Chapitre 20 : vendredi 1er avril 2005

13 minutes de lecture

Il restait, maintenant.

Ce matin, il s'était levé en même temps qu'elle, ils avaient déjeuné ensemble, puis elle avait ouvert sa boutique et il était reparti. Mais ne s'était pas absenté longtemps et il lui avait fait la surprise de repasser en fin de matinée, apportant quelques provisions et notamment des sachets de thé.

- Tu es chargé ! fit-elle en lui tenant la porte du magasin pour qu'il puisse entrer.

- Je suis passé aux halles. J'avais besoin de refaire quelques courses pour moi, et je t'ai pris... Alors, des fruits, des légumes, un sac de lentilles, du poisson et...

- Tout ça ? s'exclama-t-elle en retenant difficilement un rire.

- Ah mais, ce n'est pas tout... Je t'ai acheté du thé aussi. Bon, j'ai fait vite. Quand je vais chercher du thé, d'habitude, j'y passe toujours au moins une heure... Là, je n'avais pas le temps. Tu as du monde ?

- La matinée est calme, mais j'ai eu une commande.

- Je peux monter tout ça là-haut ?

- Oui, bien sûr.

Et ils sortirent par la cour, Maureen lui ouvrit la porte sur l'arrière et Mickaël grimpa rapidement l'escalier. Arrivé sur le palier et alors qu'elle n'avait pas encore refermé la porte, il lui cria :

- Je peux te préparer un repas pour ce midi, si tu veux !

- Il me semble bien que tu as pris tout ce qu'il fallait, non ?

- Moque-toi..., répondit-il, goguenard. Alors, t'es d'accord ?

- A une condition... Que cela ne te donne pas trop de travail. Mais oui, je suis d'accord.

Et elle retourna à sa boutique, le cœur léger. Elle reprit la réalisation de petites compositions, laissant de côté encore quelques fleurs abîmées qu'il pourrait utiliser. Elle lui préparait d'ailleurs un petit bouquet pour le restaurant. Elle l'entendait qui s'activait à l'étage, dans la cuisine, juste au-dessus du magasin. Elle se sentait heureuse, légère. Et se surprit à sourire souvent, tout en composant ses bouquets. Les fleurs lui paraissaient plus belles, les couleurs plus éclatantes, les parfums plus prononcés.

Elle ferma à midi et demi, puis le rejoignit. La table était dressée, la cuisine embaumait. Elle se demandait bien ce qu'il avait préparé.

- Ca va ? demanda-t-elle. Tu t'en sors ?

- J'ai ouvert tous tes placards, mais j'ai trouvé ce qu'il me fallait. Bon, faudra juste que j'aiguise tes couteaux, parce que là...

Il fit la grimace et Maureen éclata de rire. Il lui sourit en retour et s'approcha d'elle, l'enlaça. Puis il plongea son visage dans son cou, la surprenant un peu. Mais, bien vite, elle noua ses bras autour de sa nuque et il ferma les yeux de bonheur. Le bonheur de la sentir, là, entre ses bras. De la tenir, là, tout contre lui. Hum, que cela faisait du bien... Il déposa un premier baiser dans son cou, puis remonta lentement vers son oreille, longea sa mâchoire avant de venir prendre ses lèvres.

Soyeuses.

Il fit durer ce baiser, Maureen l'appréciant tout autant que lui, répondant à la caresse de sa langue par une caresse en retour. Il adorait l'embrasser. Déjà, oui, il adorait cela.

Un léger chuintement interrompit leur étreinte et Mickaël écarta un peu son visage, tenant cependant toujours Maureen dans ses bras. Elle avait les yeux brillants, comme des petits éclats de lumière, de soleil, qui faisaient briller l'eau des lochs. "Elle a vraiment des yeux en harmonie avec mon pays", songea-t-il avec bonheur. "Même pour une Irlandaise... Mais quand même, bordel, c'est gris-bleu ou bleu-gris ?" Son interrogation le fit sourire, mais il dit :

- Bon, ça va être prêt...

- Cela sent bon, en tout cas. Tu as préparé quoi ? fit-elle.

- Du poisson. J'adore cuisiner le poisson. Sam, mon ami, lui, préfère préparer la viande. Et il a beaucoup d'imagination pour les plats carnés. Il aime notamment marier la viande avec des épices différentes.

- Il arrive à te surprendre ?

- Souvent, oui. C'est assez génial de pouvoir travailler avec lui.

Maureen hocha la tête. Mickaël ne lui avait pas encore beaucoup parlé de ses amis - tout juste avait-il mentionné Sam. Mais si les deux jeunes gens étaient aussi proches et liés qu'elle et Lawra, elle pouvait comprendre son plaisir à travailler avec lui.

- Tiens, voilà pour l'entrée.

Il sortit à ce moment-là un grand plat du four. Elle ouvrit de grands yeux et songea qu'il se moquait d'elle en disant avoir réalisé là une entrée...

- Tout ça ?!

- Oui, je t'ai préparé une quiche. C'est un plat français. A l'origine, cela se prépare avec du jambon, du lard, des œufs, du lait ou de la crème. Moi, j'ai changé les ingrédients, mais le principe reste le même. Et cela te fera des restes pour ce soir.

Il lui coupa une part, se servit aussi.

- Laisse-moi deviner ce que tu as mis dedans, dit Maureen.

Et Mickaël lui sourit en retour, amusé qu'elle prenne autant plaisir à ce jeu de devinettes. Elle était la première, avec Ann-Aël, avec laquelle il pouvait faire cela, la première qui aimait autant cela. Mais avec la différence profonde que Maureen n'avait pas la connaissance aussi poussée des aliments, des ingrédients, que l'avait Ann-Aël. "Je me demande ce qu'elle penserait de Maureen. Faudrait que je prenne de ses nouvelles, un de ces quatre..." Il était resté en contact avec elle, même après leur rupture et la fin de leurs études. Il se souvenait que leur entente, d'amicale était devenue amoureuse, pour redevenir amicale. Cela avait surpris leurs camarades, mais lui trouvait cela assez logique. Il n'aurait pas aimé se disputer avec elle, et elle non plus. Elle avait été sa première petite amie "sérieuse", la première avec laquelle il ait couché. Il avait découvert les plaisirs de l'amour avec elle. Et cela allait de soi, avec leur passion pour la cuisine. Il la savait installée dans le sud-ouest de la France, elle avait un compagnon et, aux dernières nouvelles, ils songeaient à avoir un enfant. Mais elle voulait encore faire une saison complète avant de se lancer dans cette aventure, sachant qu'il lui faudrait revoir toute son organisation, tout son rythme de vie. La dernière fois qu'il l'avait appelée, c'était au début de l'automne, peu après sa reprise. Il lui avait annoncé que c'était terminé entre lui et Betty, ce qui l'avait désolée. Mais que moralement, ça allait pour lui. Néanmoins, il avait reçu, une dizaine de jours plus tard, un colis contenant un pot de foie gras, des gésiers de canard confits et deux bouteilles de vin. Un rouge de Cahors et un blanc du Languedoc. Il ne connaissait pas les viticulteurs, mais il ne douta pas un seul instant que le vin devait être très bon. Et un petit mot accompagnait le tout : "Si t'as le cafard, fais-toi un bon repas avec tout ça. Invite tes copains, ça te remontera le moral ! Bises. AA"

Ce souvenir était plaisant, mais il revint bien vite à Maureen, concentrée. Elle regardait d'abord son assiette, humant les parfums qui s'en dégageaient.

- Bon, tu as fait une omelette. Ca, c'est facile. Les légumes, ce sont des épinards, à ce que je vois. Et des lardons, c'est ça ?

- Oui, pour les ingrédients principaux. Je t'épargne le fait que j'ai fait la pâte à tarte, bien entendu.

- Bien entendu...

Maureen se doutait qu'il n'avait pas acheté une pâte "toute faite", un de ces rouleaux sous plastique. Il y avait des choses qui coulaient de source, avec Mickaël.

- Maintenant, je me doute bien qu'il y autre chose, mais je vais devoir goûter.

- Vas-y. Méfie-toi, c'est bien chaud.

Elle prit une première bouchée, savoura tout en réfléchissant.

- Hum, alors... C'est un peu salé, mais ça peut provenir des lardons. Néanmoins... Une pointe de fromage ?

- Oui, un peu de fromage râpé, dans l'omelette, confirma Mickaël. Ensuite ?

- Un peu de poivre ?

- Oui, mais pas seulement.

- Combien me reste-t-il d'ingrédients à découvrir ?

- Deux.

- Alors... Hum, je pense qu'il y a une autre épice... De la muscade ?

- Oui. Je t'avoue que j'avais pas grand-chose sous la main, j'ai fait avec ce que j'ai trouvé dans tes placards. A la maison, j'aurais fait un autre choix. Mais je reconnais que j'aime bien la muscade.

- Mais il me manque un ingrédient, alors... Je ne vois pas... Tu me donnes un indice ?

- Tu crois que tu en as besoin ?

Elle réfléchit, prit une autre bouchée, puis secoua la tête :

- Non, je ne trouve pas. J'abandonne.

- De la crème. Dans l'omelette. La crème, l'ingrédient magique. Ca fait tout.

Elle lui sourit, amusée de son expression enthousiaste. Il poursuivit :

- Oui, c'est l'ingrédient magique de ma grand-mère. Un qu'elle a toujours utilisé et qui lui vient de son enfance, de la Normandie.

- Ainsi, il y a toujours un petit peu de la France dans tes plats ? demanda Maureen avec intérêt.

- C'est très juste, oui, répondit Mickaël.

Et il apprécia vraiment sa remarque. Ils commencèrent leur repas ; après l'entrée, Mickaël lui servit un morceau de lieu jaune qu'il avait cuit au court-bouillon, avec des petites pommes de terre à l'eau, arrosées d'une sauce au beurre et à la ciboulette, avec un jus de citron.

- En dessert, s'excusa-t-il, j'ai juste acheté des fruits. Je savais que je n'allais pas avoir le temps de préparer quelque chose.

- C'était déjà plantureux ! dit Maureen. Je ne voulais pas que tu te prennes la tête.

- Je ne me suis pas pris la tête. Cela m'a fait plaisir de cuisiner pour toi, aussi. Même si c'était un peu de l'improvisation.

- C'est très gentil, en tout cas. Et j'ai largement de quoi manger ce soir et demain, avec les restes de la quiche !

Ils prirent tous deux une pomme, puis Mickaël prépara un thé.

- Je t'ai acheté Subtil, Lumineux puisque tu l'as bien aimé, et Corsé, pour le matin. Subtil, c'est celui-ci. Il est très agréable après le repas du midi. Sinon, ce soir, je vais finir tard. Plus tard que dans la semaine. Une grosse soirée nous attend, avec les membres de l'équipe de football qui ont réservé quasiment toutes les tables. On ne fera qu'un seul service pour eux, mais ça va durer longtemps. Et, de toute façon, on aura deux services pour les autres tables.

- Pas de soucis, dit Maureen avec simplicité. Tu veux dormir chez toi ? C'est comme tu veux...

- Je préfère dormir avec toi, sourit-il en retour, mais je ne voudrais pas te réveiller...

Elle hésita à peine, puis proposa :

- Je peux laisser la porte sur la cour, derrière, non verrouillée. La porte est plus large que celle de devant et s'il pleut, ce sera plus facile pour mettre ton vélo à l'abri. Je ne fermerai pas à l'étage.

- Ok, fit-il simplement.

Un nouveau pas venait de se faire. Un nouveau "oui" dans l'esprit de Maureen. Une nouvelle marque de confiance pour Mickaël.

**

Comme il l'avait prévu, la soirée fut chargée pour toute l'équipe. Et le lendemain, ce serait un samedi semblable aux autres, avec de nombreux repas de famille ou entre amis. Cette fin de semaine s'annonçait donc bien remplie, comme c'était souvent le cas en cette saison. Ils ne lèveraient vraiment le pied que pour la semaine de coupure de Springbank, puis pour les vacances d'été. Mais Mickaël aimait travailler à ce rythme.

Si Harris, le patron, avait été comme à son habitude ce jour-là à la criée, il n'avait pas ramené grand chose : ce soir, les convives mangeraient essentiellement de la viande. Il avait donc prévu en quantité. En cuisine, on s'affairait. On sentait qu'il y avait du monde à dîner, tout le monde s'activait, et Sam était le seul à causer. Mickaël était concentré, ne répondant qu'aux demandes et injonctions liées à la préparation des commandes. Il veillait aussi, au mieux, à ce que faisait Jonathan.

Il était près de minuit lorsque Sam l'apostropha :

- Chef ! Pause !

Il leva les yeux vers l'horloge et constata : "Bon sang, bientôt minuit... On n'est pas couché..."

- Il n'y a plus que les footeux, dit encore Sam. Harris va s'en charger. Ils seront bientôt rendus aux digestifs... Dan, ce sera ton tour pour le balai ! Et n'oublie pas les petites poussières dans les coins... Tony ! Qu'est-ce que c'est que cette vaisselle ? T'appelles ça "laver" ? J'espère que tu te laves mieux que ça, sinon, je plains ta copine... Elle pourrait attraper des maladies !

Mickaël se saisit d'une bouteille de vin blanc que des clients n'avaient pas terminée et que Julia venait de ramener. Elle sourit en entendant la dernière saillie de Sam : c'était elle, la copine de Tony. Elle allait pour le moucher, mais Mickaël fut plus rapide qu'elle :

- Allez, Sam ! Tu voulais une pause ? Viens par-là, et laisse les gars bosser.

Il était temps de sortir. Sam avait vraiment besoin d'une cigarette. Mickaël avait emporté également deux verres, il les posa sur le rebord de la petite fenêtre du vestiaire et les remplit, en tendit un à Sam.

- Tiens, goûte ça avant de fumer.

- Trop tard..., répliqua Sam, j'ai tiré ma première taf'.

- Tant pis pour toi...

Mickaël huma le vin, ferma les yeux, puis le goûta, laissa le doux liquide tourner dans sa bouche.

- Hum... Ils avaient sacrément bon goût les clients de la 8, ce soir.

- Tout en poissons, fit remarquer Sam.

- Oui. Et ce vin... divin.

- C'est quoi, exactement ? demanda le grand jeune homme maigre d'un ton vivement intéressé.

- Un blanc sec de Loire. Mais légèrement fruité, comme seuls les secs de Loire peuvent l'être. Un nectar.

- On se termine la bouteille ?

- Je ne sais pas si tu mérites..., fit Mickaël avec un sourire.

Mais il resservit son ami et versa les dernières gouttes dans son propre verre. Une cigarette dans une main, un verre dans l'autre, Sam s'avança de quelques pas vers la rue. Puis il se retourna et lança :

- Alors, ta poule, ça va toujours ?

- C'est pas une poule, Sam, répondit Mickaël avec sérieux.

- T'es mordu, toi, fit son ami.

- Ca se pourrait..., dit-il d'un ton rêveur.

- Sérieux ?

- Ca se pourrait.

Et il reprit une gorgée de vin en songeant qu'il faudrait qu'il retourne en France, reprenne contact avec quelques viticulteurs. Et que ce serait bien si Maureen pouvait venir avec lui. Mais avant, il voulait l'emmener voir les Highlands. Et Glencoe.

- Bon, fit Sam, interrompant ses rêveries. T'es pas franchement prolixe à son sujet... A part m'avoir dit qu'elle avait les cheveux châtain... Elle est bien en chair, au moins ?

- Sam..., fit Mickaël d'un air profondément désolé en levant les yeux au ciel.

- Ok, ok, bon, je retire ma question, mais j'espère que tu répondras à la suivante : elle s'appelle comment ? Elle est grande, petite ? Par rapport à toi, je veux dire... Et ses yeux, hum ? Et tu nous la présentes quand ? J'te préviens, j'en ai touché deux mots à Willy. Je lui ai dit que mon chef cuistot en pinçait pour une donzelle et qu'il était aux abonnés absents les jours de relâche.

- Cela a dû intéresser vivement Willy, fit Mickaël, amusé par le bavardage de Sam.

- Oui, parce que, figure-toi, il commençait à se poser des questions lui aussi, car il ne te voyait plus.

- C'est comme ça.

- Tu parles d'une réponse ! Alors, son prénom ?

- Mickaël !

La voix d'Harris venait de retentir, interrompant la discussion entre les deux jeunes gens et sauvant Mickaël d'un interrogatoire en règle comme seul Sam savait les mener.

- Oui, patron ?

- Tu es demandé en salle...

- J'arrive.

Il reprit son verre, le vida et ramena le tout dans la cuisine. Sam resta seul dans la cour, à terminer sa cigarette. Sans avoir obtenu la moindre réponse aux questions qu'il se posait.

**

Il était près de deux heures du matin quand Mickaël ouvrit la porte de la cour, derrière la boutique de Maureen. Comme ils en avaient convenu à midi, elle ne l'avait pas verrouillée. Il posa son vélo contre le mur, en bas de l'escalier. Il referma soigneusement derrière lui et monta d'un pas souple. La nuit serait courte, demain, enfin, plutôt dans quelques heures, il lui faudrait repartir tôt, pour la criée. "Vivement dimanche...", songea-t-il en poussant la porte.

Il y entra, l'appartement était plongé dans la pénombre. Il se déshabilla dans la salle de bain pour ne pas la réveiller. Quand il gagna la chambre, il constata qu'elle dormait profondément, allongée sur le flanc, lui tournant le dos. Il sourit, heureux de la retrouver, même si ce n'était que pour quelques heures, même si elle ne se réveillait pas, même s'ils allaient simplement dormir l'un près de l'autre. Depuis quand n'avait-il pas dormi sereinement avec une femme à ses côtés ? Les quelques aventures qu'il avait eues au cours de l'hiver ne lui avaient pas fait connaître ce genre de moments. De toute façon, ce n'était pas cela qu'il recherchait non plus. Quant à Betty... A bien y repenser, elle lui avait rarement offert des nuits sereines. Soit c'était très passionnel, soit c'étaient des prises de tête...

Il s'allongea, cala l'oreiller sous sa tête. Gardant les yeux ouverts, il contemplait la silhouette endormie à ses côtés, les cheveux formant une masse plus sombre sur les draps. Elle avait passé son bras droit par-dessus la couverture. Sa peau, claire, l'attirait comme un aimant. Il mourait d'envie de la caresser, de déposer juste un baiser sur son épaule, pour goûter sa peau, ressentir un peu plus nettement les parfums de son corps qui parvenaient à ses narines. Mais il ne voulait pas la réveiller : pour elle aussi, les fins de semaine étaient chargées et, les nuits précédentes, elle s'était réveillée à chaque fois qu'il revenait, pour lui ouvrir la porte. Elle avait besoin de repos, elle aussi.

Il ferma les yeux, cherchant le sommeil. Il n'avait pas tardé à rentrer, mais il ressentait encore un peu de la tension de la soirée. Chez lui, il se serait pris une douche et un thé, voire aurait regardé un moment le ciel, par la fenêtre ouverte de la cuisine, accoudé à la rambarde. Mais là, il n'avait pas voulu faire de bruit. Il sentit soudain un frôlement près de lui. Maureen se tournait et vint se blottir contre lui. Etonné, il rouvrit les yeux, mais constata simplement qu'elle était toujours endormie, sa respiration n'avait pas varié et était toujours aussi régulière. Il sourit, passa le bras par-dessus ses épaules et la garda ainsi, tout contre lui.

Au petit matin, ce fut elle qui le réveilla, en bougeant à nouveau, étirant ses jambes le long de celles du jeune homme. Encore l'un comme l'autre dans un demi-sommeil, leurs corps se cherchèrent et se trouvèrent, heureux de commencer la journée par une nouvelle étreinte.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Recommandations

Défi
Elea1006

" J'étais à l'entrée d'une ruelle. Tout était gris et bleuté. Ça sentait fort la friture et le poisson. Les panneaux étaient écrits en chinois, je ne comprenais rien. Il fallait que je traverse mais mes jambes étaient paralysées. Et puis je t'ai vu au fond du couloir, j'ai tendu les bras pour t'attraper mais tu as disparu.
C'est là que j'ai hurlé "Maman".
- C'est fini, ma chérie, c'était juste un cauchemar. "
7
6
1
0
Guillaume Conpte

Le blanc. Couleur de vertu, vertu du temps froid
Où tu couvres les monts, les cimes des arbres.
Que j'aime ces instants où ton luisant éclat
Apréhende le temps et te change en marbre.

C'est d'éternité que tu gèles les saisons
Comme le peintre au sommet de son art,
Et tu figes la faune et la flore, et tu pares
De ta longue trainée les boutiques et maisons.

Mais j'ai peur de ta faux, impitoyable amie,
Qui du corps des égarés ôte la chaleur
Et dans leur coeur transi y enfouit la terreur.

Le blanc. Couleur de vertu, vertu du temps froid
Où les corps s'endorment, où les âmes s'échappent,
Car c'est de marbre aussi que les défunts se drapent.
4
0
0
1

Vous aimez lire Pom&pomme ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0