Chapitre 80 : jeudi 21 juillet 2005

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C'était déjà la fin de l'après-midi. Toute l'équipe était au travail. La soirée s'annonçait vraiment chargée, toutes les tables avaient été réservées et, pour le deuxième service, la moitié d'entre elles par un groupe de musiciens. Il allait falloir servir tout le monde en même temps, cela serait très tendu. Mickaël se disait qu'ils avaient bien fait d'attendre une semaine pour mettre Jonathan en condition de diriger la cuisine. Ces jours-ci, ce serait vraiment trop dur pour une première. Lui-même devait s'organiser un peu différemment et c'était seulement l'expérience et la confiance qu'il accordait à ses cuisiniers qui lui permettaient d'assurer pour des soirées aussi chargées.

Harris entra en cuisine, vint voir comment les choses se préparaient.

- Alisson n'est pas là ? interrogea-t-il.

- On ne l'a pas encore vue, patron, répondit Harry.

- Comment ça ? s'étonna-t-il.

Mickaël leva les yeux de sa préparation, regarda leur patron.

- Je confirme, patron. Elle n'est pas là. Elle devait prendre son poste vers 14h30-15h, comme convenu le jeudi.

Harris regarda sa montre et dit simplement :

- Prévenez-moi quand elle arrivera. Si elle n'est pas là dans une demi-heure, je l'appellerai.

Mickaël hocha simplement la tête, mais son front se barra d'un pli soucieux. Compte tenu de ce qui s'était passé depuis le début de la semaine, il se demanda si la jeune femme allait venir travailler.

Une demi-heure plus tard, il prévint Harris qu'Alisson n'était toujours pas là. Le patron s'enferma alors dans son bureau pour en ressortir une dizaine de minutes plus tard. Sa femme venait d'arriver, elle était en train d'aider Julia et Ann à préparer les tables. Tous deux s'éloignèrent à un bout de la salle. Les deux serveuses poursuivirent leur travail après avoir échangé un regard lourd de sens. Il se passait quelque chose, et quelque chose d'important. Elles ignoraient ce qu'il en était, mais, depuis le début de la semaine, plusieurs aléas étaient survenus. D'abord, l'arrivée tardive de Mickaël mardi, puis son départ avancé le soir. Rien que cela suffisait à les mettre dans l'expectative. Mais le fait qu'Alisson ait été convoquée par Harris la veille était un autre point d'interrogation pour elles. Tony n'avait rien dit de spécial à Julia, elle se doutait qu'il n'en savait pas plus.

Lisbeth revint vers les deux jeunes femmes, son visage s'était fermé et sa voix était grave :

- Il va falloir être efficaces, Mesdemoiselles, ce soir.

- Un souci, Madame ? demanda Ann.

- Alisson vient d'annoncer à mon mari qu'elle ne revenait plus travailler, répondit Lisbeth.

- Hein ? Alors que ce soir..., fit Ann en ouvrant de grands yeux.

- Oui, ça va être dur, surtout en cuisine. Mais pour vous non plus, la soirée ne s'annonce pas simple.

- On a déjà assuré au début de l'absence de Dan, Madame, on va continuer, dit Julia qui n'était pas encore intervenue.

- Merci, fit Lisbeth avec un bref sourire. Allez, avançons. Si vous pouviez vous accorder un petit moment de pause en fin d'après-midi, ce serait bien.

Harris de son côté était entré en cuisine. Aussitôt, les bruits de couteaux, de casseroles, de plats, s'arrêtèrent. Chacun leva les yeux vers le patron.

- Il faut que vous tourniez à six seulement, et non à sept pour ce soir.

Tous se regardèrent sans dire un mot. Harris laissa planer un moment de silence et ajouta :

- Et il en sera ainsi jusqu'à la fermeture.

Son regard s'attarda sur Mickaël et, un instant, ce dernier se demanda s'il avait bien fait de révéler ce qui s'était passé au patron. Ils étaient au pied du mur et bien avant la date prévue. Il leur restait trois jours difficiles à faire. Plus une semaine moins chargée. Il espéra alors qu'aucun incident ne viendrait émailler cette période.

Le silence se prolongeait, chacun des employés attendait la réaction de Mickaël. Même Sam, pourtant prompt à la répartie, n'osait rien dire.

- Et bien..., commença le jeune chef. Et bien, allons-y !

Le temps pressait : ce n'était pas cet après-midi qu'ils pourraient discuter avec le patron. Cela attendrait demain. Mais alors que Mickaël affûtait un de ses couteaux pour lever des filets de poisson, soudain, il s'arrêta et s'inquiéta : et si Alisson retournait voir Maureen ?

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