Chapitre 104 : jeudi 18 août 2005

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L'averse surprit même Mickaël, pourtant habitué aux changements de temps fréquents du littoral. Ils étaient sur un chemin, à faire le tour de la presqu'île d'Hushinish et tentaient de voir l'île de Scarp, juste en face, à travers les rideaux de pluie. La voiture se trouvait à au moins 4 kilomètres. Le temps de sortir leurs vêtements de pluie des sacs à dos, ils étaient déjà bien mouillés. Ils poursuivirent leur parcours sous une pluie battante, alors que le vent fouettait leurs visages d'autant qu'ils avançaient plein ouest. A plusieurs moments, Maureen douta qu'ils allaient retrouver le parking et quand, enfin, la tache rouge de sa voiture lui apparut au milieu du gris de la pluie, elle poussa un long soupir de soulagement. Les efforts pour rejoindre la voiture l'avaient mise en sueur, malgré la pluie. Son pantalon était trempé, celui de Mickaël ne valait guère mieux. Camper ce soir leur parut bien compromis. Et de regretter l'accueil chaleureux de Fiona et Darren de la veille.

Ils parvinrent à enlever leurs vêtements de pluie en s'abritant avec la porte du coffre et ils remontèrent prestement dans la voiture. Mickaël s'installa au volant, regarda la carte et le guide qu'il avait emporté avec lui.

- Bon, on va aller jusqu'à Tarbert, dit-il. Il y a un hôtel, un peu luxueux, mais on n'a pas le choix. Sur la route, il y a des B&B, je vais téléphoner quand même, mais sans avoir réservé à l'avance...

Ses deux appels furent cependant infructueux, les chambres étaient déjà toutes occupées pour le soir.

- Bon, il ne nous reste plus que l'hôtel, soupira-t-il. Enfin, à Tarbert, on trouvera peut-être autre chose, mais on ne va pas chipoter non plus...

- Ok, dit Maureen en claquant des dents. C'est vraiment plus cher ?

- Ce n'est pas donné. Enfin, on peut se faire plaisir aussi. On a déjà économisé quelques nuits en dormant sous la tente. Et je ne peux pas dire que tu me ruines au pub... ajouta-t-il en souriant.

Et, sans attendre sa réponse, il remit le contact, manœuvra et quitta le petit parking déserté. Une demi-heure plus tard, il arrêta la voiture devant un beau bâtiment et Maureen se dit que, même sur Arran où l'hôtel était de bon standing, elle n'était jamais entrée dans un endroit pareil et s'interrogea de savoir comment deux naufragés dégoulinants comme eux allaient être accueillis. Elle attendit Mickaël dans la voiture, il s'était rendu directement à l'accueil pour savoir s'il restait une chambre de libre.

Quand il revint, d'un pas décidé, elle comprit avant même qu'il n'ouvre la portière qu'ils allaient dormir ici. Elle se sentit un peu rassurée, car elle n'aurait pas aimé devoir dormir dans la voiture. Elle sortit sans attendre, Mickaël prit leur sac et, en courant car la pluie tombait toujours, ils se dirigèrent vers l'entrée.

Le hall était chaleureux et luxueux comme Maureen pouvait s'y attendre. Elle se demanda qui venait ici, peut-être des gens fortunés amateurs de tranquillité. L'employé leur donna leur clé et un majordome s'empara de leur sac sans montrer la moindre réticence. Il les guida jusqu'à leur chambre et Mickaël s'enquit de l'heure des repas. Il n'avait pas du tout envie de remettre le nez dehors et réserva une table pour la soirée. Le majordome leur indiqua qu'il y avait une buanderie, qu'ils pouvaient y déposer leurs vêtements mouillés et les récupérer propres et repassés le lendemain.

- Je n'avais pas prévu de robe de soirée dans mon sac, dit Maureen. On va avoir l'air de quoi, ici ?

- Ne te fais aucun souci, l'hôtel est à moitié vide. Et même sans robe de soirée, je suis certain que tu seras ravissante.

- A tes yeux, peut-être, aux yeux des autres convives... dit-elle en faisant la moue.

- Je me fiche du regard des autres convives, répondit Mickaël qui, curieux, jetait un œil par la porte de la salle de bain.

Pendant ce temps, Maureen se débarrassait de ses chaussures de randonnée, avec un peu de mal car les lacets étaient durcis par la pluie.

- Bon, dit Mickaël en regardant sa montre, on va faire les choses dans l'ordre : déjà, se changer. Je vais emmener nos fringues, autant profiter du service puisqu'il existe. Pendant que je m'en occupe, tu peux toujours te faire couler un bain.

- Un bain ? Tu crois qu'on n'a pas été assez trempé comme ça ? dit-elle en le regardant avec de grands yeux.

- Si, mais ça va nous réchauffer. Et, à mon avis, quand tu auras jeté un œil à la salle de bain... Tu auras vraiment très envie de prendre un bain.

Et, sur ce, il revint vers la chambre, ouvrit le sac, en sortit des vêtements propres et secs, se changea rapidement. Maureen, dont la curiosité avait été éveillée par la remarque de Mickaël, entra dans la salle de bain et resta figée sur le seuil. La pièce était presque aussi grande que la chambre, déjà de belle taille. Décorée avec goût et sobriété, elle offrait une grande douche à l'italienne, deux vasques, et une baignoire suffisamment large pour y tenir à deux en étant tout à fait à l'aise.

**

Mickaël avait emporté leurs vêtements mouillés et Maureen, encore en dessous, s'avançait vers la baignoire. Elle comprit au premier coup d'œil qu'elle offrait plus qu'un simple bain, puisqu'un petit boîtier permettait de varier des jets d'ampleur différente. C'était un vrai jacuzzi. Elle fit couler l'eau, trouva sur les bords plusieurs parfums, plusieurs choix en savons et shampoings. Des serviettes étaient disposées à proximité, si grandes qu'elle se dit qu'ils pourraient tenir à deux dans une seule. Elle fit rapidement son choix parmi les différents parfums, prit celui à la lavande pour son effet revigorant, et aussi parce qu'elle en aimait beaucoup la fragrance.

La porte de la chambre s'ouvrit, puis se referma. Mickaël verrouilla et s'avança dans la pièce. En entendant l'eau couler, il sourit. Ils avaient largement le temps de prendre un bain, avant le dîner. Il ôta ses vêtements et rejoignit Maureen. Elle était debout devant la baignoire, enroulée dans une serviette, lui tournant le dos. D'un petit geste de la main, elle lui fit comprendre de rester en arrière et il s'assit dans un petit fauteuil, attendant un autre signe de sa part.

Une fois qu'elle jugeât qu'il y avait suffisamment d'eau, Maureen coupa les robinets, y glissa la main pour en apprécier la température. Satisfaite, elle se redressa, toujours sans regarder Mickaël. Puis, lentement, elle fit glisser la serviette jusqu'au sol, lui révélant sa silhouette élancée. Les lumières douces de la pièce firent un instant briller sa peau. Elle enjamba le rebord de la baignoire et se laissa glisser dans l'eau avec volupté, creusant une marque dans la mousse légère qui s'était formée à la surface. Elle s'installa confortablement, le visage tourné cette fois vers Mickaël et rouvrit les yeux pour l'inviter à la rejoindre.

Il n'avait rien perdu du spectacle qu'elle lui avait offert et elle put lire une certaine émotion dans son regard. Il aimait sa sensualité simple, pas le moins du monde maniérée, ni arrogante, et encore moins recherchée au point qu'elle en devenait, chez certaines femmes, presque vulgaire. Encore une fois, Maureen le troublait par cette façon qu'elle avait d'être au monde, d'être femme.

Il se releva lentement, sans la quitter des yeux et s'approcha à son tour de la baignoire. Le parfum lui avait saisi les narines dès qu'il était entré dans la chambre. Il la rejoignit dans l'eau, en prenant soin de ne pas faire de vague. Puis, une fois assis sur le côté par rapport à elle, il lui sourit et demanda :

- Alors, je n'avais pas raison pour le bain ?

- Si ! sourit-elle en retour. Et je pense que c'est un excellent moyen de se réchauffer et de se remettre de cette giboulée.

- Tu veux que je te fasse un shampoing ? proposa-t-il.

- Hum... Volontiers.

Elle plongea la tête sous l'eau pour mouiller ses cheveux, pendant que Mickaël regardait les différents shampoings proposés. Il en choisit un aux algues et au citron, délaissant celui à la pomme qui lui semblait trop fort et mal associé avec le parfum de la lavande qu'elle avait choisi pour l'eau du bain. Maureen se déplaça et vint s'asseoir, le dos tourné à lui. Elle se trouvait à peu près au milieu de la baignoire, alors que le jeune homme était appuyé contre l'un des rebords.

Il versa du shampoing dans le creux de sa paume et commença à l'étaler sur les cheveux de la jeune femme. La mousse était fine et très agréable, le parfum léger comme il l'avait imaginé. Il prit bien le temps d'étaler la mousse, passa ses doigts entre les mèches, souleva les cheveux sur sa nuque, frotta en-dessous. Maureen avait fermé les yeux et se laissait aller aux sensations créées par ce qu'elle n'aurait su qualifier : caresses ou massages ?

- Voilà, tu peux te rincer, dit-il.

Et son corps glissa lentement dans l'eau. Elle pouvait tenir toute allongée dans la baignoire sans aucune difficulté. Ses cheveux s'étalaient devant le torse de Mickaël, il l'aida à les rincer. Ainsi étendu, le corps de Maureen se devinait sous la mousse et la pointe de l'un de ses seins émergeait au milieu des petites bulles. Amusé, il tendit la main vers lui et le recouvrit d'un peu de mousse. Puis sa main revint vers le visage de la jeune femme.

Ils avaient complètement oublié leur mésaventure sous la pluie.

Maureen se redressa et vint s'appuyer contre le torse de Mickaël, assise entre ses jambes, la tête contre son épaule droite, dégageant ainsi son cou. Il referma ses bras autour de son ventre. Du bout de l'index, Mickaël essuya un peu de mousse qui était restée sous son oreille. Puis il l'embrassa dans le cou, ferma les yeux, savourant ce moment de paix et de détente.

Un léger soupir de Maureen, pourtant bien chaste, lui donna cependant envie d'autre chose et il commença à caresser très doucement son ventre, avant de faire remonter une main vers sa poitrine. Le téton tout à l'heure provocant au milieu de la mousse fut le premier à pouvoir goûter à la caresse de la main du jeune homme. L'aréole lui parut très fine, très sensible, et la veine battante du cou de Maureen lui fit comprendre qu'elle appréciait, même si son corps ne réagissait pas encore. Il poursuivit sans hâte, puis son autre main se glissa entre ses cuisses, traçant d'étranges dessins sur sa jambe, avant de retrouver la petite zone si douce, chemin vers son intimité.

Sous les doigts de son autre main, le téton s'était durci. Il insista encore, le sentit se tendre contre sa paume. "Oh, mon amour, quel cadeau que ton sein au creux de ma main !", pensa-t-il émerveillé. Un premier soupir s'échappa d'entre les lèvres de Maureen et son souffle vint lui caresser le cou, provoquant son premier frisson. Il prit sa bouche tendrement, l'embrassa longuement sans cesser de la caresser. Une douce chaleur se répandait en elle.

- Tu as vu que c'était un vrai jacuzzi, cette baignoire ? interrogea-t-elle quand il rompit leur baiser.

- Oui. On essaye ?

Un sourire lui répondit. Il abandonna sa cuisse pour appuyer sur un des boutons du boîtier. Un jet jaillit sur le côté, il essaya un autre bouton et un éclat de rire de Maureen lui fit comprendre que le deuxième jet venait du fond de la baignoire.

- Ca me chatouille ! rit-elle.

- Où ça ? demanda-t-il.

- Sous les fesses ! répondit-elle.

- Excellent... et le troisième bouton, alors ?

Il sentit une pression dans son dos, alors qu'un autre jet se déclenchait en face d'eux.

- On va se faire masser de tous les côtés, fit remarquer Maureen.

- Hum, je crois que ça va vraiment être très agréable... lui répondit Mickaël.

Il tourna encore les boutons, variant l'intensité des jets, évitant soigneusement qu'ils soient trop forts pour ne pas faire déborder l'eau. Ils bougèrent un peu, changèrent de côté. La pression était agréable, leur massant le dos, les jambes. Maureen finit par se lever pour s'asseoir en face de Mickaël, pour ressentir elle aussi l'effet des jets d'eau dans son dos.

- Je n'avais jamais fait cela, dit-elle en lui souriant et en bougeant légèrement pour se faire masser tout le long de la colonne vertébrale.

- C'est agréable, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il en souriant.

- Hum, hum... répondit-elle simplement.

Il joua avec l'intensité des jets, s'amusa de ses réactions : soupir, éclat de rire, satisfaction. Lui-même se laissait aller dans l'eau, étendant ses jambes, les croisant avec celles de Maureen.

Elle finit par se relever, se pencha au-dessus du rebord de la baignoire avec l'intention de prendre un savon, mais il lui échappa des mains et elle dut s'étirer et s'étendre pour le rattraper. Elle voulut se redresser lorsqu'elle sentit le corps de Mickaël se coller au sien. Il l'enveloppa de ses bras, couvrit son dos de son torse et appuya son pubis contre ses fesses. Il ferma les yeux un moment, l'embrassa dans le cou et commença à la caresser, d'abord ses hanches, puis son ventre, enfin sa poitrine, recouvrant les deux seins de ses mains.

Détendue par le bain, réchauffée par les caresses de Mickaël, elle eut envie de s'abandonner. Elle tenta de se tourner vers lui, mais il lui murmura :

- Laisse-moi faire... Fais-moi confiance.

Elle gémit, tourna la tête, voulut l'embrasser. Il lui accorda juste un frôlement des lèvres, la laissant avide d'un vrai baiser. Les mains de Mickaël allaient et venaient, parcourant le ventre de Maureen, son dos, ses fesses, sans lui laisser de répit, insistant volontairement sur ses zones érogènes. Il avait repoussé ses cheveux humides sur une de ses épaules, dégageant entièrement l'autre ainsi que sa nuque. Elle demeura en appui sur ses bras tendus. Elle lui offrait une vision magnifique et terriblement tentante de son corps cambré, abandonné.

Il fit courir ses lèvres sur chacune de ses vertèbres. Au fur et mesure qu'il descendait vers les reins de Maureen, ceux-ci se creusaient. Les mains du jeune homme poursuivaient leurs caresses sur sa poitrine, son ventre, ses cuisses, jusqu'à revenir à ses fesses et à les écarter lentement pour que sa bouche puisse se poser sur son intimité.

- Mickaël... Mickaël...

Elle s'abandonna un peu plus encore dans une nouvelle plainte. Il l'embrassait délicatement, savourant cette onde au goût envoûtant. Il cessa un instant, pour lui souffler, d'une voix déjà assourdie par le désir :

- Tu es délicieuse, mon amour... Délicieuse...

- Mickaël... gémit-elle encore.

Il se redressa, la recouvrit encore et la pénétra d'un coup de reins puissant. Pour Maureen, les sensations étaient différentes, mais intenses. Mickaël faisait naître en elle de nouveaux éblouissements, le feu se répandant dans tout son corps. Il se brûla à aller et venir en elle, toujours plus loin, toujours plus profondément, jusqu'à l'explosion finale, l'abandon total, l'un à l'autre.

**

Les jambes de Maureen ne la tenaient plus, elle glissa dans l'eau, ne parvenant même pas à se retenir contre le rebord de la baignoire, entraînant Mickaël avec elle. Une vague d'eau les recouvrit, comme une dernière caresse.

Elle rouvrit les yeux, cherchant son souffle. Son cœur battait vivement. Ils étaient encore enlacés, imbriqués l'un à l'autre. Les bras de Mickaël étaient noués autour de son ventre, une de ses mains empaumant son sein gauche. Le visage du jeune homme reposait sur son épaule, elle sentait son souffle sur sa peau. D'une main, elle tâtonna, voulut le toucher, le caresser. Elle parvint à peine à frôler sa cuisse, sa hanche. Elle n'avait pas assez de force pour faire remonter son bras plus haut.

Il la laissa faire, puis se redressa en se retirant lentement et précautionneusement d'elle :

- C'était bon, ma douce...

- Oui... soupira-t-elle.

- Tu as aimé ? demanda-t-il curieux.

- Oui... et non.

- Pourquoi non ? s'inquiéta-t-il.

Elle se retourna, put enfin lui faire face. Elle était assise dans l'eau alors qu'il se tenait penché au-dessus d'elle, un bras tendu de chaque côté de ses épaules.

- Je ne pouvais pas te toucher, ni t'embrasser, répondit-elle. J'aime te répondre, te voir.

Il sourit :

- C'est vrai.

Elle noua ses bras autour de son cou et lui avoua :

- Mais les sensations étaient agréables... On pourra recommencer. J'ai aimé. Je t'aime.

Et elle l'embrassa à pleine bouche, pouvant enfin prendre ce baiser que ses lèvres avaient dû attendre.

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