Pourquoi tu n’as pas envoyé l’un de tes hommes à ta place ? Ils vont t’exécuter Arthur.

— Tu n’auras qu’à me gracier.

— Tu es idiot ou quoi ? Ça ne fonctionne pas comme ça. Je ne peux pas gracier le premier criminel du royaume. Mais je trouverais un moyen de te faire sortir de là. Ils ne te soupçonnent toujours pas ?

— Non, faire croire à tout le monde que je suis un monstre a fonctionné. Il me suffit de dire les pires horreurs sur toi devant eux pour qu’ils me laissent tranquille.

— Tant mieux.

Juste avant de lui remettre les menottes, ils s’embrassèrent. Elle déverrouilla ensuite la porte et deux gardes l’attrapèrent par les bras pour l’emmener. Discrètement, elle se retourna vers moi et je compris, par son regard, que j’avais intérêt à ne rien dire sur ce qu’il venait de se passer. Dans la minute suivante, Maxence entra dans la pièce et me prit à l’écart. Pourquoi fallait-il qu’il exerce si bien son rôle ?

— Qu’est-ce qu’il s’est passé ? m’interrogea-t-il.

— Ils ont juste discuté, il n’a rien tenté contre la Reine, ne t’inquiète pas.

— Ils ont discuté de quoi ?

La Reine se tourna à nouveau vers moi et pris appuit sur la table, à moitié assise dessus et croisa les bras.

— En quoi c’est important ?

— C’est important Kiera ! En ayant le grade le plus élevé ici, je dois savoir ce…

— Crois-moi Max, tu ne veux pas savoir. De toute façon ma journée de travail est finie.

— Soldat Stone ! Revenez-ici tout de suite ! enchaîna-t-il en voyant que je m’éloignais, sans lui avoir dit quoi que ce soit.

Ne l’écoutant pas, je sortis tout de même de la salle pour me rendre dans la cour, près des équipements d’entraînement. Je préférais défier mon chef, lui désobéir plutôt que me mettre ma mère à dos. Pourtant, j’eus à peine le temps d’attraper un bâton que Max me le retira des mains.

— Qu’est-ce qu’il se passe Kiera ? Qu’est-ce qui t’as pris de me défier ainsi, devant tout le monde ?

— Je ne peux rien te dire, Max. J’en ai envie vraiment, mais je n’en ai pas le droit.

— Tu peux me parler Kiera. Je vois bien qu’être ici, ça ne te plaît pas.

— Ce n’est pas ça le problème.

À ce moment-là, une idée me vint en tête. Je n’avais pas le droit de parler, mais rien ne m’interdisait de le faire deviner à Max. Je m’assis dans l’herbe avant de m’allonger, mains sous la tête.

— Ce que je sais Max, ça relève de la Confidentialité Royal. La Reine elle-même m’interdit de parler.

— Je comprends, il faut respecter les protocoles.

— Si je pouvais t’en parler, je le ferais. Ça me pèse de devoir garder ça toute seule, de ne pouvoir en parler à personne.

— Excuse-moi d’avoir été aussi dur avec toi.

— Ce n’est rien. C’est juste que toute ma vie repose sur ce secret. Sans lui, j’aurais pu être élevée par mes parents. Je n’aurais pas eu l’impression d’être rejeté toute ma vie.

— Tu veux t’entraîner un peu ? Pour évacuer ?

— Ça ira, merci. Le simple fait d’avoir dit que j’ai pu, ça m’a aidé. Je vais aller prendre une bonne douche, un bon repas et me coucher tôt.

— Très bien. Ça ira pour ta prise de poste demain ?

— Mais oui, mais oui. Ne t’inquiète pas.

On se leva en même temps et il m’embrassa sur le front avant de s’éloigner. Un instant, je regardai par l’une des fenêtres de la Salle du Trône et vis ma mère. Elle nous avait observées. Quand elle remarqua que je l’avais vu, elle me signe de la rejoindre. Je n’avais aucune envie de la voir ou de lui parler, mais je ne pouvais ignorer une requête de la Reine.

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