Chapitre 34 : mercredi 4 mai 2005

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- Allo, Mummy !

- Ah, Mickaël ! Qu'est-ce que tu deviens ?

- Ca va bien, et toi ?

- Le printemps est là, maintenant. On est sorti de l'hiver. Ca va. Tu as de la chance de m'avoir, je passe beaucoup de temps au jardin.

- Je m'en doute... Ca pousse ?

Assis dans son canapé, le téléphone à l'oreille, les pieds nus posés sur la petite table devant lui, Mickaël sirotait un thé. Maureen était assise en face de lui, par terre, les jambes croisées. Elle ne comprenait pas grand-chose au début de la conversation, car Mickaël parlait en français avec sa grand-mère. Mais elle savait de quoi il allait s'agir : il allait s'arranger avec elle pour qu'ils puissent lui rendre une petite visite.

- J'étais contente de voir Véra, Jimmy et Léony, le week-end dernier, poursuivit la vieille dame. Qu'est-ce qu'elle a grandi, la pitchounette !

Mickaël souriait.

- Pourquoi n'es-tu pas venue pour son anniversaire ? Papa et maman auraient pu aller te chercher, je t'aurais ramenée le lundi...

- Oh, non, je ne fais plus de route, à mon âge...

- Ca veut dire que pour te voir, il faut que je bouge mes fesses jusqu'à Fort William, c'est bien ça ?

- Toi, tu as envie de venir...

- Pas que moi, Mummy, dit-il d'un ton soudain sérieux.

- Ah ?

- Oui, en effet, je viendrais bien te voir la semaine prochaine. C'est relâche pour moi, tu sais, comme d'habitude.

- Hum, fit simplement Mummy.

- Mais je ne viendrais pas pour toute la semaine, juste la moitié. Et pas tout seul.

- Ah !

- Ce serait l'occasion de te présenter Maureen..., dit-il en croisant le regard de la jeune femme. Mais j'ai besoin que tu me rendes un petit service.

- Lequel ?

A son ton, il devina qu'il l'intriguait.

- Papa, maman et Véra ne sont pas encore au courant. Tu seras la première à faire sa connaissance.

- Oh !

Il y eut un petit silence, puis la voix, malicieuse, de sa grand-mère résonna étrangement.

- Si tu crois que ta sœur ne se doute de rien... Mais promis, je garde ton petit secret ! J'imagine que vous arriverez le dimanche ? Tu travailles le samedi ?

- Oui, jusqu'au samedi soir. Dans la nuit. Et Maureen travaille le dimanche matin.

- Quelle hérésie... Ah, ce monde, il tourne bien bizarrement pour faire travailler les gens le dimanche !

- Je t'expliquerai.

- D'accord. Tu me rappelles avant votre venue ?

- Promis. Je te rappelle samedi midi. Je t'embrasse sur tes joues de pommes rouges !

- Moi aussi.

Et il raccrocha, sourit, glissa d'un geste rapide le téléphone dans sa poche, jeta un regard à sa montre. Il allait être temps pour lui de partir au travail.

- Je te rassure, Maureen. Ma grand-mère parle très bien anglais. Avec un accent un peu chantant qui surprend quand on n'y est pas habitué. Mais avec elle, j'ai l'habitude de parler français. Ne sois pas surprise si cela arrive... C'est un tel réflexe.

Maureen sourit. Depuis que Mickaël lui avait parlé de ce projet, elle ressentait une sorte d'impatience à partir. Non seulement pour faire la connaissance d'une personne qui comptait beaucoup pour Mickaël, et qui intriguait Maureen depuis qu'il avait commencé à lui en parler, soit dès leur première promenade ensemble, à Lanark, mais aussi pour découvrir des paysages sauvages et les lieux où il avait passé toutes ses vacances, enfant.

Mickaël se releva, termina son thé et ramena le tout dans la cuisine. Maureen se releva de même. Pour elle aussi, il était l'heure de partir et d'ouvrir sa boutique. Mickaël l'enlaça, l'embrassa longuement.

- Je te dépose ? proposa-t-il.

- Je vais aller à pied, fit-elle. Il a plu ce matin, et si je monte derrière toi à vélo, je vais me salir.

- Ok, alors, je t'accompagne jusqu'à la boutique. Si tu veux.

Elle lui sourit en retour. Oui, elle voulait bien. Comme tant d'autres choses qu'il proposait et qu'elle acceptait, car elle ne se sentait ni contrainte, ni brimée. Juste choyée, aimée et encouragée. Et qu'elle prenait vraiment goût à cet état de fait.

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