Chapitre 116 : dimanche 11 septembre 2005

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Ce fut avec une journée d'avance qu'ils fêtèrent, en famille, l'anniversaire de Mickaël. Cette fois, Véra, Jimmy et Léony étaient présents. De même que les parents d'Henry. Sa maman n'allait ni mieux, ni plus mal. Mais Mickaël et Maureen furent heureux de les revoir, d'autant que Véra n'avait pas réussi à décider Mummy à venir jusqu'à Glasgow. Elle s'était pourtant proposée pour aller la chercher, mais Mummy n'avait rien voulu entendre. Ingrid et Henry avaient suggéré de recevoir tout le monde, ce qui arrangeait bien Mickaël et Maureen, le dimanche midi étant pour eux toujours un peu juste.

Maureen s'était longtemps posé la question de trouver quoi offrir à Mickaël, en plus du thé. Elle avait pensé demander à Sam, puis s'était finalement abstenue : elle avait craint qu'il ne lui répondît par une pirouette une de ses "horreurs" habituelles. Elle en avait souri : elle n'avait pas besoin de Sam pour imaginer une surprise plus "intime" pour Mickaël. Non, ce qu'elle avait cherché, c'était un cadeau à lui offrir en famille. Avec la complicité d'Henry, elle avait finalement trouvé ce qu'elle voulait : le père de Mickaël avait rapporté de leur petit séjour en France une bonne bouteille de Calvados.

Un ciel typiquement automnal recouvrait Glasgow et alors qu'ils s'engageaient dans la rue où habitaient les parents de Mickaël, une petite pluie fine se mit à mouiller le pare-brise. Il n'y aurait pas de dessert sur la terrasse ce dimanche-ci.

Léony était ravie de les voir, de même que Jimmy, Véra et les grands-parents qui les pressèrent de questions sur leurs vacances. Maureen eut l'impression de devoir raconter encore la même histoire que la semaine précédente, mais elle trouva vraiment amusante la façon dont Mickaël relatait leur séjour à sa sœur, ajoutant des détails qu'il n'avait pas livrés à ses parents la semaine passée. Véra et Mickaël ne cessaient de se lancer des traits d'humour et Maureen apprécia la gentillesse d'Ingrid qui parlait d'autres choses avec elle, lui demandant notamment des nouvelles de Lawra. Alors qu'elles passaient un moment dans la cuisine, toutes les deux, Maureen lui confia avoir reçu des nouvelles de sa sœur. C'était la première fois qu'elle parlait ouvertement de sa famille à Ingrid et celle-ci en fut touchée.

- J'ai reçu une lettre de ma sœur, Ingrid, à notre retour de vacances, commença Maureen. Elle me donne des nouvelles de ma famille, j'en suis contente.

- C'est une sœur plus jeune ou plus âgée que toi ? demanda Ingrid, surprise mais heureuse que Maureen lui parlât de sa famille.

- Plus jeune, répondit Maureen. Je suis l'aînée des filles, mais j'ai deux frères avant moi. Kenneth est à peine plus âgé que Mickaël, il est du début d'année, et, entre nous deux, il y a aussi Gary. Après, c'est donc moi.

Ingrid hocha la tête. Elle comprenait aussi que la réaction des parents de la jeune femme ait pu être très dure : voir leur première fille agir à contre-sens des pratiques religieuses et familiales avait certainement été difficile à admettre pour eux, même si cela n'excusait pas leur attitude. Cela ne faisait que l'expliquer. Maureen poursuivit :

- Ma sœur va avoir son premier bébé. Je suis très heureuse pour elle. Elle espère que je pourrai aller la voir à cette occasion. On verra... Oh, vous avez prévu 26 bougies !

- Oui, sourit Ingrid qui comprit que Maureen ne se confierait sans doute pas plus. Jusqu'à 30 ans, il y a de la place sur les gâteaux ! Après... On met des chiffres.

"Maureen se sent assez à l'aise pour me parler, maintenant. J'en suis heureuse", songea la mère de Mickaël en revenant dans la salle à manger, avec les assiettes à dessert, pendant que la jeune femme portait le gâteau avec les bougies allumées.

Jimmy applaudit à grand bruit l'arrivée du dessert, Léony trépignait sur sa chaise :

- Tonton ! Je veux souffler avec toi !

- Ok, pitchoune ! dit-il. Viens par ici !

- Waouh ! Maman, tu t'es déchaînée ! fit Véra en voyant le gâteau.

- C'est ton frère qui l'a fait... Je n'ai aucun mérite ! répondit Ingrid en souriant.

- C'est vraiment de la triche..., dit sa fille.

Maureen se rassit à côté de Mickaël, Léony avait déjà grimpé sur les genoux de son oncle pour être bien à côté de lui pour souffler. La grand-mère, assise en face de son petit-fils, les regardait d'un air attendri.

- Prête, Léony ? lança son père.

- Oui, papa ! On y va !

- Trois ! Deux ! Un ! Soufflez !

Et Mickaël et Léony soufflèrent de concert. Les applaudissements fusèrent.

- Merci, Mademoiselle, vous m'avez bien aidé ! dit Mickaël en déposant deux bises sur les joues de la petite fille, enchantée.

- Et maintenant, les cadeaux ! dit Henry. Alors, on n'a pas fait original... Mais Maureen nous a dit que ceux-là, tu ne les avais pas... Ce qui est étonnant... Et c'est un petit complément au vin.

Et Henry tendit deux petites pochettes à son fils : c'étaient effectivement des disques qui manquaient à sa collection. Ingrid déclara :

- Mais, c'est juste un petit complément. Un midi, tu viendras avec moi. On ira faire les boutiques.

Mickaël grimaça.

- Si, si..., insista Ingrid. Il te faut une autre veste pour cet hiver... La tienne, même un clochard n'en voudrait pas.

- Elle est pourtant encore très bien..., dit-il en levant les yeux au plafond. Non ? ajouta-t-il en regardant Maureen.

Celle-ci fit une petite moue dubitative.

- Bon, ok... Ok. On attendra les premiers froids, ils auront plus de choix..., tenta-t-il pour gagner quelques journées.

- J'ai repéré des arrivages récents très bien chez...

- Ok. Bon, jeudi midi, dit-il pour clore le sujet.

Jimmy et Véra lui tendirent alors leur cadeau. C'était une bouteille de Talisker.

- Tu l'as prise pour Jonathan et pour Harris, mais pas pour toi... Faute, petit frère, faute !

- Comment vous savez ça ? demanda-t-il étonné.

- On avait prévu un petit arrangement avec John..., dit Jimmy.

- Hum, je vois... Complot avec les Irlandais !

- Nous, Mickaël, dit son grand-père, on se contente d'une petite enveloppe... Tu en feras ce que tu voudras... Mais ça pourra être un complément pour la veste que ta mère veut t'offrir...

- Merci à vous deux..., sourit-il.

Puis il ouvrit les deux paquets restants, les cadeaux de Maureen.

- Tu ne vas pas manquer pour ces premiers mois, dit-elle. Mais il m'avait semblé que ton bar se vidait un peu trop rapidement...

- Ok..., fit-il en sortant la bouteille de Calvados de son carton protecteur. Et là, tu as comploté avec papa et maman...

- Je ne peux rien te cacher..., répondit-elle un peu amusée.

Le dernier paquet était léger et même si l'emballage était neutre, il devina plus ou moins ce que c'était. Une fois le papier retiré, il découvrit effectivement un des paquets du Palais des Thés. Il l'ouvrit, pour sentir, et dit :

- Hum... Très riche et plein de saveurs originales. Il me tarde de le goûter !

- L'eau est prête pour le thé, dit Ingrid. Tu n'as qu'à en préparer une tasse pour toi.

- Et pour Maureen, dit-il. Je ne le goûte pas sans elle...

- Je fais Subtil pour tout le monde autrement ? demanda Ingrid.

Chacun hocha la tête, même si Jimmy lorgnait un peu vers la bouteille de Calvados. Mais Mickaël était bien décidé à goûter au thé avant de prendre un digestif. Quand les tasses furent prêtes, il regarda d'abord la couleur, puis huma le parfum. Il se doutait que Maureen voulait lui faire découvrir les éléments, comme lui-même s'était amusé plus d'une fois à le faire.

- Thé blanc, dit-il. Pour la base.

- Hum, hum, dit-elle en hochant la tête.

- Sapin et fruit rouge... Hum, là, il faut que je goûte pour me déterminer, car c'est léger...

Il prit une gorgée et s'étonna :

- Oh, oh... La petite surprise, fit-il en souriant à Maureen qui lui rendit son sourire. Et cerise. Belle harmonie.

Le sourire de la jeune femme s'élargit. Mickaël glissa sa main sur sa cuisse, saisit celle de Maureen et noua ses doigts aux siens. Chacun les regardait faire, soit avec amusement, soit avec curiosité, soit avec tendresse et émotion.

- Et tu l'as appelé comment ?

- Nous, répondit simplement Maureen.

- Merveilleux, dit-il alors que l'éclat bleuté s'allumait dans son regard. Je n'aurais pas fait mieux...

Et il l'embrassa tendrement, avant de tous les remercier.

**

- J'ai encore une surprise pour toi, dit Maureen, alors qu'elle garait la voiture devant chez Mickaël. Mais tu attends un peu. Je t'appelle quand c'est prêt...

- Ok, soupira-t-il, à demi assoupi par le bon repas et un léger abus d'alcool dû au champagne sorti par son père et au petit verre de Calvados pris en digestif.

Ce qui le consolait, c'était que son beau-frère était dans le même état que lui, en quittant la maison des parents.

Maureen sortit de la voiture, monta rapidement le petit escalier. Elle n'avait rien pu préparer d'avance, mais savait exactement ce qu'elle voulait faire. Ce serait rapide. Elle commença par faire chauffer de l'eau dans la bouilloire et, pendant ce temps, fit un rapide passage dans la salle de bain. Puis elle se changea, retourna en cuisine, prépara un plateau avec deux tasses, la théière, emmena le tout dans la chambre. Puis elle prit son téléphone et appela Mickaël :

- C'est prêt ! Ca n'a pas été trop long... Tu peux monter !

- Pas trop long, pas trop long... J'ai failli m'endormir ! plaisanta-t-il, soudain intrigué et impatient.

Un vent frais le saisit en sortant. Il referma la voiture, puis grimpa à son tour l'escalier. Quand il entra dans l'appartement, tout était calme. Maureen n'était pas dans la cuisine, il le devina tout de suite. Mais en refermant la porte, il vit un papier avec un numéro et un petit mot :

1 Ferme bien la porte pour ne pas être dérangés. Puis cherche le numéro 2, dans le salon.

Il passa devant la porte de la chambre, remarqua le papier avec le numéro 4 scotché sur la porte fermée. Ce petit jeu de piste l'amusait. Il trouva aisément le papier numéro 2 qui lui proposait d'allumer la chaîne. "Hum, bon choix... Carlos Santana, c'est toute une invitation au voyage, ça..."

Le numéro suivant était accroché à la porte de la salle de bain : 3, tu as le choix, mais mets-toi à ton aise...

Il ressortit rapidement de la salle de bain, dans le plus simple appareil. Le numéro 4, c'était juste : Entre, je suis là.

Elle était allongée sur le lit, dans l'ensemble rouge qu'il lui avait offert pour son anniversaire.

Un parfum le saisit, qu'il reconnut aussitôt.

Envoûtant.

**

-Tu voulais m'envoûter, ma douce ?

- N'est-ce pas toi qui m'envoûtes, plutôt ? demanda Maureen alors que Mickaël la rejoignait et s'étendait à ses côtés.

Il ne répondit pas directement, mais ajouta, en effleurant la dentelle sur sa cuisse, puis en faisant remonter sa main jusqu'à son épaule :

- Tu es un merveilleux cadeau… Hum… Il te va à ravir, cet ensemble. Très beau choix, fit-il avec un petit sourire amusé.

- C'était ton cadeau…, sourit Maureen en caressant son bras jusqu'à venir nouer ses doigts aux siens.

- Il me semble bien m'en souvenir, en effet, dit-il en prenant ses lèvres qu'elle lui offrit bien volontiers.

Puis elle s'offrit totalement. Pour le plus grand bonheur de Mickaël.

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— Redressez-vous enfin ! insista Cole. Nous ne sommes ici qu'entre nous, personne ne vous tiendra rigueur d'un manque au protocole.
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— J'aimerais beaucoup que vous me montriez à quoi ça ressemble, souhaita Ceti.
— Si l'occasion se présente, pourquoi pas.
 Ceti se retourna pour observer le paysage. Elle imagina à quoi pouvait ressembler les grandes plaines enneigées des montagnes, les hautes murailles de la ville et le Temple, célèbre lieu de pélerinnage. Dans sa vie, elle n'avait quitté Dhilia qu'à trois reprises, sans jamais voyager plus d'une demie journée. Elle n'arrivait tout simplement pas à concevoir le panorama de l'Oblihati. De ce fait, elle s'aidait des marguerites pour recouvrir son point de vue actuel d'un épais manteau blanc. Un léger sourire apparut sur son visage.
— Puis-je vous poser une question, Cole ? demanda la jeune femme après un bref silence. Elle pourrait vous sembler déplacée.
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— M'aimez-vous ?
 Le chevalier accusa la surprise. La servante de la princesse se retourna pour lui faire face et le regarder dans les yeux. Cole la considéra d'un regard interdit, bouchée bée. Les secondes s'écoulèrent lentement, et l'espace d'un instant, il pensa avoir compris de travers. Mais la jeune femme poursuivit.
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