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de Image de profil de Constance du PlessisConstance du Plessis

Avec le soutien de  Taïk de Nushaba 
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La porte rebondit contre le mur avec un bruit sourd. Comme un gros insecte désorienté, comme jetés là par un vent implacable, nous avons suivi la courbe de la porte, rebondi aussi, toujours accrochés l’un à l’autre, comme englués par la bouche, les hanches, les mains. J’ai glissé le long du mur, il a repoussé la porte du pied. La porte a fait le trajet en sens inverse, claqué sur son support.

Et nous sommes restés là collés l’un à l’autre, comme si faire les trois pas qui nous séparaient de la chambre était au dessus de nos forces. Ca l’était, d’une certaine manière. Faire trois pas, rentrer dans la chambre même en se tenant la main, ça voulait dire se séparer, ça voulait dire retrouver de l’air entre nous et l’air entre nous était la dernière chose que l’un ou l’autre voulait. Il s’est serré contre moi, il a pris mes poignets dans ses mains et il a levé mes mains. J’ai senti son souffle dans mon cou, sa langue sur le lobe de mon oreille. Et il a descendu le visage en soufflant doucement pour que je sente sa chaleur.

Forcément, au bout d’un moment, il a du lâcher mes mains, quitter mon cou. Ca a été pour les glisser sous mon pull et les faire remonter le long de mes flancs. Ses mains sur ma peau. Je me sentais brusquement investie d’une espèce de pouvoir surnaturel, fulgurant. Ses mains avaient ce pouvoir-là, celui de me donner l’illusion d’être plus que moi-même, pendant qu’elles couraient autour de ma taille, et qu’il repoussait du nez mon pull pour pouvoir poser sa bouche entre mes seins. Je sentais sa langue, chaude et humide sur ma peau, et sa bouche et la chaleur qui irradiait de son corps. Mes jambes étaient en coton, un gouffre s’est ouvert entre elles, comme un trou noir, ça fait mal et c’est chaud à la fois, ça crie, ça appelle, c’est impérieux, ça veut être nourri. Mais je le connais, le gouffre entre mes jambes, je sais comment il fonctionne, comment l’apaiser. Ce n’est pas un oisillon affamé qu’il faut nourrir le plus vite possible. Le gouffre entre mes jambes, il a besoin qu’on le nargue, qu’on le frustre. Il a besoin de sentir qu’il est juste au bord d’être rempli, juste, juste au bord, et de ne pas l’être. Il a besoin de ça pour enfler, pour me dévorer tellement que je ne sais pas ce qu’il reste de moi, à part ces deux jambes qui me tiennent debout, mes mains qui caressent, ma peau mignotée et ma bouche qui dévore.

Il a posé ses mains sur mes seins et il a tracé de la langue une ligne invisible pour séparer mon corps en deux. Il est descendu de la langue le long de mon ventre. Il connait le chemin. Il n’a pas hésité, il a plongé entre mes jambes, m’a retrouvée là où mon corps est humide et chaud et impérieux. Il a fait rouler sa langue tout en tenant mes seins dans ses mains. Il a nourri le gouffre, il l'a frustré. Je me sentais couler, rouler, j’ai commencé à gémir, les mains dans ses cheveux, perchée sur mes talons qui m’encombraient. Je voulais écarter les jambes, lui laisser toute la place de s’enfoncer plus loin, de caresser plus loin, j’avais envie qu’il mette les doigts et j’ai senti le gouffre contrarié se contracter. J’ai attrapé une de ses mains, je l’ai tirée vers le haut et penché ma tête. Je me suis mise à sucer chaque doigt avec autant d’application que si je suçais sa queue et il a gémi lui aussi, la tête collée contre moi, la langue toujours entre mes jambes.

Alors je l’ai tracté vers le haut et j’ai levé une jambe pendant qu’il remontait avec lenteur. Le gouffre hurlait, dépossédé de la langue qui le fouillait et je sentais la ligne que sa langue dessinait au milieu de mon ventre aussi précisément que s’il y avait mis le feu. Il a un peu hésité, juste une seconde avant de m'investir lentement, il était dur et gonflé et il a brusquement pris toute la place, et le gouffre a continué pourtant de se creuser. Il n’y avait plus que la peau de moi pour me tenir, même mes jambes je ne les sentais plus lorsqu’il a commencé à repartir, revenir, repartir, comme s’il s’enfonçait un peu plus à chaque fois, comme, je ne sais pas, un bélier contre une porte, chaque coup me faisait trembler, chaque coup résonnait jusqu’au bout de mes doigts et il a continué longtemps comme ça, fort, à rentrer dans mon ventre et à cogner comme s’il voulait se frayer un chemin plus profond, plus loin. Ce qu’il touchait dans mon ventre, je ne l’ai jamais su. Ca remplissait le gouffre et ça le creusait en même temps, ça prenait tout, la tête, le ventre, les mains et j’ai fini par me laisser porter par le mouvement régulier, par cette faim qui investissait mon corps sans s’arrêter, comme une mer montante, toujours un peu plus loin, toujours un peu plus haut, malgré le reflux.

Et il a commencé à gémir lui aussi, à poser ses avant bras à plat sur le mur, à glisser son souffle dans ma nuque. Il a mordu sa lèvre, m’a regardé dans les yeux, m’a regardée comme s’il voyait clair en moi et ça m’a fendu le coeur. Il a accéléré les mouvements de son bassin, j’ai écarté les jambes plus grand encore, j’ai senti sa queue gonfler et quand il a commencé à gémir, je me suis laissée emporter par la vague pendant que le gouffre se refermait autour de lui pour le boire, le boire, jusqu’à la dernière goutte.

Et je me suis demandé : qu'avais-je fait pour arriver là ?

AmourÉrotique
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OuvertureChapitre1 message | 1 an
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