Chapitre 30 : vendredi 29 avril 2005

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Le crachin parsemait les carreaux de la chambre de Maureen de fines gouttelettes. Il faisait nuit. Pleine nuit. Elle ne dormait pas. Mickaël n'allait pas tarder à rentrer. Elle songeait à ce qui s'était passé la veille. A la demande de Mickaël, à ses désirs. A ce dont elle, aussi, avait envie. Et à ses peurs, si violentes et terribles. Elles avaient gagné. Les mauvais souvenirs aussi.

Et Brian également.

Elle en ressentait un mélange de colère et de tristesse. Elle avait le sentiment de reculer, de ne plus avancer. D'être un peu perdue, entre ce passé et ce présent. Entre les sentiments de Mickaël, dont elle pouvait être certaine, et les siens qu'elle ne parvenait pas encore à bien cerner, à bien définir.

Elle repensa à ce que Lawra lui avait dit. Qu'un jour, elle pourrait tout naturellement exprimer ce qu'elle ressentait pour lui. "J'espère que je ne lui fais pas de peine à ne pas lui avoir répondu..." Comment expliquer ? Il allait bien falloir s'y résoudre... un jour, lui raconter. N'était-il pas aussi digne de confiance que Lawra ? Pourquoi ne pourrait-elle pas se confier à lui ? Ne serait-ce pas la preuve d'amour dont parlait son amie que d'évoquer aussi avec Mickaël ces moments difficiles ? Croyait-elle qu'il la rejetterait à cause de cela ?

Elle crut discerner un léger bruit au-dehors, sourit lorsqu'elle entendit, quelques instants plus tard, le grincement de la porte, en bas. Mickaël avait proposé de mettre un peu d'huile, pour qu'elle fasse moins de bruit, il s'en occuperait sans doute dimanche. Parfois, ce léger bruit la réveillait, parfois non. Elle ne bougea pas, oubliant ses réflexions. Renvoyant le passé là où il devait rester. Pour se concentrer sur le présent. La porte du couloir se refermant, Mickaël accrochant son blouson au mur, avant d'entrer dans la cuisine, d'y déposer quelque chose, puis de gagner la salle de bain. Le glou-glou de l'eau dans la canalisation, impossible à atténuer.

Et quelques pas.

Un glissement.

Un frôlement.

Il était là.

**

Il était là.

Il était rentré. Elle ne dormait pas. La faible lueur des réverbères lui révélait les contours de son corps, son visage tourné vers lui. S'il ne pouvait distinguer la couleur de ses yeux à cet instant, il y lisait la joie de le revoir.

Première caresse, du bout des doigts, sur sa tempe, sa joue.

Premier baiser en effleurant simplement ses lèvres, pour en retrouver le soyeux.

Premier battement du cœur, plus rapide.

Et la rondeur de son sein, sa petite pointe, déjà dressée dans sa paume.

"Mon amour", pensa-t-il, "mon cher amour..."

- Je t'ai réveillée ? souffla-t-il.

- Non..., répondit Maureen. Je ne dormais pas. Je veux dire, cela doit faire une demi-heure environ que je suis réveillée. Il pleut ?

- Petit crachin. Ca a été ton après-midi ?

- Oui. Et toi ?

- A fond. Mais bien. Je t'ai ramené quelques trucs pour demain midi, tu verras. A réchauffer à feu doux.

- Merci, sourit Maureen.

La main du jeune homme descendit, frôlant son ventre. Encore marqué par la fraîcheur de la nuit, la chaleur de Maureen l'attirait. Il l'embrassa, elle se tendit vers lui. Sous sa main, son téton durcit. Il vint se blottir contre elle, retrouvant sa douceur avec bonheur.

- Maureen..., murmura-t-il à son oreille.

- Oui ?

- Faut pas te sentir obligée de te réveiller en pleine nuit quand j'arrive..., fit-il en l'embrassant dans le cou.

Elle sourit :

- Je ne m'oblige pas à me réveiller...

Puis elle s'appuya sur son coude, se mettant un peu de côté, face à Mickaël :

- Je te signale que, souvent, c'est toi qui me réveilles... Mais j'aime bien cela !

- Ah oui ? demanda-t-il alors que sa main caressait doucement son sein, effleurant l'aréole.

- Oui..., soupira-t-elle sans pouvoir dire un mot de plus car il venait de s'emparer de ses lèvres.

Puis, après l'avoir longuement embrassée, Mickaël reprit, le souffle déjà un peu plus court :

- Tu aimes vraiment... que je te réveille comme cela ? fit-il alors que sa main descendait le long de son dos. Ou... peut-être... plutôt ainsi ?

Et là, il reprit ses baisers sur sa poitrine, s'amusa à faire durcir ses tétons alors que sa main s'était arrêtée dans le bas de son dos et que ses doigts effleuraient ce petit coin si sensible.

Dès qu'il l'eut trouvé, il sut ce qu'elle allait répondre. Car avant même qu'elle puisse parler, son corps l'avait fait pour elle, se collant à lui.

- Oui... Oui, j'aime vraiment... cela, lui murmura-t-elle à l'oreille en déposant à son tour des petits baisers dans son cou.

Il l'embrassa alors profondément, la faisant basculer à nouveau sur le dos pour s'étendre sur elle et venir en elle, d'une lente poussée. Quand il rompit leur baiser, elle lui répondit par une longue plainte. Il laissa son visage juste au-dessus du sien, pour butiner ses lèvres, ses sourcils, son menton. Il en oublia la fraîche humidité de la nuit, maintenant blotti au creux de sa chaleur. Puis il la fit partir, en une longue étreinte.

Et quand, reprenant son souffle, il constata qu'elle s'était rendormie, il n'osa pas bouger, resta en elle.

"Je t'aime, Maureen. Je t'aime. Je le sais. Ce ne sont pas des paroles en l'air. Mes aveux étaient sincères. Toi... Je suis presque certain que toi aussi. Comment pourrait-il en être autrement ? Il y a une telle entente entre nous... Je n'ai jamais connu cela... Je n'en ai eu qu'un aperçu, avec Ann-Aël. Mais toi... Toi, c'est encore plus fort... Plus intense. Plus puissant."

"Et tellement plus harmonieux..."

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