Chapitre 17 : dimanche 27 mars 2005

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Ce dimanche, Maureen put fermer sa boutique assez tôt. Elle prit son repas et se promit de faire ses comptes dès qu'elle en aurait terminé. Mickaël était rentré dormir chez lui cette nuit, pour pouvoir profiter de sa matinée pour se reposer. Il l'avait prévenue : ses fins de semaine étaient chargées, il lui fallait du repos, au moins le dimanche matin. C'était un moment presque "sacré" pour lui, dans sa semaine. Ils avaient convenu qu'il la rejoindrait quand il serait levé et qu'il aurait déjeuné. Elle n'avait pas vraiment idée de l'heure à laquelle il arriverait et elle estimait avoir un peu de temps pour elle.

Elle était en train de faire sa vaisselle quand elle entendit frapper à la porte. Elle se pencha un peu vers la fenêtre, le vit qui attendait. "Déjà là !", songea-t-elle. "Tant pis pour les comptes, je les ferai ce soir..."

Elle descendit lui ouvrir. Il lui parut bien reposé.

- Ca va ? demanda-t-il après l'avoir embrassée.

- Oui, et toi ?

- Bien.

- J'étais en train de faire la vaisselle.

- Oh ! Saine occupation, sourit-il.

Elle l'invita à monter et ils gagnèrent l'appartement. Elle lui proposa un thé, le temps qu'elle termine vaisselle et rangement.

- Je n'ai pas d'Envoûtant. Ni d'autres variétés... Juste un Earl Grey tout simple et un autre thé, un peu plus léger...

Mickaël prit les deux boîtes qu'elle lui proposait, les ouvrit, les sentit.

- Hum... On va prendre le léger. J'ai pris un Corsé pour mon petit déjeuner...

Tout en surveillant la bouilloire qui n'était pas trafiquée comme la sienne, puis en préparant l'infusion, il se dit qu'il irait faire un tour pour elle au Palais des thés, pour lui apporter quelques-uns de ses mélanges. De toute façon, il allait devoir prochainement rendre une petite visite à Daisy et Mark, sa mère lui ayant rappelé que certaines de ses réserves étaient presque épuisées.

Il servit deux tasses. Maureen était en train de rincer un plat. Puis elle saisit un torchon et commença à essuyer une assiette. Il se glissa derrière elle, l'enlaça. Il ferma les yeux un bref instant pour savourer son parfum et l'embrassa dans le cou, juste sous son oreille.

- Tu sais...

- Hum ? fit Maureen.

- On pourrait la finir plus tard...

- Ah oui ?

- Oui, dit-il en la tournant vers lui alors qu'elle venait de déposer l'assiette sur le plan de travail et qu'il ne voulait pas lui laisser le temps de saisir un autre élément sur l'égouttoir. Oui, ça peut attendre... Là...

Il appuya son front contre celui de la jeune femme, plongea son regard dans les yeux gris-bleus. Non, là, ils étaient bleus-gris. Oui, il y avait plus de bleu que de gris à cet instant et cela le toucha profondément.

- Oui... Là... J'ai envie de toi.

Les yeux de Maureen s'écarquillèrent légèrement, un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle lâcha son torchon sans se soucier de l'endroit où il allait tomber et noua ses bras autour du cou de Mickaël. Ils s'embrassèrent longuement. Les mains du jeune homme remontèrent dans son dos, les siennes soulevèrent son pull, cherchant ses épaules à travers le tissu de son t-shirt.

- Tu viens... ? souffla-t-il contre ses lèvres en l'entraînant déjà vers le couloir.

Il reçut un autre sourire pour toute réponse, mais, déjà, la porte de la chambre se refermait derrière eux.

**

Alors qu'il jouait avec une mèche des cheveux de Maureen, les nuages se déchirèrent et un franc soleil inonda la pièce. Mickaël se redressa un peu, regarda par la fenêtre.

- Je crois qu'on va avoir un bel après-midi. Tu veux qu'on aille se promener ?

- Oui, soupira-t-elle. C'est une belle idée. J'aimerais bien retourner à Kelvingrove. Cela fait un moment que je n'y suis pas allée ; la dernière fois, il n'y avait pas beaucoup de fleurs et les arbres ne bourgeonnaient pas. Là, je pense qu'on pourrait déjà voir l'avancée du printemps, non ?

- Je pense aussi. Allons-y !

Quelques minutes plus tard, ils étaient dans la rue et descendirent en direction des quais. Mais ils obliquèrent avant la Clyde pour prendre une longue avenue qui les mena tout droit jusqu'au parc. Main dans la main, ils arpentèrent les allées. Les feuilles pointaient aux branches des arbres, timides pousses d'un vert tendre. Mais les parterres étaient déjà bien fleuris.

Mickaël se montra curieux des connaissances de Maureen en botanique, mais il se sentit réellement admiratif quand ils entrèrent dans les serres. Il connaissait l'endroit, y était venu de temps en temps, le dimanche, avec ses parents quand il était enfant. La dernière fois qu'il y était entré, c'était à l'automne, avec sa mère et Léony. Le lieu avait quelque chose d'enchanteur, les projetant d'emblée dans un autre monde, un autre pays. Les plantes y étaient luxuriantes, comme dans une jungle en miniature. Dans la partie réservée aux fleurs, Maureen attira son attention vers des orchidées aux fleurs et formes variées, vers de magnifiques hibiscus.

- Tu n'en as pas dans ta boutique, fit-il remarquer. Pourtant, certaines pourraient tenir, même dans un appartement.

- Oui, mais ce sont des plantes qui coûtent assez cher. Je n'ai pas eu de demande particulière et je pense que je serais obligée de les vendre à un prix trop élevé pour ma clientèle. Je préfère proposer des plantes vertes plus simples, mais que je vends quand même assez bien. Mais, pour cet été, j'envisage de varier un peu, de proposer des plantes "de saison", comme des lavandes. Là, j'ai commandé quelques bruyères en fleurs. C'est un essai. Je verrai si cela plaît et, dans ce cas, je continuerai jusqu'à l'automne.

Mickaël hocha la tête. Il comprenait cette nécessité de "coller" aux goûts et aux moyens de la clientèle. Au restaurant, ils faisaient un peu pareil, même si leurs clients avaient des moyens supérieurs à ceux de Maureen. Mais il ne lui viendrait pas à l'idée de proposer des plats avec des produits "hors saison", que ce soit pour les accompagnements, les entrées ou les desserts. Tony, le pâtissier, était pour cela du même avis que lui. Hormis les desserts à la pomme qu'ils pouvaient proposer quasiment toute l'année, ceux aux fruits rouges ne figuraient à la carte qu'en été, ceux aux poires, à l'automne et au début de l'hiver, ceux aux agrumes en hiver, etc...

Quand ils quittèrent le parc, la soirée s'annonçait déjà. Le ciel se couvrait à nouveau, mais on voyait encore de la clarté. Les lumières étaient douces et belles. Mickaël songea à ce que cela aurait pu donner s'ils s'étaient trouvés à Fort William et non à Glasgow. Il n'avait pas envie de cuisiner, ni que Maureen prépare quelque chose, aussi proposa-t-il qu'ils se rendent au pub situé au bout de la rue de la jeune femme. Elle accepta volontiers, se souvenant de l'envie qu'elle avait ressentie de s'y rendre avec lui, déjà, la semaine passée. Ce soir-là avant que tout bascule.

En la voyant entrer avec un jeune homme, le patron lui sourit. Maureen vit bien, à son regard, qu'il était content qu'elle ne vienne pas seule. Et que, manifestement, le jeune homme en question était plus qu'un simple ami. Ils passèrent commande d'une soupe et d'une bière, puis ils s'installèrent dans une petite alcôve, non loin de la cheminée où un bon feu était allumé. Mickaël adorait ce genre d'ambiance. Il songea qu'il y avait certainement le même genre d'endroits en Irlande, mais se retint de poser la question : il se souvenait très bien du silence de Maureen lorsqu'il avait évoqué son pays, lors de leur promenade à Lanark. Il ne voulait pas commettre le même impair. Il lui parla alors de la sortie qu'ils envisageaient le lendemain, évoquant la région de Stirling et les attaches qu'il avait là-bas, les parents de son père habitant toujours la jolie petite ville de Doune.

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— Si l'occasion se présente, pourquoi pas.
 Ceti se retourna pour observer le paysage. Elle imagina à quoi pouvait ressembler les grandes plaines enneigées des montagnes, les hautes murailles de la ville et le Temple, célèbre lieu de pélerinnage. Dans sa vie, elle n'avait quitté Dhilia qu'à trois reprises, sans jamais voyager plus d'une demie journée. Elle n'arrivait tout simplement pas à concevoir le panorama de l'Oblihati. De ce fait, elle s'aidait des marguerites pour recouvrir son point de vue actuel d'un épais manteau blanc. Un léger sourire apparut sur son visage.
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