Chapitre 118 : mardi 13 septembre 2005

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Maureen rejoignit Mickaël peu après midi. Sa matinée avait été assez bonne. La cuisine embaumait, un plat cuisait déjà dans le four. Mais, sur la table, l'attendaient deux surprises. Un bouquet de roses rouges et un petit paquet.

- Qu'est-ce que tu veux fêter ? demanda-t-elle intriguée.

- Les six mois de notre rencontre, répondit-il en se tournant vers elle et en l'enlaçant.

- Oh ! fit-elle avant de rire : je ne pensais pas forcément à fêter notre moitié d'anniversaire !

- Tu sais, dit-il, c'est comme pour Léony : les demies, c'est important !

Elle noua ses bras autour de son cou et l'embrassa. Il laissa remonter ses mains dans son dos, la serra tendrement contre lui.

- Tu vas bien ? demanda-t-il en appuyant son front contre le sien.

- Oui, la matinée a été bonne. Pour toi aussi ?

- Oui, oui. J'ai trouvé du beau poisson, ce matin. Ca va être un plaisir pour ce soir.

- Et quelques restes pour demain midi ? demanda-t-elle.

- Il y a des chances…, répondit-il. Mais ça va être prêt, ne tardons pas.

Maureen s'attabla et regarda le bouquet.

- C'est un comble pour une fleuriste que de se faire offrir un bouquet…

- Pourquoi n'y aurais-tu pas droit ? fit-il en lui présentant l'entrée de crudités qu'il avait préparée.

- C'est juste. Elles sont très belles. Où les as-tu trouvées ?

- Hum, dans la boutique juste en-dessous, répondit-il d'un air sérieux.

Maureen éclata de rire. Mickaël sourit et ajouta :

- Non, je suis tout simplement passé chez ton fournisseur… Une petite étape entre la criée et les halles.

Elle hocha la tête, se servit et dit :

- Je peux garder l'ouverture du petit paquet pour la fin du repas ?

- Si tu veux…, répondit Mickaël.

Ils déjeunèrent rapidement, d'une cassolette de coquillages. Mickaël avait profité aussi de son passage aux halles pour acheter du poisson et lui préparer une soupe pour le soir. En dessert, ils se contentèrent d'un fruit, il n'avait pas eu le temps de préparer quelque chose d'élaboré, mais il lui promit des crèmes pour les prochains jours. Ils dégustèrent cependant un thé, Subtil, avant qu'il ne parte pour le restaurant : il ne voulait pas arriver trop tard, car c'était le premier jour de travail de Jonathan et il voulait être disponible pour aider le jeune homme à reprendre ses marques au sein de l'équipe.

Maureen attendit que le thé soit servi pour ouvrir le paquet. C'était un simple paquet de papier, avec juste un petit nœud pour le décorer. A l'intérieur, elle trouva un joli collier en argent qui portait un pendentif en forme de cœur.

- Oh, qu'il est joli ! s'exclama-t-elle en regardant le pendentif qui tournait doucement devant ses yeux.

- Il te plaît ? demanda Mickaël.

- Oui…, dit-elle d'une voix soudain émue.

Et il vit une larme perler à ses paupières. Il se leva aussitôt, s'approcha d'elle. Elle noua ses bras autour de sa taille et posa sa tête sur son ventre.

- Oh, Mickaël...

- Qu'y a-t-il, ma douce ? demanda-t-il vaguement inquiet de sa réaction.

- C'est la première fois... Qu'on m'offre un bijou...

Il répondit à son étreinte et se sentit ému, lui aussi. Et il se fit la réflexion qu'elle avait peut-être été mariée, mais que son mari ne lui avait finalement pas fait vivre tant de premières fois que cela, qu'elle recevait beaucoup plus avec lui et il en fut heureux.

- En dehors de ma médaille de communiante et de mon alliance, je n'ai jamais pu porter de bijou... Il est très beau. Merci, merci beaucoup, ajouta-t-elle en relevant son visage vers lui.

Tendrement, il essuya la larme qui avait coulé sur sa joue et lui sourit.

- Veux-tu que je t'aide à le mettre ? Qu'on voie s'il te va bien ?

- Oui, sourit-elle en retour et elle s'écarta de lui.

Mickaël prit le collier, l'ouvrit, le plaça à son cou. Maureen l'ajusta et se tourna vers lui.

- A ravir, dit-il en souriant avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Et juste à la bonne longueur..., ajouta-t-il en laissant son doigt glisser le long de la petite chaîne argentée, ... pour souligner la naissance de tes seins.

- Tu es un coquin ! s'esclaffa-t-elle.

- Bien sûr ! Tu ne le savais pas encore ?

Et ils rirent tous deux.

L'après-midi

- Alors, vieux, ça fait quoi d'avoir 26 ans ?

- Tu verras ça dans un mois ! répondit Mickaël à Sam en lui faisant un clin d'œil.

Sam se trouvait dans la ruelle, à fumer, quand Mickaël arriva pour prendre son poste. Il salua son ami, rangea son vélo et ne tarda pas à gagner le vestiaire pour se changer.

- Bonjour, chef, le salua Jonathan alors que le jeune homme entrait en cuisine.

- Bonjour, Jonathan, et félicitations. Heureux de te revoir parmi nous, dit Mickaël en lui serrant la main. Tout s'est bien passé ?

- Oui, ça a été, dit l'ancien apprenti. Je les ai surpris, je crois, avec un certain mélange pour accompagner un filet de saumon.

Mickaël sourit légèrement :

- Un peu de crème ?

- Oui, ça a marché…, dit Jonathan avec un petit sourire.

- Je te l'avais dit.

Et Mickaël ressortit dans la ruelle pour héler Sam qui n’avait pas encore terminé sa cigarette. Une fois qu'il fut rentré, il ajouta à l'adresse de Jonathan, en sortant un paquet d'un sac qu'il tenait à la main. :

- Tiens, on a quelque chose pour toi, Sam et moi.

Et il lui tendit la bouteille de Talisker. Le jeune homme s'en saisit, assez ému, et remercia avec confusion.

- Bon, maintenant, au boulot ! lança Mickaël qui comprenait la gêne du jeune homme.

Le retour de Jonathan parmi eux se passa bien. Il réintégra l'équipe aisément, prenant la place de Dan sans difficultés. Si ce début de semaine s'annonçait encore assez calme, dès le vendredi, les réservations allaient affluer et tous savaient que le rythme plus tranquille de la reprise était maintenant derrière eux.

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