Les sœurs

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Il y avait peu de monde dans les rues de la cité naine à cette heure matinale. La jeune femme se rendit à la sortie sans perdre de temps. Lorsqu'elle y arriva, elle lanca un regard méfiant aux gardes. Après tout, c'était les hommes de Magnus.

N'ayant pas le choix, elle s'avanca d'un pas faussement tranquille vers la grande porte. Dans sa poitrine, son cœur battait la chamade. Pour se donner du courage elle fixa avec intensité les premiers rayons du soleil qui perçaient à l'horizon. Alors qu'elle passait devant les nains, ces derniers la suivirent du regard mais s'abstinrent de tout commentaires. Avec un haussement d'épaules, ils s'en retournèrent à leur partie de cartes.

Une fois dehors, Thahild ne put retenir un soupir de soulagement. La culture naine l'avait séduite durant son séjour et elle s'était même fait quelques amis sous la montagne. Mais lorsque le vent fit tournoyer les tresses autour de son visage et que son regard se perdit dans la marée interminable de nuages, elle sut qu'elle était à sa place. Elle suivit les pavés de la route commerciale et s'assit à l'ombre de l'arbre où son maître l'avait attendue, après leurs première course matinale.

La jeune femme observa le flux continu de paysans et de marchands qui s'engouffraient et ressortaient de Doren. Parmis les représentants du petit peuple, elle ne tarda pas à aperçevoir la silhouette imposante du maître. Comme toujours, il avait l'air prêt à en découdre. Il bousculait sans ménagements ceux qui étaient trop distraits pour l'éviter. Il repéra son apprentie et se dirigea vers elle, les poings serrés. Elle remarqua avec surprise que Kurgann l'accompagnait, transportant un lourd paquet. Roderick lui tomba dessus avec sa brusquerie coutumière.

— Comment tu as fais ?

Thahild se crispa légèrement. Il devenait de plus en plus difficile de lui cacher ses origines nobles. Elle jeta un coup d'œil à Kurgann et eut une idée.

— Tout le monde sait que les Nains adorent l'or. J'ai acheté notre liberté.

Roderick croisa les bras sur son torse musculeux, peu convaincu.

— Magnus n'aurait jamais accepté.

"Merde, je n'y avais pas pensé..."

— Lui non. Son supérieur s'est montré plus raisonnable.

— Et quel était le nom de ce supérieur ?

Elle se remit debout et le toisa du regard.

— Vous devriez me remercier au lieu de m'assomer avec vos stupides questions !

Sans prévenir, elle se prit une taloche sur le dessus du crâne. Le coup n'était pas bien fort mais sec et désagréable.

— Sur un autre ton, l'apprentie !

Thahild se passa une main sur la tête en grimaçant.

— Je te rappelle que c'est à cause de TA stupidité qu'on va dormir à la belle étoile cette nuit. T'as de la chance qu'on est en Été !

Le maître donna un coup de pied rageur dans un caillou et s'éloigna en maugréant. Kurgann le suivit du regard et déposa son encombrant paquet dans l'herbe.

— Arrange-toi pour rester dans les parages. Ton entraînement n'est pas terminé.

La jeune femme fit une moue sceptique.

— Il vaut mieux que j'évite de retourner en ville...

— La promesse faite ne doit plus être révoquée.

Avec un craquement, le nain s'agenouilla et déballa soigneusement son colis. Il en sorti deux haches d'armes, une simple et une à double tranchant. Leur manche était protégé par un épais lacet de cuir noir. Les lames étaient d'un argenté bleuté, preuve qu'elles étaient bien en skinnende. Thahild les prit respectueusement. La lumière de l'aurore faisait luire le métal précieux sur son visage. Rien qu'au contact des haches, un frisson lui remonta l'échine. C'était exactement ce qu'il lui fallait. Elle posa un regard méfiant sur Kurgann.

— Je n'ai payé que pour une seule arme.

Le maître d'armes se redressa et haussa les épaules avec innocence.

— Ses haches ont été forgées ensemble, ce serait sacrilège de les séparer !

Thahild arqua un sourcil sarcastique.

— Et je suppose que tu veux la différence ?

Kurgann afficha un sourire rusé. La jeune femme contempla les armes un court instant et soupira en cherchant sa bourse. Elle s'était faite avoir comme une bleue.

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Défi
Sacha G.
Bonjour,

Je vous propose une balade dans ma ville au bras de celle que j'ai aimée.

Je m'initie à l'écriture et je serais ravi d'avoir vos critiques.

SG
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-wandis
Paris, France.

Hollson Company dirige les pays les plus puissants. Les Parfaits, tel on les appelle, sont les membres les plus riches de la société. Comme le dit leur surnom, ils sont tout simplement parfaits au niveau physique, leur offrant un énorme avantage.

Contrairement aux riches, les Imparfaits sont rejetés de la société. Qu'ils soient malades, qu'ils tiennent une prothèse à la place d'un membre ou qu'ils aient une simple cicatrice visible, plus rien ne passe. La tolérance n'existe plus.

Mais un petit groupe de rejetés tente dans l'ombre d'essayer de faire basculer cet ordre à l'encontre d'une bonne partie de la population mondiale. Que ce soit des rescapés, des paraplégiques ou même des transgenres, ils se battent pour restaurer la tolérance envers eux.

Et dans tout ce système, une jeune Imparfaite, Nedalia Stark, tente d'en savoir plus sur Hollson Company, sans se douter de ce qui se trame réellement en dessous de ses enquêtes personnelles.
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