88 - Familia absconsa

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07.11.2088 – Journal de Lisa

L’asile de fous de Maison Blanche n’est plus que l’ombre de lui–même. Entouré par des banderoles où il est écrit « Ne pas entrer », toutes ses portes sont condamnées. L’odeur âcre de cendre est encore très présente et les murs sont noircis par le soufre.
Encapuchonnée, je m’attache un bandana autour de la bouche, afin de protéger mes poumons.
Je me faufile discrètement entre les quelques passants qui traversent la rue et fais mine de rien, tout en cherchant une entrée du regard tout autour du lieu.
Par chance, une fenêtre a été épargnée par la police. Avec un chiffon que j’enroule autour de ma main, je la casse et rentre rapidement à l’intérieur du bâtiment.
L’endroit est d’un calme absolu. J’ouvre la porte et me retrouve dans un grand hall aux murs calcinés. Il fait sombre et froid. Je distingue des traces de sang séché ici et là sur les poignées des portes et sur le sol.
Je m’approche du bureau de la standardiste, histoire de voir si je ne peux pas tomber sur le registre des entrées et sorties. Hélas, rien dans les tiroirs et l’ordinateur a disparu.
Je vais devoir chercher moi-même…
Je vois un panneau indiquant l’emplacement des casiers des internés. Je suis la direction dans le couloir.

Dieu nous a entendus, il est le seul qui puisse nous aider. Tout était dans la Bible. Lui seul ordonne, nous sommes sa Main. Bientôt, les sanglots feront place à la joie dans la vallée de l’ombre de la Mort.

J’entends des murmures.

La chair, le sang, le corps du Saint-Esprit. Repentons-nous, pauvres pêcheurs que nous sommes ! Sacrifions-nous pour enfin être dignes de sa gloire éternelle ! Sacrifions-nous comme Jésus sur sa croix !

Cela ne peut-être qu’une personne infectée à l’affût dans un coin sombre de l’hôpital. Je dégaine discrètement mon arme et me dirige vers l’origine de la voix.

Seuls les disciples de Dieu iront au Paradis. Les païens brûleront en enfer ! Ce monde est un marasme où les Hommes ont perdu leurs âmes. Dieu, viens-nous en aide !

C’est une femme. J’entrouvre doucement la porte et l’aperçois, dos au mur, en tenue bleu marine, comme ce que portent les patients d’habitude. Les cheveux grisonnants, les mains décharnées, cela ne laisse aucun doute quant à son âge avancé. Que fait-elle là ?
— Madame ?
La vieille cesse de parler et se retourne lentement vers moi. Son visage est émacié, ses traits tirés. Elle prend peur en apercevant mon arme.
— Qui êtes-vous ? Je ne vous ai jamais vue !, s’exclame-t-elle.
— Je suis de la police, vous n’avez rien à craindre. Je vais ranger mon arme, vous voyez ? Vous… Vous avez été internée ici ?
Elle écarquille les yeux.
— La police ? Pourquoi ? J’ai fait quelque chose de mal ?, se demande-t-elle.
— Non, sauf si vous avez l’intention de me tuer.
— Vous tuer ? Non…
Elle regarde un peu au-dessus de mon épaule et gratte fortement son menton.
— Je vis ici, c’est ma maison, réplique-t-elle sèchement, il y a des gens qui vont et viennent, mais moi je n’ai jamais bougé. C’est ma maison.
Elle n’est pas infectée. Elle est juste folle. Je peux peut-être en tirer quelque chose, cela dit.
— Cela fait longtemps que vous vivez ici ?
— Très longtemps, bien trop longtemps d’ailleurs !, maugrée-t-elle, je suis une actrice d’Hollywood, vous savez. Si je suis ici, c’est uniquement pour m’imprégner de mon prochain rôle : je vais jouer un psychologue en proie à des névroses.
— Intéressant… Connaissez-vous une certaine Sadena Martos ? Elle a été internée ici.
La vieille dame fait mine de réfléchir avant de répondre par la négative.
J’insiste :
— Cela remonte à longtemps, je comprendrais que vous ne vous en souveniez pas. Elle était brune et de moyenne taille. Des yeux châtains clairs.
La vieille dame réitère la même réponse. Déçue, je lui tourne les talons.
— Elle avait prévenu tout le monde, mais personne ne l’écoutait, murmure la vieille dame à demi-mots. Elle parlait de Dieu, elle parlait de la fin de l’Humanité. Personne ne l’écoutait…
Je me retourne, hébétée :
— Qu’est-ce que vous avez dit ?
— Les voix du Seigneur sont impénétrables, nul n’échappe au regard de Dieu.
Je fronce les sourcils :
— Non, ce que vous avez dit tout à l’heure à propos de cette femme.
— Elle avait prévenu tout le monde, mais personne ne l’écoutait.
— C'est cela... Connaissez-vous l’endroit où elle mettait ses affaires ?

La vieille dame comprend enfin de qui je parle. Elle me passe devant et je la suis sans broncher. Elle traverse l’interminable couloir pour finalement s’arrêter net devant le casier numéro 240.
Elle hoche la tête en se tournant vers moi, avant de disparaître tel un fantôme.
J’utilise la clef et ouvre le casier, un peu fébrile. Dedans, une boite à chaussures poussiéreuse. Je l’ouvre et tombe sur un étrange objet métallique de forme circulaire ne dépassant pas plus de trente centimètres de circonférence sur vingt centimètres d’épaisseur avec l’inscription « Propriété de Google ». Impossible pour moi de l’ouvrir, mais nul doute qu’il s’agit bien du simulateur de Bagheera. Je m’empresse de le glisser dans mon sac à dos.
Un vieux carnet désuet à la couleur violette gît dans la boite. Je l’ouvre directement et le feuillette. L’écriture y est fine, impétueuse, désordonnée, mais légère. C’est la main d’une femme : ma mère.
Elle a dû s’interrompre dans son écriture, car il y a des pages vierges. Je suis très perturbée par cette découverte et décide de m’asseoir pour lire.

Page 4 :

« 22 février 2061.
Je n’ose pas en parler à Rodrigue, mais je sais que ce que j’ai vu était réel. J’ai eu une vision très claire de l’avenir. C’est arrivé alors que je prenais le bus. Soudain, tout s’est arrêté. Je me suis retrouvée seule dans le noir. À travers la vitre, j’ai assisté au défilement d’une frise chronologique retraçant les événements trente ans plus tard. J’ai vu une mission de colonisation de Mars. J’ai vu une épidémie terrible s’abattre sur les hommes du monde entier. Ils s’entretuaient de manière obsessionnelle et compulsive. Rien ne pouvait arrêter cette destruction, pas même un vaccin. La vision s’effaça aussi rapidement qu’elle était venue et tout redevint normal. »

Page 6 :

« 15 mai 2061.
3ème mois de grossesse. Mes visions se sont répétées au fil des semaines, de plus en plus longues et précises. J’ai enfin osé en parler à Rodrigue. Il a d’abord pensé à une mauvaise blague de ma part, mais, devant les descriptions que je lui donnais sur l’avenir, il a tendu l’oreille. Certaines le concernaient lui-même. Je lui ai expliqué que l’idée d’aller sur Mars était une grave erreur et que cela provoquerait la fin de l’humanité car les hommes, une fois encore, n’écouteraient que leur propre cupidité plutôt que la voix du Seigneur. Je lui ai confié que je voyais un robot dans l’avenir. Un robot bien différent des autres, fabriqué de sa main et qui serait le seul espoir d’arrêter l’épidémie. Il serait envoyé sur Mars et parlerait avec Dieu. Rodrigue était perplexe. Il me conseilla d’aller à l’église afin de me confesser au prêtre à propos de mes visions, car il était évident que Dieu essayait de rentrer en contact avec moi. Le prête ne m’a pas jugée, au contraire, il m’a fait comprendre que les voix du seigneur étaient impénétrables et que seule la volonté de faire ce qui était juste était le plus sûr chemin vers le Paradis. Il avait raison. Je sortis de l’église convaincue d’avoir enfin trouvé ma mission envers Dieu. »

Page 10 :

« 30 juin 2061.
Ma fille s’agite dans mon ventre. Je voulais partager ces précieux moments avec Rodrigue, mais une dispute a encore éclaté entre nous. Au fond, il voulait un garçon, j’en suis convaincue. Il me blâme tous les jours pour ça, prétextant que les femmes sont moins de cinq pourcents à remporter le prix Nobel. Il ne manque jamais une occasion de me rabaisser, sauf, quand je lui parle de mes visions. Me frapper ne lui suffit plus. Je lui dis que me maltraiter menacerait la santé du bébé, il s’en fiche. Depuis qu’il est rentré des États-Unis, tout ce qui l’intéresse c’est le projet Genesis, Google, Mars, « Breath for Mars »… Il semble avoir perdu la tête. Il délire sur un futur fait d’êtres cybernétiques. Il ne cesse de radoter que Tim Carpenter n’aurait jamais dû être à la tête de Google et que ses idées feront couler l’entreprise un jour ou l’autre. Il m’a confié que ce dernier était un athée convaincu, j’ai trouvé cela contre-nature.»

Page 13 :

« 18 juillet 2061.
Cinq mois. Mon ventre est bien rond. Je ne suis plus du tout aussi svelte qu’auparavant, mais peu importe, je suis heureuse. J’hésite encore sur le prénom que je vais donner à notre fille. Rebecca, Petra… Rodrigue trouve mes idées snobes. J’aurais apprécié qu’il me soutienne davantage dans ma grossesse, mais il ne quitte quasiment jamais son atelier. Je ne sais pas ce qu’il y fait, il ne me laisse pas y entrer, mais j’entends la musique classique résonner à travers les murs. Je pense que notre fille sera douce, intelligente et attentionnée. J’espère qu’elle sera armée pour l’avenir que j’ai entrevu. En tous cas, je vais lui préparer une belle surprise à sa naissance : une jolie chambre de bébé, confectionnée par mes soins, avec un berceau moelleux et une veilleuse dernier cri.»

Page 16 :

« 5 octobre 2061.
Huit mois. Je continue à faire mes exercices de yoga seule. Rodrigue m’a accompagnée juste une fois. Je ne le reconnais plus. J’ai l’impression qu’il ne m’aime plus. Cela fait longtemps que j’y pense, mais j’ai envie de prévenir le monde entier de ce que j’ai vu. Je le dois pour ma fille, pour son avenir. Je ne peux plus garder ça pour moi. Ce qui me retenait depuis tout ce temps, c’était la peur. La peur d’être incomprise ou pire, qu’on me prenne pour une folle. L’écrire ne suffit pas. Je dois alerter la presse, les plateaux télé, etc. Si je ne fais rien, je m’en voudrai toute ma vie. »

Page 28 :

«19 novembre 2061.
C’est le plus beau jour de ma vie. Ma petite Lisa est née. Rodrigue a dû changer d’avis, car en tenant le bébé dans ses bras, il semblait aux anges. J’en suis ravie et j’espère qu’il s’impliquera davantage. Je lui ai dit que j’avais envie de m’exprimer publiquement sur ce que j’avais vu. Je ne suis pas sûre qu’il ait apprécié. Il préfère me voir à la maison. Je n’en reviens pas que pour devoir respirer un peu, je sois obligée de lui mentir. En secret, j’ai contacté des journaux. J’ai eu beaucoup d'entretiens téléphoniques, mais aucun journaliste ne m’a prise au sérieux. Je suis désespérée. D’autant plus que je soupçonne Rodrigue de mijoter quelque chose de mauvais. Je le vois s’absenter puis revenir comme s’il avait le diable aux trousses. Je le vois passer des coups de fil à des gens que je ne connais pas et il pique des colères sombres. J’ai peur pour l’éducation de ma fille.»

Page 45 :

« 19 décembre 2061.
Lisa a un mois. Elle grandit vite. Elle est si précoce et éveillée pour son âge que je commence sérieusement à me demander si elle ne serait pas surdouée. Elle ne fait pas ses nuits. Elle est hyper-active.
Rodrigue lui fait passer quelques tests cognitifs. J’espère qu’elle n’est pas malade. Grand-père Georges est venu nous rendre visite. Cela m’a fait plaisir, car nous ne voyons plus personne depuis quelque temps. Mais il n’est pas venu uniquement par courtoisie, il a longuement discuté avec Rodrigue dans le salon. Ils parlaient à voix basse, mais j’entendais tout. Ils parlaient de complot politique au sommet de l’Etat et Rodrigue ne put s’empêcher de me demander de révéler mes visions à grand-père Georges. Il m’écouta attentivement sans m’interrompre et à la fin, il prit une longue inspiration et me dit ces mots qui résonnent encore dans ma tête « Les gens ne veulent rien savoir du jour de leur mort, tu as la chance de pouvoir prendre en main ton Destin, non seulement en tant que femme, mais surtout en tant qu’être humain.»»

Page 50 :

« 24 décembre 2061.
Premier réveillon de Noël passé avec ma fille. J’ai peur pour Lisa et moi-même. Rodrigue est devenu un étranger. Il se méfie de ce que je pourrai raconter à la presse. Une distance s’est installée entre nous et notre couple bat de l’aile. Comme je regrette le jour où je lui ai parlé de mes visions ! Depuis ce maudit jour, notre relation s’est dégradée. Il ne se consacre plus qu’à son robot et à son organisation. Et quelle organisation ! Des hackers, des jeunes remplis d’idéaux qu’il manipule à sa guise au service d’actions criminelles. Il est convaincu que la seule chose qui pourrait empêcher que mes visions ne se réalisent serait de mettre fin au système capitaliste et corrompu qui ravage ce monde et il n’a rien trouvé de mieux que de devenir un hacker lui-même. C’est une folie de sa part et j’ai beau tenter de le convaincre de cesser cette activité, il ne m’écoute plus. Il prend du plaisir à être dans l’illégalité. Il ne prie plus autant qu’il le devrait. Il s’est perdu, Seigneur ! Il est clair que le Diable lui susurre à l’oreille de commettre des actes innommables. Je ne reconnais plus mon mari. Je devrais le dénoncer à la police. Je devrais le sauver de lui-même. S’il est capable de devenir un terroriste, quels risques il est prêt à prendre au détriment de sa fille ? Je ne peux plus lui permettre de poser les mains sur elle ou d’essayer de la manipuler comme il manipule tous les autres. Cela va trop loin. Il est devenu dangereux et redoutable. Je dois trouver un moyen de m’enfuir avec Lisa.»

Page 52 :

« 25 décembre 2061.
Tout s’est passé si vite. Des hommes ont débarqué chez nous et Rodrigue les a laissés m’emmener. C’étaient des infirmiers de l’hôpital psychiatrique. Rodrigue leur a passé un coup de fil et leur a raconté une partie de mes visions en nonobstant celle qui le concernait, lui. Quel monstre ! Comment a-t-il pu me trahir, moi, la mère de sa fille ? Il n’a absolument rien fait pour me défendre. Je me suis précipitée vers Lisa pour la protéger. J’étais bouleversée et désespérée. J’étais prête à la tuer pour la sauver des griffes de ce psychopathe. Ces quatre énergumènes m’en ont empêché et m’ont piquée avec du tranquillisant. J’étais déchaînée et je pleurais à chaudes larmes parce que j’avais l’impression d’abandonner ma fille. Ce dernier acte a conforté mes agresseurs sur leurs certitudes : je n’étais qu’une névrosée paranoïaque qu’il fallait enfermer de toute urgence. En repassant devant Rodrigue, qui détournait son regard, je l’ai insulté de tous les noms et je lui ai craché au visage. Il n’a aucun cœur, aucun remord. C’est un démon qui s’est emparé de mon mari.»

Page 55 :

« 12 décembre 2022.
Ma fille, aujourd’hui, je m’adresse à toi sans doute pour la dernière fois. Voilà déjà un an que je suis enfermée. Je n’ai plus écrit depuis mon internalisation, de peur que les médecins ne retiennent mes écrits contre moi. Ils m’ont fait subir une lobotomie et depuis, je suis devenue asociale. Je perds petit à petit l’esprit. Ils m’assomment de tranquillisants. Je sais que je ne sortirai jamais, malgré toutes mes prières. Je prie surtout pour toi, en espérant qu’il ne t’est rien arrivé et que ton père te traite bien. J’aimerais tellement te sauver de son emprise. Si tu lis ces lignes, je veux que tu fasses une chose : si ton père te demande de faire quelque chose d’illégal ou de criminel, s’il te plaît, ne le fais pas. Ce chemin ne peut t’amener que des ennuis. Tu seras aveuglée par ton amour pour lui. Tu seras sûrement tentée de lui ressembler, mais je t’en prie, résiste. Ne deviens pas sa marionnette. Je t’aime de tout mon cœur. »

Je referme le journal d’un coup sec, choquée et pétrifiée par tout ce que je viens de lire. Tremblante, je me prostre, la respiration chancelante.
Tout n’était que mensonge et manipulation ? Je ne suis que le fruit des desseins de mon père et mon grand-père. David avait raison.
Mon père a interné ma mère sans le moindre scrupule. Je l’ai aimé et glorifié pendant des années pour réaliser qu’il avait traité ma mère de la plus abjecte des manières.
Toutes mes certitudes et toutes mes valeurs sont remises en cause. Je suis effondrée.

Soudain, les sirènes de la police retentissent au-dehors. J’entends la voix du lieutenant Gilbert qui s'égosille dans le haut-parleur :
— Quadrillez la zone ! Mettez vos boucliers ! Ne lui laissez aucune issue !
Je me dépêche d’ouvrir mon sac à dos et d’en sortir mon revolver, prête à en découdre avec mon pire ennemi.

Si cela doit finir ici, qu'il en soit ainsi !

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