Réponse Bradbury 2017-2018 semaine 1 la solitude

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Assis sur un banc, il regarde l’horizon et laisse son esprit vagabonder.

Une jeune femme souhaite l'accoster. Elle sort de sa poche un rouge à lèvres carmin et dessine les contours de sa bouche avant de se pincer les deux extrémités. Ensuite, elle arrange ses cheveux et ramène ses mèches brunes sur le côté. Puis elle le rejoint, mais il ne la voit pas. Elle lui parle, mais il ne l’entend pas. Elle lui caresse les cheveux, il ne la remarque pas. Son regard ne fixe rien en particulier. Ce qui est bien déroutant !

Mélancolie ou zénitude, je ne saurais vous le dire. Je ne le connais que trop peu.

Il porte un sempiternel jean noir – il en a une dizaine en stock –, un polo et des chaussures de la même couleur ; il pourrait travailler dans une pompe funèbre avec cette tenue ! Son teint blafard collerait également avec ce métier, ainsi que ses cernes.

Je l’observe de loin. Je n’ai pas envie de le voir, de lui parler. Pas dans cet état en tout cas. Je n’aime pas le voir ainsi et pourtant à chaque fois que je le croise… Il me parait de moins en moins sociable.

Je règle mes écouteurs, la musique devient subitement trop forte : téléchargée sur un site de mauvaise qualité ! Le volume sonore devient plus acceptable pour mon ouïe. Je profite du morceau musical et je m’évade également. Trois minutes et trente secondes à ne plus penser à lui, à moi, à nous. A ressentir la tristesse, la colère de la chanteuse plutôt que la nôtre. Cette mélodie c’est mon exutoire, peut-être le nôtre en fait : nous ne parlons pas de goûts musicaux entre nous.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Nous nous sommes éloignés l’un de l’autre par la force des choses. Tout simplement. Pas de rancœur, juste de l’indifférence. Notre façon de nous protéger, nous ne sommes pas si différents en fin de compte.

Je n’ai pas envie de lui parler, ni d’essayer de le rassurer. D’ailleurs, je ne pense plus en être capable.

La femme est partie. Elle en a eu marre qu’il ne lui montre aucune attention. Elle aurait pu venir vers moi, j’ai aussi besoin de tendresse… Mais je ne vais pas être jaloux, surtout que je ne suis pas prêt également.

Je vais repartir comme je suis venu, le laisser avec ses souvenirs et repartir avec les miens.

Le temps atténuera notre mélancolie. Un jour, nous oublierons, nous pardonnerons à la destinée.

En attendant, je remets ma chanson préférée qui correspond à notre état actuel : en mode zombi.

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semaine 1 la solitudeChapitre28 messages | 4 ans

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