4 - Damper

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03.11.2087 - Journal de Lisa

Je sens l'eau froide me secouer le cœur. C'est comme prendre une décharge électrique.

Ligotée sur une chaise sans moyen de m'échapper, je suis foutue...

Il y a cette lumière pâle au plafond, cette pièce froide et sombre.

Il y a cette odeur putride de vieille cave HLM.

Et surtout, il y a ce type aux manches retroussées, au regard noir et fixe, qui semble avoir plus que le béguin pour moi.

  • Dites-moi où il est ! , rugit-il, les yeux exorbités.

C'est l'amour fou. Mais en attendant, je suis trempée !

  • De qui parlez-vous ? Et pourquoi je suis ligotée ici ?
  • M'obligez pas à me répéter, Lisa, vous avez déjà essayé de m'échapper une fois, cela ne se reproduira plus !

Je suis interloquée. Ce bastardo connait mon prénom !

  • Vous savez que je suis flic ?
  • Et alors ? , siffle l'homme, tu aurais pu être Miss Univers en personne que...
  • Libérez-moi, bordel !
  • Oh, l'insolente !
  • Oh, l'idiot !

L'homme grommelle puis sort une photo de sa poche. Il s'avance ensuite vers moi à la lueur de la lampe. Je peux enfin admirer ô combien il est laid.

  • Vous ne savez pas qui c'est, lui ?

L'homme sur la photo porte une chemise blanche, a un sourire ravageur et un air décontracté. En fait, il est plutôt charmant mais je ne l'ai jamais vu.

  • Je ne le connais pas, il ne me dit rien.

L'homme s'emporte.

  • Cet homme est activement recherché !, dit-il, et vous l'avez aidé à embarquer pour Mars. Il est dangereux et menace de faire tout capoter là-haut, et vous, vous êtes l'une de ses complices !
  • Attendez, vous rigolez, j'espère ? Je suis flic  ! Si j'avais aidé un individu dangereux à embarquer pour Mars je pense que quelqu'un s'en serait rendu compte, ne serait-ce que dans ma propre hiérarchie  !

A ce moment précis, un homme grand, portant des lunettes rondes, un haut veston et un chapeau mou ouvre la porte. Son visage émacié me provoque un léger frisson.

  • On s'en est rendu compte, agent Martos, dit-il d'un ton coupable en me dévisageant.
  • Commissaire Belard, enfin, je veux dire, chef !, balbutie-je, que... faites-vous ici ?
  • Tout comme Paul, je cherche des réponses que seul toi peux nous fournir...

Mon cœur bat si fort dans ma poitrine qu'il est sur le point d'exploser. Je n'arrive pas à croire que je vis cette scène surréaliste à ce moment précis.

  • Chef, je vous promets que je ne me souviens de rien... ni de cet homme...
  • Il a sûrement dû effacer sa mémoire, murmure le commissaire à mon tortionnaire, préparez une batterie de tests sensitifs à faire au plus vite.  

Mon stress monte d'un cran.

Le commissaire s'empare de la fameuse photo du bellâtre et la pointe vers moi.

  • Je parie qu'il a commencé par s'effacer de votre mémoire en premier, dit-il avec un ton grave, vous êtes sûre de ne pas vous souvenir de cet homme  ?
  • Non, je le jure, je le jure, je ne m'en souviens pas, bon sang  ! Vous allez me dire qui c'est ou pas, chef  ?

Le commissaire remet la photo lentement dans la poche de son veston.

— Il s'agit de votre frère jumeau, dit-il.


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