Chapitre 31

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La brume m’ouvrit un passage au beau milieu de la rue et une voiture fonçait sur moi. Aussitôt, je plongeai à terre pour l’esquiver.

  •  Mon dieu, cria-t-on.

Je me redressai. Je reconnus Maelyn et Peaches me regarder comme si je débarquais d’une autre planète.

La voiture derrière klaxonna en s’éloignant. Il avait l’air pressé, le bougre. Je me précipitais alors vers le passage piéton. Hors de question que je sois fauchée. Le propriétaire recevrait mon spectre en prime.

  •   Liséa ? s’étonna Maelyn.

Son amie et elle me dévisagèrent et fixèrent le spectre avec curiosité.

  •   Ça fait trois jours que… commença Peaches mais je la coupais.
  • Oui, je sais ! Et pour l’épreuve de samedi, eh bien on le fera peut-être un autre jour…

J’inspectais où nous étions, la mairie était en face.

  •   Comment peut-on se rendre chez Locksmith d’ici ? demandai-je.
  •   Oh, eh bien… dit Peaches.
  •  Attends, cria Maelyn, tu as vu, de la brume est apparue lorsqu’elle a surgi… ce n’était pas normal et… et Kahel ! Où est-il ? Vous n’êtes pas venus à l’école ! Ça demande des explications ! C’est moi la responsable des élèves Tenebraes.
  •   Je n’ai pas le temps d’expliquer, je dois mettre cette arme en sécurité et Kahel est en danger !
  •  Quoi ? crièrent-elles.

Je les observais. Si je leur disais la vérité. Me croiraient-elles ?

  •   Il faut que j’amène ça chez Locksmith, et ensuite, je vous expliquerai… Dîtes moi comment me rendre à son magasin.

Elle m’y conduire à grands pas. Savoir que Kahel était en danger semblait les terroriser. Dès que nous entrâmes, la clochette retentit. Nous approchâmes du comptoir. Il ne tarda pas à sortir de son entre.

  •   Bonjour, que puis-je pour vous ?
  •   Bonjour monsieur Locksmith ! J’ai besoin de mettre ça dans un endroit en sécurité.

Il arqua un sourcil en voyant le spectre.

  •  C’est un objet un peu trop dangereux pour que je le cache ici. J’en suis navré.

J’étais déçue. Moi qui pensais qu’il allait m’aider. Pourtant, il fallait que je le mette en sécurité, puis je fus éclairé par une lumière.

  •  Mais oui ! Je sais où le cacher. Envoyez-moi dans le monde de Djahooltis. Je sais que là-bas, il sera en sécurité.

Il posa sa main sur sa joue et réfléchis.

  •   Je sais que vous êtes un guide ou encore un messager des dieux. Je n’ai pas besoin de Kahel pour traverser les mondes. Vous pouvez le faire grâce à vos clés.
  •  Ce dont à quoi je réfléchis, c’est à ce que tu pourrais me ramener… Toute demande a un prix. Ne l’oublie pas.

Je fus stupéfaite. J’avais oublié les marchés. Maelyn et Peaches étaient encore plus étonnées que moi. Elles se posaient tout plein de questions sur ce que nous faisions là, et surtout ce dont je parlais.

  •  Dans le monde de Djahooltis, il existe un lac… Un lac de sang. Ce sang est une panacée. J’aimerais que tu m’en ramène une fiole.

Il se baissa dans son comptoir et me donna une petite fiole de 60 ml. Puis se retira dans son entre, il revînt et me donna une clé. Il fit un geste étrange avec sa main, et aussitôt, une porte apparue derrière nous. Maelyn et Peaches restèrent bouche bée. On dirait qu’elles ne savaient pas que le serrurier possédait ce genre de pouvoir.

  •   Voici, une montre, poursuit-il en me tendant un pendentif. Tu auras deux heures et trente minutes. Contrairement à Kahel, j’ai un temps limité lorsque je voyage de monde en monde. Si dans deux heures et trente minutes, tu n’as pas inséré la clé dans la serrure de la porte de l’autre monde, alors tu y seras prisonnière à jamais…

Mon cœur s’arrêta un moment, c’était un peu effrayant certes, mais je n’avais pas le choix. Le spectre devait être caché ailleurs. Je pris la montre pendentif.

  •   Je reviendrai.

Je fis un pas mais Maelyn m’arrêta.

  •   Où est-ce que tu vas ? Qu’est-ce qui se passe exactement ?
  •   C’est très compliqué… Il faut que j’y aille.
  •  Non, attends, je peux venir avec toi ? s’enquit Peaches.

J’écarquillais les yeux et refusais, c’était trop dangereux.

  •   Tu as entendu ? Si je ne reviens pas, je serais prisonnière dans cet autre monde.
  •   Eh bien, on n’a qu’à dire que c’est ton épreuve et que nous allons de voir tu es capable.

J’entrouvrais la bouche. Ces filles étaient entêtées.

  •  Peut-être que des aides extérieurs ne se refusent pas ma chère, ajouta Locksmith.

Je scrutais les filles qui me souriaient jusqu’aux oreilles.

  •   Vous savez vous battre ?

Elles éclatèrent de rire.

  •   Laisse-nous venir avec toi, et tu le sauras.

Sur ce, nous franchisâmes la porte toutes les trois.

Le monde de Djahooltis n’avait pas changé. La chaleur de leur soleil me réchauffa. Je me sentais bien. Mais j’étais inquiète pour Kahel.

  •   Ouah, qu’est-ce que c’est beau ! s’écria Maelyn en touchant une fleur.
  •   Attention, attention, dis-je. Nous ne devons rien toucher. Venez suivez-moi, nous devons aller voir mon ami !
  •   Si tu nous expliquais, dit Peaches.

Nous marchâmes le long de la vallée. Je leur racontais alors ma première venue dans ce monde et leur expliquais pourquoi j’avais eu besoin d’un morceau d’écaille. Je ne leur révélais rien sur mon identité, pour l’instant j’avais peur des conséquences.

Nous arrivâmes dans les ruines et j’appelai Jahooltis.

Ses pas étaient encore plus terribles qu’avant.

  •  Seigneur, qui est ton ami ? quémanda Peaches.

Les portes des murailles s’ouvrirent. Il était toujours si impressionnant. En plus, il n’était pas seul et le bébé que je lui avais offert avait bien grandi.

Les filles reculèrent tétanisées.

  •  Liséa, dit-il, comment vas-tu ?
  •   Je vais bien merci… Oh, et je vois que le bébé a bien grandi.

Il se tourna vers sa fille.

  •   Oui, Méhaltis a bien grandi. Elle a deux ans aujourd’hui.

J’écarquillais les yeux. Deux années s’étaient écoulées dans ce monde ? Ouah, le temps était vraiment étrange.

  •   Je dois cacher cet objet, connais-tu un endroit où je pourrais le mettre ? Ce serait juste pour quelques années, le temps que dans mon monde tout s’arrange. Je reviendrai le chercher plus tard.

Il réfléchit puis pointa du doigt la plus haute tour des ruines.

  •   Là-bas, si tu veux. Je n’y vais jamais. La tour renferme d’ailleurs des objets des Alks que je n’y touche pas. Ton spectre y sera en sécurité.
  • Merci, Jahooltis. Veux-tu quelque chose en échange ?
  •  Non, tu m’as déjà tant donné, fit-il en prenant sa fille dans ses bras.
  •  Au fait, on m’a parlé d’un certain lac de sang. Je dois aussi m’y rendre pour en rapporter. J’en ai besoin.
  • Le lac de sang ? (Il fronça les sourcils) Il se trouve derrière la montagne, mais, il est protégé par un gardien. Personne n’a encore réussi à s’en approcher. Ce gardien est tellement trop puissant. Plus puissant que moi… Je n’ai jamais osé le réveiller.
  • Malheureusement, je n’ai pas le choix. Je dois en ramener. Merci pour tout Jahooltis. La prochaine fois, si tu veux, je te ramènerai de la nourriture de mon monde et vous m’en direz des nouvelles.

Il me sourit. Je le laissai et me dirigeai vers la tour avec les filles qui n’avaient plus dit un mot depuis leur rencontre avec le Jahooltis.

  •   Comment tu as fait pour devenir ami avec cette créature ? s’enquit Maelyn.
  • Nous avons juste discuté.
  • Juste discuter, rit-elle.

J’opinais alors que nous entrâmes dans la vielle tour. Il y avait d’immense coffre, et des armoires géantes. Je choisi le coffre le plus gros et demanda aux filles de m’aider à l’ouvrir. C’est là que je me dis qu’elles avaient bien fait de venir. Sans elles, je n’aurais pas reçu d’aide.

  •   Bon, ok, maintenant allons  à cette montagne.

Je regardai la montre, vingt minutes s’étaient déjà écoulées.

  •   Il va falloir qu’on presse nos pas, il nous reste 1 heures et 30 minutes. Le temps s’enfuit très vite ici.
  • Ok, je vais t’aider, dit Peaches. La créature a dit qu’elle se trouvait derrière la montagne, alors nous y serons en cinq minutes.

Elle fit sortir de ses mains des lueurs orangeâtes et les lança à mes pieds. Mes chaussures brillèrent. Je la regardai les yeux pleins de points d’interrogation.

  •   Avec ça tu peux courir vite ou sauter très haut.

Elle utilisa ses pouvoirs sur Maelyn puis sur elle. À ce moment, je fus exaltée. Je n’avais qu’une idée : tester ces capacités.

  •   On y va ? sourit Peaches.
  •  Attention, la première fois c’est un peu… chaotique, dit Maelyn.

Je haussai les épaules, peu importe, je sentais que j’allais m’amuser. Peaches et Maelyn prirent les devants et elles disparurent en quelques secondes. On aurait dit qu’elles avaient filées comme un flash !

Je les imitais et me mis au sprint.

Les couleurs défilaient autour de moi comme si j’étais dans un kaléidoscope. Je courrais à la vitesse de la lumière, c’était incroyable. Fantastique.

La montagne se rapprochait de plus en plus, et je discernais deux étoiles s’élever dans le ciel. J’imaginai que c’était Peaches et Maelyn qui faisaient un bon prodigieux. Vue l’altitude, mon dieu, la montagne devait mesurer plus de 3000 mètres ! Mon sang se glaça. Je recommençais à douter. Courir c’était facile, mais pouvais-je réussir à sauter comme elle ?

Je remuai la tête. Ce n’était plus l’heure d’avoir peur. Le temps m’était compté. Je vais réussir, comme j’ai réussi jusqu’à présent à utiliser la dague ou le spectre.

Je pris une profonde inspiration, accélérai mes pas et pris appuie sur mon pied d’appel pour m’élancer.

Mon bond fit vertigineux. En quelques secondes, j’étais dans les airs comme un oiseau et le vent me cinglait le visage. La terre se trouvait sous mes pieds. Et puis, la minute d’après, je redescendais. Ce n’était pas encore comme dans les machines russes, c’était plutôt comme un ascenseur.

Le problème fut que plus je me rapprochais du sol, plus je vis des arbres énormes aux feuilles colossales. Je dus me cacher le visage pour me protéger, mais loin de là, ce n’était pas suffisant. Je heurtais les branches et perdis mon équilibre. Dans ma chute, je poussai un cri, et je tombai à terre sur le ventre.

Maelyn et Peaches éclatèrent de rire. Je me relevai les larmes aux yeux. L’ascension m’avait fait mal. Je m’assis et palpai mes genoux. Ils étaient écorchés. Mais rien de grave, j’allais m’en remettre. Je me redressai et raclai ma gorge.

  •   Il faut continuer. Le lac doit se trouver quelque part devant…

Les filles cessèrent de rire.

  •   Désolées, nous ne voulions pas nous moquer de toi… Mais c’est toujours drôle la première fois, dit Maelyn.
  • Au moins, vous m’aviez prévenu que la première fois ce n’était pas du gâteau… Je préfère ne pas traîner. (Je jetai un coup d’œil à ma montre, dix minutes s’étaient écoulées)

Nous nous remîmes à la course. Le paysage était légèrement différent de la plaine, il faisait plus sombre, et les couleurs étaient plus orangeâtes. Au bout d’un moment, les arbres furent moins nombreux, et leurs feuilles vermillons. Nous aperçûmes enfin un immense lac… Un lac à la couleur du sang. 

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