Chapitre 144 : samedi 24 décembre 2005

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Cette journée s'annonçait comme étant une des plus chargées de l'année pour Maureen. Depuis trois jours, elle préparait ses commandes. Mickaël l'avait aidée le plus possible chaque matin, pour ranger les fleurs, préparer les supports. Et, depuis l'après-midi de la veille, Ingrid était présente également. Même si c'était la jeune femme qui réalisait les bouquets, leur aide était la bienvenue.

Elle s'était levée tôt pour pouvoir préparer le maximum de choses avant l'ouverture du magasin, sachant que ce serait le seul moment où elle pourrait tranquillement composer des bouquets ronds. Elle avait aussi réalisé une grande quantité de petites décorations de table. Mickaël s'était levé en même temps qu'elle pour partir à la criée et aux halles. Ce soir, pour le réveillon, le restaurant faisait le plein. Il n'y aurait qu'un seul service et un menu unique de découverte - viande ou poisson. Cela lui simplifiait quelque peu les achats. Le restaurant avait tourné au ralenti depuis le début de la semaine, Harris n'avait ouvert que pour un seul service. Mais à partir de ce soir et pour toute la semaine à venir jusqu'au 31 décembre, il affichait complet.

Ingrid arriva un peu avant 9h, afin de pouvoir aider Maureen dès l'ouverture. Elles ne virent pas la matinée passer, beaucoup de gens vinrent chercher leurs commandes. Et si Mickaël déjeuna rapidement avec elles, il repartit aussitôt pour le restaurant et Maureen et Ingrid retournèrent au magasin pour réaliser de nouveaux bouquets ronds. Ingrid s'absenta cependant pour livrer la commande que Lisbeth, la femme d'Harris, avait passée pour le restaurant. Son fournisseur habituel lui proposait des choses trop classiques et, passant un jour de la semaine précédente chez Maureen, elle avait été séduite par les petites compositions que la jeune femme avait déjà mises dans son magasin. Elles avaient convenu d'une importante commande, pour décorer chaque table pour Noël et de même pour le Nouvel An.

Vers 17h, toutes les commandes que Maureen avait pu recevoir étaient parties. Mais la boutique resta encore ouverte une petite demi-heure, pour des clients retardataires. Bien lui en prit, car elle vendit au cours de cette demi-heure plusieurs bouquets ronds, ainsi que quelques plantes. Quand elle ferma la boutique, cette dernière était bien vide. Elle se dit qu'elle avait donc évalué correctement sa dernière livraison de fleurs et qu'elle miserait sur une quantité similaire pour le Nouvel An. Ingrid l'avait laissée en milieu d'après-midi pour rentrer chez elle et aider Mummy à préparer le repas de Noël, mais elle avait prévu de revenir chercher Maureen en fin de journée.

**

- Et Joyeux Noël à tous !

Henry, debout, le verre de champagne à la main, venait de lancer cette petite phrase à toute la tablée. Mickaël et Sam étaient arrivés une demi-heure plus tôt, alors qu'ils étaient en train de terminer le plat principal, un saumon au beurre blanc, accompagné de divers légumes et d'une purée de potiron.

Véra, Jimmy et Léony étaient avec eux, ainsi que les parents d'Henry. Mais également les parents de Jimmy que Maureen voyait pour la deuxième fois - leur première rencontre remontant au dimanche d'anniversaire du mari de Véra. La sœur d'Henry et son mari étaient également présents, leurs enfants fêtant Noël dans la famille de leurs conjoints. Cela faisait une belle tablée. Sachant que Sam serait seul à Glasgow ce soir-là, Ingrid l'avait invité à se joindre à eux. Il avait accepté bien volontiers.

Léony guettait le traîneau du Père Noël par la fenêtre, ne venant à table que pour grignoter du bout des lèvres ce qu'il y avait dans son assiette, tant elle était excitée par cette soirée particulière.

Mickaël passa doucement sa main derrière la taille de Maureen, puis se pencha vers elle et lui dit :

- Joyeux Noël, mon amour !

- Joyeux Noël, cœur de mon cœur...

Elle observa toute la tablée, ressentant une joie profonde à être ici, avec eux tous, sa nouvelle famille. Elle aimait cette atmosphère de Noël, de joie, simple, où chacun appréciait la présence des autres, de partager ce moment avec ceux qui lui étaient proches, qui étaient importants à ses yeux.

Quand vint le moment de la distribution des cadeaux, il fallut d'abord ruser pour entraîner Léony à l'étage, afin qu'elle ne devine pas que le Père Noël n'existait pas. Sam se dévoua bien volontiers pour occuper la petite fille et quand elle redescendit, elle ouvrit des yeux émerveillés en voyant tous les cadeaux déposés au pied du sapin. Il y en avait pour tous les goûts, entre poupée avec des petits vêtements, jeu de fléchettes, bouteilles diverses et variées, sachets de thé, écharpes, parfums et chocolats. Mummy avait offert un beau châle à Maureen, Mickaël lui avait choisi de très jolis dessous bleu clair, ce qui poussa Sam à lui demander de les essayer sur le champ. Il avait choisi parmi ses achats de l'été du whisky pour son père et son beau-frère. Quant à Maureen, elle avait préparé des petits cadeaux pour chacun, et notamment des fleurs qu'elle avait mises sous verre en de jolis assemblages, pour faire comme des petits tableaux.

Dans la nuit

Ingrid avait proposé à Mickaël que lui-même et Maureen restent dormir à la maison. Mummy dormait également chez sa fille et les parents d'Henry étaient hébergés par Véra et Jimmy. Le repas s'était prolongé assez tard dans la nuit et Maureen ne fut pas mécontente quand vint l'heure de se dire au revoir. Léony, comblée par ses cadeaux, s'était endormie dans un fauteuil. Jimmy la prit délicatement dans ses bras pour l'amener jusqu'à la voiture.

Ils gagnèrent la chambre qui avait été, pour quelques semaines seulement, celle de Mickaël quand il était revenu sur Glasgow, le temps de se trouver un appartement plus proche du centre-ville. C'était une chambre simple, avec un lit double, une armoire et une petite commode, deux chaises et deux tables de nuit.

Mickaël bâilla. La soirée avait été longue pour lui, à enchaîner ainsi une journée de travail et un repas qui s'était prolongé assez tard. Alors qu'il s'étirait, Maureen s'approcha et l'enlaça. Il lui rendit son étreinte et l'embrassa longuement.

- C'était une très belle soirée de Noël, sourit-elle en rompant leur baiser. Je suis heureuse que tu aies pu être avec nous.

- Même si c'est une journée assez chargée au restaurant, parce qu'en plus, on cuisine des plats un peu particuliers, spécialement pour ce soir-là, et qu'il y a salle complète, on finit plus tôt car il n'y a qu'un seul service. Seulement, il faut un peu jongler, surtout en début de soirée, car on sert quasiment toutes les tables en même temps. Bien entendu, certains traînent ensuite un peu plus que les autres, mais comme beaucoup vont ensuite assister à la messe de minuit... Ca me permet quand même de réveillonner en famille. Tu as aimé le repas ?

- C'était délicieux. Ta mère m'a dit que Mummy n'avait pas arrêté depuis deux jours.

- Elle adore ça. C'est toujours elle qui prépare le repas de Noël. Tu as aimé le foie gras ?

- Oui... Et le vin qui l'accompagnait était délicieux. C'était très différent des vins blancs que tu m'as fait goûter avec les poissons. Je ne m'attendais pas du tout à cela... Un vin blanc sucré et très parfumé !

- C'est un des meilleurs. J'en ramènerai quand on fera la tournée avec Timothy. On ne peut pas ne pas passer chez ce viticulteur. C'est un tout petit cru, comme le Savennières - d'ailleurs, il s'agit du même producteur -, mais c'est divin. J'ai apprécié que maman nous sauve un petit verre pour Sam et moi...

Maureen rit légèrement. Elle revoyait encore l'air gourmand de Jimmy et son expression désappointée quand Ingrid avait rapporté en cuisine le plat contenant encore trois belles tranches de foie gras et la bouteille de vin de Quarts de Chaume.

- Il te plaît, ton cadeau ? demanda-t-elle.

- Oui, superbe. Bien chaud et tout. Et j'aime bien la couleur...

Maureen avait trouvé un beau pull pour lui offrir, d'un ton rouille très chaud.

- ... mais j'aimerais bien voir le mien sur toi, maintenant..., dit-il avec ce petit sourire plein de charme.

- Vraiment ? fit-elle un peu mutine.

- Hum, hum...

Elle s'écarta un peu de lui et commença à retirer ses vêtements. Elle n'allait pas se changer devant lui, mais lui réservait une dernière surprise. Elle s'était acheté un nouvel ensemble de lingerie, très différent de ceux que Mickaël lui avait offerts ou qu'elle portait au quotidien. Elle se demandait cependant ce qu'il allait en penser et comment il allait réagir.

Mickaël resta figé en la voyant retirer d'abord son pull en laine bleu ciel, puis sa jupe grise. Elle lui apparut alors dans un ensemble bleu nuit qui lui allait à ravir. C'était une guêpière qu'elle avait fixée à ses bas avec des porte-jarretelles. Jamais elle n'avait porté ce genre d'ensemble, même si c'était assez proche du déshabillé rouge qu'il lui avait offert. Son regard se fit plus sombre, de ce vert qui faisait perdre à Maureen tous ses moyens.

- Wahou, ma belle..., dit-il en l'enlaçant. Tu es... superbe...

Elle leva son visage vers lui, lui sourit un peu timidement. Il effleura son cou de ses lèvres, sa main se posa dans le creux de ses reins et il lui souffla à l'oreille :

- Tu me donnes envie de goûter toutes tes saveurs... Hum... Tu me laisses te l'enlever ?

- Si tu veux..., répondit-elle déjà envoûtée.

Il s'écarta, se plaça dans son dos. Du bout des doigts, il effleura la dentelle sur son épaule, dans son dos, puis celle qui soulignait sa poitrine. Entre ses deux seins se trouvait un petit nœud blanc et les lacets dans son dos étaient d'un bleu plus soutenu, de même que les porte-jarretelles. Mickaël s'agenouilla, appuyant un instant sa tête dans le creux des reins de Maureen. Il respira ses parfums, déjà envoûté.

Puis il dégrafa les attaches sur sa cuisse droite, fit rouler son bas clair jusqu'à ses chevilles et le lui ôta. Il fit de même sur la jambe gauche, puis la tourna vers lui, nicha son visage contre sa toison, à peine masquée par la dentelle du petit slip. Il ne tarda pas à faire glisser celui-ci et vint embrasser sa fleur intime.

Maureen ferma les yeux, gémit doucement. Elle était emportée.

Elle écarta légèrement ses jambes, plia la droite et vint l'appuyer sur l'épaule de Mickaël. Il en profita pour goûter plus encore à cette source délicieuse tout en laissant ses mains courir sur ses jambes, ses fesses. Il était emporté.

Une plainte plus prononcée de Maureen le fit lever son visage vers elle. Les yeux fermés, légèrement cambrée, elle était magnifique. "Dieu que tu es belle, mon amour... Dieu que tu es belle..." Il abandonna sa toison pour se redresser, l'enlacer à nouveau et défaire cette fois le reste de l'ensemble. Il s'empara sans tarder d'un de ses seins, l'embrassa, le caressa.

- Mickaël... Mickaël...

- Laisse-moi t'aimer, mon amour... Laisse-moi t'aimer...

Une plainte plus marquée lui répondit et il la mena jusqu'au lit, l'y étendit.

Elle l'y attendit, abandonnée.

Mais profita quand même du spectacle qu'il lui offrait en retirant sa chemise et son pantalon, le caleçon qui tomba à terre à côté de la guêpière. Il vint s'étendre à ses côtés, reprit ses caresses, ses baisers. Le corps enfiévré, le désir exacerbé par tant de beauté, si simplement offerte, il se laissa aller, abandonné.

Et si sa bouche bâillonna son cri, leurs corps eux, gémirent leur plaisir.

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