Epilogue

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-     Oh, comme tu es magnifique ! me dit Mila.

Je regardai ma longue robe de soirée et me tournai vers le miroir. Je n’arrivai pas à me reconnaître. Mila m’avait payé un coiffeur et une séance dans un centre esthétique pour me faire dorloter. C’était mon cadeau d’anniversaire, sans compter que la robe avait été faite sur mesure.

-     Merci, Mila, merci pour tout.

Je la prenais dans mes bras et l’embrassai à la joue. Six mois plus tôt, je l’avais créée à partir d’un mannequin. Lorsqu’on lui a placé sa pierre de vie, elle ne se rappelait plus de rien à part son nom et celui de Ténébras. Du coup, elle s’est refait une nouvelle vie et a tout de suite adopté Kahel.

-     Nous fêtons tes dix-sept printemps, et en plus, c’est le premier bal de fin d’année ! Un peu normal que tu mérites d’être resplendissante.

-     Wouah, si c’est comme ça pour mes dix-sept ans, je me demande quelle surprise m’attend l’année prochaine !

-     Nous verrons bien, ce sera l’âge de ta majorité et de ton élévation. Il vaudrait mieux mettre tes chaussures où ton cavalier va s’impatienter.

Je gloussai et m’assis pour chausser mes escarpins. Quelques mois auparavant, je ne pouvais même pas marcher avec, mais les filles m’ont obligée à les porter tous les jours pour m’en accommoder. Aujourd’hui, je m’y sentais à l’aise, mais jamais je n’avais été à un bal et je me demandai si danser n’allait pas me donner des ampoules.

Je quittai ma chambre et rejoignis le salon. Azia discutait avec son petit ami. Robert. Le secrétaire du maire des Luminarias. Je n’avais pas percuté quand elle avait pris son air d’histoire d’amour impossible. Mais maintenant que la guerre était finit, que plus personne ne se métamorphosait à la tombée de la nuit, ils pouvaient se voir et sortir. Et oui, la ville était officiellement ouverte jusqu’à minuit, et on pouvait même trouver des épiceries ouvertes 24 heures sur 24.

-     Wah, tu es sublime ! s’écria-t-elle en me voyant.

Je la remerciai.

-     Où est passé Kahel ?

-     Il a dit qu’il avait oublié quelque chose et est donc retourné chez lui.

-     Nous qui pensions le faire poireauter, rit Mila.

-     Moi en tout cas, tu m’as fait poireauter, commenta Monsieur Blacks en sortant de la cuisine en compagnie de Bird.

Il portait en main une bouteille de champagne qu’il donna à Robert.

-     Ce champagne est excellent, il vient de l’hôtel du Vignoble. Le service est parfait. Vous devriez vous y rendre si vous souhaiter passer une lune de miel là-bas.

Azia rit nerveusement.

-     Si nous allons en lune de miel, dit Robert, nous irons hors de l’Angleterre. Maintenant que nous somme délivrés de la malédiction, il faut que nous en profitions ! Paris me semble une ville idéale.

-     Vous devriez y aller, vous aussi, monsieur le Maire, dit Azia. Vous avez besoin de quelques jours de repos.

Il plissa le front.

-     J’ai peur que Kahel ne fasse de bêtises en mon absence.

-     Obs, voyons, lui dit Mila. Dans quelques mois, il aura dix-huit ans. Il peut se débrouiller seul et en plus, Cormac et Bird seront là pour s’occuper de lui.

-     La dernière fois, nous sommes juste partie deux nuits la ville voisine et nous avons retrouvé le salon en piteux état.

Je raclai ma gorge.

-     C’était de ma faute, je dois le reconnaître. Nous sommes allés dans le monde d’Eridani en espérant trouver le cœur de Luminaria, sachant que Louan a pu accéder au livre de sa famille… Et malencontreusement, quand nous sommes revenus, cette créature, l’Êta, nous avait suivis… Je pensai qu’il ne pouvait pas franchir la barrière.

-     Heureusement qu’il n’y avait qu’un seul monstre ! Imaginez que ça avait été une colonie, soupira le Maire.

-     Eh bien, je m’en excuse. Je vous ai dit que ça ne se reproduira plus.

-     Tant que vous réparer vos erreurs…

J’entendis les vrombissements d’une voiture. Mon cavalier arrivait.

-     Bon et bien, je vais vous laisser.

-     Passe une bonne soirée à ton bal.

-     Merci et vous de même à la fête de l’Esplanade.

Je leur souris et allai ouvrir la porte. Kahel était au paillasson et resta médusé en me voyant. Puis il me détailla avec une sorte de lueur dans ses yeux. Je me sentis rougir et le lorgnai à mon tour. Il avait un peu changé depuis, et il avait une carrure un peu plus imposante. Comme l’avait dit Lissia, il n’avait pas terminé sa croissance, mais maintenant, pour moi, c’était le plus beau garçon de Mistreed.

Il racla sa gorge et me donna une rose.

-     Azia m’a dit que ça ne le faisait pas d’arriver les mains vides…

-     Tu sais que pour moi ça n’a pas d’importance, mais ça me fait plaisir. Merci.

Il me sourit et me tendit la main, je l’acceptai et nous allions à la voiture. La Ferrari. La Bugatti, il avait fini par la vendre. À cause de l’incident, après réparation, elle ne roulait plus aussi bien qu’avant.

-     Peux-tu t’arrêter au caveau avant ? J’ai une chose importante à faire.

-     Si tu veux.

Au cimetière, je saluai mes parents avant de l’emmener dans le caveau. Je m’assis sur le sofa.

-     Woh, t’es venu ici pour t’asseoir ?

-     Non. Pour discuter avec toi.

Il haussa les sourcils.

-     Quand tu dis ça, c’est parce que tu as quelque chose à me reprocher.

-     Non, je n’ai rien à te reprocher ce soir. Il y a encore un an et trois mois j’étais dans ma petite bulle à Oxford et je voulais rester toute seule au Centre d’Accueil… Je n’avais pas envie qu’on me trouve une nouvelle famille… et il a fallu qu’Azia vienne me chercher et m’emmène ici pour que tout change. Aujourd’hui, j’ai trouvé ma place au sein d’une famille qui ne va pas m’abandonner au bout de deux ou trois jours… Et ma maison, elle est là.

Je pointai mon doigt sur sa poitrine, là où se trouvait son cœur. Kahel me fit un de ses plus beaux sourires, posa sa main sur ma joue et pencha sa tête pour m’embrasser.

-     Tu te souviens de ce que je t’ai dit sur la malédiction te concernant…

-     Oui, et je t’ai dit que tu pouvais ne pas le faire si tu ne le voulais pas. Ça n’a pas d’importance. Peu importe la malédiction, ce qui importe pour moi, c’est ta vie… Tant que j’ai mes pouvoirs et que je peux te protéger…

Je caressai sa joue.

-     Tu te rends comptes qu’au bal, lorsqu’il sera 20 heures, tu seras le seule monsieur Skeleton.

Il gloussa.

-     Les autres sont habitués.

-     Oui, mais tu sais, j’ai entendu Néla parler dans les toilettes de l’école. Elle commence à dire que je t’envoute et que je ne lèverais jamais ta malédiction parce que j’ai besoin d’un toutou !

-     Laisse-la dire ce qu’elle veut ! Elle est toujours jalouse de nous… Quand elle rencontrera son âme sœur, tu verras, elle ne fera même plus d’histoire.

Je gloussai et posa mon front sur le sien.

-     Pour mon premier bal, je veux y aller avec Kahel Blacks. Je ne veux plus que la malédiction le frappe. En plus, j’ai promis que je te la lèverai prioritairement et pour combler le tout, tu es le dernier à qui je le fais. Je m’en veux tellement.

-     Je t’ai dit que ça ne comptait plus. En plus, papa m’a dit que ce truc est réservé pour les mariages…

-     Nous ne sommes plus il y a deux cents ans… et nous ne sommes pas obligés de suivre la tradition. Maman m’a dit de le faire quand je serai prête et quand je serai sûre de mes sentiments pour toi. Aujourd’hui, je le suis. Je t’aime Kahel, et je veux mettre ma vie entre les tiennes.

-     Ta vie a toujours été entre les miennes.

Je lui souris à nouveau et lui donnai un baiser.

-     Tu sais, recevoir ta pierre de vie et te donner la mienne, c’est le cadeau que je souhaite cette année. L’année prochaine, j’aimerai bien qu’on parte au Pérou.

-     Au Pérou ? gloussa-t-il.

-     Oui, tu as entendu ce que Louan a dit, sa mère aurait peut-être caché la pierre dans une pyramide Inca ! Non seulement nous pourrons voyager sur un nouveau continent, mais nous pourrons rechercher la pierre. Nous partirons à l’aventure.

-     C’est toujours l’aventure avec toi, rit-il.

Je souris et l’embrassai avec fougue.

Je plongeai ensuite ma main dans sa poitrine et m’emparai de sa pierre. Il m’imita et nous les échangeâmes. Des sensations nouvelles parcoururent mon corps, je ressentais son cœur battre dans le mien et j’avais l’impression de former un avec lui.

 

On ne sait pas ce que la vie nous réserve parfois. J’ai toujours cru que je ne trouverai jamais le bonheur. Ce n’était qu’une illusion ou plutôt un manque de confiance de ma part. Aujourd’hui, c’était différent, j’avais grandi, j’avais muris, je ne voyais plus les choses de la même manière. Tout ce qui était arrivé devait arriver pour que ma vie change. Je n’avais aucun regret. Je n’étais plus la petite fille seule dans son monde. Non, j’étais une nouvelle Liséa Fogerson-Mistreed avec des pouvoirs que j’adorais, une famille, des amis, et un petit-ami que j’aimais. Et ensemble, nous allions à notre premier bal main dans la main. 

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