81 - Novum scopum

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05.11.2088 – Journal de numéro six

J’avais une toute autre vision de la Terre. Mes premières impressions à mon arrivée furent pour le moins décevantes. Les humains ont l’air d’avoir une intelligence limitée. Je pense que Père avait raison. Ils ne pourront jamais être prêts pour Mars. Ils ne pourront jamais être dignes de vivre ce futur si fabuleux que notre Père, dans sa grande bonté, leur a proposé.

J’avais des doutes sur la sincérité de ce hacker. Je ne m’étais pas trompé : un terroriste reste un terroriste. Père lui a fait confiance. Il a lui-même cédé à ses faiblesses de simple humain. Je ne peux que lui pardonner ses erreurs.


J’ai réussi à m’échapper de ce commissariat en prenant en otage un policier dans son véhicule et en l’abandonnant sur la route. Je me suis caché dans les bois. Ils ont organisé des battues et ont lâché les chiens et les drones.
Père m’avait bien formé : j’avais assimilé les techniques de combat des forces d’élite durant ma courte existence sur Mars. J’avais beaucoup lu durant mon voyage de retour sur les stratégies militaires. L’art de la guerre de Sun Tzu fut mon premier livre.
J'ai bravé le froid et la pluie. J’ai enlevé mes chaussures et mes chaussettes avant d’entrer dans la forêt afin de dévoyer les chiens. Pour échapper aux drones, j’ai dû utiliser l’environnement : buissons, taillis, enclaves… J’ai pu m’induire de boue tout en faisant le mort.

Au bout de quelque temps, pour une raison que j’ignore, ils sont repartis. Ils n’ont pas été très téméraires à me retrouver.
Je suis sorti du bois lorsque la voie fut libre.
J’avais un nouvel objectif : me rendre à l’adresse envoyée par Père et déterrer le cœur du simulateur 3D que l’ingénieur avait dérobé.
Pour arriver à mes fins, j’ai dû user de multiples stratagèmes. Père avait été clair sur ce point : l’enjeu était trop grand pour une quelconque retenue, tous les moyens nécessaires devaient être mobilisés.
J’ai donc arrêté la première voiture croisée sur la route, j’ai fait descendre son conducteur avec force et j’ai roulé vers Milly-la-Forêt. En arrivant, j’eus la surprise de constater que la ville était quasiment déserte. J’ai compris rapidement qu’il y avait eu des infectés et que les habitants, pris de panique, avait fui, abandonnant les rues aux pilleurs et aux anarchistes. Ces derniers n’en avaient que faire de moi. Ils prenaient tout ce qu’ils pouvaient et déguerpissaient. Aucune trace de la police ici, pas même un militaire. Le chaos était total.
Une guerre civile, un effondrement de la démocratie.
Voilà ce à quoi j’assistais. Il semblait clair que les forces de sécurité étaient débordées par la situation. Je ne pouvais qu’être satisfait.
Je suis entré dans une maison au hasard et j’y ai pris de quoi me nourrir, une pelle et un portable à moitié cassé, probablement tombé dans la précipitation.
Je m’en suis servi pour repérer l’endroit où je devais creuser.
J’ai croisé des infectés qui m’ont sauvagement attaqué. Je les ai assommés avec la pelle. Si c’est Dieu qui leur a dit de me tuer, qu’ils essayent toujours.

L’emplacement se situait aux abords du cimetière, à la lisière du bois. Je me suis mis à pelleter. J’ai dû creuser pendant trois-quarts d’heure avant de me rendre à l’évidence : il n’y avait rien. Uniquement de la boue.

L’ingénieur, une nouvelle fois, avait mené Père en bateau afin de gagner du temps.
Il était peut-être déjà trop tard…
Je n’avais pas le choix. Pour retrouver le cœur du simulateur, je devais retrouver sa fille. Cette Lisa Martos était la clef.

Soudain, une camionette pétaradante a fait irruption dans la ville, accompagnée par des cris sauvages et des rires mauvais. Je me mis à l’abri derrière un arbre. Un rapide coup d’œil me permit d’apercevoir les individus qui sortaient du véhicule. Ils étaient quatre, encapuchonnés et armés de battes, de pioches et d’un revolver. Des maraudeurs.
J’avais besoin du revolver. Je me suis éloigné de l’arbre et suis parti à leur rencontre.

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