Chapitre 113 : dimanche 4 septembre 2005

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- Tiens, papa, mets ça tout de suite au frais ! On le sortira juste dix minutes avant de le manger..., dit Mickaël en tendant à son père la boîte qui contenait le dessert.

- OK, fiston. Ca va bien tous les deux ? demanda Henry en les faisant entrer.

- Oui, bien, répondit Mickaël. Et vous ? Vous avez fait bonne route ?

- Sans soucis...

- Véra et Jimmy ne sont pas là ? s'étonna le jeune homme.

- On leur a déposé la pitchoune hier soir, ils étaient invités par les parents de Jimmy ce midi. Cela faisait un moment qu'ils ne l'avaient pas vue..., répondit son père.

- Ah, ok, je pensais qu'ils seraient là.

- On va manger dans la salle, dit Henry. Il fait trop frais dehors. Mais peut-être qu'on pourra y prendre le dessert et le thé... si le soleil veut bien sortir de son trou !

Le temps s'était effectivement couvert, le vent était un peu frais. Maureen se dit que l'automne allait vite venir, peut-être même plus vite qu'à Dublin.

Ils déjeunèrent avec plaisir, Ingrid et Henry furent très curieux de leur voyage sur les Hébrides, des impressions de Maureen. Ils s'inquiétèrent aussi de sa reprise. Puis ils racontèrent leur propre voyage en France, donnèrent à Mickaël des nouvelles de toute la famille.

- Et j'ai ramené ce que tu m'avais demandé, Mickaël. Ta mère croisait les doigts au passage de la douane, mais je pense que notre bonne mine et le français impeccable de ta maman nous ont fait passer sans souci.

- Tu en as ramené beaucoup ?

- Trois. Mais je te rassure, Eric a mis de côté "la part de Mummy" qu'il appelle d'ailleurs "la part de Mickaël" en disant que ce n'est pas sa sœur qui boira tout cela !

Ils rirent de la remarque et Mickaël dit :

- Je lui téléphonerai prochainement pour le remercier.

- Mais nous n'avons pas ramené que cela, dit Ingrid. Ton père a voulu descendre jusque sur les bords de Loire...

- Oh, oh...

- Il y a deux caisses qui t'attendent dans le garage, expliqua Henry. C'est une petite avance pour ton anniversaire...

- Merci, papa, c'est sympa.

- Le viticulteur de Champ nous a demandé quand est-ce que tu retournerais le voir..., intervint Ingrid. Il se souvenait bien de toi !

- Harris a déjà fait allusion à un prochain déplacement pour Tim et moi, peut-être en janvier, après les fêtes, quand l'équipe pourra tourner à cinq. Rien n'est fixé encore, mais il tient à ce qu'on aille en France tous les deux. Je dois préparer cela et Tim fait des recherches et prend des contacts de son côté.

Au moment du dessert, le soleil était plus franc et ils décidèrent de s'installer sur la terrasse. Après avoir fait le service, Ingrid demanda à Mickaël s'il avait des nouvelles de Sam.

- On s'est fait un billard, maman, vendredi de la semaine dernière. On a causé sérieusement. Il m'a parlé de Jenn, et Maureen est au courant. Mais vous l'avez croisé chez Mummy et j'aimerais bien avoir votre version aussi, du moins, s'il vous a parlé... Mummy a été un peu évasive avec moi à son sujet.

Henry hocha la tête, jeta un regard à sa femme. Ce fut Ingrid qui commença :

- Il a parlé avec Mummy, mais il ne lui a pas tout dit. Enfin, c'est ce que nous en avons conclu. Il a surtout parlé avec elle au début de la semaine, quand vous êtes partis, avant que nous-mêmes n'arrivions. Mais je peux t'assurer qu'il a vu Jenn, plusieurs fois. Il nous a juste confié qu'une fois, elle ne l'avait pas loupé, et lui non plus, mais qu'au final, ça faisait du bien.

Mickaël et Maureen échangèrent un regard, cela correspondait à ce que Sam avait raconté à son ami. L'heure de vérité.

- Bien qu'on ne l'ait vu qu'une journée à peine, il nous a paru beaucoup plus déterminé et sérieux aussi que d'habitude. Plus... adulte, laissa finalement échapper Ingrid après avoir échangé un bref regard avec son mari.

Henry acquiesça et poursuivit :

- Nous nous sommes aussi rendus tous les deux auprès de John, la semaine dernière. Nous avons vu Helen et nous avons pu parler un moment. Elle nous a confié qu'elle était soucieuse pour sa fille. Mais qu'elle était heureuse d'avoir revu Sam.

- Sam l'a vue ? s'exclama Mickaël. Ca, il ne me l'avait pas dit...

Ingrid sourit faiblement.

- Oui, lors d'une de ses visites. Helen était assez bien, et ils ont parlé un petit peu. John nous a raconté que Sam avait vraiment sérieusement parlé avec elle. De Jenn. De lui. Il lui aurait promis de s'occuper d'elle, maintenant.

- Hé bien..., souffla, avec une pointe d'incrédulité dans la voix, Maureen qui en oubliait de manger sa part de dessert.

- C'est ce qu'il m'a laissé entendre, ajouta Mickaël.

- Il va falloir le tenir à l'œil, quand même..., dit Ingrid avec un petit sourire.

- Il me l'a déjà demandé, maman, sourit Mickaël en retour. Je lui ai dit d'aller passer ses jours de repos à Fort William ; en plein hiver, ce sera peut-être difficile de faire la route certains jours, mais là, ça va encore, et il fait encore jour tard. Il pourra rentrer seulement le mardi midi aussi. Il n'est pas obligé d'arriver très tôt au restaurant ce jour-là. On peut arranger ça avec Harris. Moi, de toute façon, le mardi, j'y suis de bonne heure.

- Vous reprenez le rythme d'avant ? Pour la criée, je veux dire ? demanda Henry.

- Pas encore. Pas tant que Jonathan n'est pas avec nous pour remplacer Dan et qu'on tourne encore à cinq. Et il est possible de toute façon que, les premières semaines, Harris veuille conserver notre organisation provisoire.

- Ca doit te faire bizarre de ne pas aller à la criée le samedi, fit encore remarquer son père.

- Un peu oui, surtout que c'est une grosse journée pour nous, répondit Mickaël. J'avais l'habitude de tout prévoir pour le soir dès le matin. Mais je m'adapte. Et, mine de rien, c'est moins fatiguant aussi...

Ingrid acquiesça, proposa encore une tasse de thé à chacun, puis demanda :

- Et sinon, comment va toute l'équipe ? Vous avez des nouvelles de Dan ?

- Il se remet, oui. Mais ne reviendra pas avant deux mois environ. On espère donc que Jonathan réussisse ses examens cette semaine et Harris l'embauche aussitôt pour le remplacement.

- C'est une belle opportunité pour ce garçon, dit Henry.

- Oui, et cela lui permettra de se sentir vraiment à l'aise, affirma Mickaël. Il prendra des responsabilités, mais au sein d'une équipe qu'il connaît bien. Il ne sera plus apprenti, mais employé, ça l'aidera à démarrer.

Après le repas, Ingrid leur proposa une promenade dans les alentours. Ils acceptèrent volontiers et Maureen fut heureuse de découvrir pour la première fois les petites collines qui entouraient le quartier où vivaient les parents de Mickaël. Ce dernier lui avait parlé de cette balade, mais ils n'avaient pas encore eu l'occasion de la parcourir. Son enthousiasme simple, sa faculté à s'émerveiller de petites choses, firent plaisir à Ingrid. Elle espérait vraiment que les deux jeunes gens allaient continuer à vivre ensemble, et même, s'engager un peu plus. Mais elle se doutait aussi que ni l'un, ni l'autre, ne voulaient aller trop vite, un peu par prudence, un peu par crainte et par souvenir d'expériences passées qui avaient échoué.

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