Chapitre 39 : mercredi 11 mai 2005

14 minutes de lecture

Alors qu'ils sortaient de la petite épicerie où Mummy avait ses habitudes, et comme Maureen aidait la vieille dame à mettre son panier et quelques autres courses dans le coffre de la voiture, ils virent une jeune femme s'avancer vers eux. Elle salua Mummy et Mickaël. Ce dernier la salua de même et lui présenta aussitôt Maureen :

- Jenn, je te présente Maureen, mon amie. Nous sommes venus passer quelques jours chez Mummy, mais c'est toujours trop court. Nous repartons ce soir.

- Oh, quel dommage ! Je vous aurais dit de venir à la maison... Pour le thé, après le déjeuner, vous avez bien une petite heure ?

- Ok, répondit Mickaël.

- Bon, à tout à l'heure, alors !

Ils raccompagnèrent Mummy chez elle et Mickaël se mit aux fourneaux. Ils avaient trouvé du poisson et il tenait à cuisiner, pour ce dernier repas. Les deux femmes le laissèrent à la cuisine et sortirent dans le jardin. Mummy avait quelques arbustes à tailler et Maureen s'était proposée spontanément pour l'aider. Elle lui composa aussi un bouquet avec des fleurs du jardin.

- Prends-en aussi pour amener à Jenn, dit Mummy. Cela lui fera plaisir. C'est une cousine éloignée de Mickaël et Véra. Sa grand-mère et mon mari étaient sœur et frère.

Quand elles rentrèrent dans la maison, après deux bonnes heures passées au jardin, elles furent accueillies par d'appétissantes odeurs. Dans la cuisine, elles devinèrent que Mickaël s'activait toujours, tout à ses préparatifs. Mummy passa la tête par la porte et lui demanda :

- On met la table ou tu t'en charges ?

Il releva la tête, sourit et dit simplement :

- Je garde les assiettes ici, pour le service. Le reste, vous pouvez vous en charger... Il va juste me manquer un élément essentiel, mais, après tout, on se contentera de l'eau... Un vin blanc, ou un de ces rouges légers des bords de Loire, aurait été un accompagnement parfait. Tant pis.

- Tu conduis, de toute façon, ce soir, fit sa grand-mère.

- Oui, je ne suis pas à vélo.

- Et pas tout seul. Faut que tu prennes soin de la petite, là...

Ce petit échange s'était déroulé en français, mais Mummy reprit l'anglais aussitôt pour dire à Maureen qu'elles allaient préparer la table. La jeune femme disposa le bouquet dans un vase. Le jaune vif des jonquilles apportait une touche de couleur et de lumière dans la pièce. Mummy sortit une de ses plus belles nappes et la belle vaisselle. Celle des grandes occasions. Elle voulait faire honneur au talent de son petit-fils.

Bientôt, ils passèrent tous les trois à table, Mickaël assurant le service.

En entrée, il leur avait préparé un assortiment de poissons fumés, sur un lit de salade, de pommes de terre froides et de carottes râpées, avec une sauce dont il gardait jalousement le secret. Il mangea tout juste l'entrée avec elles, car, à peine assis, il retournait en cuisine pour suivre la cuisson du plat principal. Un pavé de bar aux algues. Il avait relevé la sauce avec quelques grains de cumin.

- Toujours cuit à point..., dit Mummy. Je n'ai jamais mangé d'aussi bons poissons que lorsque c'est toi qui les prépares, ajouta-t-elle avec sérieux.

- Quand tu viendras à Glasgow, tu viendras manger chez Harris, avec papa et maman, dit Mickaël. Cela fait longtemps que tu n'es pas venue au restaurant... Pas loin de deux ans !

- Et pourquoi viendrais-je à Glasgow ? Cela fait trop de route pour moi, maintenant...

- Parce que tu aurais, subitement, envie de manger un excellent poisson et de déguster un de ces fameux petits vins blancs... Tu sais... Le Savennières, par exemple... ou un Pouilly...

Mummy leva les yeux au plafond :

- Si tu commences à avancer ce genre d'arguments...

- Tu pourrais voir Léony... Et puis, tu sais, il arrive qu'il fasse beau sur Glasgow...

Maureen sourit à les entendre. Elle se demandait si les arguments de Mickaël seraient suffisants pour arracher, même pour quelques jours, Mummy à ses chères montagnes. Maintenant qu'elle avait découvert la région, et même si leur séjour était bien court, elle comprenait que cela pouvait lui être difficile.

En dessert, il leur avait préparé des poires au chocolat chaud, avec des petits morceaux de biscuits qu'il avait cassés dessus, sous forme de décoration. C'était plus léger qu'une tarte, mais tout aussi savoureux.

Mais Mummy ne les retint pas pour le thé et assura qu'elle allait s'occuper de la vaisselle et de débarrasser, pour qu'ils puissent prendre le temps d'être avec Jenn.

**

La jeune femme vivait toujours chez ses parents, de l'autre côté de Fort William, par rapport à chez Mummy, sur l'autre rive du canal calédonien, en prenant la route vers Glenfinnan. Avant d'y arriver, ils firent un petit arrêt près des écluses marquant le début du canal, du moins pour les bateaux qui remontaient vers Inverness. L'enfilade était jolie à voir et Maureen trouva charmante une des petites maisons situées sur la rive, une ancienne chaumière.

Puis Mickaël expliqua à Maureen :

- Jenn est une cousine éloignée, sa mère est très malade. Je ne sais pas si nous la verrons ou si elle est hospitalisée. Un moment, il était même question qu'elle se retrouve à Glasgow. Elle est atteinte d'une leucémie. Jenn est restée avec son père, pour s'en occuper le mieux possible.

- Ta grand-mère m'avait dit qu'ils étaient de votre famille, oui, fit Maureen, mais pas plus.

Quand ils arrivèrent, Jenn les accueillit avec un franc sourire. Ses cheveux blonds tiraient légèrement sur le roux, elle avait aussi de très beaux yeux bleus. Sa bouche, un peu grande, dévoilait des dents bien blanches. Très athlétique, elle était plus grande que Maureen. Son père, John, était là et les attendait pour prendre le thé avec eux.

- Helen se repose, Mickaël, dit-il. Elle est dans sa chambre, mais elle ne dormait pas il y a encore cinq minutes, si tu veux la saluer...

- Je veux bien, oui, dit le jeune homme.

Et John le guida jusqu'à la chambre de sa femme, pendant que Jenn invitait Maureen à prendre place dans le salon.

- Je suis contente que vous ayez pu venir, commença-t-elle. Cela fait plaisir à papa d'avoir de la visite. Il sort peu, il faut toujours qu'il y ait l'un d'entre nous à la maison, avec maman, en cas de besoin...

- Je comprends, dit Maureen doucement. Ce n'est pas facile...

- Là, en ce moment, elle est très fatiguée. C'est souvent ainsi quand le temps change. Elle a bien supporté l'hiver, mais les automnes et les printemps sont toujours délicats pour elle. Cela devrait aller mieux d'ici deux à trois semaines.

Maureen hocha la tête, ne sachant pas quoi ajouter. Elle accepta volontiers la tasse de thé que Jenn lui proposa.

- Tu vis à Glasgow, aussi ? demanda la jeune femme avec une simplicité et une franchise qui touchèrent Maureen sans la mettre dans l'embarras.

- Oui, répondit-elle. Je suis fleuriste. J'ai une petite boutique, pas loin de chez Mickaël.

- Tu n'es pas Ecossaise, dit d'emblée Jenn. Ou alors, tu as perdu ton accent...

- Je suis Irlandaise. Mais je vis maintenant à Glasgow et je m'y plais beaucoup.

- Et il y a Mickaël..., fit Jenn avec un petit sourire.

- Oui, répondit Maureen en souriant de même.

- Cela fait longtemps que vous vous connaissez ?

- Depuis le début du printemps.

Jenn émit un sifflement de surprise. Mais ne fit aucune remarque particulière. Elle demanda cependant :

- Tu connais William et Sam ?

- Oui, j'ai eu l'occasion de faire leur connaissance il y a peu.

- Ils vont bien ?

Derrière la question, somme toute banale, Maureen perçut une légère émotion. Pourtant, le visage de la jeune femme, face à elle, était toujours aussi calme et souriant.

- Oui, je pense, répondit-elle. Je ne les connais pas assez pour dire... Mickaël pourrait t'en dire plus.

Le jeune homme revint à ce moment-là, avec John. Maureen avait eu le temps d'apercevoir une lueur de tristesse dans ses yeux qui disparut bien vite alors qu'il prenait place à ses côtés sur le canapé et acceptait une tasse de thé.

- Vous vous êtes promenés quand même un peu ? demanda John en s'adossant dans son fauteuil.

- Oui, répondit Mickaël. Nous avons été jusqu'à Mallaig avec Mummy, en revenant par Salen.

- Elle a accepté de sortir ? s'étonna John. Elle cache bien son jeu, ta grand-mère. Je crois que tu finiras par la décider à aller vous voir à Glasgow.

- J'ai bon espoir..., répondit Mickaël en souriant. Il faut que j'arrive à combiner quelque chose avec Véra. Léony est un bon appât aussi...

- Ah, ça... Elle est fière de ses petits-enfants, mais sa Léony..., fit John avec un sourire.

- C'est normal, intervint Jenn. Une arrière-petite-fille, ça fait quelque chose...

- On est aussi allé voir Al, poursuivit Mickaël. Et à Kinlochleven, hier. On va rentrer par Glencoe et la route directe, nous étions arrivés par la côte et Oban. Mais nous pouvons nous permettre de partir en fin d'après-midi seulement. Il fait beau et je connais la route.

- Tu reprends le travail demain ? demanda Jenn.

- Non, j'ai toute la semaine, mais Maureen rouvre sa boutique demain. Et doit réceptionner des commandes. Alors, on rentre.

- Vous reviendrez peut-être cet été ? s'enquit John.

- On essayera...

Ils discutèrent encore un petit moment, Mickaël parla un peu de son travail, mais Maureen perçut qu'il évitait d'en dire trop. Jenn semblait bien connaître Sam et Willy, et Maureen se demanda pourquoi le jeune homme ne parlait pas d'eux. Elle recevrait la réponse peu après, car, en les raccompagnant au-dehors, après avoir salué John, Jenn demanda à Mickaël en le fixant droit dans les yeux :

- Comment va Sam, Micky ?

Il soutint son regard et répondit simplement :

- Il va bien. Il est à Aberdeen ces jours-ci.

Elle hocha la tête, sembla hésiter un instant, puis ajouta :

- Tu pourras toujours lui passer le bonjour...

- Je n'y manquerai pas, Jenn. Bon courage à vous. J'espère sincèrement que ça va aller pour ta mère...

Jenn ne répondit rien et se détourna, franchit les quelques pas qui la séparaient de la maison et s'arrêta sur le seuil, pour leur faire un dernier signe de la main. Maureen crut voir briller un peu d'eau à ses cils.

**

Ils rentrèrent directement chez Mummy, passèrent encore quelques heures avec la vieille dame, dans son jardin, au soleil. Puis vint l'heure de lui dire au revoir, en tentant une fois encore d'obtenir d'elle la promesse qu'elle se rende à Glasgow, dans les prochaines semaines. Elle ne s'engagea à rien, mais Maureen devina qu'elle était tentée. La jeune femme la remercia encore chaleureusement pour son accueil et pour le plaisir qu'elle avait eu à découvrir la région :

- Merci beaucoup, Mummy, pour votre accueil et pour ces quelques journées passées ici. Cela m'a vraiment plu.

- Ah, mais de rien, répondit Mummy. J'étais heureuse de faire ta connaissance et de vous recevoir tous les deux. Il faudra revenir cet été.

- On fera notre possible, Mummy, dit Mickaël en souriant. Mais n'oublie pas ! C'est agréable aussi de venir à Glasgow...

- Je verrai, je verrai... J'ai beaucoup à faire ici en ce moment. Si je ne veux pas que mon jardin ressemble à une forêt vierge...

- Il est très bien tenu ton jardin, et il supporterait sans dommages une absence d'une semaine, tu sais, renchérit Mickaël. Surtout si c'est pour une bonne cause qui s'appelle profiter de Léony et puis venir manger, au restaurant, un délicieux poisson préparé par ton petit-fils et accompagné d'un verre de Savennières...

- Sam serait là, il te demanderait : "Pourquoi un seul verre ?".

- Et il aurait raison ! Alors, je compte sur toi...

Mummy ne répondit rien, mais les poussa gentiment vers la cour. Ils remontèrent en voiture, Mickaël s'installant tout naturellement au volant. Certes, ils partaient, mais il avait encore un lieu magique à montrer à Maureen.

Ils saluèrent une dernière fois Mummy, se retournant encore pour lui faire signe avant le premier virage. Maureen vit disparaître avec tristesse les contreforts du Ben Nevis. Ils repartaient pour Glasgow. Elle songea à Jenn, dont elle avait fait la connaissance. Quelque chose avait étonné Maureen dans la manière dont elle lui avait parlé de Mickaël, de Sam et de Willy, mais elle n'en fit pas la remarque, pour l'heure, à son compagnon. Elle pensa aussi à Mummy, l'adorable grand-mère de Mickaël. Elle était simple et si facile à vivre ! Elle avait vraiment apprécié la vieille dame, sa gentillesse, sa discrétion aussi. Et elle comprenait mieux encore, maintenant qu'elle en avait fait la connaissance, combien Mickaël pouvait lui être attaché.

Ce dernier avait donc décidé de rentrer par la route directe, celle qui passait par la vallée de Glencoe. Il avait prévu ce trajet dès leur départ. Il voulait montrer la passe à Maureen en remontant de Fort William et non l'inverse. Il voulait garder un dernier lieu magnifique en souvenir pour ce premier séjour. La dernière fois qu'il était venu ici, c'était dans le courant de l'hiver, lors de la semaine de relâche après les fêtes. Mummy n'avait pas voulu faire le déplacement jusqu'à Glasgow à cette période et ses parents avaient passé Noël avec elle à Fort William, ainsi que Véra, Jimmy et Léony. Lui travaillant, il ne l'avait revue que la semaine suivante. C'était toujours ainsi désormais depuis qu'il avait été embauché. Les fêtes étaient une période chargée dans la restauration.

A cette date, la passe et les montagnes étaient couvertes de neige, mais il avait profité d'une belle matinée ensoleillée pour voyager. Le soleil faisait briller la neige. Il n'y avait quasiment personne et il avait profité de la vue tout son soûl, prenant son temps pour remonter la vallée.

Tout en conduisant, il jetait par moments de petits coups d'œil à Maureen, pour voir ses réactions face au paysage qui défilait. Ils étaient encore le long du Loch Linnhe quand il la vit sourire, amusée, presque riante.

- Qu'est-ce qui te fait sourire ainsi, ma douce ?

- Je repense au repas de ce midi et aussi à la façon dont tu essayes de "rouler" ta grand-mère... Je pense qu'elle n'est pas dupe de ton petit jeu ! répondit-elle.

- Elle ne l'est pas du tout, en effet, mais si je ne jouais pas ainsi, elle en serait profondément peinée et moi aussi. J'aime la bousculer un peu, et elle aime cela ! Ca la maintient en forme, et c'est bon pour son moral, répondit Mickaël.

- L'appâter avec du poisson et un verre de Savennières...

- Il faut la prendre par son péché mignon, que veux-tu ! rit-il.

- Tu crois qu'elle viendra à Glasgow ? Ca semble difficile de la décider à faire le voyage, fit Maureen.

- Je crois qu'on a de bonnes chances d'y parvenir, sourit-il. Il est une chose qu'il ne faut pas oublier avec ma grand-mère : elle est Normande, et les Normands ont la réputation d'avoir du mal à se décider... "P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non...", dit-il avec un drôle d'accent traînant qui la fit rire. Mais une fois qu'ils ont pris leur décision, plus rien ne les arrête !

- Ton repas était délicieux... Te l'ai-je dit, au moins ?

- Hum... si je compte bien, au moins trois fois ! Ca fait donc quatre, conclut-il avec un petit sourire en coin.

Il se tut quelques instants, le temps de changer de direction à un carrefour et il reprit :

- Maintenant, ouvre grands tes yeux...

- Plus encore que ces derniers jours ? demanda Maureen.

- Plus encore, oui. On s'arrêtera à plusieurs endroits, sois tranquille.

- Je n'en doute pas. Tu sais toujours t'arrêter là où il faut pour me faire admirer ces paysages...

Il prit la même route que pour aller à Kinlochleven, mais au lieu de s'engager le long des rives du Loch Leven, il passa tout de suite le pont, à son embouchure. Ils allaient suivre cette fois la rive gauche pour, très vite, entamer la montée vers Glencoe. La passe était un des endroits les plus sauvages et les plus beaux d'Ecosse, les plus tristement célèbres aussi. Mickaël s'arrêta à intervalles réguliers, pour faire admirer la vue et les paysages à Maureen. Il y avait peu de circulation et ils pouvaient s'arrêter aisément. Les lumières de cette fin de journée étaient particulièrement chaudes et éclairaient les montagnes alentours d'une aura un peu particulière, créant une ambiance à la fois belle et un rien mystérieuse. Mickaël raconta aussi, d'une voix émue, l'histoire du massacre du clan MacDonald dont les fantômes hantaient encore les lieux, sombres et désertiques.

En haut de la passe, il lui désigna une petite route partant vers la droite :

- C'est là que commence la vallée de Glen Etive, tu te souviens, à l'aller, nous avions longé un peu le Loch Etive, mais tout à fait à l'opposé. Quand on reviendra, on prendra le temps de s'y promener. On peut même faire une belle randonnée, juste dans la vallée. C'est long, mais pas difficile, on ne grimpe pas beaucoup.

- Oui, j'en serai curieuse, fit Maureen, heureuse déjà de tous ces projets qui germaient dans leurs esprits comme dans leurs cœurs, perspectives réjouissantes pour les prochaines vacances, atténuant ainsi quelque peu la tristesse de quitter un si beau pays.

Un dernier regard, avant de plonger de l'autre côté des Rannoch Moor, et le ciel leur offrit un dernier cadeau, avec une lumière rasante qui s'enfilait dans toute la vallée, la nimbant de douceur. En un peu plus de deux heures, ils rentrèrent à Glasgow. Maureen avait le sentiment qu'un moment rare s'achevait. Elle se sentait un peu triste de retrouver la ville, car elle devinait que les Highlands lui réservaient encore bien des beautés et des trésors.

"Oui", songea-t-elle et la joie de cette pensée effaça sa tristesse. "Oui, nous y retournerons... ensemble."

**

Ce fut chez la jeune femme qu'ils passèrent la nuit, pour que ce soit plus simple pour elle pour le lendemain matin. Etendu, face à elle, Mickaël la regardait avec tendresse :

- C'était bien, hein ?

Maureen lui sourit :

- Oui. Vraiment. Et cela donne envie d'y retourner... et d'aller plus loin. De rester plus longtemps, aussi.

- J'étais certain que tu serais conquise..., fit-il.

- Comme ta grand-mère ? s'amusa-t-elle.

- Hum, hum... Oui. Conquise par les Highlands !

- Et par un Ecossais...

- Aussi, répondit Mickaël. Je t'aime.

- Moi aussi, je t'aime, dit Maureen.

- Alors, laisse-moi te le prouver.

- Tu crois que tu ne me l'as pas assez prouvé ces derniers jours ? s'étonna-t-elle. Avec toutes ces merveilles que tu m'as fait découvrir...

- Je pensais un peu à autre chose, pour l'heure présente..., dit-il en plongeant son regard vert comme la vallée de Glencoe dans les yeux transparents comme le Loch Linnhe, et en laissant sa main remonter le long de sa hanche, puis se poser délicatement sur son sein.

Elle lui répondit par un frisson, d'émotion et de désir. Il n'attendit pas plus et laissa ses mains la parcourir, éveillant ses envies, provoquant ses soupirs, avant de l'emmener dans un aussi beau voyage que celui qu'ils venaient de faire.

Alors qu'il la tenait toujours étroitement serrée contre lui, blotti au fond de son ventre accueillant, dans sa chaleur, les jambes emmêlées à celles de la jeune femme, il l'entendit lui murmurer, comme un dernier secret :

- C'est avec toi que je découvre vraiment l'amour... et le plaisir.

Il resserra alors son étreinte, et s'endormit au creux de son corps, ne désirant rien de plus que rester là, et la garder à jamais.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Recommandations

Défi
Elea1006

" J'étais à l'entrée d'une ruelle. Tout était gris et bleuté. Ça sentait fort la friture et le poisson. Les panneaux étaient écrits en chinois, je ne comprenais rien. Il fallait que je traverse mais mes jambes étaient paralysées. Et puis je t'ai vu au fond du couloir, j'ai tendu les bras pour t'attraper mais tu as disparu.
C'est là que j'ai hurlé "Maman".
- C'est fini, ma chérie, c'était juste un cauchemar. "
7
6
1
0
Guillaume Conpte

Le blanc. Couleur de vertu, vertu du temps froid
Où tu couvres les monts, les cimes des arbres.
Que j'aime ces instants où ton luisant éclat
Apréhende le temps et te change en marbre.

C'est d'éternité que tu gèles les saisons
Comme le peintre au sommet de son art,
Et tu figes la faune et la flore, et tu pares
De ta longue trainée les boutiques et maisons.

Mais j'ai peur de ta faux, impitoyable amie,
Qui du corps des égarés ôte la chaleur
Et dans leur coeur transi y enfouit la terreur.

Le blanc. Couleur de vertu, vertu du temps froid
Où les corps s'endorment, où les âmes s'échappent,
Car c'est de marbre aussi que les défunts se drapent.
4
0
0
1

Vous aimez lire Pom&pomme ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0