Chapitre 120 : mardi 20 septembre 2005

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Chère Maureen,

J'ai bien reçu ton dernier courrier, mais j'ai mis un peu de temps à te répondre. J'ai eu quelques examens et j'attendais les résultats pour te les transmettre. Tout se passe bien pour l'heure. Ma dernière prise de sang est bonne.

Mais j'ai aussi voulu prendre le temps de te répondre, car ta lettre m'a beaucoup surprise. Je dois t'avouer avoir dû laisser passer quelques jours pour réaliser ce que tu m'avais annoncé. Tu me dis te plaire à Glasgow et j'en suis contente. Mais tu me dis aussi "vivre avec Mickaël"... Et je m'interroge sur ce que tu as voulu me dire par là. Est-ce que tu t'es remariée ? Ou as-tu l'intention de le faire ? Cette nouvelle m'a étonnée, je te l'avoue, et m'a laissée un peu déconcertée. Je sens cependant à travers tes mots que cet homme t'apporte plus de bonheur que Brian et cela me réjouit. J'espère ne pas t'attrister néanmoins en te disant qu'il ne me semble pas possible de parler de lui à papa et maman pour le moment. J'hésite encore un peu à leur transmettre de tes nouvelles. Je crois que je demanderai son avis à Kenneth avant (je ne lui ai pas encore dit que j'avais échangé avec toi). Philip me déconseille aussi de le faire dans mon état. Mais lui a appris cette nouvelle avec plus de philosophie que moi ! Moins de préoccupation, je dirais.

On sent l'automne approcher sur Dublin, en est-il de même à Glasgow ? Est-ce que tu as retrouvé tes clients après les vacances ? Je te souhaite en tout cas bon courage pour tes prochaines semaines de travail.

Je t'embrasse bien fort et espère bien vite de tes nouvelles.

Tara

Maureen replia lentement la dernière lettre de sa sœur. Elle se sentait un peu tendue. Elle s'était attendue à une réaction de Tara, et comprenait ses hésitations, sa surprise, sa retenue. Elle devinait que même si celle-ci ne refermait pas la porte, il serait vraiment difficile de l'ouvrir pour ses parents. Avec le temps et les échanges, sans doute que Tara accepterait plus aisément la nouvelle vie qu'elle menait. Elle se sentait un peu réconfortée par la réaction de son beau-frère qui semblait avoir mieux perçu et compris ses choix. Mais Philip avait toujours eu l'esprit ouvert et manifesté plus de tolérance que d'autres personnes de leur entourage.

Elle réfléchit un peu, ouvrit un tiroir de sa commode et en sortit quelques photos des vacances que Lawra lui avait fait parvenir. Elle en mit deux de côté, puis sortit également son papier à lettres et s'installa à nouveau dans sa cuisine.

Chère Tara,

Ta lettre est arrivée ce midi et j'en ai pris connaissance avec joie. Je suis contente de savoir que, pour l'heure, ta grossesse continue à se dérouler tout à fait normalement. J'imagine aussi combien Philip doit se réjouir ! Surtout, prends bien soin de toi et ne te cause aucun tracas.

Avec cette réponse, je t'envoie aussi deux photos prises cet été, une par Lawra sur l'île de Skye (devant les falaises de Kilt Rock), et l'autre prise sur les Hébrides, plus précisément sur Lewis, devant la plage d'Uig, là où Mickaël et moi avons séjourné durant une semaine. Tu pourras donc voir aussi Mickaël sur ces deux photos, avec moi.

Pour répondre à tes interrogations, sache que non, je ne me suis pas remariée. Et j'ignore encore si nous le ferons. Pour l'heure, je sais que cela va peut-être te choquer, mais nous vivons "librement". Et cela nous convient parfaitement, à l'un comme à l'autre. Je n'aurais pas peur de m'engager avec Mickaël, si nous en avions l'intention et l'envie, l'un et l'autre, dans quelques temps. Même si mon premier mariage a été un échec, je sais aussi qu'avec lui, ce serait différent. Mais... Nous n'avons pas forcément besoin de cet engagement pour être heureux et nous sentir bien, ensemble. Mickaël est très différent de Brian et avec lui, la vie est beaucoup plus simple et facile.

Je comprends aisément que tu préfères ne pas parler de moi, de Mickaël, à nos parents. Et j'abonde dans le sens de Philip : pense à ton bébé, d'abord. Je ne voudrais pas que tu te retrouves à faire face à la colère de papa, à l'incompréhension de maman, et qu'ils te posent mille et une questions auxquelles tu serais bien incapable de répondre... Mais, en effet, si tu penses pouvoir donner au moins de mes nouvelles à Kenneth, fais-le. Et tiens-moi au courant aussi pour Emily, qui doit voir arriver avec soulagement ses dernières semaines de grossesse.

J'espère que tu me donneras des nouvelles de toute la famille dans ta prochaine lettre.

Je t'embrasse.

Maureen

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