Chapitre 149 : mercredi 4 janvier 2006

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Mickaël lui avait dit : "Tu vas voir, on va se faire chouchouter. Ca va être génial." Elle imaginait un séjour un peu dans la lignée de celui qu'ils avaient fait au printemps. Mais Mummy en avait décidé autrement et pour être chouchoutés, ils furent chouchoutés. Ils éprouvaient aussi beaucoup de bonheur à profiter de ces heures ensemble, passant des moments agréables avec la vieille dame. La veille au soir, après le repas, Maureen avait assisté à la partie de scrabble acharnée entre la grand-mère et son petit-fils. Ils avaient joué avec un jeu français, elle, elle en avait profité pour écrire quelques cartes de vœux, tout en les observant. Elle avait écrit à Lawra, à sa grand-mère, à Tara et à Kenneth. Et juste adressé une carte polie à ses parents et à son autre frère, Gary. Ce dernier n'ayant jamais répondu à ses précédents courriers, elle avait décidé de se limiter à quelques mots. Ni pour lui, ni pour ses parents, elle ne fit mention de Mickaël. Le jeune homme ne signerait d'ailleurs que la carte pour Lawra et celle pour Tara.

Ce matin-là, Mickaël ressortit faire des courses avec Mummy. Maureen préféra rester à la maison, car le temps s'était couvert, devenant brumeux, humide, et ne donnant guère envie de quitter la maison, sauf nécessité. Elle s'occupa de ranger les affaires du petit déjeuner, puis fit leur lit, avant de prendre un livre pour s'installer au salon. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à prendre place dans le canapé, le ciel se déchira soudain et un rayon de soleil illumina le jardin. La brume recula, les contours des montagnes en face apparurent.

Elle se dit alors qu'elle devait en profiter, ne serait-ce que pour faire un petit tour de jardin. Elle chaussa ses bottes, enfila son manteau, son écharpe et son bonnet, et sortit. L'air vif la saisit. Elle prit le vieux balai que Mummy laissait toujours dans l'entrée à cette saison pour repousser la neige qui était tombée durant la nuit et qui s'était déposée sur la terrasse. Mickaël avait dégagé un passage ce matin, mais Maureen se dit que l'élargir ne serait pas inutile. L'activité la réchauffa bien vite. Quand elle en eut terminé, elle regarda le jardin. Les branches nues des arbres se tendaient vers le ciel, des petits paquets de neige les recouvrant. Tout le jardin était blanc et on ne voyait plus les pierres plates qui formaient un chemin menant jusqu'en bas, vers les noisetiers. Néanmoins, elle s'engagea dans ce qui était l'allée, sur le côté. Pendant qu'elle dégageait la terrasse, le vent s'était levé et avait chassé les derniers bancs de brume sur le loch, mais quelques-uns s'accrochaient encore aux montagnes d'Ardgour.

Elle contempla la vue. Tout était silence et beauté. Tout était paix et harmonie.

Soudain, elle vit apparaître un petit point noir au-dessus des montagnes, ou plutôt deux, et reconnut bien vite deux grands rapaces. Ils semblaient se diriger vers elle et elle les fixa, admirant leur vol lent et majestueux.

"Qu'ils sont beaux", songea-t-elle. "Je n'ai jamais vu d'aussi beaux oiseaux que ceux-là..."

Ils passèrent au-dessus d'elle, revinrent, tournèrent un moment au-dessus du jardin. Puis l'un deux - elle aurait été bien incapable de dire s'il s'agissait du mâle ou de la femelle, même si elle ne doutait pas qu'ils formaient un couple -, vint se poser sur une des grosses branches du pommier et la regarda. Maureen n'osait plus bouger, mais une émotion intense la saisit. Elle avait le sentiment que l'oiseau voulait lui dire quelque chose. Ils se fixèrent tous deux durant un moment qu'elle n'aurait pu évaluer. Une minute, deux ? Trois ? Puis l'oiseau battit lentement des ailes, reprit son envol non sans passer tout près d'elle au point qu'elle eut le sentiment qu'une de ses ailes l'avait frôlée. Il rejoignit l'autre oiseau qui n'avait cessé de tourner au-dessus du jardin, planant comme pour surveiller les alentours, attendant tranquillement que sa compagne ou son compagnon le rejoigne.

Maureen les regarda profiter d'un courant ascendant pour monter dans le ciel, puis s'éloigner vers les monts d'Ardgour, disparaissant de là où ils étaient venus. Une risée de vent souleva ses cheveux, la fit frissonner et elle se rendit compte qu'elle était plantée là, les pieds dans la neige, en plein milieu du jardin et qu'elle risquait de prendre froid. Et d'autant plus que le soleil fut bien vite à nouveau voilé par la brume qui remontait du loch, et avant qu'elle ne regagne la maison, il avait disparu.

Elle se déchaussa, remonta dans la chambre pour prendre une autre paire de chaussettes, puis retourna dans la salle. Elle remit quelques bûches dans la cheminée, puis se blottit dans un des grands fauteuils, face à la baie vitrée de l'avancée. Elle regarda longuement la vue, les montagnes qui disparaissaient à nouveau dans la brume, le jardin sous la neige. L'horizon était à nouveau bouché.

"Quelle étrange rencontre", pensa-t-elle. "Que ces oiseaux étaient beaux ! Et si peu farouches pour que l'un d'entre eux se soit posé si près de moi..." Elle demeura immobile, revivant cette impression si forte que le rapace lui avait comme parlé. "Comme s'il me connaissait... Mais, après tout, peut-être étaient-ce ces oiseaux que nous avions déjà vus, Mickaël et moi, lors de nos promenades..."

Elle détourna enfin son visage de la vue, regarda le livre qu'elle tenait entre ses mains. Et pensa fort à Mickaël. Elle ne lui avait pas dit qu'elle n'avait plus de contraception, car elle voulait pouvoir lui faire la surprise - mais peut-être aussi se prémunir d'une éventuelle déception, si elle ne tombait pas enceinte rapidement. Elle se demanda soudain quand toute cette nouvelle aventure allait commencer. "Est-ce qu'on va faire le bébé ici ? J'aimerais bien... Nos nuits sont si tendres en ce moment... Et ce serait fabuleux de se dire qu'on l'a conçu dans les Highlands !"

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— Redressez-vous enfin ! insista Cole. Nous ne sommes ici qu'entre nous, personne ne vous tiendra rigueur d'un manque au protocole.
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— Et d'où venez-vous exactement ?
— De l'Oblihati.
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— J'aimerais beaucoup que vous me montriez à quoi ça ressemble, souhaita Ceti.
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 Ceti se retourna pour observer le paysage. Elle imagina à quoi pouvait ressembler les grandes plaines enneigées des montagnes, les hautes murailles de la ville et le Temple, célèbre lieu de pélerinnage. Dans sa vie, elle n'avait quitté Dhilia qu'à trois reprises, sans jamais voyager plus d'une demie journée. Elle n'arrivait tout simplement pas à concevoir le panorama de l'Oblihati. De ce fait, elle s'aidait des marguerites pour recouvrir son point de vue actuel d'un épais manteau blanc. Un léger sourire apparut sur son visage.
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— Les chevaliers qui jouent de leur position ne se cantonne rarement qu'à une seule servante. Et maintenant que nous sommes ici, ensemble... J'ai pensé que, peut-être, vous...
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