La colline au chêne

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Tôt ce matin-là, une longue procession descendit le long des flancs de Fjellmor. Le château du Clan du Bélier avait beau être colossal, sa Grande Salle ne pouvait accueillir confortablement qu'une centaines de convives. Les invités étaient trop nombreux, c'est pourquoi ont célèbrait les grands mariages aux pieds de la montagne, sur au colline où poussait un grand chêne. Le père de Thahild et son père avant lui, avait pris épouse sous ses branches centenaires.

Même à cheval, la descente était longue et en partant au petit matin, ils n'arriveraient qu'à la tombée de la nuit. Par chance, les éléments étaient cléments. Il n'y avait qu'une fine couche de neige et le vent était tombé. L'air était pur et frais et le soleil brillait joyeusement.

Les membres des quatre clans allaient bon train, le soleil étirant leurs ombres derrière eux. Le Jarl Thorod était en tête, montant fièrement son gigantesque bélier blanc. Thahild et Ulin chevauchaient derrière lui, leurs chevaux semblant bien frêles en comparaison de l'imposant animal. Seul le sang du Jarl était autorisé à monter les béliers sacrés. Mais encore fallait-il être un homme.

L'impétueux Jarl Odrav et ses enfants suivaient, les cottes de mailles de leurs guerriers brillant fièrement dans la lueur du matin. Ensuite venaient les esclavagistes noirs, drapés dans leurs sombres habits. Le Jarl chasseur et le fiancé fermaient la marche des hauts dignitaires, accompagnés de leurs loups.

Derrière les puissants se succèdaient une longue file de serviteurs et d'esclaves. Les puissants béliers du clan tiraient derrière eux de gigantesques carrioles remplies de mets divers et variés. Le premier chariot contenait la viande pour le festin. Il y avait des porcs, des volailles, des bovins, des lièvres, trois sangliers et un couple de cygnes. Le deuxième contenait les poissons importés des villages de pêcheurs. S'y entassaient des maquereaux séchés, des morues, des saumons, des anguilles et des brochets. Les autres transportaient des pâtés en croûte, des meules de fromages rondes et jaunes, des choux, des navets, des carottes, des pois, des potages encore tièdes et de gigantesques pains de seigles encore blancs de farine. Les dernières charettes acheminaient des tonneaux de bière amère et d'hydromel. Certains barils avaient déjà été ouverts. Les guerriers Ours étaient déjà ivres pour la plupart et nombreux furent ceux qui s'étalèrent dans la neige fraîche au cours du voyage.

Tout le monde en riait, excepté les chasseurs qui les observaient avec mépris. Ces derniers restaient silencieux et gardaient une mine austère comme à l'accoutumée. À les voir ainsi, il était difficile de croire que c'était le frère de leur Jarl qui se mariait. Thahild en fut peinée et irritée.

"C'est jour de fête, ils devraient se détendre..."

Elle jeta un regard de reproche silencieux à Arnald. Il haussa des épaules, lui faisant comprendre qu'il n'y pouvait rien. Elle regarda à nouveau devant elle, songeuse.

Le bruit sourd d'une lourde chevauchée attira son attention. Un homme montant un grand bélier brun se dirigeait vers eux à toute allure. Thorod fit halte et le regarda avancer avec sévérité, un muscle contracté sur sa joue.

— En retard, comme toujours, grommela-t-il.

Thahild, elle, rayonnait.

— Oncle Thorgod ! Te voilà enfin !

Thorgod était le frère cadet de Thorod et comme lui, il était petit et trapu. Mais contrairement à son aîné qui avait les cheveux impeccables et une barbe entretenue, Thorgod portait les cheveux très longs, tressés à la va-vite et une imposante barbe blonde, auquelle un coup de peigne n'aurait pas fait de mal. Là ne s'arrêtait pas la différence entre les deux frères. Le Jarl était un homme rusé et débrouillard, qui s'était imposé sans difficulté comme fournisseur officiel des plus puissants. Il était déterminé, sans pitié en affaires et très strict. Ses larges épaules soutenaient le Clan depuis plus de trente ans sans faillir. La mort de sa femme et de l'enfant qu'elle portait l'avaient rendu plus amer, même s'il n'en parlait jamais. C'était un homme peu affectueux, même envers sa propre fille. Son besoin continu d'excellence étouffait la moindre possibilité de félicitations de sa part.

Thorgod était un combattant, mal à l'aise avec les chiffres. La plupart des guerriers du Clan l'avait eu comme instructeur et le tenait en haute estime. Il parlait fort, s'énervait rapidement et cognait avant de négocier. Mais derrière son air bourru, il faisait preuve d'une véritable tendresse envers sa famille et sa nièce. Son talent pour la guerre étant inutile en ces temps de paix, il veillait à la sécurité des terres, s'occupant des criminels, bandits de grands chemins, braconneurs et autres maraudeurs. En cela il était doué, leur territoire étant l'un des plus sûrs du continent.

Thorgod arriva à leur hauteur, la face rouge et l'air enjoué.

— Salutations, mon frère ! J'ai bien cru que j'allais rater la cérémonie ! plaisanta-t-il.

Il amena son bélier près d'eux et embrassa sa nièce avec chaleur, sa barbe lui égratignant la joue. Ensuite, il se tourna vers le Jarl et lui serra l'avant-bras avec vigueur. Thorod le regarda avec mécontentement.

— Comment fais-tu pour être systématiquement en retard, Thorgod ? Je t'ai envoyé un message il y a de cela plusieurs jours !

Le vieux guerrier haussa les épaules.

— Cesse de râler. Je suis là désormais !

Un muscle se contracta nerveusement sur la mâchoire du Jarl. Il soupira avec humeur et continua d'avancer vers leur destination, les dents serrées et les sourcils froncés. Une fois qu'il eut le dos tourné, Thorgod leva les yeux au ciel et se tourna vers Thahild avec un grand sourire.

— Tu es resplendissante ma nièce !

—Merci mon oncle, lui répondit Thahild en rougissant. Mais où sont ma tante et mes cousins ?

— Ils sont déjà à la colline à s'occuper les derniers préparatifs. J'en avais assez de discuter menu et je suis venu vous rejoindre...

Il aperçut Odrav un peu plus loin et son sourire s'élargit.

—Tu m'excuses Thahild ?

—Faites donc.

Thorgod fit faire demi-tour à son bélier et se mit à la hauteur du bedonnant Jarl des Ours, le saluant avec entrain.

La troupe arriva peu de temps après à la clairière du chêne. Au sommet de la colline, le grand arbre se dressait avec majesté. Ses racines étaient profondes et ses lourdes branches paraissaient ployer sous le poids des ans. Thahild se demanda depuis combien de temps il se dressait là, tel un majestueux vieillard. Sous son branchage biscornu les serviteurs s'activaient. Ils avaient passé une partie de la journée à tout préparer, disposant de longues tables et des bancs en bois en demi-cercle. Au centre, des cuistots faisaient déjà rôtir de la viande, diffusant une bonne odeur de viande aux alentours.

Tout le monde se dépêcha, on déchargea les vivres des chariots pour les disposer sur les tables. La route avait ouvert l'appétit de la plupart des invités et plusieurs guerriers ne tenaient plus en selle. Le Jarl Odrav lui-même avait les joues rougies par la bière et riait à plein poumon de sa difficulté à rester sur sa monture.

La tradition voulait qu'on célébrât les mariages quand le soleil projetait ses dernières lueurs. Mais comme ce dernier était encore présent, on ouvrit quelques tonneaux et on commenca à remplir les cornes. Pour les plus affamés on disposa sur les tables fromages, pains, potages et les premières pièces de viandes, à peine sorties du feu. Les Ours se jettèrent avidement dessus, tandis que les Béliers et les Corbeaux mangèrent avec plus de retenue. Les Loups , en retrait, buvaient leurs bières en parlant à voix basse, leurs grands arcs accrochés dans le dos et leurs épées pendant à leurs ceintures. Thahild et Ulin les observaient, une corne d'hydromel dans la main. La mariée soupira.

— Ils sont sur leurs gardes.

— Même venant d'eux, cette attitude est inapropriée, grogna Ulin. Leur superstision m'agace.

— M'accepteront-ils jamais, Ulin ? Depuis que cette sorcière est venue, je sens leur méfiance... Comme si c'était de ma faute...

— Qu'importe qu'ils t'acceptent Thahild, tu ne reverras plus la plupart d'entre eux après le mariage. Ils repartiront à Sombrebois, là où est leur place.

Un grand fracas se fit entendre. Non loin, le Jarl Odrav et son fils Orgnolf venaient de se retrouver dans la neige, les débris d'un petit banc de bois sous leurs larges postérieurs. Nullement gênés, ils riaient de bon coeur du ridicule de la situation en se tenant par les épaules. La clairière ne tarda pas à résonner de l'hilarité générale. Même le Jarl Thorod esquissa un sourire à la vue de ce spectacle cocasse.

— Les Ours sont de coûteux invités mais ils savent réchauffer l'ambiance, remarqua Thahild avec un grand sourire.

Elle observa Orgnolf aider péniblement son père à se relever.

"Si j'étais ivre à ce point, Père m'empoignerait par la peau du cou et m'éloignerait des invités... "

Thorod considérait qu'un Jarl et sa famille devaient avoir une certaine prestance en toute occasion. Tout l'inverse de son ancien compagnon d'armes.

— Dis-moi Ulin... Comment Père et le Jarl Odrav sont-ils devenus amis ? Quand j'y pense, ils ne se ressemblent pas du tout...

— Notre Jarl n'a pas toujours été comme tu le connais. Quand il était jeune c'était un bagarreur et c'est lors de la rebellion des orcs qu'il a rencontré Odrav. Les liens créés dans le sang sont particuliers. Ils ont combattu et souffert ensemble et ils ont même aimé la même femme à l'époque.

Thahild le fixa avec de grands yeux.

— Tu veux parler de ma mère ?

Ulin jeta un coup d'oeil à Thorod, s'assurant qu'il ne pût l'entendre.

— Oui. À l'époque, nous étions nombreux à nous demander qui ma soeur choisirait... Et c'est finalement ton père qu'elle décida d'épouser.

— Père ne parle jamais d'elle...

Ulin lui posa une main sur l'épaule.

— Sois indulgente avec lui. Il a eut la chance de connaître un mariage heureux et sa perte n'en a été que plus douloureuse.

La mariée hocha tristement la tête.

— Et mon petit frère n'a pas survécu...

— Donner la vie n'est pas si aisé. Le pauvre enfant a quitté ce monde peu de temps après l'avoir découvert.

Elle ouvrit la bouche pour lui répondre quand le conseiller la fit taire d'un geste nerveux.

— Thorod se dirige vers nous. Parlons d'autre chose. Vite.

Habituée à ce genre de manoeuvre, elle changea rapidement de sujet.

— Oh euh... Que penses-tu des récoltes de cette année ?

— Nous avons de l'orge et de l'avoine en quantité. Cependant, la récolte des navets a été catastrophique...

Le Jarl arriva à cet instant, les mains croisées dans le dos et grognant dans sa barbe.

— Quelque chose ne va pas, Père ? lui demanda Thahild, connaissant déjà la réponse.

— Oh si tout va bien... Tout va merveilleusement bien...

Devant le regard ironique que lui lança sa fille et son conseiller, le Jarl soupira d'agacement.

— Bon je suis peut-être légèrement tendu...

Il se tut pendant quelques secondes pour essayer de se contenir. Effort que Thahild apprécia. Mais c'était en vain car il finit par exploser.

— Mais pourquoi n'y a-t-il jamais de demi-mesure ? Regardez-moi ça !

Il désigna la foule d'un ample mouvement de bras.

— Les Ours avalent trois fois leur poids en nourriture et sont déjà presque tous ivres. Quant aux Loups, ils ne se mêlent pas aux autres et transportent plus d'armes que nécessaire. Vous vous rendez-compte que ce sont les esclavagistes les plus civilisés ?

Il grommela quelque chose d'incompréhensible et jeta un regard de reproche à sa fille.

— Ton mariage commence à me coûter très cher tu sais ? J'aurais pu investir tout cet argent dans tant d'autres projets plus urgents...

Thahild serra les mâchoires pour ne pas répondre. Elle ne voulait pas déclencher de dispute. Du moins, pas tout de suite. Son oncle, surgissant de la foule juste à temps, attrapa son frère aîné par l'épaule.
— Et bien Thorod, heureusement que tu n'as qu'une fille ! Tu n'aurais jamais survécu à plusieurs mariages...

Les joues du Jarl se colorèrent dangeureusement de rouge. Thorgod enchaîna.

— Mais cesse donc de râler ! C'est jour de fête !

Il secoua vigoureusement son frère en jetant un regard à sa nièce pour qu'elle décampe tant qu'elle le pouvait encore. Elle s'esquiva discrètement, laissant à ses aînés le soin de gérer la mauvaise humeur de son père.

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Mon grand-père est mort le seize juillet deux mille douze , de vieillesse bien sûr , mais de solitude , de guerre lasse , de cette absence d'envie qui appelle tous les abandons.
Il s'est éteint pendant son sommeil , comme me l'a expliqué le médecin référant de la maison de retraite les Floralies , dans laquelle il séjournait depuis deux ans , après la première attaque cérébrale qui lui avait fait comprendre qu'il était temps de rendre les armes et de se constituer prisonnier.
-Il n'a pas souffert , m'assura l'élève appliqué d'Hippocrate !
-Qu'en sais-tu ? aurais-je voulu répliquer à ce médecin malgré lui.
Je restai seul avec le gisant dans la petite chambre où ses derniers rêves s'étaient brisés contre les murs indifférents d'une cellule d'à peine quinze mètres carrés.
La mort l'ayant faite sienne , il était normal qu'il ressemblât à présent à un mort.
Il n'avait jamais été croyant.
Il eût été déplacé pour l'agnostique que je suis de manifester un geste ou un signe témoignant de l'appartenance à l'une ou l'autre secte.
Je me contentai d'un : - Adieu grand-père , et l'abandonnai à ce lieu qui n'attendait que le suivant.
Au secrétariat , après les condoléances formelles , une charmante jeune femme me remit une somme de papiers en échange desquels , je lui remis la dernière somme correspondant aux derniers frais d'hôtellerie du défunt.
De retour chez moi , je vis au milieu de la paperasse une enveloppe à mon nom.
Je l'ouvris.
C'était une lettre que m'avait écrite mon grand-père.
J'entrepris de la lire.


« Fiston (c'est ainsi qu'il m'appelait)...tu ne reconnaîtras pas mon écriture , mais pour ménager l'effort auquel tes yeux vont consentir , j'ai demandé à une voisine dévouée , que je tiens en grande estime , d'être la main que je n'ai plus .
J'en viens au fait.
Le quinze juillet mille neuf cent quarante-deux , j'habitai avec mon père , ma mère et mes deux sœurs dans le Xe arrondissement près de la porte Saint-Martin.
Ce soir-là la famille Bloch luttait comme elle le pouvait contre le couvre-feu et l'impossibilité de sortir pour prendre l'air . Elle luttait contre une chaleur étouffante et contre le confinement lié à l'exiguïté de notre petit deux-pièces.
C'était un soir d'été qui aurait ressemblé à tant d'autres soirs d'été si des uniformes verts de gris , des miliciens et des gendarmes serviles ne l'avaient transformé en été d'occupation.
Ma mère avait arrangé notre petit appartement de telle sorte que chacun des membres de notre famille pût disposer d'un minimum d'intimité.
Mon petit matelas était à l'abri des regards derrière un paravent.
Nous nous souhaitâmes bonne nuit vers dix heures , et je laissai les membres croyants des Bloch sacrifier au rituel des prières juives du coucher.
Je ne fermai pratiquement pas l'oeil de la nuit , mais sursautai à l'aube de ce seize juillet lorsque la police française initia ce que les livres d'histoire qualifient aujourd'hui de «  Grande Rafle » ou de «  Rafle du Vel' d'Hiv ».
Je te passe les hurlements , les arrachements , les cris déchirants , les larmes , les coups de poing , les coups de crosse , les coups de feu...Tout ça ,tu ne l'ignores pas.
Je fus séparé des miens et me retrouvai dans un fourgon avec d'autres garçons de mon âge encadré par les cerbères de Belzébuth.
Nous ignorions notre destination.
Nous ne parlions pas.
Les regards que nous échangions ne pouvaient dissimuler la conscience que chacun avait de la tragédie qui avait décidé de nous écraser.
Le fourgon filait comme s'il avait voulu échapper à lui-même , refuser le rôle qu'on l'obligeait à jouer, déjà se fondre dans l'oubli et nier toute mémoire de ce jour.
Soudain , pour je ne sais quelle raison...la vitesse , un obstacle , le manque d'expérience du chauffeur ,le véhicule fut pris d'embardées , et avant de verser sur la chaussée nous envoya dans les bras des uns des autres … fraternité accidentelle oblige !
Je retrouvai ma conscience sous deux corps inanimés et une odeur de fumée et un instinct de survie me précipitèrent hors de cette carcasse menaçante.
Nous n'étions plus que trois lorsque le fourgon s'enflamma.
Trois qui nous regardâmes hébétés.
L'un de nous s'exclama :
-foutons le camp les gars... chacun de son côté !
Je déguerpis, arrachai mon étoile de shérif et disparus.
Je réussis par mille prouesses , par chance et par la volonté de quelques justes à rejoindre un groupe de maquisards dans le Limousin. 
Nous menâmes la vie rude aux Boches.
La division das Reich se vengea sur Oradour.
À la fin de la guerre , je fis tout ce qu'il me fut possible de faire pour retrouver ma famille.
J'appris qu'après la Rafle on les avait mis dans des trains qui avaient pris la direction de la Pologne ...un lieu appelé Auschwitz d'où jamais ils ne revinrent.
Moi le train je l'ai loupé,fiston.
C'est pour ça que tu peux lire la lettre de celui qui jamais ne prit le train.
Je tenais à te faire connaître mon histoire et la tienne avant de prendre le dernier , celui que cette fois , je ne manquerai pas.


Prends bien soin de toi fiston » 


À cet instant , j'imaginai mon grand-père dans ce train , soixante-dix ans jour pour jour après avoir échappé à celui qui l'attendait ce matin du seize juillet mille neuf cent quarante-deux.


FIN





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