Le Clan de l'Ours

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Un soir, bien après le coucher du soleil, le Jarl Odrav débarqua avec toute une troupe de guerriers et de serviteurs. À l'annonce de leur arrivée, Thorod et Arnskar, accompagnés des futurs époux, les attendirent dans la cour. Les Ours arrivèrent montés sur de grands chevaux, leur Jarl et ses enfants en tête. L'un des aînés portait fièrement la bannière du Clan, un ours brun rugissant sur fond sinople.

Le Jarl Odrav était un homme imposant pour son âge, bien plus grand que la moyenne. Ses traits étaient grossiers et son teint rougeaud. Durant ses jeunes années, son nez avait été brisé et arborait aujourd'hui une bosse disgrâcieuse. Une barbe rousse rêche et emmêlée lui mangeait une bonne partie du visage. Seuls deux yeux d'un brun rieur illuminaient sa figure de brute. Il portait une tunique de cuir souple qui lui tombait jusqu'aux genoux. Une ceinture où pendait une longue épée ceignait, non sans peine, sa large bedaine. La croupe de son cheval disparaissait sous un manteau vert fermé au cou par des boutons d'argent et décoré de garnitures métalliques complexes. Il ne fallait pas se fier à l'air balourd du Jarl des Ours. Cet homme était le plus puissant du Nord. Son clan disposait de la plus grande puissance militaire et ses terres annexaient l'Ouest. Le Clan de l'Ours était le bras armé du peuple des hommes.

Avec un grognement, Odrav descendit péniblement de sa monture et se dirigea en écartant ses larges bras vers son hôte.

— Thorod, mon vieil ami !

Il lui donna une accolade généreuse, le faisant grimaçer sous son étreinte. Le Jarl Thorod était un homme trapu alors qu'Odrav restait grand et fort, malgré le poids des ans.

— Odrav, je suis heureux de te revoir, lui dit-il en lui tapotant l'épaule.

Le Jarl des Ours le lâcha enfin et se jetta sur Ulin, le secouant avec enthousiasme.

— Mais c'est cette vieille fripouille de conseiller. Tu as encore maigri ma parole !

— Et toi tu as encore grossi, Odrav.

Le Jarl des Ours ria à gorge déployée et assena une claque brutale sur l'épaule d'Ulin. Tandis que ce dernier se massait l'omoplate, Odrav se tourna vers le Jarl Arnskar, qui restait de marbre aux côtés de son loup. Devant tant de flegme, Odrav redevint plus sérieux.

— Jarl Arnskar, je suppose. J'ai été navré d'apprendre la nouvelle pour votre père.

— Je vous remercie de votre sollicitude, articula Arnskar d'un ton froid.

Odrav souleva un sourcil broussailleux et se tourna vers le cadet.

— Et voici les futurs époux ! Thahild, c'est fou ce que tu as grandi ! La dernière fois que je t'ai vue, tu jouais encore dans les bois avec mes fils... Quel âge as-tu maintenant ?

— Quinze hivers Jarl Odrav, répondit-elle en souriant.

Elle remarqua que même à cette heure tardive, Odrav sentait la bière.

— Ah les enfants grandissent si vite... Vous formez un bien joli couple.

Il fit un clin d'oeil complice à Arnald. Ce dernier hocha la tête en affichant un sourire crispé qui n'échappa pas à Thahild. Elle répondit à sa place.

— Merci. Vous avez fait bonne route ?

— Si je dois reconnaître une chose à ton Clan, c'est qu'il sait entretenir les routes ! Même cette foutue neige nous a à peine ralenti.

Il se tourna vers ses enfants qui attendaient en retrait à côté de leur chevaux.

— Allez vous autres ! Approchez-vous !

Sa progéniture s'avança, tous aussi roux que lui. Thahild reconnut sans peine Odmi et Orgnolf, bien qu'ils aient grandi eux aussi. Du haut de ses dix-sept hivers, Odmi était aussi grand que son père, mais d'une carrure beaucoup plus élancée et avec des traits moins brutaux. Il portait une barbe rougeoyante de quelques jours et avait le regard vif. Ses cheveux étaient longs et entretenus. Sa tenue était simple et confortable et un grand carquois de flèches dépassait de ses épaules. Il tenait fermement son arc, comme pressé de s'en servir et salua poliment les hôtes.

Quand à Orgnolf, il était beaucoup plus corpulent. Enfant déjà, il était grassouillet et l'âge n'avait rien arrangé. Il avait de petits yeux méfiants et un visage rond comme une pleine lune. Il se tenait légèrement vouté et tête baissée, ce qui n'empêchait nullement de voir qu'aucun poil n'apparaissait sur ses joues enflées. Il secoua nerveusement la tête en signe de salut et battit en retraite.

À ses côtés se tenaient les jumelles. C'était la première fois qu'elles venaient sur les terres de Thorod. Elles semblaient plus jeunes que Thahild et plûtot grandes pour leur âge. Elles étaient identiques en tout point, le même visage lunaire, les mêmes grands yeux verts et la même bouche fine. Même leurs longues robes de laine bleue étaient semblables. Leur peau était laiteuse et couverte de tâches de rousseur. Des colliers de perles étaient fixés à leurs fibules à tête d'ours. Comme la plupart des jeunes filles encore célibataires, leur longue chevelure bouclée était lâchée sur leurs épaules. Odrav alla vers ses filles et entoura leurs épaules de ses énormes bras.

—Thorod, Thahild, vous connaissez déjà Odmi et Orgnolf. Voici mes filles, Olga et Olava. Un peu de tendresse parmi tous ces fils !

Les deux adolescentes, gênées de l'attention qu'on leur portait, les saluèrent maladroitement.

Thorod salua les enfants et interrogea leur père.

— Merta ne vous accompagne pas ?

Odrav hocha négativement la tête.

— Tu connais Merta, elle est piètre cavalière et les longs voyages l'épuise. Elle est resté au pays avec les aînés.

Thorod hocha la tête et les invita à entrer se réchauffer à l'intérieur et rentra bras dessus, bras dessous avec son vieux compagnon d'armes.

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Sacha G.
Bonjour,

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SG
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-wandis
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