Nuit

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Fantôme carnivore

Tisse ta toile dans mon esprit

Pourquoi tu me nuis ?

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FIB0 NASS1
Processus est un recueil sur la communication contemporaine ô grand dam de nos plaisirs visuels et sensuels intempestifs et inespérés du vice et de la vertu, des vis et de la laitue, suicides et puis la fin tue, des vices et versas.

Sans paraben, colorant, conservateur, huile de palme, cancer du cœur et crise de foi.

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Défi
Rosamund
C'est une réponse à mon propre défi, pour vous donner quelques idées, je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous spoiler =) Allez donc lire ce qui me fait vibrer ^)
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Défi
Christophe Méchin

Je me rappelle encore le premier jour où j’ai rencontré Kylian. Il était assis sur le parvis de la cathédrale de Quimper. Une casquette posée par terre invitait les passants à la générosité… sans beaucoup de succès !

Personne ne semblait faire attention à lui.

Pourtant sa taille était déjà remarquable car il ne devait pas dépasser les soixante centimètres de hauteur. Sa peau était noire et il était anormalement poilu alors que son visage était celui d’un jeune adolescent.

Je le regardai machinalement en évitant d’être impoli et je m’aperçus qu’il me fixait.

Je lui souris mais son visage resta imperturbable. J’avais entendu dire que plusieurs réfugiés étaient venus s’installer à Quimper après avoir fui leur pays en guerre et il était peut-être l’un de ceux-là.

Les temps lui étaient sans doute difficiles, aussi m’approchai-je afin de poser quelques pièces dans sa casquette.

Ce geste ne suscita chez lui aucune réaction, je voulus repartir mais son regard ne quittait plus le mien.

Étrangement, je sus qu’il avait quelque chose à me dire mais il fallait que je fasse le premier pas.

- Bonjour ! dis-je.

- Bonjour !

-… les gens ne semblent pas faire beaucoup attention à toi.

- J’ai l’habitude ! 

Un ange passa, puis deux mais je ne pouvais toujours pas me résoudre à partir.

- Tu viens de loin ?

- De l’Est, de la forêt.

- Tu vis dans les bois ?

- Ouais un peu en dessous !

Un autre ange passa. Je m’aperçus bizarrement que les passants alentours ne se contentaient pas de l’ignorer mais semblaient carrément ne pas le voir. C’est lorsqu’il réalisa mon étonnement qu’un sourire décrispa son visage. J’eus peur.

-         Vous n’avez pas de raisons d’être effrayé, me dit-il.

-         Qui es-tu ? Est-ce que quelqu’un s’occupe de toi ? As-tu quelque part où aller ?

-         Voilà beaucoup de questions, alors dans l’ordre : je m’appelle Kylian, pas encore et chez vous si vous voulez de moi.

-         Chez moi ? Comment ça chez moi ?

-         Vous n’y êtes pas obligé.

Je décidai de couper court. Ce jeune garçon s’invitait chez moi alors que je ne le connaissais même pas. Et j’avais horreur des squatteurs.

Je rentrai sans plus y penser, mais lorsque je repassai la semaine suivante au même endroit, il était toujours là.

Je tentai de ne pas me faire remarquer mais encore une fois, son regard s’attarda sur moi.

-         Tu es revenu ? demandai-je.

-         En fait je ne suis pas parti.

-         Tu es resté là depuis une semaine ?

-         Ouais, et il ne fait pas chaud à cette époque de l’année.

J’eus honte mais je fus autant agacé.

-         Tu voulais venir chez moi, mais je n’aime pas que l’on me force la main, lui dis-je pour me justifier.

-         Je sais, vous n’êtes pas obligé, je vous l’ai déjà dit.

-         Quel âge as-tu ?

Il haussa les épaules sans que je puisse déterminer si c’était parce qu’il ne savait pas ou parce que cela n’avait aucune importance.

Je l’observai. Il soutint mon regard et me sourit.

-         Ecoute, je veux bien que tu viennes chez moi mais juste le temps de faire les formalités pour te trouver une famille d’accueil. D’accord ?

-         Ça me va.

Cela fera dix ans demain.

Dix ans ! Je n’ai rien vu ! Bizarrement Kylian ne change pas alors que mes premiers cheveux gris sont apparus sur mes tempes. Personne n’a voulu de lui. Trop poilu et trop noir de peau peut-être. Du coup, c’est moi qui l’ai adopté, après une enquête poussée des services sociaux qui se méfiaient d’un homme seul avec un adolescent à peine pubère.

Kylian était bizarre. J’ai plusieurs fois été surpris par ses commentaires lors de documentaires historiques. A sa façon de vouloir rectifier les propos, à sa véhémence pour peu que le présentateur insistât, j’avais l’impression qu’il avait été présent à l’évènement évoqué. Et pas n’importe lesquels, s’il vous plaît : la bataille de Gergovie, le sacre de Charlemagne, l’inauguration du château de Versailles par Louis XIV… Chaque fois que je lui en ai fait la remarque, il s’est fermé telle une huître en se mordant les lèvres comme s’il venait de dire quelque chose qu’il ne fallait pas.

Mon protégé a commencé très tôt à s’intéresser aux ordinateurs. Je lui ai d’abord expliqué tout ce que je savais puis il s’est débrouillé tout seul avec Internet.

Je me rends compte maintenant que j’ai oublié de mentionner que je suis un passionné d’informatique et de réalité virtuelle. Je suis aussi passionné par les légendes bretonnes et leur richesse sans fin.

Voilà pourquoi j’ai créé le « légendarium », un site Internet où les visiteurs peuvent se promener dans une Bretagne virtuelle et rencontrer les différents êtres féeriques que l’on trouve dans les légendes.

Ce jour-là, je décidai d’effectuer un ultime essai avant d’aller présenter mon projet au  conseil  général  afin de tenter d’avoir une subvention. Je mis mon casque de réalité virtuelle.

Au début tout se passait bien. Les arbres formaient un corridor où une  petite fée virevoltante m’accueillit gentiment : « Bienvenue au légendarium de Bretagne, choisissez votre itinéraire ».

Je pris mon préféré : le pays des trois rois. Le petit être me félicita  pour mon choix et m’indiqua la porte correspondante parmi les 4 que j’avais mises en place :

-         Brocéliande pour les légendes de la Bretagne de l’intérieur, du temps où Brocéliande s’étendait des montagnes noires jusqu’aux portes de Rennes.

-         On dirait le Sud (J’aime bien Nino Ferrer) pour toutes les légendes de la côte sud jusqu’à Nantes, à l’exception de la Cornouaille.

-         Côtes des légendes et d’Armor pour la côte nord

Et enfin, le pays des trois rois pour celles de Cornouaille.

 

Je connaissais  tout cela, c’est moi qui l’avais créé. J’aimais bien.

Je cliquai  sur la porte désignée pour l’ouvrir et m’engageai sur le chemin qui se découvrait devant mes yeux.

Les êtres fantastiques qui vinrent à moi au cours de ma promenade se présentaient normalement chaque fois que je cliquais sur leur icône. Ils me racontèrent leur légende et dans quelles parties du pays des trois rois je pouvais les trouver.

Tout se déroulait normalement. Je continuais ma promenade en notant mentalement les derniers détails à améliorer lorsque je remarquai une icône dont je ne me souvenais pas : une photo de Kylian.

Combien de fois lui avais-je répété de ne pas toucher à mon ordinateur. Je lui en avais acheté un exprès pour lui et voilà que ce gamin venait saboter mon projet.

Supposant une blague, je cliquai sur sa photo mais rien ne se produisit.

Son visage souriait avec ses deux petits yeux creux pétillant de malice.

Je ne comprenais pas comment il avait pu avoir accès à mon programme alors que je l’avais blindé contre toute intrusion. Il était pourtant là, devant moi, et rien ne se passait quand je cliquais dessus. Cela m’énervait !

Je retirai mon casque de réalité virtuelle et l’appelai :

- Kylian ! Amène-toi !

Pas de réponse. Je venais de le voir partir dans sa chambre un quart d’heure avant.

J’allai voir. Il ne s’y trouvait plus !

Son ordinateur portable était encore branché et l’image sur l’écran était celle de mon site.

« Le sale petit… » pensai-je.

Il s’agissait sans doute bien d’une blague qu’il me faisait.

En soupirant, je retournai sur mon pc, sortis de ma promenade et affichai le programme. Après vérification, il n’ y avait rien d’anormal.

Je remis alors mon casque de réalité virtuelle et retournai devant l’icône de Kylian. Je recliquai dessus mais rien ne se produisit. Je ne pouvais même pas l’effacer du programme puisqu’il n’y était pas inscrit.

Au bout de la 7ème tentative un message s’afficha qui me demanda la formule magique.

Une formule magique ? Il avait dû profiter de la liaison Internet pour pénétrer dans mon ordinateur et polluer mon disque dur. Une formule magique ?

J’essayais tous les mots en rapport avec moi, puis avec les légendes bretonnes mais aucun ne convint.

Le visage de Kylian me regardait maintenant avec intensité. On aurait dit qu’il était vivant. Inlassablement, le message demandant la formule se répétait au rythme de mes tentatives infructueuses.

De quoi pouvait-il bien s’agir ?

Je suppose qu’il avait voulu procéder comme ces lutins qui gênaient les artisans d’autrefois et mélangeaient leurs livres ou leur outils. J’avais essayé toutes les formules magiques que je connaissais… sans succès !

Il devait s’agir de quelque chose tout bête. Quelle était la formule magique que l’on utilisait systématiquement pour avoir quelque chose, celle que n’importe qui, même un enfant pourrait connaître ?

L’évidence de la réponse me frappa comme une masse. Alors que je tapais ma réponse : « s’il te plaît », le visage du garnement se mit à sourire et à briller puis ce fut un Kylian en pied qui se présenta.

Il s’avança vers moi. Je n’avais jamais rien prévu de tel. Ce gamin était quand même sacrément doué

-         Salut, me dit-il, tu as mis le temps !

-         Salut ! répondis-je interloqué.

-         Tu es aussi peu dégourdi que dans la rue il y a dix ans. Tu pourrais faire un effort, je suis venu te voir de loin.

-         Qu’est-ce que tu racontes ? Et qu’as-tu fait à mon programme ?

-         Ton idée de faire  revivre les légendes bretonnes en réalité virtuelle était la porte d’entrée que nous attendions pour revenir voir les humains depuis qu’ils ne croient plus en nous. Je suis un korrigan envoyé parmi les humains : un changelin.

La réalité virtuelle est une autre réalité où tout est possible, où votre imagination est la seule frontière. Le pays magique est mort et nous avons dû changer de monde.

Désormais il existe des portes sur vos réseaux et ton « légendarium » en contient une. Nous avons fait en sorte que tu sois au courant car toi, l’auteur, méritais de savoir ce qui se passait dans ton œuvre. Toutefois, sache qu’elle ne t’appartient plus désormais. Elle sera le refuge des créateurs et des poètes qui peuvent encore voir derrière les choses.

J’étais le plus vieux korrigan que la terre et ses cavernes aient jamais porté.

-         Tu as pourtant l’air si jeune.

-         Il le fallait pour que tu veuilles m’adopter.

-         Tu as dû en voir des choses !

-         Holà ! Plus que tu ne le crois et arrête d’afficher ce sourire perplexe en me regardant. Je ne suis pas un bug !

-         Un bug ? Tu es devenu super branché dis-moi pour un vieux korrigan.

-         Je sens ton ironie. L’ironie est le chemin qui mène à l’aigreur et les aigris ne peuvent pas nous voir. Continue ainsi et notre conversation va tourner court ! En outre pour faire suite à ta remarque même si elle n’en vaut pas la peine, nous nous sommes adaptés à la réalité virtuelle, ce qui supposait en apprendre au moins le langage. C’est pour cela que j’ai décidé de venir te voir, il y a dix ans

-         Soit ! Excuse-moi, admettons que tu sois vraiment dans mon programme ! Après tout, j’ai la tête farcie et je ne serais pas contre le fait de me changer les idées.

-         Bien, voilà qui est mieux ! Je suis ici pour répondre à une de tes questions n’importe laquelle, car je suis aussi vieux que le monde et mes connaissances dépassent l’imagination.

 

Ouah le piège ! J’aurais préféré un souhait à réaliser. Je me serais bien vu en milliardaire oisif sur une plage ensoleillée, avec une fiancée différente chaque jour de la semaine.

Mon esprit s’emballait et je vis que Kylian s’impatientait. Je rassemblais mes souvenirs du mieux que je pouvais.

Que pouvait-on demander à un korrigan qui pourrait se révéler utile ? Les korrigans gardaient les trésors de la terre.

Je pourrais lui demander de m’indiquer un endroit où il y en a un, mais ils sont à de telles profondeurs que je serais certainement obligé de le rendre à l’Etat. Et puis le reliquat fonderait comme neige au soleil.

Il me fallait le moyen d’en découvrir plusieurs ou d’en découvrir un tellement énorme que même si je devais en rendre 90%, je serais à l’abri du besoin pour le restant de mes jours. Je me lançais :

-         Quel est ton plus grand trésor ? demandai-je.

-         Es-tu sûr de vouloir le découvrir ?

-         Un peu mon neveu ! Ça m’intéresse !

-         Dans ce cas, je vais te raconter l’histoire de mon peuple.

Je supposais qu’il s’agissait là d’un préambule pour aboutir à un don ou un truc qu’il allait me transmettre, aussi décidai-je de l’écouter d’une oreille patiente.

- Lorsque Dieu créa le monde, il créa l’homme et la femme : Adam et Eve, qui furent bientôt chassés du Paradis suite à leur désobéissance. Plus tard, Dieu regretta son geste et vint sur Terre pour faire cadeau aux humains de leur âme immortelle.

Eve était arrivée en Bretagne et restait seule pendant qu’Adam était parti chercher de quoi manger pour lui et sa famille.

Elle était en train de laver ses enfants à une fontaine.

Comme elle vit arriver Dieu, elle dit à ceux de ses enfants qu’elle n’avait pas encore eu le temps de débarbouiller d’aller se cacher afin de ne pas paraître sales devant le Créateur.

Certains allèrent se cacher derrière les arbres, d’autres sous la terre et d’autres enfin dans l’eau de la source.

Dieu arriva et Eve lui présenta les enfants propres qu’elle avait autour d’elle. Le Créateur leur remit à chacun une âme immortelle en leur promettant que chacun de leur descendant en possèderait également une.

Puis il demanda à Eve si c’était là toute sa progéniture. Comme elle lui répondait que oui, il lança une malédiction sur les enfants cachés en les obligeant à vivre pour toujours au sein de l’élément qu’ils avaient choisi pour se soustraire à lui.

Ceux qui s’étaient dissimulés derrière les arbres devinrent les êtres des forêts, ceux qui étaient dans l’eau devinrent les êtres aquatiques et ceux qui s’étaient réfugiés dans un trou sous la terre devinrent les korrigans.

En ce qui nous concerne, nous avons colonisé tout le monde souterrain. Nous y avons construit des villes et des palais et, comme tu le sais déjà, nous en gardons les trésors. Nous avons un roi qui règne sur l’ensemble des tribus korriganes.

La lumière du jour nous est interdite, mais nous pouvons sortir la nuit quand Dieu regarde de l’autre côté de la Terre. Alors nous nous livrons à des rondes effrénées, enivrés que nous sommes par la joie de goûter à l’air extérieur, l’air pur du dehors qui agit sur nous comme le plus fort des chouchens, nous qui ne sommes habitués qu’à l’air vicié des profondeurs.

Nous dansons, nous dansons toute la nuit sous la lune en tapant tellement du pied pour marquer la mesure que nous laissons des traces en forme de cercle dans certains de vos champs.

-         J’ai entendu beaucoup de choses à propos des korrigans, sont-elles vraies ?

-         De quoi veux-tu parler par exemple ?

-         Est-il vrai que vous enleviez des enfants humains pour les remplacer par certains des vôtres.

-         Non, les korrigans n’ont jamais fait une chose pareille. Le nourrisson des hommes n’aurait pas résisté longtemps sous la terre et notre enfant n’aurait pas supporté la lumière du soleil. Il serait tombé en poussières.

-         Mais alors pourquoi ce genre de récit est-il si répandu ?

-         Réfléchis un peu ! Ils avaient bon dos les korrigans lorsque l’homme y croyait encore. Une mauvaise récolte ? C’était la faute des korrigans ! On n’allait pas voir si le valet de ferme avait oublié de mettre l’engrais convenable ou s’il avait bien retourné la terre. Pourquoi crois-tu que nous ayons des pieds de bouc dans votre imagination ? Nous n’avons rien à voir avec les satyres gréco-romains qui parcouraient les forêts en jouant de la flûte. Dans votre imaginaire, nous sommes liés au bouc émissaire de la Bible. On nous mettait tout sur le dos et après, on nous chassait.

Alors pour peu qu’un enfant naisse difforme et très laid, à une époque où il n’y avait pas d’IVG et toutes ces sortes de choses, il était plus facile de dire encore une fois que c’était la faute des korrigans et d’aller abandonner à son sort la pauvre petite créature dans la forêt.

-         Mais c’est horrible !

-         Et oui, les temps étaient plus durs qu’aujourd’hui.

-         Est-il vrai que vous aidiez parfois des humains ?

-         En fait c’est un peu plus compliqué que cela. Il n’y avait pas grand chose à faire comme métier sous la terre alors nous nous sommes spécialisés dans tout ce qui touche aux pierres et aux métaux. Nous avons atteint des sommets insoupçonnés dans l’orfèvrerie, la forge, la sculpture, bref dans tout ce qui touche à notre élément. Nous sommes très exigeants et très méticuleux dans ces domaines et lorsque nous voyons qu’un humain s’essaye à nos arts sans atteindre seulement la compétence d’un de nos enfants en bas âge, cela nous agace prodigieusement. A titre de comparaison, un travail mal fait équivaut pour nous à un tag sur un mur que tu viendrais de repeindre en blanc.

-         Effectivement ça énerve !

-         Je ne te le fais pas dire. Plutôt que de laisser les choses en état, nous préférons venir pendant la nuit et donner un coup de main pour que cela soit bien fait selon nos critères.

-         Ce n’est donc pas de la générosité mais de l’esthétisme.

-         Oui, on peut dire ça comme ça.

-         Comment fait-on pour rejoindre ton royaume souterrain ?

-         Je sais pourquoi tu me poses cette question. Tu souhaiterais accéder à nos richesses. Mais tout cela est tellement profond qu’il te faudrait un appareillage spécifique pour pouvoir respirer. Je peux quand même te dire que chacun des dolmens de Bretagne cache une entrée de notre royaume. Nous avons dessiné le plan de notre domaine sur quelques un d’entre eux. A toi de les découvrir. Surtout dépêches-toi car vos forages sont de plus en plus profonds et notre royaume rétrécit chaque jour comme une peau de chagrin.

-         Mais tu ne m’aides pas du tout ! Tu avais promis de me parler de ton plus grand trésor !

-         C’est ce que je viens de faire, je viens de te livrer l’identité de mon peuple. C’est son plus grand trésor à l’heure où nous sommes en danger de disparaître du monde physique. J’ai donc rempli mon office et il est temps pour moi de partir. Ne te laisses pas aveuglé par les richesses immédiates et matérielles et sois remercié pour ce que tu as fait en nous permettant de prendre pied dans le royaume virtuel !

 

Je voulus parler mais Kylian brilla plus fort et disparut. Je sortis de ma promenade virtuelle et revins à mon point de départ. Effectivement, il n’y avait plus quatre portes mais cinq. Sur la dernière était inscrite : réservé aux initiés !

J’interrompis mon programme pour passer mon disque dur à  l’antivirus…rien ne fut détecté. Je ne sais pas pourquoi mais je l’aurais parié.

Depuis, mon « Légendarium » fait le bonheur de milliers d’abonnés à Internet, qui découvrent avec plaisir mes balades dans la Bretagne légendaire.

Je n’ai jamais revu Kylian. J’ai déclaré sa disparition à la police qui a conclu à une fugue.

Qui sait, un jour peut-être, quelqu’un parviendra à ouvrir la 5ème porte à l’entrée de mon site et fera le plus merveilleux des voyages…

 

 
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