30 - Custodia

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07.05.2088 – Journal de Tim Carpenter


Mon esprit est tourmenté. La « chose » a bien parlé d'espoir, un thème universel que j'avais moi-même sciemment utilisé lors de mon discours devant l'ONU.
Pourquoi ce clin d'œil ? Est-ce que ce message m'était directement adressé ?
Voici le premier membre d'équipage à être interrogé. Un Français. Xhang Giao.
Le colonel Williams est circonspect :
— Vous semblez nerveux.
— C'est le cas, balbutie ce dernier assis en face de nous.
— Nous allons juste vous poser quelques questions, ce ne sera pas long.
— Je vous écoute.
— Nous souhaiterions parler de cet individu, Jonathan Couthenx. Il est venu vous voir, n'est-ce pas ?
— Oui, au réfectoire. C'est comme ça que l'on s'est connus.
— Que voulait-il ?
— Faire connaissance, je n'ai pas trouvé ça anormal.
— De quoi avez-vous parlé ?
— De Paul Dumont. Il m'a dit qu'il allait être renvoyé sur Terre, car c'est un terroriste.
— Qu'avez-vous fait ensuite ?
— Nous sommes allés au dortoir, voir mes compagnons d'équipage.
— Et quel a été le sujet de votre discussion ?
— Les règles de vie. La vie en communauté.
— Et c'est tout ?
Xhang a un temps de pause, fixant ses mains du regard.
— Non, admet-il enfin, ce n'est pas tout. Nous avons évoqué la présence de militaires sur la base. Jonathan semblait persuadé que tout cela cachait quelque chose et il nous a demandé de l'aider à en savoir plus.
— Avez-vous tous accepté ?
— Non. Seulement Jenny et moi. Nous devions simplement lui rendre compte de tout ce qui nous paraissait anormal.
— Et qu'avez-vous relevé d'anormal ces derniers temps ?
Xhang a un hoquet embarassé, hésitant sur la bonne réponse à donner dans pareille situation.
— J'ai d'abord trouvé étrange que tous les échantillons prélevés sur Mars ne soient entre les mains que d'une poignée de scientifiques. Jamais tout le monde. Par exemple, comme première tâche, on ne m'a donné que des sédiments déjà analysés. Rien de nouveau. Quand j'ai voulu en savoir plus, certains résultats contenus dans les dossiers étaient confidentiels, surtout ceux qui concernaient le gouffre... Personne ne pose de questions.
— Les gens sont disciplinés, monsieur Giao, intervient le colonel Williams, peut-être qu'en France vous êtes plus dissipés mais ici on travaille sans broncher.
— Ça, c'est petit, colonel.
— Je vous en prie, poursuivez.
— Ce qui est perturbant pour moi, c'est tout ce mystère. Pourquoi ne dites-vous pas ce que vous savez sur l'entité ?
— Comment ça ?
—Vous le saviez, n'est-ce pas ? Ce contact avec quelque chose d'inconnu dans le gouffre, c'était le résultat que vous espériez, non ?
Le colonel et moi échangeons un regard surpris. Xhang nous toise avec un sourire un peu condescendant.
— Je n'ai pas attendu Jonathan pour chercher mes informations. Pourquoi pensez-vous que j'ai accepté ce boulot ? L'analyse de la terre martienne est intéressante, mais pas autant que la présence extra-terrestre. Et puis cette force qui s'émane du gouffre, entre nous, vous aimeriez bien vous l'approprier. Il y a tellement d'enjeux dans cette découverte que vous en devenez mutiques...
J'en ai le souffle coupé. Nous l'avions clairement sous-estimé !
— Que voulez-vous, Xhang ?
Ce dernier jubile sur sa chaise :
— Vous voulez des informations sur Jonathan, je peux vous en fournir et pas des moindres, dit-il, je l'ai longuement observé. En contrepartie, je souhaite faire partie de l'équipe de Jenny, celle qui est en contact direct avec l'entité et, bien entendu, je veux lire le contenu des dossiers confidentiels qui m'ont été refusés.
Le colonel fronce aussitôt les sourcils et hausse le ton :
— Vous vous foutez le doigt dans l'œil si vous pensez que l'on va vous donner des informations sensibles comme ça ! Vous...
J'interviens :
— Colonel, ça va... Nous lui donnerons ce qu'il demande.
— Quoi ? Est-ce que vous êtes tombé sur la tête, Tim ?
Je le prends par le bras à l'écart et lui chuchote à l'oreille :
— Écoutez, je ne vous ai pas tout dit sur Jonathan. Il n'est pas vraiment un scientifique comme les autres. Je le soupçonne de sabotage, voire de terrorisme. Seulement, j'ai besoin de rassembler des preuves. Xhang peut-nous y aider. J'ai besoin qu'il coopère afin de mettre Jonathan hors-circuit.
— Je comprends votre intention, mais on ne peut pas prendre le risque qu'un individu ébruite nos plans dans l'enceinte de cette base. C'est bien trop dangereux.
— On ne lui donnera que quelques informations, juste ce qu'il faut pour satisfaire sa curiosité. Ne vous inquiétez pas, je m'en occupe personnellement.
— J'espère que vous savez ce que vous faites sur ce coup-là, Tim. Je l'espère vraiment...
— À ce moment, on frappe à la porte de mon bureau. C'est Ray.
— Que se passe-t-il ?
Ce dernier a l'air très embarrassé :
— C'est Jonathan Couthenx, monsieur. Il s'est échappé de sa cellule d'isolement.
— Quoi ? Mais comment ?
— Les bouches d'aération. Je ne sais pas comment il s'y est pris mais il a réussi à s'y introduire.
Je sens la colère m'envahir. Le colonel Williams me devance :
— Retrouvez-le sur-le-champ ! Ratissez chaque coin s'il le faut, mais retrouvez-le !

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