Chapitre 119 : vendredi 16 septembre 2005

4 minutes de lecture

- Salut, Mickaël ! C'est Ann-A !

- Salut, Ann-Aël ! Quelle surprise ! Comment ça va ?

Mickaël avait investi la cuisine de Maureen pour préparer le repas du midi. C'était la fin de matinée et il revenait tout juste des halles et de la criée. Et son téléphone venait de sonner.

- Hé, je vais bien ! Et toi ? Ca fait un bail... Tu ne donnes plus de nouvelles !

La voix était enjouée et le ton rieur. Mickaël sourit.

- C'est vrai et je m'en excuse, je suis impardonnable. Mais, dis-moi, comment vas-tu ?

- Bien. L'été fut chargé, la saison se prolonge encore, au moins jusqu'à la fin octobre, tu sais, ici, c'est touristique...

- Oui, je me doute que vous ne chômez pas..., fit-il remarquer.

- Mais on est content de nous ! Ca tourne bien... Et toi, alors ? Tu as repris ?

- Oui, fin août, mais c'est encore assez calme. On va enregistrer des soirées pleines seulement à partir de la semaine prochaine, enfin, si les réservations tombent... Mais ce n'est pas plus mal de reprendre tranquillement, d'autant qu'on a une personne en moins...

- Ah bon ? s'étonna-t-elle.

- Oui... Un collègue a eu un accident assez grave, brûlures, avant l'été... Juste avant la période du festival et l'arrivée des touristes, expliqua Mickaël.

- Mince ! Et il va comment ?

- Il se remet bien, mais il est encore en arrêt jusqu'à fin octobre au moins.

- Ca n'a pas dû être facile pour vous ! dit-elle compatissante.

- Non, en effet. Mais là, on a de la chance. Je t'avais parlé la dernière fois de notre apprenti...

- Oui... Attends que je me souvienne de son prénom... Jonathan, c'est ça ?

- Oui. Il a réussi ses examens et du coup, le patron l'a embauché directement. Je suis content qu'il soit avec nous, c'est un garçon prometteur et sympathique. Toute l'équipe était ravie de le revoir !

- Sam aussi ?

- Ouais, bien sûr..., sourit Mickaël.

Il cala le téléphone entre son oreille et son épaule, sortit une casserole, y déposa quelques pommes de terre, ajouta de l'eau et les mit à cuire. Un beau morceau de poisson attendait dans un plat à côté, il allait le faire frire. Mais il comptait aussi préparer une sauce à l'échalote pour accompagner le tout. Ann-Aël continuait :

- Sam va bien ?

- Ca va... Il y a eu un passage difficile, mais là, il a crevé l'abcès avec son ex et ils vont se remettre ensemble.

- Hou la la !!! Mais quelle nouvelle !!! dit-elle avec surprise.

- Il tient à elle, beaucoup, et réciproquement. Faut juste qu'ils arrivent à se supporter, maintenant..., dit Mickaël en riant.

- Pour ce que tu m'as raconté de Sam, c'est tout un défi !

- Exactement..., fit-il en commençant à dresser la table.

- Et toi ? Hum ? Ca va comment ?

- Je vais bien, Ann, merci. J'ai... rencontré une femme merveilleuse, au printemps dernier.

- Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!! Bon, t'aurais pu me prévenir que je m'assoie ! J'ai failli tomber les fesses par terre ! rit-elle.

- Désolé, je pensais que tu étais confortablement installée dans ton canapé...

- Non, mais je vais m'y mettre de ce pas ! Alors, raconte-moi tout ! Ou presque...

Mickaël sourit.

- Elle s'appelle Maureen. Elle a 24 ans. Elle est Irlandaise et s'est installée il y a un an maintenant à Glasgow.

- Ok... Elle est dans la restauration elle aussi ?

- Pas du tout, répondit-il. Elle est fleuriste. Mais elle m'apporte beaucoup d'idées pour le restaurant...

- Comment cela ? demanda Ann-Aël, curieuse.

- Et bien, j'utilise des fleurs pour décorer les assiettes, essentiellement les desserts.

- Superbe ! Wahou ! Ah, je suis presque jalouse de ne pas avoir eu l'idée ! C'est génial...

- J'ai dû travailler un peu le concept, mais maintenant, les habitués seraient déçus s'ils n'avaient pas de fleurs au dessert ! Et il paraît que certaines dames demandent à partir avec...

- Je n'en suis pas étonnée... Et donc, Maureen ?

- Comment te dire... L'harmonie, l'osmose, le bonheur, quoi !

- Alors, c'est suffisant, l'entendit-il sourire. C'est chouette. Je suis heureuse pour toi.

- Merci.

- Bon, je t'appelais aussi pour te souhaiter ton anniversaire, même si j'ai un peu de retard...

- Pas grave, c'est sympa de ne pas avoir oublié !

Elle rit et dit :

- Tu sais bien que j'ai un très bon moyen de m'en souvenir ! On n'oublie pas un gâteau raté et immangeable !

- Ah, c'est certain... Mais ne raconte jamais cela à Sam, si tu le croises un jour ! J'y aurais droit jusqu'à la fin de ma vie sinon... Mais j'avais une excuse : c'était le premier qu'on nous demandait de faire dans ces conditions !

- Promis..., dit-elle avant de reprendre : je voulais te dire aussi que je t'avais préparé un petit colis que tu ne devrais pas tarder à recevoir...

- Oh, merci ! Ok, je vais surveiller le courrier...

- T'as pas changé d'adresse ? demanda Ann-Aël.

- Non, je t'aurais prévenue dans le cas contraire...

- T'habites avec ton amie ?

- Soit chez l'un, soit chez l'autre. On n'a pas encore d'adresse commune... Mais on vit dans le même quartier, on fait un peu comme c'est le plus pratique, expliqua-t-il.

- C'est cool. Ca a l'air de bien se passer entre vous !

- Oui, vraiment. Maureen est facile à vivre.

- Plus simple que Betty ? demanda Ann-Aël après un petit temps d'hésitation.

- Sans commune mesure, répondit Mickaël.

- Et toi, t'es pas un gars compliqué... Bon, je vais te laisser ! Je te fais la bise et te dis à une prochaine !

- Merci, Ann, c'était sympa d'avoir appelé. Je te tiens au courant pour l'arrivée du colis !

- D'accord ! Salut !

- Salut, dit-il avant de raccrocher et de se replonger dans ses préparatifs.

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