8 - Facere rectum

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22.04.2086 - Journal de Tim Carpenter, CEO* de Google

Aujourd’hui, il se passe quelque chose de très inhabituel dans la partie Sud de San-Francisco.
Des dirigeants de grandes entreprises descendent dans la rue et manifestent. Une première dans l’histoire de la Silicon Valley.
Wilfrid Garden, CEO de Facebook, Ben Handerson, CEO d’Apple et Eliah Sawahi, CEO de Microsoft, sont en tête du cortège, attirant les médias de tout le pays.

Quelques jours auparavant, ils m’avaient adressé un e-mail pour me demander si j’allais me joindre à eux. J’ai cordialement refusé.

Ont-ils été froissés ? Je l’ignore. Mais j’ai mes raisons : le programme “Genesis” m’accapare à plein temps et je n’ai plus une minute à moi. De plus, une exposition médiatique à ce stade ne m’apparaît pas judicieuse. Je tiens à préserver une certaine discrétion. Je le dois à mes collaborateurs qui, dans l’ombre, travaillent d’arrache pied sur ce projet et je suis conscient que la moindre fuite pourrait tout compromettre. 
Néanmoins, je ne peux nier que je partage l’avis de mes confrères.
Notre liberté est de plus en plus remise en question par l’establishment.
Et désormais plus personne ne peut être à l’abri d’être un jour surveillé par le FBI. Pas même le président. Le gouvernement a accès à toutes les technologies d’Apple, de Facebook et de Microsoft réunis et des centaines d’autres encore. Plus aucun secret ne lui échappe. Pour des entreprises qui promettent la protection de la vie privée à leurs clients, il y a de quoi voir rouge. Un état ultra protectionniste et intrusif à l’excès, qui utilise la peur pour tout contrôler voilà donc où nous en sommes en 2086.
Et Alphabet* là-dedans ? Je me suis aligné sur mes prédécesseurs et j’ai tout fait pour limiter la main mise de l'exécutif sur notre société. Cela n’a pas été sans conséquence. Il y a soixante-dix ans, le terrorisme islamiste a été le prétexte invoqué par Donald Trump pour forcer Google à autoriser l'accès à une partie de ses Data Centers aux services secrets, ouvrant ainsi la boite de Pandore. Des milliers de “cellules dormantes” ont pu être neutralisées en quelques années. Mais à quel prix ? Wikileaks a été fermé. Le Darknet également. Il n'y a plus d'espace où parler librement si tant est qu'il y en ait eu un, un jour. L’Amérique est devenue un état policier à part entière. Une “dictature” déguisée en démocratie ultra conservatrice.

Cela ne touche pas que les personnes subversives, les mouvances occultes ou le terrorisme. Ce climat de suspicion a pénétré profondément la société américaine, et par extension, le monde entier. Plutôt que de réduire le pourcentage de corruption qu’ils étaient censés combattre, les gouvernements successifs de ces trente dernières années n’ont fait que l’accentuer à un niveau sans précédent. Le populisme a contaminé toutes les démocraties du globe.
Je suis convaincu que nous n'avons jamais été aussi près du slogan de l’entreprise “Do the right thing”.
Il arrive un moment où, quand nous en avons la possibilité, nous nous devons de protéger l’Humanité contre elle-même.
Ce moment est arrivé. Nous avons deux choix : repartir de zéro ou continuer dans l’autodestruction et sombrer dans le chaos. Je suis pour la première option.
Il se trouve que je suis le CEO d’une entreprise qui a le pouvoir de faire des prédictions à partir des recherches des internautes. 
Les mots clés qui remontent le plus sont “peur”, “guerre”, “mensonge”… Ça en dit long.
Aujourd’hui, nous pouvons changer les choses concrètement pour des millions de personnes. C'était l'idée fondatrice de Larry Page et Sergueï Brin : rendre la vie plus facile, voir plus loin, évoluer.

C'est exactement ce que nous faisons.


* CEO : Chief Executive Officer, l'équivalent d'un PDG en France

*Alphabet : est une entreprise américaine basée en Californie, créée en 2015 comme un conglomérat de sociétés précédemment détenues par la société Google. Selon les fondateurs de Google, le but de cette structure est de décharger la société historique de ses activités ne représentant pas son cœur de métier à savoir les services Internet tels que l'indexation de pages, YouTube ou Gmail qui tirent des revenus de la publicité en ligne

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