Chapitre 7 : dimanche 13 mars 2005

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Un lent et léger ronflement émergeait d'un lit en bataille. A travers un rideau rapidement tiré filtrait la lumière du jour. Il était presque midi.

Une sonnerie de téléphone arracha un grognement au dormeur. Il ouvrit un œil, le referma. La sonnerie insistait. Il se redressa un peu, regarda son réveil et gémit. Il tendit le bras vers le portable qui sonnait encore.

- Allo ? fit-il d'une voix pâteuse.

- Micky ! Ah, je savais bien qu'il fallait que je t'appelle ! Je suis certaine que tu as oublié !

- Hein ? Et quoi, Véra ?

- L'anniversaire de maman ! répondit sa sœur d'une voix un rien exaspérée.

- Han ? Mais non... J'arrive..., dit-il.

- Qu'est-ce que t'as foutu cette nuit ? T'es encore au lit, je parie ! fit-elle avec espièglerie.

- Mais non, j'étais sous la douche...

- Tu mens plus mal qu'un enfant, Mickaël... Bon, t'oublie pas les fleurs !

- Mais non... A tout à l'heure... Tu permets que je me rince ?

Un éclat de rire lui répondit et sa sœur coupa la communication. Son petit frérot la ferait toujours rire.

Assis sur le bord de son lit, Mickaël soupira en fixant d'un air absent le portable qu'il tenait encore entre les mains. Puis il le reposa sur la table de nuit, fourragea dans ses cheveux. Un léger mal de crâne le saisit. C'était toujours ainsi quand on le réveillait en sursaut, et plus encore quand la nuit avait été courte. Il n'y avait pas à dire, mais Sam et lui s'en étaient bien donné. Il se demanda si son ami était reparti avec la jolie blonde ou pas, puis se dit qu'il avait autre chose à penser qu'aux galipettes de Sam. Car non, bien sûr, il n'avait pas oublié le repas familial prévu. Il avait même le dessert au frais.

- Bon, mon vieux, allez... Bouge-toi.

Après une douche bienfaisante, il passa rapidement à la cuisine, fit chauffer de l'eau pour son thé. Il ouvrit un grand placard et se saisit d'une des nombreuses boîtes.

- Corsé, c'est vraiment celui-là qu'il me faut ce matin...

Deux toasts sautèrent du grille-pain, il savait qu'il aurait droit à un bon repas chez ses parents, mais il avait toujours été incapable de partir le ventre vide. Pendant que son thé infusait, il ouvrit la porte du réfrigérateur et vérifia l'état du dessert. Il l'avait préparé hier, avant d'aller au restaurant.

- Ok, il a bien tenu. Bon, faut pas que je fasse n'importe quoi sur le vélo, mais ça ira... Maman va adorer. Alors, le dessert... Ah, merde, qu'est-ce qu'elle a dit, la frangine, aussi ? Des fleurs ? Tiens, c'est bien une idée de gonzesse, ça... Elle pouvait pas s'en charger ?

Non, Véra ne pouvait pas s'en charger. Véra n'avait jamais su marier les couleurs. Incroyable comme ils étaient différents. Lui, toujours attentif à l'harmonie des choses, couleurs, saveurs, senteurs. Et sa sœur, si indifférente à cela. Il se dirigea vers la table qui lui servait de bureau, placée dans un recoin du couloir, il alluma son petit ordinateur et chercha rapidement l'adresse du fleuriste le plus proche de chez lui. Ou alors sur la route entre chez lui et chez ses parents.

- Bon, y'a une boutique pas trop loin... J'ai juste un petit détour à faire... Faut que je me grouille, par contre, vue l'heure...

Il avala rapidement son thé encore brûlant, attrapa son blouson, vérifia et sa coiffure et si sa chemise tombait bien, histoire de faire plaisir à sa maman, et sortit. Pour rentrer presque aussitôt en pestant :

- Crétin, j'oublie le dessert...

**

Quelques minutes plus tard, Mickaël s'arrêta devant la boutique heureusement encore ouverte. Il entra en faisant tinter joyeusement les petites clochettes de la porte. Il constata au premier coup d'œil qu'il ne restait plus beaucoup de fleurs. Il grimaça et se dit qu'il se voyait mal repartir avec une plante en pot.

- Bonjour ! lança-t-il d'une voix claire.

Une jeune femme passa la tête par la porte d'une pièce située dans le fond de la boutique.

- Bonjour, répondit-elle aimablement.

- Vous fermiez ? demanda-t-il un peu inquiet.

- Je ne vais pas tarder, mais aucun souci, je peux vous servir. Qu'auriez-vous voulu ?

- Un bouquet, répondit-il non sans une pointe d'humour, mais il ajouta aussitôt, plus sérieusement : C'est pour l'anniversaire de ma mère.

- Quels sont ses coloris et ses fleurs préférés ? demanda-t-elle en traversant la boutique et en s'approchant de lui.

- Alors, je ne vais pas vous répondre ainsi : je suis en vélo et j'apporte déjà le dessert. Je n'ai pas beaucoup de place...

- Hum, je vois, fit la jeune femme. Je vais vous proposer un bouquet rond. Il ne m'en reste plus, mais je peux en composer un avec des roses. Je reviens, ajouta-t-elle en repartant vers sa réserve.

- Ne vous embêtez pas non plus..., commença Mickaël.

Mais la jeune femme revint peu après avec un choix varié de roses aux tons différents, allant du rouge sombre au rose pâle et s'harmonisant tout en dégradé. Elle s'installa derrière le comptoir et commença à les assembler d'un geste sûr. Une fois le bouquet composé, elle le lui présenta.

Mickaël marqua un temps d'arrêt en croisant son regard. Gris-bleu - ou plutôt bleu-gris ? -, s'interrogea-t-il.

- Est-ce que cela vous convient ? Je vais raccourcir les tiges, bien entendu, dit-elle.

- Heu... Heu, oui, oui. Ca fait très joli, sourit-il.

Elle lui sourit en retour. Il était sous le charme. Mais elle se retournait déjà pour terminer le bouquet, l'emballer. Il la regarda faire avec attention. Puis son regard se porta vers le mur, au-dessus d'elle, où étaient accrochés des petits cadres originaux, réalisés avec des fleurs fraîches.

- C'est joli, ce que vous avez au mur, fit-il remarquer. Ca tient bien ?

- Quelques jours en vaporisant un peu d'eau sur la petite mousse qui retient les fleurs. Sinon, ensuite, c'est toujours possible d'en mettre d'autres, répondit-elle.

- Je vais vous en prendre un, aussi, dit-il enthousiaste. Je vais l'offrir à ma nièce... Il faut faire toute son éducation sensorielle, avec les parents qu'elle a...

- Ah oui ? demanda-t-elle par politesse en finissant d'entourer le bouquet d'un film protecteur.

- Oui, ma sœur n'a aucun sens des couleurs... et elle est incapable de différencier le goût d'une orange de celui d'un pamplemousse. Alors, j'essaye de montrer ces différences à ma nièce, expliqua-t-il. Il faut commencer petit...

- Je comprends... Vous voulez un petit paquet cadeau pour le cadre ? demanda la jeune femme.

- Je ne veux pas vous déranger plus..., fit Mickaël.

- Mais ce n'est pas un dérangement, j'ai le temps ! Pour une petite fille, vous m'avez dit ? Quel âge ?

- 5 ans et demi. A cet âge, les demis, c'est important.

Elle rit légèrement en décrochant le cadre. Puis, lui tournant le dos, elle s'installa devant une table. Au-dessus, fixés au mur, se trouvaient différents rouleaux de papier cadeau. Elle en choisit un, au fond blanc, avec des petites feuilles vertes, mais de verts différents. Avec soin, elle emballa le petit cadre et compléta le paquet avec un joli ruban blanc, avec un filet vert au milieu. Elle n'oublia pas d'apposer une étiquette ronde, comme pour le bouquet.

- Voilà, dit-elle en se retournant. J'espère que cela plaira à votre nièce. Et à votre maman.

- Merci beaucoup... Et encore désolé de vous avoir retardée, dit-il en sortant son portefeuille de la poche de son blouson. Je vous dois ?

- 34,80 livres.

Il régla, elle fit le tour du comptoir pour lui tenir la porte. Il avait laissé son vélo appuyé contre le mur. A l'avant, il possédait une sorte de panier rigide, assez plat. Elle remarqua la boîte avec le dessert. Elle s'attendait à trouver une boîte en carton, signe qu'il aurait été acheté dans une boulangerie, mais il s'agissait plutôt d'une boîte en plastique.

"Du fait maison", songea-t-elle, un peu machinalement.

Mickaël déposa le petit paquet et les fleurs dans son panier, vérifia que tout cela allait tenir, jeta un œil à sa montre. Sa sœur allait encore râler... tant pis.

- Merci ! Belle journée ! la salua-t-il en s'élançant vers la rue.

- Merci ! Pour vous aussi ! Et... bon anniversaire à votre maman !

Il se retourna vers elle, pour lui répondre et la regarder une dernière fois. Silhouette fine et élancée, aux cheveux châtain retombant sur les épaules. Visage simple, des traits qui n'avaient rien de particulier. Sauf ses yeux. Gris-bleu. Ou plutôt bleu-gris ?

Elle repartit dans la boutique, finit son rangement, boucla le magasin. Et, en remontant jusqu'à son appartement, elle se demanda comment elle pourrait bien décrire la couleur des yeux de son dernier client.

Vert, mais quel vert ?

**

"Vert, mais quel vert ?"

Assise à la table de sa cuisine, Maureen laissait son regard vagabonder en suivant les nuages blancs qui filaient dans le ciel clair. Devant elle était ouvert son cahier de comptes. Chaque dimanche après-midi, elle dressait ainsi le bilan de sa semaine et préparait ses commandes. En cette saison, elle en faisait deux : une qu'elle passait le vendredi pour être livrée le mardi matin, à l'ouverture, et une qu'elle préparait le dimanche pour la communiquer le mardi et être livrée le vendredi dans la journée. Cette deuxième commande de la semaine était toujours plus importante, car elle vendait plus durant le week-end.

Elle s'était préparé un thé et songeait aussi que si, le lendemain, le temps restait assez beau, elle irait se promener sur l'île de Great Cambrae. Elle n'était pas encore allée sur une île et, pourtant, ce n'était pas cela qui manquait. Mais l'hiver avait été long et elle avait beaucoup travaillé. Elle ne voulait pas non plus puiser dans sa réserve d'argent qu'elle avait soigneusement mise de côté pour faire face aux aléas. Ce n'était pas une grosse réserve et elle restait prudente. Mais elle s'était cependant offert deux déplacements à Edimbourg, en prenant le train. Elle était partie tôt le matin pour profiter au mieux de la journée. Une fois en novembre, sur les conseils de Lawra, après la semaine catastrophique qu'elle avait faite, sur le plan financier. Elle avait besoin de se remonter le moral et son amie lui avait suggéré d'aller voir la capitale. Elle avait flâné dans les rues commerçantes, s'était détendue en arpentant les allées du parc Meadows et s'était rendue au pied du château. La deuxième fois était toute récente : c'était le mois dernier, et c'était plus pour accompagner la fin de l'hiver et changer d'air. Elle avait apprécié Edimbourg, ses vieilles maisons, son allure de grande dame respectable, ses parcs et ses trouées de verdure, son ouverture sur la mer, plus marquée qu'à Glasgow.

Oui, si le temps le permettait, elle irait sur Great Cambrae.

Mais pourquoi se demandait-elle comment qualifier la couleur des yeux de son dernier client ?

Elle sourit en se remémorant leur échange, ses traits d'humour, son côté pratique. Il avait apprécié le bouquet, l'harmonie de couleurs qu'elle avait pu créer, même s'il lui restait moins de roses qu'en début de matinée. Il avait aussi tout de suite remarqué les petits cadres qu'elle fabriquait et c'était rare pour un homme. En général, ces réalisations attiraient un œil exclusivement féminin.

"Il a de la sensibilité, enfin, je pense", se dit-elle. "J'espère que le bouquet sera arrivé sans encombre chez ses parents, car avec la boîte du gâteau, son panier était déjà bien rempli !"

Puis elle pensa qu'elle aimerait bien savoir si le bouquet avait plu à la maman, mais, raisonnablement, elle se dit qu'il ne repasserait sans doute pas à sa boutique. Elle ne l'avait encore jamais vu, jamais croisé dans le quartier et, pourtant, elle commençait à bien connaître et reconnaître les habitants des alentours.

"Peut-être que ma boutique était juste sur sa route et qu'il n'habite pas par ici... Bon, allons, ma fille. Si tu veux profiter des quelques belles heures qui s'annoncent et aller faire un petit tour le long de la Clyde ou au parc de Kelvingrove, arrête de penser à ce jeune homme et termine tes comptes !"

Elle était raisonnable.

Mais elle ne savait pas encore qu'elle aurait bien du mal à cesser de penser à lui...

**

"Bleu-gris... Non, gris-bleu..."

- Oh, frérot ! Tu gobes ?

- Nan..., répondit-il d'une voix traînante alors que Véra venait de le tirer de sa rêverie.

Déjà qu'elle l'avait tiré du lit... Il en avait été presque grognon, au réveil, mais finalement... Cela était peut-être un mal pour un bien. Véra poursuivit :

- Mais si, tu gobes ! Ta nièce vient de te poser deux fois la même question et tu n'as toujours pas répondu...

- Elle ne parle pas assez fort, c'est tout, répondit Mickaël avec aplomb tout en continuant à fixer le ciel dont le bleu se mêlait étroitement au gris doux des nuages.

- Mais non, c'est toi qui es dans la lune...

Sans relever la pique de sa sœur, Mickaël se pencha vers Léony et lui dit :

- Tu as vu ce ciel, Léony ? Regarde le nuage, là-bas, pitchoune...

- Oui, tonton ! On dirait...

- On dirait une tête de chien !

Et il commença à lui décrire ce qu'il voyait. La petite fille écoutait avec attention, toujours amusée par les jeux que son oncle inventait.

Après le repas familial, tous étaient partis faire une petite promenade sur les collines. D'où ils se trouvaient, on ne pouvait voir la ville de Glasgow, bien que proche. Mais c'était un bol d'air pur et de nature qu'ils appréciaient. C'était un beau dimanche, comme Mickaël les aimait. Son beau-frère, Jimmy, fervent supporter du Celtic Glasgow et ouvrier spécialisé dans l'un des chantiers navals de la ville, avait raconté de nombreuses histoires drôles. Jimmy était un gars vraiment sympa. Il venait d'un milieu plus populaire qu'eux, mais même s'ils étaient très différents, Mickaël l'appréciait pour sa finesse, son humour et sa grande gentillesse. Jimmy était incapable de faire du mal à une mouche et il adorait Véra et leur petite fille.

Sa mère, Ingrid, était heureuse d'avoir eu ses enfants et sa petite-fille pour son anniversaire. Elle s'était régalée du dessert préparé spécialement pour elle par son fils et s'était extasiée devant le bouquet de fleurs. Ce qui avait fait dire à Véra, à l'oreille de Mickaël : "Tu vois que tu peux trouver un joli bouquet quand tu veux !" Et lui de songer qu'il n'avait pas trouvé qu'un joli bouquet, mais aussi une charmante fleuriste.

Alors qu'il rêvassait à nouveau en regardant les nuages gris s'effilocher dans le ciel, y retrouvant des subtilités semblables à celles des yeux de la petite fleuriste, sa mère lui passa le bras sous le coude et lui demanda :

- Alors, mon grand garçon, ça va toujours chez Harris ?

- Oui, m'an, répondit-il en revenant sur terre. Je suis vraiment content de bosser là. J'ai une bonne équipe avec moi, les clients sont contents. Notre apprenti est prometteur et sa formation se déroule bien. On fait des bonnes journées, mais, au bout du compte, on a la satisfaction d'avoir fait plaisir. Et c'est important.

- Sam va bien ?

- Oui, oui, il a la bonne forme.

Ingrid sourit, puis ajouta :

- Ton dessert était délicieux. J'aime tant comment tu maries les fruits exotiques...

- Il faudrait venir manger un soir, au restaurant, avec papa, suggéra Mickaël.

- C'est une idée, oui... Mais nous ne voudrions pas t'intimider par notre présence !

Il éclata d'un grand rire joyeux.

- Non, m'an... Ca me ferait comme un défi à relever. Et tu sais que j'aime bien cela. J'ai gagné en assurance et Harris me fait confiance. Il me laisse carte blanche pour imaginer de nouveaux mariages et les habitués aiment découvrir les petits changements que nous apportons régulièrement à la carte. Enfin, tout dépend toujours des arrivages aussi...

- Bien entendu. Allez, on va repartir par-là. Il va être l'heure du thé.

**

Il était reparti en début de soirée, non sans avoir accepté un petit verre de whisky proposé par son père. Un de Tobermory, assez onctueux, chaleureux, à la belle couleur ambrée. Le nez encore empli du parfum, les papilles bien saturées, il avait roulé tranquillement, longeant les quais peu fréquentés à cette heure. La nuit était en train de tomber. Si la journée avait été belle, une courte averse avait mouillé les pavés. Il aimait rentrer chez lui à cette heure, calme, du dimanche soir. L'animation n'était présente que dans les pubs - ou au stade. Mais le football et le rugby, sports nationaux s'il en était, ne l'avaient jamais vraiment passionné. Tout au mieux prêtait-il un peu d'attention au deuxième, lors du tournoi des six nations, car, à cette occasion, il ne manquait jamais de regarder le seul match qui l'intéressait vraiment : la rencontre entre l'Ecosse et la France. Il était un des rares Ecossais à n'être jamais déçu du résultat, même si c'était la France qui l'emportait.

Il roula tranquillement, prenant soin d'éviter les quelques flaques qui jalonnaient son chemin. Pris par une inspiration subite, il n'alla pas au plus court, mais, avec un petit sourire, ignorant la rue par laquelle il rentrait habituellement, il tourna deux carrefours plus loin, pour emprunter celle où se trouvait la boutique de la fleuriste. En roulant ce midi, il avait eu devant les yeux l'étiquette ronde du magasin, collée sur le papier du bouquet : "Le jardin de Maureen".

Elle s'appelait Maureen. Il en était presque certain et trouvait que ce prénom lui allait bien. Il remonta la rue, les quelques boutiques étaient bien entendu fermées. Seul un pub était ouvert, cela se voyait à la lumière qui filtrait par les fenêtres et tombait sur le trottoir mouillé. Ce soir, c'était relâche pour lui, de même pour demain. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire de sa journée, de sa soirée. Il pourrait s'arrêter au pub, mais il était presque certain qu'une grande partie de la clientèle suivait avec attention la retransmission du match de Coupe d'Europe. Et il n'avait pas envie d'être dans le bruit, contrairement à la veille où il avait pris plaisir à écouter de la musique forte et à danser comme un fou avec Sam.

Là, encore une vingtaine de mètres et il allait passer devant "Le jardin de Maureen". A l'étage, au-dessus, une fenêtre était éclairée. Il se demanda si elle habitait là. C'était fréquent que les commerçants logent près de leur boutique. Mais parfois non. Il leva les yeux vers la tache de lumière, chaude, réconfortante dans la nuit humide. Il se promit de repasser dans la semaine, ne serait-ce qu'au prétexte de lui dire que sa mère avait aimé le bouquet. Après...

Un regard vers la boutique, une pensée rêveuse à se demander si ses yeux étaient gris-bleu ou bleu-gris, puis il s'éloigna en se disant que, ce soir, il allait s'offrir Subtil...

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